MATIÈRES COLORANTES DES URINES NORMALES
dont on vient de voir l’origine et les rapports avec l’indol, a été découvert dans les urines par Baumann. Il v existe à l’état de sel de potassium C-0 - S03K
C6I14 y ^ Cil . Il constitue le dérivé sulfurique del’indoxyle. En effet, AzH
par ébullition avec les acides étendus il se dédouble en sulfate acide de potassium et indoxyle :
C8ÏÏ3 (O . S03I() AzH + II2 O = CsII6(0II)Az + S04KH
Indogénute de potassium. Indoxyle.
L’indoxyle ainsi mis en liberté se sépare sous forme de goutelettes oléagineuses qui ne tardent pas à se transformer, sans doute en perdant de l’eau, en une matière colorante rouge; en même temps il s’oxyde et donne de l’indigo :
2C8II6(0H)Az + O2 = C1GII10Az202 + 2IB0
Indoxyle. Indigo.
Dissous dans l’eau et chauffé à 150° l’indoxyle donne un mélange d’indigo et d’un pigment rouge spécial.
Il se convertit intégralement en indigo sous l’influence des oxydants faibles (perchlorure de fer, traces de chlorure de chaux, etc.). L’indoxylsulfate de potassium résiste à chaud à l’action des alcalis.
L’acide indoxylsulfurique doit être rapproché de l’acide phénylsulfurique C'ltP(OH)SO,II qui existe aussi dans les urines en petite quantité comme on va le dire, et qui augmente beaucoup lorsqu’on ajoute du phénol aux aliments. Or, l’on sait que lorsqu’on fait usage d’une médication phénolique ou créosotée, les urines tendent à se charger d un pigment vert ou brunâtre qui dérive de l’oxydation de ces phénols. Il en est tout à fait de même de l’acide indoxylsulfurique qui en s’oxydant plus ou moins dans l’économie donne naissance aux pigments rouges ou bruns dont nous parlions plus haut et qui dérivent de l’oxydation de l’indoxyle.
Hoppe Seyler sépare comme il suit l’indoxylsulfate de potasse. L’urine concentrée jusqu’à l’état sirupeux est précipitée par un excès d’alcool à 96’ centigrades. La liqueur filtrée est mêlée de son volume d’éther; après 24 heures, on décante et le liquide éclairci est précipité par une solution alcoolique d’acide oxalique. On filtre encore et l’on ajoute une solution concentrée de potasse jusqu’à réaction alcaline, faible. On jette sui un filtre et distille 1 ether; le résidu est évaporé à 100°, repris par l’alcool très fort et abandonné 24 heures. Le précipité qui se reforme mis à bouillir avec de 1 alcool à 95° contés, est abandonné dans un lieu frais ; l’indoxylsulfate de potassium cristallise.
D’après Jaffé, nous éliminons par 1 000 grammes d’urines normales une quantité d’indogène répondant à 0gr,0066 d’indigo (maximum
LES URINES
normal 0gr,0'195). Celte quantité varie avec l’alimentation : Muller a trouvé, pour le chien, que si l’on représente par 1 l’indogène éliminé lorsqu’on le nourrit de pois, il devient 1,9 avec les féculents; 6,6 dans l’inanition ; 11 avec une nourriture exclusivement animale. Il disparaît presque avec une alimentation purement lactée, cas auquel les microbes intestinaux producteurs d’indol disparaissent ou deviennent inertes.
Au contraire l’injection d’indol sous la peau ou dans les veines fait aussitôt apparaître une proportion considérable d’indogène. Il en est de même si l’on absorbe de l’orthonitrophénylpropiolate de soude.
Urorubinogène. — A côté de l’indogène, existent dans les urines normales diverses autres matières de même constitution qui en dérivent par leurs degrés d’oxydation et qui, décomposées comme l’indogène par l’acide chlorhydrique, donnent non de l’indoxyle et de l’indigo, mais des pigments analogues. L’un d’eux, Yurorubine a été séparé par Plosz des urines normales, mais surtout des urines de néphrétiques et de péritoniques. Pour cela l’on chauffe ces urines avec de l’acide chlorhydrique, on les agite ensuite avec de l’éther, on filtre, on évapore la solution éthérée, on lave le résidu avec de l’eau, on reprend par l’éther et agite avec de la potasse qui s unit à 1 urobiline et laisse 1 ui oi ubinc dissoute. Il suffit de distiller l’éther pour obtenir ce dernier pigment sous forme d’une masse rouge, cassante, insoluble dans 1 eau, soluble en rouge cerise dans l’alcool, l’éther et le chloroforme; décomposable par les acides minéraux.
Pigment de Giacosa. — L’urine normale est précipitée par l’acétate de plomb, filtrée, privée de plomb par IFS et, après ébullition et refroidissement, additionnée de presque son volume d’acide chlorhydrique. Le mélange devenu rose est agité avec de l’alcool amylique. Celui-ci s’empare peu à peu d’une matière rouge rubis. On enlève l’acide en agitant la solution avec de l’eau et l’on distille l’alcool amylique. Le résidu lavé à l’eau ammoniacale, puis à l’eau pure, est sèche et repris nar l’éther. L’évaporation de la solution éthérée laisse une substance brune qui finit par cristalliser dans le vide. Elle fond a 100M20 en perdant un peu d’alcool amylique. Ses solutions dans l’éther ou l’alcool n’offrent pas de bandes d’absorption. Ce pigment donne 0,45 pour lOU de cendres presque entièrement formées d’oxyde ferrique.
Scatol et acide scatoxylsulfurique C9H°AzS0l. — L 011 sait qu à côté de l’indol les excréments contiennent son homologue supérieur c