LAIT D’ANESSE ; DE JUMENT
Une analyse de lait de chamelle a donné : eau 86,5; matériaux solides 15,7; albumine et caséine 5,7; graisses 2,9; lactose 5,18; sels 0,6. ;
Laits d'à liesse: de jument. — Le lait d’ânesse est celui qui par sa digestibilité et sa nature se rapproche le plus du lait de femme. Comme celui-ci, il ne paraît pas contenir de caséine ordinaire. Mais par le reste de sa composition il s’éloigne du lait de notre espèce : il est plus pauvre que lui en beurre et surtout en albuminoïdes.
Pour isoler les matières protéiques de ce lait, M. A. Béchamp l’acidulc à froid par un léger excès d’acide acétique, et ajoute de l’alcool à 94° centésimaux tant qu’il se fait un précipité (environ le volume clu lait) ; ce précipité lavé à l’alcool plus faible est essoré et repris par l’eau pure. On obtient ainsi une dissolution que l’on traite de nouveau par l’alcool. M. Béchamp nomme galactozymase la matière protéique qu’on sépare ainsi du lait d’ânesse.
La partie insoluble privée de galactozymase par l’eau, et de graisse par l’éther, est purifiée par dissolution au moyen du sesquicarbonatc d’ammoniaque et précipitation nouvelle par l’acide acétique et l’alcool. C’est la lactalbumine d’ânesse, qui devient insoluble dans les carbonates alcalins lorsqu’on la porte à 100°.
Le lait d’àncsse contient en outre des peptones ou des substances analogues, un peu d’alcool et les matériaux secondaires du lait ordinaire.
Four garder toutes ses qualités, ce lait doit être, après la traite, conservé couvert do mousseline dans un endroit frais et n’être chauffé qu’à 40 ou 45° au bain-marie avant d’être absorbé.
Voici quelques analyses centésimales de laits d’ânesse et de jument :
Densité.
Eau.
Résidu
SCC. ,
Caséine
et
albumine.
Beurre.
Sucre.
Ma l'extra ctives.
Sels.
Lait d’ânesse..
Lait d’ânesse (4) Lait de jument.
(*) Sur ces 2B‘ ,8 il y avait le1', 82 do, caséine, O»1', 42 de laclalbuminc el 0«r,55 de lacloprotéinc. — (2) Sur ces 0«r,28 de sels il y avait : Sels solubles O"'1', 045; Sels insolubles 0«r,234. Celle analyse est duc à Biel et se rapporte, comme la suivante, aux juments des steppes russes. — (3) Sur ce nombre de 2,0 pour 100 d’albuminoïde il y avait : caséine 1,51, lactalbumine 0,22; lacloprotéine 0,49. — (4) Ces nombres sont relatifs à la composition moyenne du lait d’ânesse.
Le lait de jument peut remplacer complètement le lait d’ânesse pour
LE LAIT
les usages médicaux; son odeur presque nulle le fait même préférer à ce dernier lorsqu’on peut s’en procurer. Il est à peu près neutre. Sa matière protéique se rapproche beaucoup de celle du lait de l’espèce humaine.
Laits de chienne; de traie; d’hippopotame. — Les laits de chienne et de truie se coagulent par la chaleur et ne contiennent presque exclusivement que de la lactalbumine, surtout lorsque ces animaux ont été nourris de viande. Nous avons déjà cité plus haut des analyses de lait de chienne d’après Subbotin.
Gunning a publié une analyse de celui de l’hippopotame ; il contenait : eau 90,45 ; corps gras 4,51 ; sucre 4,40 ; sels 0,11 ; albuminoïdes et matières extractives 0gr,55.
COLOSTRU M
Les femelles des mammifères produisent aussitôt après la parturition un liquide spécial destiné à nourrir leurs petits durant les premiers jours de leur vie aérienne : il porte le nom de colostrum. Il est histologiquement caractérisé par la présence de gros globules blancs comme framboisés à leur surface, paraissant doués de mouvements amiboïdes : ce sont les corps globuleux de Donné, formés par l’union de globules graisseux et de matériaux protoplasmiques agrégés. Ces globules disparaissent au cours de la seconde semaine. Le colostrum contient une albumine mêlée de globuline que la chaleur coagule.
Chez la femme, il est consistant, très alcalin, de couleur jaune au début, puis blanchâtre. Sa densité moyenne est de 1,056. Les globules butyreux y apparaissent d’abord unis entre eux; ils se dissocient à mesure que le lait normal se forme.
Le colostrum est remarquable à la fois par l’excès de son beurre et de son sucre, qui ne s’y trouvent toutefois qu’en petite quantité les premiers jours, et parce qu’il ne contient pas ou presque pas de caséine.
L’ammoniaque rend le colostrum filant et visqueux.
Voici quelques analyses de colostrum humain et de celui de vache :