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ORIGINE DES NITRATES DU SOL ET DES PLANTES

partie aérienne? Il paraît difficile de 11e pas admettre que cette fixation ait lieu eu quelque mesure sous l'effet continu de l’électricité atmosphérique à faible tension, depuis que M. Berthelot a établi que, sous l'influence de l’effluve, les hydrates de carbone, qui forment la masse principale des végétaux, fixent l’azote libre sous forme de corps amidés. Il a montré d’ailleurs directement que les végétaux et les terres électrisés s’enrichissent en azote toujours plus que les végétaux ou les sols laissés à l’air libre. Enfin l’on sait que les corps facilement oxydables, tels que certaines aldéhydes, l’éther, les • essences, etc., peuvent transmettre à l’azote libre qui les entoure l’oxygène électrisé qu’ils produisent en s’oxydant et former ainsi des traces d’acide nitreux ou nitrique que peuvent absorber et utiliser les végétaux.

Généralement c’est aux dépens des matières azotées animales ou végétales mises par les fumures et les microbes à la disposition des plantes, que celles-ci absorbent la majeure partie de l’azote qu’elles fixent. Mais est-ce à l’état complexe où l’azote se trouve dans les fumiers: est-ce à l’état de sels ammoniacaux; est-ce sous une autre forme que cet élément pénètre dans les plantes?

On sait aujourd’hui, par les belles recherches de MM. Schlœsing et Muntz, que la plupart des terrains cultivés contiennent des ferments spécifiques aptes à transformer les matières azotées en nitrates. Si, faute de pluie, ces sols sont absolument exempts de végétaux, comme dans les sables stériles des déserts de l’Égypte ou d’Atacama, l’azote s’accumulera dans les terres à l’état de nitrates. S’il elles sont couvertes de végétaux, ceux-ci s’assimileront l’azote nitrique. Boussingault et M. G. Ville ont établi qu’un sol absolument exempt de toute matière organique, mais qui reçoit des azotates et des phosphates, donne des plantes vigoureuses qui peuvent fixer un poids d’azote plus de 80 fois supérieur à celui de leurs graines. Cloëz est venu confirmer ces observations.

Est- ce à dire que l’azote ne puisse pas être absorbé directement sous forme de sels ammoniacaux? Non certainement. M. G. Ville puis M. Muntz ont démontré que des sols calcinés par conséquent dénués de ferments, qui n’ont reçu que du chlorhydrate et du phosphate d’ammoniaque, permettent la croissance déplantés qui contiennent de 4 à. 5 fois le poids d’azote de leur semence. La reproduction par bourgeonnement très actil de la levure de bière pure à laquelle on ne fournit 1 azote que sous forme de tartrate d’ammoniaque aux dépens duquel elle produit les matières albuminoïdes de ses tissus est encore une preuve de l’assimilation possible et directe des sels ammoniacaux par les végétaux. Chose remarquable encore, cette levure est tout à fait incapable d emprunter son azote aux nitrates qu’on lui fournit. ( Pasteur ; Duclaux ; Mayer.)

ASSIMILATION DES MATIÈRES MINÉRALES

L’azote pénètre-t-il dans les végétaux sous d’autres formes? Par exemple à l’état d’urée, d’amides divers, d’albuminoïdes? Il est facile d’observer que les végétaux à croissance très rapide et fortement fumés, tels que les radis, les asperges, les légumes hâtivement poussés par des arrosages excessifs à l’eau d’égout, prennent un goût de terroir ou d’humus très appréciable et connu des gourmets. Des substances azotées complexes peuvent donc être directement absorbées, mais elles semblent rapidement transformées dans les cellules de la racine.

En fait, c’est principalement sous forme de nitrates que l’azote pénètre dans les plantes.

Comment ces sels sont-ils modifiés et fournissent-ils l’azote des matières azotées ; comment, dans le protoplasma de la feuille, les matières albuminoïdes se produisent-elles dès qu’apparaissent le glucose, le tanin, l’amidon, etc., c’est ce que nous essayerons d’expliquer plus loin.

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