ORIGINE DES CORPS GRAS CHEZ L’ANIMAL
fournit; mais la graisse ainsi emmagasinée n’est pas toujours celle qui a été fournie à l’animal. Déjà, en 1841, Magendie avait essayé de nourrir un chien avec du beurre. Il mourut d’inanition quoique très obèse après 68 jours, et son foie devenu gras fut trouvé ne contenir que fort peu d’oléine, et au contraire beaucoup de stéarine qu’on ne trouve pas dans le beurre. A. Wurtz et Colin ont aussi essayé de nourrir des ruminants avec des tourteaux de ricin, et constaté que l’acide ricinoléique n’existait pas dans leur graisse. Radziejewski est arrivé aux mêmes conclusions sur les chiens nourris d’huile de navette : l’acide erucique propre a ces huiles ne se retrouva qu en petite quantité dans la giaisse de leurs muscles. Cette dernière expérience montre toutefois qu’une partie des corps gras peut être absorbée dans certains cas en nature. Lebedeff a prouvé aussi que l’huile de lin et celle d’olive peuvent passer en petite quantité dans le lait, et même dans les graisses du tissu adipeux.
II. L'animal transforme en graisse une partie clés hydrates de carbone qu'on lui fournit. C’est là une seconde origine des graisses animales et peut-être la plus importante.
Depuis longtemps Huberde Genève a remarqué que le sucre suffit aux abeilles pour faire leur cire. Dumas et W. Milne-Edward établirent définitivement que ces insectes nourris seulement de sucre produisent une quantité de cire triple de celle qui, au début de l’expérience, est contenue dans leur organisme. Persoz et Boussingault démontrèrent sur les oies et les porcs que des aliments riches surtout en matériaux amylacés, tels que les pommes de terre, produisent chez ces animaux une quantité de graisse très supérieure à celle qui préexistait dans leur alimentation : il faut donc qu’elle se soit formée aux dépens des hydrates de carbone ou des albuminoïdes. D’autre part MM. Gilbert et Lavves ont établi que les animaux de ferme ne s’engraissent pas, ou mal, si on ne leur fournit que des corps azotés; qu’on ajoute au contraire à leur alimentation des hydrates de carbone, et ces mêmes animaux se chargeront aussitôt de graisse. Enfin MM. Henneberg et Stohmann ont établi par de nombreuses observations sur les bœufs que ces ruminants, nourris de foin et de paille, digèrent à peu près la moitié de la cellulose qu’ils ingèrent, et qu’on retrouve dans leurs organes sous forme de corps gras. Chaniewsky, dans ses expériences plus récentes sur les oies, a montré que 70 à 85 pour 100 de la graisse de ces animaux provient des hydrates de carbone de leurs aliments. Enfin Fiirstenberg a établi que le régime le plus approprié à l’engraissement est celui qui pour une partie d’albuminoïdes contient 5 parties d’hydrates de carbone.
Nous avons vu (p. 55 et 58) comment dans le fruit de l’olivier la mannite se transforme en corps gras par perte d’eau et d’acide carbonique. Un mécanisme fort analogue préside chez les animaux à la production des
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