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MATIÈRES AZOTÉES DES URINES

LTirée est la plus importante des matières azotées des urines des mammifères. A elle seule elle représente de 87 à 90 pour 100 de l’azote urinaire total. A côté de l’urée, mais jouant dans l’élimination de l’azote un rang d’importance beaucoup moindre, du moins chez les mammifères, il faut citer : les acides urique, hippurique et oxalurique; la créatinine, les matières colorantes, les acides indoxylsulfurique et scatoxylsulfurique, enfin des traces de quelques autres substances

rares. L’on sait, qu’au contraire, l’acide urique prédomine, mêlé d’un peu d’urée, dans les urines des oiseaux et des reptiles.

Urée. — L 'urée CO Az2II4 déjà décrite dans cet Ouvrage (t. Il, p. 552) n’est pas absolument propre aux urines. Elle se trouve dans quelques autres liquides et tissus organiques (foie, muscles, cerveau, sueur, lymphe, lait, humeur de l’œil, liquide amniotique et hydropique, sang).

Elle contient 46,66 pour 100 d’azote. Nous ne reviendrons ici sur cette substance que pour indiquer son origine et ses variations.

Origine. — L’urée a deux origines. D’une part elle provient des matières albuminoïdes fournies par l’alimentation, de l’autre elle se forme aux

dépens des substances azotées de nos tissus eux-mêmes, mais en moindre proportion. La continuité et la régularité de la sécrétion de l’urée chez un animal à jeun depuis plusieurs jours démontre la réalité de cette seconde source. Le sang et les humeurs, presque tous les tissus et viscères, le foie, le cerveau, les poumons, les muscles, etc. contiennent de l’urée; il faut en conclure qu’elle se produit à peu près partout dans l’économie. Les reins ne font, en effet, que l’excréter comme l’ont démontré Prévost et Dumas depuis 1822. Après la néphrotomie, la quantité d’urée qui s’accumule dans le sang est égale à celle qui dans le même temps passait par les reins dans les urines.

Yoici d’après Gscheidlen la dose d’urée contenue dans 100 parties d’un même animal :

' Sang de la carotide 0e‘02i

— de la veine cave inférieure. 0,021

— de la veine hépatique . . . 0,020

Fo>e 0,025

Ilate- • • • 0,031

heins 0,r022

Poumons .... 0,000

Cerveau 0,006

Muscles o,001 h 0,009

MM. Quinquaud et Grehant ont démontré que l’urée se forme plus

LES URINES

particulièrement dans les viscères abdominaux ( C . Rend. XCVIII. 1513).

Peut-on s’expliquer le mécanisme qui lui donne naissance?

Les expériences de M. Schutzenberger sur l’hydratation de l’albumine prouvent que les éléments de l’urée se séparent d’abord facilement de cette molécule complexe par une simple hydratation, en même temps que se forme de l’oxamidc et des acides gras, tandis que le reste de la molécule se dissocie en amides complexes (p. 97). Ces derniers disparaissent en grande partie et leur azote se retrouve presque tout entier dans l’urine à l’état d’urée. Suivant certains auteurs, cette transformation résulterait d’une simple oxydation (’j.En fait, les amides résultant de l’hydratation avancée des albuminoïdes disparaissent. Or Nencki et Schultzer, ainsi que Salkowski, ont démontré directement que la glycocolle, l’alanine, la leucine, la sarcosine, injectées aux animaux, augmentent très sensiblement l’urée qu’elles excrètent sans qu il y ait destruction supplémentaire des matières albuminoïdes de 1 économie, la quantité de soufre urinaire restant la même. Il faut donc que 1 urée se forme aux dépens de ces amides, et le mécanisme qui paraît le plus probable c’est qu’ils sont transformés en eau, acide carbonique et carbonate d’ammoniaque et que ce dernier corps est lui-même réduit quelque part en urée par voie de simple déshydratation. MM. Schmiedeberg et Halleworden ont établi d’ailleurs, que l’ingestion par les animaux du carbonate et même de 1 acétate d ammoniaque augmentent très sensiblement la sécrétion de l’urée, sans accroître la quantité de soufre urinaire qui mesure la désassimilation des albuminoïdes. Fedoi et E. Voit ont confirmé ces faits importants.

Nous reviendrons sur les théories relatives a la production de 1 uiée en étudiant plus particulièrement la nutrition cellulaire dans une Leçon suivante.

Variations 'physiologiques de l urée. Les variations physiologiques principales de l’urée, pour un même poids d animal, sont inlluen cées par l’alimentation, le genre de vie, le travail ou le repos des muscles ou de l’esprit, l’âge, etc. Ces variations suivent, dans la journée, à peu

près parallèlement celles du volume des urines.

Le poids du corps étant variable d’une nation à l’autre, aussi bien que les habitudes alimentaires, chaque auteur, suivant le pays où d

(il M. A. Béehamp puis M. Riüer ont essayé d’établir que l’oxydation ménagée des albuminoïdes par le permanganate de potasse donne de 1 urée. Ils 1 extraient en Prct,P, î'u. liqueur neutralisée par le nitrate de mercure et décomposant par II*S le precip.tc qui 1 forme. Mais, suivant Losscn. le produit ainsi séparé serait de la guanidine. 11 est vrai que celle-ci peut se transformer facilement en urée par hydratation :

CunnidiiT

Urcc.

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