SUBSTANCES COLORANTES ET COLORIGÈNES DES URINES NORMALES
L'urine passe normalement du jaune clair au jaune rougeâtre foncé suivant le mode d’alimentation et l’état des organes. Ces colorations sont dues principalement à deux sortes de pigments : l’un le piçpnent jaune, est Y urochrome , l’autre le picjment rouae, est un dérivé d’oxydation d’un phénol azoté, Yindoxyle C8H6Az.0H, qui provient lui-même de l’indol C8H7Az des matières fecales, et qui est résorbé dans l’intestin. A côté de chacun de ces pigments, on trouve dans les urines leur chromoyène , c’est-à-dire la matière incolore dont ils dérivent.
Urochrome. — La matière jaune normale des urines porte le nom d 'urochrome. Elle est très rapprochée, sinon identique, de Yurobiline normale et de la choleteline (voir p. 581 et 582), mais elle se distingue de Y hydrobilirubine.
On peut l’extraire par le procédé de Méhu. L’urine ordinaire est acidulée de 1 à 2 grammes d’acide sulfurique par litre, filtrée et saturée de sulfate d’ammoniaque. Les flocons qui se réunissent mêlés au sel en excès sont essorés, pressés et traités à chaud par de l’alcool absolu légèrement ammoniacal. L’évaporation de cette solution abandonne l’urochrome (‘).
Mac Munn se borne à précipiter successivement l’urine par l’acétate et le sous-acétate plombiques, à décomposer les deux précipités réunis par l’alcool mêlé d’un peu d’acide sulfurique, à filtrer, ajouter du chloroforme et agiter vivement après addition d’eau. Le pigment passe dans le chloroforme qui l’abandonne par évaporation.
L’urochrome se présente sous la forme d’une poudre amorphe, brillante, rouge brun à reflets verts, soluble dans 1 alcool, le chlorofoime, l’eau acidulée ou alealinisée, très peu dans l’éther et dans la benzine. Ses solutions, rouges dans le chloroforme, jaunes dans 1 alcool, jaunis-
H) Le procédé de Jaffé est plus compliqué et moins sûr; il fournit surtout de l’urobiline anormale. L’on s’adresse à des urines très colorées de fiévreux (l’on verra plus loin que dans ces cas, divers autres pigments apparaissent dans les urines). On les alcalinisc avec un peu d’ammoniaque, et on précipite par le chlorure de zinc. Il se fait des llocons rougeâtres vo umineux qu’on lave à l’eau, tant qu’il passe du chlore; on épuise le résidu par l’akool, on sèche on le redissout après pulvérisation dans l’ammoniaque, et 1 on précipite de celle so u lion lé pigment par l’acétate de plomb. Ce précipité lavé à l’eau est repris par de 1 alcool additionné d’acide sulfurique, enfin à celte solution alcoolique acide on ajoute la moitié cso volume de chloroforme, et l’on étend de beaucoup d’eau. La solution chloroformique, deux fois lavée avec de l’eau, abandonne l’urobiline par évaporation.