RÔLE DE L’EAU ; DES SELS ; DES FERMENTS
Nous connaissons maintenant chacun des facteurs de l’organisme : principes immédiats, tissus, humeurs, organes complets. Après les avoir décrits en détail, nous avons ensuite exposé le tableau d’ensemble de chacune des fonctions générales et fait l’étude des sécrétions et excrétions qui en résultent sans nous préoccuper des mécanismes intimes, élémentaires qui leur donnent naissance.
Il nous reste à essayer de pénétrer ces mécanismes, du moins au point de vue chimique, en analysant les phénomènes qui se passent dans la cellule qui vit, se nourrit et fonctionne, de façon a attribuer à chaque facteur, eau, sels, ferments, oxygène, espèces organiques ou minérales, etc., qui interviennent, le rôle qui lui revient.
Les considérations qui vont suivre s’appliquent aux cellules végétales aussi bien qu’aux animales.
Les plantes et les animaux se conservent et se perpétuent grâce à la suite régulière des fonctions complexes dont la nature et la succession dépendent du plan de leur organisation générale héréditairement transmis. Existe-t-il dans le tissu nerveux ou ailleurs, des cellules qui portent l’empreinte de ce plan et en sont comme les directrices? La science ne saurait à cette heure répondre à cette question (*). Ce qui est certain, c’est que les fonctions dépendent des organes, ceux-ci des humeurs et des tissus qui les composent, que ces dernièrs résultent de l’aorégation de cellules spécifiques, et que dans ces cellules enfin, l’activité et les transformations incessantes qui constituent la vie sont de nature physico-chimique et dépendent, au moins en grande partie, de la texture chimique des principes immédiats qui y entrent en conflit.
C’est donc en dernière analyse, dans les transformations qui s’oppèrent dans les principes immédiats et dans le mécanisme de ces tranformations qu’il faut chercher la cause des phénomènes primitifs, des formes élémentaires les plus intimes de la vie.
(‘) Weisman n a émis à. cet égard une hypothèse qui est dans l’esprit de bien dos nlnln sof, hes d dont la démonsfration aurait une grande valeur. II pense qu’une sorte de uevm* plasma existe dans le noyau des cellules en train de proliférer, el que c’est ' ' '
transmettant d’une cellule à l’autre, leur conserve leurs qualités héréditaires. A. Gautier. - Chimie biologique.
lui qui, se
738 MÉCANISMES DE LA NUTRITION GÉNÉRALE
Nous avons vu que la plante ne diffère de l’animal que par son protoplasma chlorophyllien. C’est grâce à lui qu’elle est apte à produire avec des matériaux tombés dans l’inertie chimique, des substances chargées d’énergie. L’animal, au contraire, se borne à assimiler ces principes qu’il ne crée pas. Mais là s’arrête la différence des deux règnes. Dans toute cellule où n’existe pas de chlorophylle, la plante, comme l’animal, emmagasine ses réserves, les approprie à ses besoins, ou les désassimile par une oxydation plus ou moins vive ou une série de modifications exothermiques, dès qu’elle a besoin d’utiliser leur énergie latente à l’accomplissement de ses fonctions. Les phénomènes de 1 assimilation et de la dénutrition sont donc en général les mêmes chez la plante et chez l’animal. Nous allons essayer d’analyser leurs mécanismes.