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MATÉRIAUX AZOTÉS DES URINES NORMALES

l’acide urique. Je n’ai pas fait les mêmes observations sur le thé.

Voici quelques renseignements encore sur la production de cet acide par les animaux inférieurs. Je les extrais surtout de l’excellente thèse d’un de mes meilleurs élèves, le Dr P. Marchai ( Thèse de Paris, 1889). Les spongiaires, les cœlenthérés, les échinodermes, ne sécrètent pas d’acide urique, mais des corps xanthiques voisins de la guanine. Il en est de même des vers où l’acide urique a été signalé à tort. Les crustacés ne forment pas d’acide urique, mais des produits alcaloïdiques acides intermédiaires entre la série pyridique et xanthique. Les arachnides sécrètent de la guanine et fort exceptionnellement, de l’acide urique qui est au contraire constant dans les excrétions des myriapodes et des insectes carnivores ou non. Chez ces derniers les urates se développent dans les cellules adipeuses, surtout au moment de la nymphose. Les insectes produisent en outre de la guanine, de l’acide hippurique et de la leucine. Les mollusques acéphales n’excrètent pas d’acide urique, mais de l’urée, de la taurine, de la créatinine, de la leucine, de la tyrosine. Les gastéropodes pulmonés rejettent de l’acide urique en quantité.

Acide oxalurique. — Ce corps n’existe qu’à l’état de traces dans

les urines. On a vu qu il répond à la constitution d’un acide oxalurique CO — OII

CO— Aztl CO— AzH2’ sa^ CIUC^S sont ses rapports avec l’alloxanc,

et par elle avec l’acide urique. (Voir p. 225.)

Allantoïde . — On en a signalé des traces dans les urines normales, des quantités sensibles dans celle des enfants nouveau-nés, chez les femmes enceintes , chez les personnes qui ont fait usage de tanin à haute dose, dans les urines de chiens auxquels on a fait ingérer de l’acide urique.

Acide hippurique. — L’adulte sécrète en moyenne 0gr,65 de cet icide par 24 heures, mais ce poids peut s’élever à 1 gramme et plus. On a vu monter à 2 grammes par le régime lacté exclusif (A. Bouchardat). Jhez les herbivores, le son, le foin, la paille augmentent sa sécrétion. La substance cuticulaire des végétaux paraît répondre à la formule C7ll12Oî; jui ne diffère de celle de l’acide quinique C7II1206 que par un atome l’oxygène ; or, l’addition de cet acide aux aliments fait augmenter, >n le sait, l’acide hippurique des urines.

} Ij’on a depuis longtemps élabli que l’acide hippurique dérive de union, dans l’économie, du radical benzoïque au glycocolle :

CTH50.01I + i

CH9 -AzII2

Acide benzoïque.

CO. OH

Glycocolle.

CII2-AzH-(C7H80) CO. OH

Acide hippurique.

h, dune part, nous recevons de l’acide benzoïque avec quelques-uns

LES URINES

de nos aliments; de l’autre, il s’en produit dans nos organes sous l’influence de plusieurs fermentations, la fermentation pancréatique des albuminoïdes entre autres. Quant au glycocolle, c’est un produit que nous formons constamment et que nous retrouvons en particulier,, à l’état copulé, dans les acides biliaires.

L’on conçoit donc que l’acide hippurique puisse prendre naissance dans l’économie, grâce à l’union par perte d’eau de ces deux composants, acide benzoïque et glycocolle. L’expérience physiologique est venue confirmer la théorie; si l’on administre à un animal une certaine proportion d’acide benzoïque, on augmente proportionnellement l’acide hippurique de ses urines ; et ce qui est plus probant encore, si l'on ajoute cà son alimentation des acides analogues, tels que l’acide salicv lique, phénylpropionique, cinnamique, etc., ils reparaissent dans les urines combinées au glycocolle sous forme d 'acides salicyluriques, cinnamuriques... correspondants à l’acide hippurique (Voir p. 275).

Quel est, dans l’organisme, le lieu où se fait cette combinaison ! Kühne et Halwachs ont essayé de démontrer qu’elle se produit dans le foie ; ils établissent qu’il suffit de lier ses vaisseaux pour empêcher la transformation de l’acide benzoïque en acide hippurique. Mais il y a lieu de penser que la grave opération qu’on fait ainsi subir à l’animal, en compromettant une partie de ses fonctions, arrête indirectement la formation de l’acide hippurique. D’ailleurs on a démontré que le foie enlevé à l’animal et traversé par du sang enrichi en acide benzoïque, ou bien la pulpe hépatique fraîche mise au contact du sang, ne forme pas d’acide hippurique. Il n’en est pas de même du tissu rénal Irais. Le sang artériel artificiellement chargé de glycocolle et de benzoate de soude, que l’on pousse à travers les vaisseaux de cet organe, contient bientôt de l’acide hippurique ( Bunge et Schmiedeberg) . D autre part, après la néphrotomie des deux reins, les chiens ne fabriquent plus cet acide. Il est bon d’ajouter cependant que chez les grenouilles, dont on a extirpé les reins et le foie, il continue à se faire ae 1 acide hippu rique, et qu’il en est de même des lapins néphrotomisés. L’on peut donc conclure que, s’il n’est pas le seul organe où se produise cet acide, le rein vivant est un lieu d’élection où se forme l’acide hippurique soirle double contact nécessaire et d’un ferment spécial et des globules rouges du sang; car il est remarquable que si, dans l’expérience e Bunge et Schmiedeberg, l’on remplace le sang par du sérum, 1 a ci c hippurique ne se produit plus.

Rappelons enfin que le ferment retiré du rein, 1 hystozyme (p. b b jouit de cette singulière propriété, contraire à celle de la pulpe tota e du rein vivant, de dédoubler l’acide hippurique dans scs deux cous i tuants ; glycocolle et acide benzoïque.

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