MATIÈRES COLORANTES DES URINES NORMALES
sent par les alcalis et rougissent par le chlorure de zinc. Acidulées, elles présentent une bande placée sur la raie F, mais empiétant plus à gauche qu’à droite de cette raie, l’obscurcissement du reste du spectre commence ensuite un peu avant G. C’est là justement le spectre de la choleteline, produit d’oxydation définitif de la bilirubine (p. 581).
Une solution d’urochrome dans l’alcool, traitée par le chlorure de zinc et l’ammoniaque, donne une belle fluorescence verte comme le fait l’hydrobilirubine sous l’influence des mêmes réactifs, mais moins bien marquée qu’avec cette dernière substance.
La matière colorante anormale que l’on a quelquefois confondue avec l’urochrome sous le nom d'urobiline et que l’on extrait des urines fébriles, sera traitée à propos des urines pathologiques.
La solution alcoolique d’urochrome, soumise quelque temps à l’action de l’amalgame de sodium, puis acidulée et agitée avec du chloroforme, cède à ce dissolvant un pigment coloré en brun ; il paraît identique avec l’urobiline fébrile. Il présente une raie y tout près de F et deux raies d à droite et à gauche de D. Il semblerait exister encore d’autres variétés d’urobilines ( Mac Munn ) (’).
L 'uroehrome, ou matière colorante jaune des urines normales, provient de la bilirubine, et celle-ci, on le sait, dérive à son tour de Fhématine et de l’hémoglobine du sang. Nous avons donné les équations de ces transformations dans ce volume (p. 595). La bilirubine des excréments passe par résorption intestinale dans le sang et dans les urines qu’elle colore, après s’être totalement ou partiellement transformée en uroehrome. Ce pigment est un produit définitif d’oxydation, et non de réduction des pigments biliaires ou hématiques comme certains chimistes avaient été disposés à l’admettre ( Vaulair et Mcisius, IIop; e- Seyler). Les agents oxydants paraissent augmenter sensiblement l’urochromc des urines après leur émission. 11 est certain aussi que les pigments du sang en train de se transformer dans le foie et dans d’autres organes peut-être, donnent directement naissance à de Furochrome, car les urines se chargent de couleur à la suite d’extravasation de sang ou de bile dans les divers tissus et ce pigment continue à se produire chez les animaux qui, porteurs d’une fistule biliaire, ne reçoivent pas de bile dans l’intestin.
(■) Mac Munn par le procédé ci-dessus indiqué (acétates de plomb) a retiré des urines normales ou fébriles, diverses variétés d’urobilines auxquelles il donne les noms d ’urohématine, urolutéine, etc. L’urohématine a été isolée par lui des urines rouges des rhumatisants. Sa solution chloroformique donne deux bandes en C et en D, deux autres en D et E. et une jande y près de E (>.507 à 484). L’addition de soude ou d’ammoniaque à leur solution, leplace un peu ces bandes vers le rouge. L’urohématine est soluble dans l’éther et la benzine. '"c ost Plus brune que l’urobiline. — L 'urolutéine est un pigment brun ayant mêmes lissolvants. Elle est caractérisée par deux raies d faibles, une entre b et I) et une autre près le r de r rauenhofler que l'ammoniaque fait disparaître.
LES URINES
Pigment rouge des urines. — Outre l’urochrome et ses variétés (urobilines, urolutéine, etc.), on trouve à l’état de traces dans les urines normales, en quantité très sensible dans les urines foncées ou rouges, des matières colorantes que l’on sait aujourd’hui être des produits d’oxydation plus ou moins avancés d’un chromogène qui n’est autre que l’acide indoxylsulfurique ou inclogène, Yindican des anciens auteurs (0. Cet acide, que l’on rencontre dans presque toutes les urines, dérive lui-même de l’indol C8ll7Az déjà étudié (t. Il, p. 561), substance qui jouit de propriétés basiques faibles et qui se forme lorsque les albuminoïdes sont soumis à l’action des cellules anaérobies.
Absorbé par les villosités de l’intestin aux dépens des matières fécales, ou même introduit artificiellement par les aliments chez le chien, l’indol se transforme successivement en oxindol, corps de nature phénolique, puis en acide indoxylsulfurique ou chromogène indigotique des urines. Les formules suivantes montrent les rapports de ces trois substances :
otK™;ch c*h<c|°JJ>5ch c«ii>()ch
AzH
Indol. Oxindol. Acide indoxyl-sulfurique.
C’est en s’oxydant que l’acide indoxylsulfurique C8H7AzSO\ donne les divers dérivés : dioxindol, trioxindol C8H7Az03, isatine
C°Hl (AzI1/CO (anhydride du trioxindol), enfin l’indigo rouge et les
autres corps qui colorent les urines. Nous verrons plus loin comment on en extrait Yindogène ou acide indoxylsulfurique qui par lui-mème est incolore.
C’est à la décomposition par les acides chlorhydrique ou sulfurique des dérivés oxydés de l’indogène et de son homologue, Y acide scatoxylsulfurique, que l’urine doit de se colorer en violet ou en rouge, surtout lorsqu’après l’avoir acidifiée, onia laisse s’oxider à l’air, ou qu’on la traite par une trace de chlorure de chaux. L’indigo qui dérive de celte oxydation s’élève d’après Jaffé de 15 à 27 miligrammes par litre d’urine. Cette quantité est plus que vingtuplée dans burine des chevaux et autres herbivores.
On peut trouver dans les urines un homologue de l’indigo dérivant de l’acide scatoxylsulfurique (Mester, Zeitsch. phys. Chem. XII. 150)- L’urorubine, l’uroroséine et l’uroérythrine s’en rapprochent beaucoup-
Indogène. — L 'indogène ou acide indoxy sulfurique C8H7AzS0b
(1\ On l’avait à tort rapproché de Yindican de Schunck, glucosidc de l’indigo, du pastel et d’un certain nombre d’autres plantes. Mais l’acide indoxylsulfurique n’est pas un glucosicte ne doit pas être confondu avec ces substances qui ne se rencontrent pas dans les urines.