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RENDEMENT EN TRAVAIL DE LA MACHINE ANIMALE

ponibles augmente à peu près proportionnellement à l’augmentation de la consommation d’oxygène ou de l’exhalation de l’acide carbonique.

On a vu plus haut qu’en Europe, les ouvriers adultes qui se livrent a un travail soutenu, sans être excessit, ni très fatigant, absorbent un supplément d’alimentation équivalent à 950 Calories. Calculées en travail d’après l’équivalent mécanique de la chaleur, ces 950 Calories seraient aptes à produire 404 000 ldlogrammètres. En fait, ces ouvriers fournissent de 60 tà 70 000 ldlogrammètres de travail utilisable, soit environ le sixième de la quantité théorique.

Mais pour arriver à calculer le rendement maximum de la machine humaine en travail réel, il est bon de serrer la question de plus près. Il est nécessaire de se placer expérimentalement dans des conditions spéciales : il faut que l’ouvrier puisse produire le maximum de rendement utile en s’attelant à une manœuvre qui lui soit familière; il faut aussi que le genre de travail qu’il exécute permette de tenir compte facilement des travaux secondaires de frottements, déplacements, soulèvement du corps s’il y a lieu; il faut enfin qu’on puisse connaître exactement ce que ces ouvriers consomment d’aliments par jour pour 9 à 10 heures de travail effectif.

En cherchant à me placer dans ces conditions, voici les observations que j’ai faites à ce sujet. Un bon ouvrier peut élever en 9 à 10 heures de 120 à 150 hectolitres d’eau ou de vin et les porter à 10 mètres de hauteur au moyen d’une bonne pompe aspirante et foulante. Pendant ce travail il ne déplace pas son corps, mais abaisse et élève successivement à chaque coup de piston (8000 environ en 10 heures), le centre de gravité de la partie supérieure de son corps; il a à vaincre les frottements appréciables de la pompe et du volant (*) ; enfin son cœur et ses muscles thoraciques travaillent de leur côté en poussant le sang à travers les capillaires et surmontant la pression atmosphérique. L’ensemble de tous ces travaux est calculé en ldlogrammètres dans le tableau suivant :

Remplissage d’un foudre de 150 hectolitres en portant l’eau à 10 mètres Kgrra.

de hauteur 150 000

Élévation de la moitié du corps (55 kilogr.) à chaque coup de pistou ;

pour 7 500 coups de piston 52 750

Travail pour vaincre les frottements de la pompe, environ 9 450

Travail de systole du cœur pour 48 000 pulsations en 10 heures ... 50 700

Travail de soulèvement de la cage thoracique, en 10 heures 7 800

Total du travail réel produit 250 700

Frankland a trouvé de son côté 270 000 ldlogrammètres pour le tra-

(*) Les frottements sont très faibles parce que le piston est complètement baigné dans le liquide et que l'axe du volant est bien graissé.

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