CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES URINES NORMALES
En Allemagne, il faudrait proportionnellement multiplier tous ces chiffres à peu près dans le rapport de 15 à 15, soit par 1,015.
Il est intéressant de comparer la composition des urines, du plasma sanguin et du sérum de la lymphe chez un même animal à un moment donné. Voici pour l’homme des chiffres empruntés à Vogel et Kerncr et rapportés h ! 000 centimètres cubes :
Plasma
Sérum
du sang.
lymphatique
Eau ....
Matières albuminoïdes. . .
Fibrine
Urée
Acide urique
Chlorure sodique, ....
Acide phosphorique. . . .
— sulfurique
Phosphates terreux. . . .
A l’état normal, les proportions des matières dissoutes par l’urine varient avec diverses conditions que nous allons examiner rapidement.
Agë. — De 12 centimètres cubes chez le nouveau-né, la quantité d urine passe à 64 ou 65 au 10e jour après la naissance. La sécrétion augmente chez l’enfant, comme on l’a dit et vers la 12e année elle est presque double pour un même poids du corps que chez l’adulte. Les matières dissoutes croissent proportionnellement : l’urine de l’enfant de 8 à 10 ans est, en moyenne, une fois et demie plus riche en urée que celle de 1 adulte. Chez le vieillard elles deviennent moins abondantes et 1 urée tombe à 15 grammes et même à 10 grammes par jour.
Sexe. Chez la femme, la quantité relative des principes consti- Liitils de 1 mine est un peu plus fad)le que chez l’homme. L’urée oscille antre 18 grammes et 22 grammes, au lieu de 25 et 28, par 24 heures. j0 sel marin tombe de 14 cà 12. Les autres éléments constitutifs varient lans les mêmes proportions.
Alimentation. — Nous avons vu plus haut comment elle agit d’une açon générale sur la quantité et l’acidité du liquide sécrété par les eins. On y reviendra en étudiant les variations de chacun des principes
Fonctions diverses. — Par V exercice musculaire l’urée n’augmente •as sensiblement; elle diminue même par un exercice forcé. L’acide inque éprouve aussi une diminution lorsqu’on travaille. La créatine ne a rie pas sensiblement. Les chlorures, sulfates et phosphates augmenent en meme temps que l’acidité. Le travail intellectuel augmenterait uree et les chlorures et abaisserait le poids de l’azote et de l’acide
A. Gautier. — Chimie biologique.
LES URINES
phosphorique total. Le sommeil diminue la quantité des urines, l’urée, les chlorures, les phosphates et les sulfates. On a vu que la digestion et la sudation tendent à affaiblir l’acidité des liquides urinaires.
Température. — L’élévation de la température extérieure diminue la quantité d’urine et les proportions relatives d’urée, et de sel marin.
Action tics réactifs principaux, sur les nrines. — L ébu 1 1 itiori peut
louchir sensiblement les urines normales; ce louche est dû principalement à la dissociation des urophosphates, des hippurophosphates et des carbophosphates; les phosphates alcalins ainsi mis en liberté précipitent une trace de sels alcalino-terreux. Les acides les plus faibles, acide acétique, acide azotique très étendu, font disparaître ce louche.
Les alcalis et leurs carbonates font naître dans les urines un trouble ou un dépôt de phosphates terreux, soluble dans les acides.
Les acides acétique, nitrique, chlorhydrique, ne produisent aucun louche dans les urines normales. L’acide acétique ajouté en petite quantité précipite, ou fait contracter la mucine qui enveloppant les épithéliums et autres matières en suspension les entraîne lentement au fond du vase. L’urine acidifiée par un petit excès d’acides minéraux se fonce déjà à froid, et tend vers le brun violacé. Généralement au bout de quelques heures, l’acide urique ainsi séparé des mates s attache au fond du verre à l’état de cristaux.
Les acétates de plomb précipitent les sulfates, phosphates, chlorures et urates urinaires, en même temps que la majeure partie de leurs pigments colorés. Le nitrate d’argent agit de même ainsi que les sels de baryum qui toutefois ne touchent pas aux chlorures.
Le perchlorure de fer précipite d’abord du phosphate de fer; si ce réactif est laissé longtemps à froid au contact de l’urine, ou si l’on chauffe, la liqueur verdit ; elle peut même donner du bleu de Prusse lorsqu’on ajoute une goutte de ferrocyanure de potassium. Cette réaction autrefois indiquée par Selmi comme propre aux ptomaïnes est, on le voit, assez générale. Elle est due dans le cas des urines à la réduction du sel ferrique sous l’influence des matières très oxydables normalement sécrétées par le rein.
Le brome et l’iode disparaissent rapidement dans les urines en oxydant ces matières instables, l’acide urique et les corps de sa famille, les pigments et d’autres substances dites extractives.
Le tanin précipite les urines normales quelques heures après les repas trop copieux, trop riches en matières azotées, ou après qu’on a la' usage de bouillon concentré.