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ROLE DE L’EAU

de dissolution pourraient porter ces substances si elles ne fondaient pas, nous aurons des nombres qui nous permettront dé juger de l’importance de ce phénomène. Nous fondant sur les données de la thermochimie (Berthelet, Essai de mécanique chimique, t. I, p 482), si nous divisons la chaleur latente de dissolution rapportée à l’unité de poids de chaque substance par sa chaleur spécifique, nous aurons la température a laquelle cette unité de poids arriverait si on lui appliquait directement la quantité de chaleur disparue du fait de la dilution. Voici ce calcul :

jrure de potassium, KCI . . .

de sodium, JNaCl . . . .

tate de potasse, KAzO3 . .

de sodium, NaAzO3 . . .

sphate de soude, P04Na2tI,12H-0 xbonate de soude, C03NalI . .

ate de chaux, S04Ca ...

nite, C6H,40G. ...

:ose, C6H1206

Poids

moléculaire de la substance en gramme-.

Nombre de Calories absorbées par la dissolution du poids moléculaire de la substance.

Chaleur

Température

spécifique

à laquelle la chaleur

de la

substance.

disparue

porterait

la substance.

505 env.

21 env.

Ce calcul indique 1° que l’eau agit très diversement sur chaque substance pour les charger , par dilution, d’énergie latente; 2° que les sels dissous ne sont pas seulement fondus, puisque les calories absorbées ’ar simple dissolution sont généralement (même exception faite des cas le production d’hydrates définis ou d’actions chimiques décomposantes) supérieures à la chaleur latente de fusion, et que la quantité de chaleur dnsi disparue augmente, jusqu’à une certaine limite, avec le degré de lilution. Cette chaleur devenue latente, ce potentiel emmagasiné, end à dédoubler la molécule en produisant des agrégations, des hy- I rates plus aptes aux combinaisons nouvelles que n’était la moléule première : elle tend par exemple à dissocier les sels en acide et *ase libres comme le ferait une chaleur intense. Cette conclusion est onfirméc par l’observation des dédoublements nombreux que les sels prouvent au sein de l’eau. On sait que beaucoup de chlorures se issocient ainsi en oxychlorures et acide chlorhydrique, que les sulfates t nitrates de mercure, de bismuth, se décomposent en sels basiques t sels acides, que le borate d’argent se dédouble en acide et en base )us l’effet de la dilution aidée de la chaleur la plus modérée, etc.

Grâce -à l’étude des résistances électriques, M. Foussereau a directement démontré [C. Rend. Acad., CII1, 249) que les chlorures de fer, aluminium, de magnésium, et autres sels, sont dissociés lentement au 1 sein de leurs solutions, et que ce phénomène met quelquefois des

semaines à arriver à son état limite stable. Il a même observé que dans certains cas la lumière hâte ces dissociations.

La sève, les plasmas interccllulaires et intracellulaires de l’animal ou du végétal, sont des solutions étendues de sels et de divers matériaux organiques que la circulation apporte ou modifie sans cesse suivant les lois qui résultent du pouvoir osmotique de chacune de ces substances, de la quantité relative des matières qui sont au dehors et au dedans de chaque cellule, de la structure des membranes dialysante, etc., etc. Des associations diverses d’eau, d’acide carbonique, de sels, de matières albuminoïdes, amidées, sucrées, etc., se produisent ainsi en chaque tissu. En parties dissociées par la dilution, et jusqu’à un certain point dans un état comparable à celui où les mettraient les hautes températures de nos laboratoires, ces substances tendent à réagir, suivant leur nature et leurs proportions, et à former des combinaisons nouvelles différentes suivant chaque cellule. C’est ainsi que dans les tissus à chlorophylle une association à nombre e&al de molécules d eau et d’acide carbonique pourra, suivant les cas, 1 alcalinité du milieu, le départ prompt ou lent d’oxygène, donner soit du glucose :

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