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ASSIMILATION DU SOUFRE

Il est certain que le soufre indispensable à la constitution des corps protéiques leur vient de la réduction des sulfates. Pour le tabac, par exemple, les engrais potassiques sulfatés sont bien autrement actifs que le chlorure de potassium. Chez les graminées, les sulfates du sol s’assimilent avec une grande facilité. Nous voyons cette réduction se faire très nettement dans les expériences de M. Planchud sur la vie des sulfuraires qui, avec des sulfates, produisent abondamment de l’hydrogène sulfuré, et dans celles de MM. Olivier et Étard sur les begçjiatoa et les ulotlirix, espèces d’algues qui réduisent les sulfates jusqu’à produire du soufre en nature que l’on trouve à l’état cristallisé dans leurs cellules, et que la plante résorbe et oxyde ensuite dans certaines conditions de son développement.

ASSIMILATION DES MATIÈRES MINÉRALES

Les plantes puisent directement dans la terre qui les soutient et les nourrit les matières minérales solubles qu’elles contiennent. Il est facile de s’en assurer en coupant en été une plante ligneuse un peu au-dessus du sol, et en installant sur le pied ainsi sectionné un tube de verre mastiqué (fig. 9; p. 29). L’eau, ou plutôt la sève que l’on recueille bientôt ainsi contient, avec une trace de matière organique, des sulfates, phosphates, chlorures, nitrates de chaux, magnésie, potasse, soude, etc.... Mais chaque plante, suivant sa nature, utilisant dans ses cellules tel ou tel minéral plus particulièrement, bientôt les tissus radiculaires restent saturés des sels inutilisés et ne les enlèvent plus au sol, tout en continuant à absorber par endosmose les composés minéraux que le végétal

ASSIMILATION DES MATIÈRES MINÉRALES

Gst plus particulièrement propre a fixer. De la une soi te de sélection apparente. C’est ainsi que la potasse nécessaire h la vigne, au tabac, h la pomme de terre, est absorbée par leurs racines presque exclusivement à la soude; que les sels de soude le sont au contraire par les salicors, salsola, tamarix, atriplex, asperge, lupin jaune, etc., et généralement par les plantes maritimes; que la chaux convient et suffit à certains lichens. D’après M. Grandeau, la betterave prend au sol le potassium, le rubidium et le sodium, et laisse le césium et le lithium; le tabac s’enrichit en potassium et lithium et repousse le sodium ; le colza s’empare du potassium et du sodium, mais non du lithium et du rubidium, etc.

A la suite d’une série de recherches publiées aux Com.pt. rend, de l'Acad. des sciences, t. LXV, p. 729, M. Péligot arrive h cette conclu- -sion qu’il n’existe pas de sel de soude dans le blé ni dans l’avoine (grain et paille), dans la pomme de terre (tubercules et tiges), les bois de chêne et de charme, les feuilles de tabac, de mûrier, de pivoine, de ricin, les haricots, le souci, la pariétaire, le panais (feuilles et racines), les épinards, même lorsque le sol où croissent ces végétaux en est notablement pourvu. Les fucus qui fournissent la soude de varech, contiennent, malgré leur origine marine, une quantité prépondérante de sels de potasse. La plupart des plantes des familles atriplex et chenopodium s’enrichissent, au contraire, principalement en sels de soude, même dans des sols qui n’en ont que très peu.

Le manganèse paraît assez répandu, notamment dans les plantes aquatiques.

Le zinc se rencontre dans les plantes qui croissent sur les sols à calamine (hêtre, bouleau, pin, chêne). D’après Sachs, dans les feuilles du thlaspi, ce métal peut atteindre 15 pour 100 du poids des cendres. Il est fort abondant dans la viola calaminaria. MM. Bellamy et Lechartier l’ont signalé dans le maïs, le blé, l’orge, les haricots blancs. Il forme environ 5 millionièmes de leur poids.

Le cuivre est beaucoup plus répandu qu’on ne pense dans les végétaux : il a été signalé dans le chêne, le tilleul, le platane, l’oranger, le hêtre, le pin, le blé, le trèfle. Le grain de blé en contient de 5 à 10 milligrammes par kilo; le riz 6 milligrammes; l’orge 11 ; l’avoine 8,4; les haricots de Soissons 11 ; les lentilles 6,8 ; le cacao maragnan 40 et sa pellicule 225 rngr.; le café de 6 à 14 mgr. par kilo.

Mais il est plus curieux encore de constater que dans un même végétal les cellules de chaque tissu s’emparent des substances minérales qui leur conviennent. La potasse passe dans la racine, le protoplasma vert et les fruits, et s’accumule au contraire très rarement dans le bois; la chaux se fixe dans les tissus cellulosiques; la magnésie participe surtout à la constitution de la chlorophylle et des semences ; le fer se retrouve

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