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CHAPITRE PREMIER

Considérations Oriie'roirs.

iiii. Les substances végétales «pic l'on considère en chimie sont ou des principes immédiats qui existent tout formés dans les plantes, Ou des corps qui proviennent de leur altération par la chaleur, de leurs actions réciproques et celles des substances minérales. Ces substances sont toutes formées d’oxigène , d’hydrogène et de carbone dans des proportions varia-

Lies , quelques-unes renferment en outre de l’azote ; sous ce rapport elles se rapprochent des substances animales , qui , comme nous le verrons plus tard , sont formées de ces quatre élémens.

Les végétaux sont aussi composés de la même manière , mais ils renfcirncnt en outre quelques substances minérales : quelquefois elles y sont nécessaires , mais souvent elles n'y sont qu’accidentelles.

‘ Les élémens qui constituait les substances végétales' y sont dans des proportions relatives tics- variables ; d'apres l’analyse d'un grand nombre d'entre elles , il résulte , 1“ que la quantité d'oxigène n'est jamais suffisante pour brûler la totalité de l’hydrogène et du carbone ; 2° que les substances renfermant plus d'oxigène qu’il n'en faut pour brûler leur hydrogène , sont acides ; 3” que les substances qui contiennent de l’oxigènc et de l'hydrogène dans les mêmes rapports que dans l’eau , ne sont ni acides ni alcalines et sont analogues au sucre , à la gomme ; 4" que les substances dans lesquelles l’hydrogène est à l’oxigène dans un ’ plus grand rapport que dans l'eau , renferment un grand excès de carbone, qu’elles sont très-combustibles , comme les huiles et les résines : quelques-unes sont acides et analogues aux hydracidcs minéraux.

1112. Propriétés générales. Parmi les substances végétales , il en est quelques-unes qui peuvent entrer en ébullition et sc volatiliser , tels sont l'alcool, l'éther , l'acide acétique, les huiles essentielles ; quelques-unes sc vaporisent seulement dans les gaz , «tels sont le camphre , l’acide benzoïque , l’acide oxalique ; la plupart des autres sont fixes. Toutes sont décomposées à fa température de la chaleur rouge ; les produits de cette décomposition sont du charbon , du gaz oxide de carbone et de l'hydrogène carboné ; celles qui renferment de l'azote donnent , en outre, de l'acide hydro-cyanique , de l’ammoniaque et de l'azote.

Pour décomposer complètement une substance végétale par l'action de la chaleur , qu'cflc soit ou non volatile , l'appareil le plus simple consiste * en une cornue de grès , communiquant avec un cylindre de porcelaine placé dans un fourneau à réverbère , dont l'autre extrémité est garnie d’un tube qui s'engage sous des cloches pleines d'eau ou de mercure ; on met

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la substance végétale dans la cornue , et on la fait chauffer , lorsque le tuhe de porcelaine est incandescent ; si la matière végétale est fixe , la décomposition commence à s’effectuer dans la cornue ; mais une partie de la matière plus ou moins altérée se dégage avec les gaz. cl se décompose entièrement dans le tubb de porcelaine ; si la matière est volatile . la décomposition a uniquement lieu dans cette dernière partie de l’appareil (t). •

1 1 i3. Action de l'Air. L'air, à la température ordinaire, agit sur la plupart des substances végétales ; nous examinerons les phénomènes qui se développent dans cette circonstance en étudiant chaque substance en particulier , et principalement dans le Chap. III. L'air , h une température suffisamment élevée , brûle toutes les substances végétales et donne pour produit de l'eau cl de l’acide carbonique ; mais comme dans les circonstances ordinaires l’air ne se renouvelle pas assez, vite pour opérer une combustion complète , il se forme du charbon , et quelquefois une partie de la substance végétale se volatilise dans un état d’altération plus ou moins avancé.

il 14. Action de l Eau. Aucune substance végétale ne décompose l’eau , mais il en est un grand nombre qui sont solubles düns ce liquide ; en général celles qui sont très-oxigénées sont très-solubles , et celles qui sont très-hydrogénées le sont très-peu.

m 5. Action des Corps combustibles. Le phosphore et le soufre n’ont d'aqlion que sur les substances très-hydrogénées ; ils se dissolvent dans l*alcool et les huiles , et forment des composés solides avec les résines.

L'iode s'efnpare de l’hydrogène de toutes les substances végétales à la température où clics se décomposent. A la température ordinaire , l’iode

(1) Si Ton décomposait une matière végétale fixe par une siinplr distillation , 04 obtiendrait en général pour produit , de l’eau , de l'aride tarbonique , de l'hydrogène carboné , de l’aiide acétique , une huile brunâtre et du charbon ; la quantité relative de ces produits dépendrait de la composition de * la substance végétale ; si clic était trcs-oxigétwe , on obtiendrait beaucoup d’eau , d' acide carbonique et d’acide acétique ; si au contraire clic était très- hydrogénée , on aurait beaucoup d'hydrogène carboné, d 'huile et de charbon. Certaines substances végétales donnent en outre d'autres produits -, mais ce n’est point i éi le lieu de les examiner.

est sans action sur les substances végétales acides ; il agit par l'intermède de l'eau sur celles qui sont alcalines, il se forme des hydriodates et des iodates ; il se combine avec plusieurs substances neutres et principalement avec l'amidon ; enfin, il s'empare souvent à froid de l'hydrogène des substances dans lesquelles cet élément est dominant.

Le chlore s'empare , à la température ordinaire , de l'hydrogène de toutes les m atières végétales , excepté de celles qui sont alcalines ; il se forme de l’acide hydro - chloriqne , de l’acide carbonique , de l'acide acétique et des substances qui n’ont point été examinées : ainsi le chlore détruit sans retour toutes les matières colorantes végétales , l’encre ", etc.

1 1 1 G. Parmi les métaux , ceux du 2' ordre sont les seuls qui agissent sur les substances végétales ; ils décomposent celles qui sont acides et produisent des sels alcalins ; ils agissent aussi sur certaines substances grasses.

Le bore, le carbone et l'azote sont sans action sur les. substances végétales.

11 17. Action des Oxides mr'lalliijues. Ixs arides végétaux se combinent avec presque toutes les bases saliliablcs ; les dissolutions alcalines cencen-

• trées et bouillantes dissolvent ou altèrent presque toutes les matières végétales.

11 18. Action des Acides minéraux. Les acides minéraux se combinent avec^toutcs les substances végétales alcalines sans leur faire éprouver aucune altération ; mais plusieurs acides exercent une action frès-énergique sur la plupart des autres.

1119. L’acide nitrique attaque à froid ou à chaud toutes les substances végétales non alcalines : dans cette action l'acide nitrique est décomposé, son oxigène brûle une partie de l’hydrogène et du carbone de la matière végétale, et la transforme souvent en une substance acide. Ainsi l’acide nitrique en agissant sur le sucre , le transforme en acide matique ou oxalique.

1120. L’acide sulfurique concentré agit sur les matières végétales avec

beaucoup d'énergie , mais d'une manière très-irrégulière ; tantôt il s’empare d’une partie de leur hydrogène et de leur oxigène dans le rapport nécessaire pour former de l’eau avec laquelle il se combine , et le carbone devenu dominant donne une teinte noire à la substance végétale ; si alors on élève la température , l'acide sulfurique est décomposé par le carbone , et il se dégage de l'acide sulfureux : telle est la manière d'agir •

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de cet acide sur le bois ; tantôt l'acide dissout la matière végétale en la transformant en une autre : ainsi l'acide sulfurique dissout le ligneux et le transforme en gotninc , et celte dernière substance ou l'amidon , chauffée avec de l'acide sulfurique très-étendu d'eau , se transforme en sucre. Enfin, l’acide sulfurique se combine avec certaines substances trèshydrogénées et forme des composés qui n’ont point encore été examinés.

ii 21. Action des Sels Metallà/ues. A la tempe-rature ordinaire, les sels n'agissent que sur les substances végétales acides et sur celles qui sont alcalines. Les phénomènes qui se passent sont analogues à ceux que présentent entre eux les sels, les acides et les oxides métalliques ; mais à une température élevée , comme Routes les substances végétales renferment plus d'hydrogène et de carbone que ne peut en brôler l'oxigènc qu'elles contiennent , elles agissent sur les sels métalliques comme les corps combustibles.

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