C2H204 + 0 = 2 CO2 + H
A. oxalique. A. carbonique.
Les composés aromatiques se simplifient de même dans l’organisme par une suite d’oxydations. C’est ainsi que le cymène C6H*Cq^7 passe à
l’état d’acide cummique CÜI14 C csjp qu’on retrouve dans les urines (. Ziegler ); que l’acétoluide devient de l’acide p-acétamidobenzoïque CU\AlH C2H30' ces corPs se simplifient encore en s’oxydant à leur
tour. Ces dédoublements par oxydations successives sont bien l’image de ce qui se passe dans nos organes. Mais l’oxygène ainsi mis en action n’est jamais celui qui vient directement de l’air ; il doit lui aussi s'assimiler, s’accumuler pour ainsi dire dans le sang et les tissus. Le phénomène est surtout sensible durant le repos, et a fortiori pendant le sommeil. L’on dirait qu’à cette période d’activité minimum, l’économie suffit en partie à son fonctionnement, grâce aux seuls dédoublements par hydratation dont elle est le siège. Ile ces dédoublements résultent, en général, des corps très actifs, des alcaloïdes vénéneux, des substances fort oxydables, substances aptes à emmagasiner durant le repos l’oxygène qu’elles rendent sous forme de corps très oxydés quand vient la phase suivante ou période de travail. C’est ainsi que nous voyons dans le muscle, d’après les expériences de Sczelkow et de Chauveau, l’oxygène s’absorber et disparaître durant le repos pour se dépenser durant l’activité :
CO2 rejeté. 0 absorbé.
Période de repos 4’,0',97 12vol,29
Marche ou travail excess il' 13To1, 69 12,ol,ll
11 s’emmagasine donc dans le muscle relâché un volume d’oxygène près de trois fois plus grand que celui qui est nécessaire pour former l’acide carbonique que ce muscle émet pendant cette période d’inaction. Au contraire, pendant le travail, l’acide carbonique qui se produit quadruple sans qu’il y ait apport d’oxygène supérieur à celui que ce muscle consommait dans la période de repos.
D’après les expériences les plus probantes c’est dans les tissus et non dans le sang lui-même que se font les oxydations. Mais par quel méca-
MÉCANISMES DE LA NUTRITION GÉNÉRALE
nisme? L’oxygène de l’oxy hémoglobine peut-il être considéré comme étant dans une sorte d’état actif comparable à l’ozone? Est-il rendu actif grâce aux substances aldéhydiques ou glucosiques et à l’ensemble des produits très oxydables qui proviennent d’un premier dédoublement anaérobie des albuminoïdes? Existe-t-il des ferments d'oxydation qui, semblables au ferment nitrique, se chargent d’oxyder les graisses et les hydrates de carbone? Ce sont là des points obscurs du mécanisme de l’oxydation des tissus.
A la destruction totale par hydratation, puis oxydation, de la molécule albuminoïde correspond une certaine quantité de chaleur ou plutôt d’énergie disponible que l’on peut calculer très approximativement.
Nous donnerons plus loin (p. 789) le tableau des nombres, qui résultent directement de l’expérience, relatifs à la chaleur de combustion des corps organiques lorsqu’ils se brûlent dans l’économie avec ou sans production d’urée.
Les phénomènes de réduction sont incessants dans les plantes. La fonction chlorophyllienne est essentiellement chargée de changer l’acide carbonique et l’eau en substances sucrées ou phénoliques combustibles, et les corps ainsi produits sont eux-mêmes des réducteurs énergiques aptes à agir sur les corps saturés, en particulier sur les nitrates, comme on l’a vu, produisant avec eux des substances azotées quaternaires et des albuminoïdes.
Il n’est pas douteux que certaines cellules de l’économie animale soient aptes à provoquer des phénomènes de réduction analogues. Mais on peut dire qu’ils sont presque toujours accompagnés dans ce cas de phénomènes réciproques d’oxydation qui leur fournissent l’énergie nécessaire. C’est ainsi qu'agit le ferment butyrique lorsqu’il fournit à la fois, aux dépens du glucose, de l’acide carbonique, de l’acide butyrique et un corps essentiellement électro-positif, réducteur et combustible, Yhydrogène.
Chez l’animal, on voit de même l’acide inalique, par exemple, se réduire pour donner de l’acide succiniquc, en même temps que s’oxyder partiellement à l’état d’eau et d’acide carbonique. Nous trouvons dans nos sécrétions des produits putréfactifs réduits et oxydables, tels que les matières extractives et les leucomaïnes, à côté d’acides très oxygénés, de l’acide carbonique et de [l’eau d’origine synthétique. Nous voyons l’indigo bleu passer à l’état d’indigo blanc, la bilirubine à l’état d'urobiline,
C33Il36Az40° IlsO + II3 Bilirubine
C3iH4OAz407
lobiline.
en même temps qu’il sc fait de l’urochrome, plus oxygéné, et de l’acide carbonique.
Ces faits sont-ils explicables par des mécanismes d’ordre physique? Les tissus peuvent-ils être comparés à des piles électro-capillaires où l’hydrogène et l’oxygène naissants se développeraient à travers les membranes cellulaires grâce à l’action réciproque des matières actives du sang et des cellules? Faut-il rechercher les causes efficaces de ces phénomènes dans de pures réactions chimiques? Pour les expliquer lloppe-Seyler admet, comme nous, qu’il y a chez l’animal un mode de vie sans air qu’il compare aux fermentations putrides. Il croit que ces fermentations ont toujours ou presque toujours pour résultat un dégagement d’hydrogène à l'état naissant (observation qui n’est pas tout à fait conforme à nos expériences personnelles). Cet hydrogène naissant serait, d’après ce savant, l’élément essentiellement réducteur des corps oxydés de l’organisme. Il serait apte à se porter même sur l’oxygène libre et dans une molécule O2, à s’emparer d’un atome d’oxygène pour former de l’eau, transformant ainsi l’autre atome en l’oxygène naissant. C’est par l’entremise de cet oxygène ainsi chargé d’énergie que se passeraient, suivant lui, les oxydations, réciproques des réductions concomitantes provoquées par l’hydrogène actif.
Mais c est là une pure théorie, et même en l’acceptant, il n’en resterait pas moins à expliquer par quel mécanisme et grâce à quelle énergie se produit l’hydrogène naissant des fermentations anaérobies.
J en dirai à peu près autant de l’hypothèse de Lœw, qui attribue la puissance réductrice des protoplasmas vivants à des groupements aldéhydiques et amidés qu ils contiendraient durant la vie, et qui passeraient après la mort à l’état de groupements isomériques alcooliques et amidés, hypothèse sur laquelle nous allons revenir. Ce sont là de pures vues de l’esprit qui jettent un voile, une apparence d’explication scientifique, sur l’inconnu et nous le cachent au lieu de l’éclairer.
Dans tous les cas le principe réducteur de la cellule est fixé dans le protoplasma vivant, il est colloïde, appartient à sa partie non dialysable, probablement à une matière albuminoïde et se détruit en présence des acides étendus ( Bokorny ).