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CHAPITRE II

Substances Végétales et leurs Combinaisons.

Nous diviserons les substances végétales en sept classes ; dans la première nous réunirons les substances acides , dans la seconde les substances alcalines , dans la troisième les substances qui renferment l'oxigène et l'hydrogène dans le même rapport que dans l'eau , dans la quatrième les substances très-hydrogénées , dans la cinquième les substances végétales azotées , la sixième" comprendra les matières colorantes, et la septième les substances qui n’ont point encore été suffisamment examinées pour être rangées dans les classes précédentes.

Acides Végétaux.

1122. Les acides végétaux sont très-nombreux; on en compte trentecinq. Parmi ces acides , il en est qui existent tout formés dans les p’anlcs , et d'autres qui sont le produit de l'art.

ACIDES

N ATURELS.

ACID F. S

QUI n’EXI STENT POIMT D4*S LA UATI7RR.

Ar<it>que.

Fungique.

Subrrique.

MjIkjuc.

Igasunquc.

Cainplinrique.

Oxalique.

Kiniqnr.

Ellagiquc.

Citrique.

Kramérique.

Muricjue.

Tarlrique.

Lactique,

Nanréique.

Benzoïque.

Mcconique.

P) rn— citrique.

Galliquc.

M fllilique.

Pyro-in a lique.

Perliquc.

Metmplicrmiqiie.

Pyro-mucique.

Succiniquc.

Morique.

P\ro- tarlrique.

Margarique. *

L'aride du Slrychnos-

Srhariqiie. .

I Olciquc.

pscudo-kiiia.

L'acide de la lampe sans flamme.

1123. Propriétés générales des Acides. Tous les acides végétaux sont incolores ; tous peuvent être obtenus à l'ctat solide , excepté l'acide oléique qui est toujours liquide au-dessus de 6° ; un seul est odorant, c’est l'acide acétique. Soumis à l'action de la chaleur , les acides acétique , méconiquc et pyro-muciquc se volatilisent sans se décomposer. Les acides benzoïque , cllagiquc , galliquc , margarique , oléique , oxalique , pyromaliquc , pyro-tartrique et succiniquc se divisent en deux parties ; la première, très- petite , se décompose et forme des gaz dans lesquels l’autre se vaporise ; tous les autres acides se décomposent. Tous les acides végétaux sont solubles dans l'eau , excepté les acides oléique , margarique et cllagiquc ; presque tous sont solubles dans l'alcool. Les acides végétaux secs sont sans action sur les métaux , excepté pourtant ceux du 2' ordre ; lorsque la température est élevée , ccs derniers sont oxidc's au dépend de l'acide qui est décomposé ; lorsqu’ils sont en dissolution dans l’eau , les métaux du 2* ordre s'oxident par la décomposition de l'eau et il se forme un sel alcalin. Plusieurs métaux du 3* ordre se dissolvent de la même manière dans les acides végétaux qui ont une grande force. La plupart des acides végétaux réduisent l'oxidc

d’or libre ; lorsqu'il est en dissolution dans l’acide hydro-chlori.quc , l’acide végétal n’opère celte réduction qu'autant qu’il est coin bine' avec un alcali ; l’acide oxalique fait exception , il réduit l’hydro-chloratc d’or , avec dégagement d’acide carbonique. Tous les acides végétaux se combinent avec Tes oxides métalliques.

1 1 2 j . Profirif'les generales des Sels renfermant un Acide lregètal. Ces sels sont tous décomposés par le feu ; ceux des deux premiers ordres laissent l’oxide libre , ceux des cinq derniers donnent pour résidu le métal réduit. Ces sels se comportent avec un courant galvanique comme les sefs minéraux. Dans leurs actions mutuelles et sur les sels minéraux, ils suivent les mêmes lois que ces derniers dans leur action mutuelle. Tous les sels à base de soude , de potasse et d'ammoniaque sont solubles. L’ordre d'affinité des bases salifiables par l’intermède de l’eau parait être le suivant : barile , stronlianc , chaux , lilbiue, potasse, soude , ammoniaque et magnésie. Quant à l'ordre d'affinité des arides pour une même base , on ne sait rien de bien général ; il paraît cependant que les acides oxalique , tartrique , citrique sont au premier rang , et les acides mucique , subérique , cllagique , oléique et margarique au dernier. La composition des sels dont l’acide est végétal est analogue à celles des sels minéraux.

i 12.5. Dans les arts on n'emploie qu'un petit nombre d’acides végétaux , libres ou à l'état de sels. Les plus fréquemment employés sont les acides acétique , tartrique , galliquc , citrique et oxalique. *

Acides Végêtau. r Naturels.

Aiide Acétique.

itaG. L'acide acétique est extrêmement répandu dans la nature ; on le trouve libre ou uni à la potasse, dans la sève de toutes les plantes, dans le lait, dans la sueur et l’uriuc humaine; il forme toujours un des produits de la fermentation putride , de la décomposition des matière*

vitales par le feu , les alcalis et les acides sulfurique et nitrique. Toutes les liqueurs alcooliques peuvent, dans certaines circonstances , se transformer en acide acétique.

1127. L’acide acétique est toujours combiné avec l’qau : le plus ron- •centré qu'on ait encore obtenu cristallise à 1 3* ; sa densité à 160 est de i,o63 ; d'après M. Mollcrat , il exige pour sa saturation deux fois et demie son poids de sous- carbonate de soude ; il en résulte qu’il contient 0,12 d’eau. L’acide acétique renfermant une plus grande quantité d'eau , est toujours liquide à la température ordinaire ; il bout à une température supérieure à 100° , il se volatilise sans se décomposer.

1128. Nous ^'examinerons point ici la manière de préparer les liqueurs acides que l'on désigne sous le nom de Vinaigre de vin , de bière , etc. ; nous décrirons seulement les procédés que l'on doit employer pour obtenir l’acide acétique pur , ou seulement combiné avec l'eau. Ces procédés se réduisent à deux ; le premier consiste à distiller le vinaigre de vin ou de bière ; le second , à décomposer par le feu ou par des acides fixes les acétates secs. La distillation du vinaigre se pratique dans des cornues: de verre ou dans des alambics de cuivre étamc ; elle doit être poussée jusqu’à ce que la matière ait acquis la consistance de'ki lie de vin, parce que les dernières portions de liqueur qui passent sont plus acides que les premières , attendu que l’acide acétique est moins volatil que l’eau j mais on ne doit pas dépasser ce terme , parce que la matière végétale non volatile pourrait se décomposer. Cet acide est incolore et renferme beaucoup d’eau (1); on peut le concentrer en iè distillant de nouveau sur du chlorure de calcium sec ; ce dernier ayant une grande affinité pour l'eau en rcticn-

(1) I.c vinaigre peut être parfaitement décoloré par le charbon animal , mai* il renferme encore beaucoup Je matières étrangères dont on ne. peut le debarrasser que par la dislilhlion. Celle di'èolo ration *e fait à froid en agitant le vinaigre avec une petite quantité de charbon animal traité par l’acjdô hydro-rlilorique et lavé , et filtrant au bout de quelques heures ; si le charbon animal n'avait pas été traité par l’acide hydro-chloriquc , il se formerait beaucoup d acétate de chaux qui resterait en dissolution.

drait une grande partie. Mais pour obtenir de l’acide acétique trèsconcentré , il faut décomposer des acétates secs ; ceux que l’on emploie ordinairement sont ceux de cuivre et de soude ; le premier se décompose par la chaleur , et le second par l’acide sulfurique.

Pour extraire l'acide de l'acétate de cuivre , on introduit du verdet du commerce dans une cornue de grès , munie d’un alonge communiquant avec un ballon environné de linge mouillé , et on élève graduellement la température jusqu’au rouge; une partie d? l'acide se dégage , et l’autre se décompose eu réduisant l’oxide de cuivre, forme de l’acide carbonique , de l’hydrogène carboné , et une substance particulière désignée sous le nom d Esprit pyro - acétique , à cause de Sa .volatilité et des circonstances dans lesquelles elle se produit ; il reste dans la cornue du charbon et du cuivre ; le feu doit être conduit avec beaucoup de ménagement , pour que la réduction ne soit pas subite et que l'acide retienne moins de cuivre. L’acide ainsi obtenu est toujours colore en vert par une petite quantité d’acétate de cuivre qui a été entraînée ; on le purifie par une nouvelle distillation ; il est alors blanc et trèsodorant ; il portail autrefois le nom de Vinaigre Radical. D’après M. Derosncs, 2o‘,3i5 de verdet donnent 9k,gj3 d’acide non rectifié, 6k,"92 de cuivre et 3kj8o de fluides élastiques.

L'extraction de l’acide acétique de l’acétate de soude consiste à verser sur le sel une quantité d’acide sulfurique suffisante pour saturer la soude , à laisser agir pendant quelques heures ;• une grande partie du sulfate de soude cristallise , on décante et on distille la liqueur surnageante dans des vases de verre , de grès ou de platine. Ou pourrait procéder immédiatement à la distillation du mélange d’acide sulfurique et d'acétate. L'acétate de soude doit être très-pur ; on pourrait le préparer direc tement en combinant le vinaigre distillé avec la sonde ; mais on l’obtient ordinairement avec l'aride qui provient de la distillation du bois , et que l'on désigne sous le nom d’Acido pyro - ligneux. Cet acide est formé d’eau, d'acide acétique, d’huile essentielle empyrcuinatiquc , de résine altérée par le feu , et d’extractif. On commence par y verser un excès de sous-carbonate de

chaux , on agite , on enlève les écumes qui se forment , on fait chauffer , et on achève la saturatiôfi au moyen du lait de chaux ; on décompose l'acétate de chaux impur , à l'aide de la chaleur ; par une quantité convenable de sulfate de soude ; il se forme de l'acétate de soude et du sulfate de chaux , que l’on sépare par la filtration. L’acétate de soude est ensuite concentré jusqu’à pellicule, et abandonné à lui- même ; il cristallise par le refroidissement ; ces cristaux spnt ensuite chauffés dans des (hnudières de fonte très-plates , de manière à brûler Jes matières étrangères sans décomposer l'acétate : il faut continuellement agiter pendant toute cette opération qui est de longue durée et exige beaucoup de soins et d'habitude : une calcination trop vive décomposerait une partie de l’acétate, une calcination incomplète laisserait des substances étrangères. La matière est ensuite dissoute dans l'eau, filtrée, concentrée et mise à cristalliser : «es derniers cristaux sont parfaitement purs lorsque l’opération a été bien' conduite.

L’acide acétique anhydre , c’est-à-dire tel qu’il se trouve dans les acétates , est compose , d’après M. Berzclius, de 0,468 de carbone , 0,468 d’oxigène et de o,of>3 d'hydrogène , ou de trois volumes d’oxigène , qualro de vapeurs de carbone et six volumes d'hydrogène ; et la molécule d’acide acétique est formée de trois molécules d’oxigène , quatre de carbone et six d’hydrogène; son poids est de 64.

Les usages de l’acide acétique à l’état de vinaigre sont très-mullipliés ; on l’emploie dans l’économie domestique et pour faire les acétates que l’on consomme dans les arts. On a cru pendant long- temps que le vinaigre distille était moins oxigéné que l’acide extrait des acétates, et on le désignait pour cette raison sous le nom d’acide acéteux ; c’est M. Adet qui prouva le premier leur identité. . • «

112*9. Hfs Acétates. Tous les acétates sont décomposablcs par l’action de la chaleur , et donnent de l'hydrogène carboné , de l’acide carbonique , de l’acide acétique , de l’esprit pyro-acétique , du charbon , le métal ou l'oxide ; les acétates qui sont facilement décomposablcs , comme ceux d’argent, de cuivre, de nickel, donnent beaucoup d'acide et peu d’esprit; le premier même n’en donne point; ceux au contraire qui ne se dccompo-

sent qu’i une température très- élevée, produisent beaucoup d’esprit et peu d’acide.

L’esprit pyro-acétique est liquide , incolore ; sa saveur est acre et urineuse , son odeur est analogue à celle de la ni en l lie poivrée ; sa densité est de 0.7864 ; il bout à ïq*. Il se combine en toutes proportions avec l'eau , l’alcool et les huiles essentielles 1 la potasse caustique n’a qu'une action très-faible sur l’esprit pyro-acétique ; les acides sulfurique et nitrique le décomposent ; mais il se combine avec l’acide bydro-chloriquc et forme uné substance neutre qui ne précipite ni le nitrate d'argent ni celui de plomb, et dans laquelle on ne peut .reconnaître la présence de Tacide liydro-cbloriqnc qn’en la décomposant. Pour obtenir l’esprit pvro-acétique, on distille un acétate quelconque , excepté celui d’argent , on obtient un mélange d'acide acétique et d esprit pyro-acétique ; on salure par la potasse et on distille de nouveau : l’esprit pyro-acétique sc dégage de l'a&tatc de potasse. C'est à M. Chcncvix qu'on doit la Connaissance des principales propriétés de ce corps.

n3o. Tous les acétates sont décomposablcs par les acides nitrique, sulfurique, hydro-cliloriqtic , fluorique , phosphorique. Tous sont solubles dans l’eau ; ceux qui le sont le moins sont ceux de mercure et d’argent : ceux qui sont à base alcaline , dissous dans une grande quantité d’eau , sc décomposent ; ils sc transforment en carbonates , et la liqueur sc couvre de moisissure.

1 1 3 f . On 11c trouve dans la nature que deux acétates, ce sont ceux de polassc et d’aininoniaquc ; le premier existe dans la sève de presque toutes les plantes , le second dans les urines pourries ; il est probable que la soude qu’on rencontre dans les cendres d'un grand nombre de plantes qui croissent sur le bord de la mer, sc trouve dans la plante à l’état d’acétate.

1 i3a. Tous les acétates peuvent sc préparer directement en traitant l’acide par l’pxidc ou par le carbonate : ceux de zinc et de fer s'obtiennent en mettant ces métaux en contact avec l’acide ; quelques autres , par la voie des doubles décompositions. On n’cinploic dans les arts et en médecine qu’un petit nombre d’acétates : ce sont ceux de potasse, de sonde , de chaux , d'ammoniaque , d’alumine , de fer , de plomb , de cuivre et de mercure.

1 1 33. Daus les acétates neutres, la quantité d’oxigène de l’oxidc est

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à la quantité d'acide comme i est à 6,4*4 > dans *cs sous - acétates la quantité de base est triple de celle des acétates neutres.

11 34. Acétate d' Alumine. Sel acide, incristallisable , déliquescent ; par l’action de la chaleur, il abandonne son acide, qui se volatilise sans avoir éprouvé d'altération. L'alun, le sel marin, le nitrate de potasse et les sulfate de soude , de potasse , de magnésie et d'ammoniaque , troublent à chaud les dissolutions d’acétate d'alumine , et y forment un précipité d'alumine qui se redissout par le refroidissement et l’agitation. Les chlorures de barium , de calcium, le nitrate de baritc et l’acétate de plomb, ne jouissent pas de celte propriété. Ces faits ont été observés par M. Gay- Lussac et paraissent difficiles à expliquer. Ce sel se forme directement en combinant l'alumine en gelée avec l'acide acétique. On l’emploie en teinture ; pour cet usage , on le prépare en précipitant l’alun par l’acétate de plomb ; il se forme du sulfate de plomb , qui se précipite , et des acétates daluminc et de potasse ou d'ammoniaque , qui restent en dissolution.

11 35. Acétate neutre de Magnésie. Ce sel est très -amer, déliquescent, difficile- "ment cristallisable; s'obtient en traitant à chaud la magnésie ou son carbonate par

l’acide acétique.

n3ü. Acétate neutre de Chaux. Ce sel est très - soluble ; il cristallise facilement en aiguilles ; il n'existe point dans la nature. On le prépare par l'acide acétique , la chaux ou le carbonate de chaux. Il est décomposable à la chaleur rouge; préparé avec l’acide pyro - ligneux , on l'emploie pour en extraire l’acide acétique concentré. .

1 137. Acétate neutre de Baritc. Ce sel est très-solublè , cristallise en aiguilles qui s’eflleurisscnt à l’air. L’eau à i5” en dissout o,88, et 0,9a à ioo». Ce sel s’obtient en traitant le sulfure de barium par l’acide acétique. Il est quelquefois employé dans les laboratoires comme les autres sels solubles de baritc.

11 38. Acétate neutre de Potasse. L’acétalc de potasse est de tous les sels le plus déliquescent. L’eau en dissout plusieurs fois son poids. Il cristallise en paillettes. On le désignait autrefois sous le nom de terre foliée de tartre , à cause de sa forme et parce qu'on le préparait avec le résidu de la calcination du tartre.

1 i3g. Lorsqu’on distille, dans une cornue de verre communiquant à un ballon environné de glace , un mélange de parties égales il acétalc de potasse et de deutoxide

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d'arsenic , on obtient de l’acide carbonique , de l'hydrogène arseniqué , deux liquides d’inégale densité qui se condensent dans le récipient , et il reste dans la cornue de l’arsenic métallique et du carbonate de potasse. Le plus pesant des deux liquides qui se trouvent dans le ballon est connu sous le nom de Liqueur fumante de Cadet. Cette substance est très-volatile; elle répand dans l’air des vapeurs d’une horrible fétidité , qui se propagent au loin et s’attachent aux vèlernens ; ces vapeurs dépendent et de l’oxigènc et de l’humidité, car il ne s’en forme point dans l’acide carbonique sec , et il s’en forme sensiblement dans ce gaz humide. Elle bout à une douce chaleur ; elle est peu soluble dans I ’cau , difficilement attaquable par les alcalis ; le chloçp gazeux l'enflamme et la^ décompose subitement. Le produit de cette décomposition , dissous dans l’eau , est précipite en blanc par l’eau de chaux , et en jaune par l'acide hj dro- sulfurique ; celle dissolution saturée donne, par l’évaporation, de l’acétate de potasse. La dissolution aqueuse de liqueur fumante de Cadet donne, par l’hydrogène sulfure, un précipité de soufre et d'arsenic et une matière oléagineuse, qui se sépare lentement du dépôt et vient nager à la surface du liquide; celle matière oléagineuse renferirfe de l'acide acétique : exposée pendant plusieurs jours à l’air, elle cristallise, se trouble par l’eau de chaux et forme un précipité d’un beau jaune. Il paraît , d'après cela , que la liqueur fumante de Cadet est composée d'arsenic , d’acide acétique et d’une matière oléagineuse , et probablement d’une certaine quantité d'esprit pyro-acétique. Quant à la liqueur d'une moindre densité qui sur-1 nage la première , elle est brune , se combine avec l’eau en toute proportion , a moins d'odeur que la première, répand moins de fumée, et ne parait en dilfércr que par une certaine quantité d'eau avec laquelle elle est combinée.

L'acétate de potasse se trouve dans la sève de presque toutes les plantes. On l'obtient directement en traitant la potasse par le vinaigre distillé. Pour qu’il ne $c colore pas pendant la concentration , il faut que la liqueur reste toujours avec un petit excès d'acide. Ce sel n’est employé qu’en médecine.

n4o. Acétate neutre de 'Soude. Ce sel cristallise en prismes qui renferment o,3g d’eau de cristallisation. L’eau à la température ordinaire en dissout le tiers de son poids : exposé à l’action de la chaleur , il éprouve la fusion aqueuse , la fusion ignée , et se décompose ensuite. Ce sel s’obtient en traitant le sous-carbonate de soude par l’acide acétique ; préparé par la décomposition du pyro-lignate de chaux et du sulfate de potasse, il est employé pour obtenir l’acide acétique concentré.

n4t- Acétate d‘ Ammoniaque (Esprit de Mandérerus ). Ce sel est solide, blanc, iocristallisablc ; sa saveur 'est piquante; il est très -soluble dans l’eau et dans l’ai—

DE CHIMIE. 54t

coot. Mêlé arec l'hydro - chlorate de dculoiide de mercure, il se trouble au bout de quelque temps , devient laiteux et forme on précipité volumineux qui paraît être un sel ammoniaco-mcrcurie!. Soumis à l'action de la chaleur dans une cornue , il laisse dégager de l’ammoniaque et se transforme en acétate acide , qui se sublime et cristallise dans le récipient. Cet acétate acide peut s’obtenir directement en distillant un mélange d'acétate neutre de potasse et de sel ammoniac. L’acétate neutre se prépare en saturant l’ammoniaque par l’acide acétique, faisant évaporer et saturant de nouveau la liqueur vers la fin de d’opération , ou bien en saturant l’acétate acide qui provient par la distillation du sel ammoniac et de l’acétate de potasse. L’acétate d'ammoniaque ne se rencontre dans la nature que dans les urines pourries-, il n’est employé qu'en médecine.

1 142. Acétate de. Fer. L’acide acétique petit se combiner avec les trois oxides de fer. L’acétate de protoxidc s’obtient en traitant le fer décapé par l’acide acétique concentré , sans le contact de l’air ; les acétates de deutoxidc et de triloxidc se préparent directement en mettant ces oxides en contact avec l’acide; I acétate 'de tritoxidc s'obtient aussi en mettant du fer dans de facîdc acétique exposé à l’air : le métal s’oxidc , et par la décomposition de l’eau cl par l’oxigèno de l’air; c’est ce procédé que l’on suit pour faire l’acétate de, tritoxidc que l’on emploie en teinture ; on se sert de vinaigre ordinaire ou d’acide pyro- ligneux ; le tonneau dans lequel se fait cette operation porte le nom de tonne nu noir, la limaille de fer arrosé^ d’acide acétique se rouille et prend en peu de temps une si grande cohésion, que l’on pourrait employer ce procédé pour sceller le fer dans la pierre; il paraît qu’il se forme un sous-acctatc avec-un grand excès de base.

1 143. Acétates de Cuicre. L’acétate neutre de deutoxide de cuivre, V crdel cristallisé , Cristaux de Vénus , cristallise en prismes rhomboïdaux d’un vert bleuâtre, légèrement efflorescens , solubles dans l’eau et dans l’alcool. Ce sel est très-vénéneux : soumis à l'action de la chaleur dans une côrmte de verre , il se décompose , et , en même temps , il se sublime une Certaine quantité d’acétate anhydre , qui se dépose contre la paroi su* péricurc de la cornue en flocons et tn petits cristaux blancs. On peut egalement qbtenir cet acétate anhydre en mettant l’acétate vert dans l'acide sulfurique concentré ; l'acétate anhydré repasse au vert par l’eau ou le

contact de l’air ; l’acétate neutre de cuivre s'obtient en dissolvant le sous-acétate dans l’acide acétique.

Le sous-acétate de dcutoxidc de cuivre , V rrd de gris , Verdet , est en masses compactes d’un bleu pâle; il est très- vénéneux , mais moins que l’acétate neutre. L’eau le décompose en acétate neutre qui se dissout et en sous- acétate avec un grand excès de base qui reste insoluble. Ce sel est insoluble dans l'alcool. D'après M. Phillips, le sous-acétate renferme, pour la même quantité d’acide, deux fois autant d'oxide et d’eau que l’acétate neutre. Le verdet se fabrique principalement à Montpellier, en mettant dans des tonneaux des couches alternatives de cuivre et de marc de raisin ; le vin que le marc renferme s’acidifie , et le cuivre , oxidé par le contact de l'air, se combine avec l’acide (i). Après un mois ou six semaines de contact , on enlève la couche de verdet qui recouvre le cuivre , et on le soumet de nouveau à l’action du marc ; cette, opération se fait presque chez tous les particuliers. Ce sel est employé dans la peinture à l’huile et en teinture.

Acétate de Plomb. Le dv^iloxide de plomb se combine avec l’acide acétique en trois proportions , et forme un acétate neutre et deux sousacétates.

» 1 44 - L’acétate neutre, Sel de Saturne, Sucre de Satumi , a une saveur sucrée, puis fortement astringente, "cristallise en prismes à qifctrc pans terminés par des sommets dièdres; ils renferment 0,14 d’eau, et sont cfllaresccns. L’eau à no* en dissout plusieurs fois son poids. Une dissolution saturée bout à la même température que l’eau pure. On prépare ordinairement ce sel en faisant bouillir du vinaigre distillé sur de la litharge , filtrant, faisant évaporer , et afin qu’il n'y ail point de sousacétate , ou ajoute de l’acide vers-la fin de la concentration jusqu’à ce que la liqueur rougisse sensiblement le tournesol. Si l’acide n’était pas pur , le sel ne cristalliserait pas sous la forme de champignon. Ce sel

(i) Il fout bien distinguer l'acétate de cuivre qui *e forin j sur le cuivre par le coirtnct de l'air et de l’acide acétique , avec la substance de même couleur qui résulte de l'exposition du cuivre à l’air : ce dernier est un sous-carbonatc ; celle qui se forme sur le cuivre par t'huile est un savon à base de cuivre.

est employé en médecine , dans les manufactures de toile peinte pour faire l'acétate d'alumine.

ii43. Le sous-acétate de plomb, Extrait de Saturne, cristallise en lames opaques blanches; il se comporte comme les sous -sels alcalins: il rougit le curcuma et ramène au bleu le tournesol rougi. Il est beaucoup moins soluble que l’acétate neutre ; il. renferme , pour la mémo quantité d'acide , trois fois autant d'oxide que l’acétate neutre. Il est troublé par toutes les dissolutions de sel neutre , par la gomme , le tannin et la plupart des dissolutions de matières animales. Un courant d'acide carbonique précipite l’oxide en excès à l'état de sous-carbonate, et transforme le sous-acétate en acétate neutre. Le sous-acétate de plomb s’obtient en faisant bouillir de l’acétate neutre en dissolution sur deux fois son poids.de lilhargc , filtrant et faisant concentrer, h’ eau vêgélo-tmnerale ou de Goulard est une dissolution de sous-acétate ; elle csj laiteuse , parce que l'eau précipite ce sel par l’acide carbonique et la petite quantité de sulfate qu’elle renferme ; l’eau distillée jouit même de la propriété de précipiter le sous-acétate, lorsqu’elle est aérée. Le sous-acétate -de plomb est principalement employé pour préparer la cérusc.

1146. D’après M. Berzelius, il existe un autre sons- acétate renfermant, pour la même quantité d’acide , deux fois plus de base que l’acétate que nous venons d’examiner. O11 l’obtient en versant de l’ammoniaque faible dans une dissolution de sous - acétate ; il se précipite en une poudre Llanchc insoluble.

1147. Les substances connues dans le commerce sous les noms de . Céruse ou de Blanc de Plomb , et de Blanc d' Argent , sont des sous-carbonates de plomb. La céruse est souvent mêlée avec du carbonate de chaux ou du sulfate de baritc ; le blanc d’argent est du carbonate pur. La céruse s’obtient principalement par deux procédés que nous allons décrire succinctement. Le premier , pratiqué depuis long-temps en Hollande , consiste à mettre- dans de grands pots de terre une couche de vinaigre d’orge de quelques centimètres de hauteur , et au - dessus des plaques de plomb non laminé. Les vases , fermés par des plaques de plomb , sont recouverts d’une couche épaisse de tan , qui , par sa

fermentation , les entretient à une températurè supérieure à celle de l’atmosphère. Au bout de six semaines , on découvre les pots et on trouve les lames de plomb couvertes d’une couche dense et trc$- adhérente de carbonate de plomb. On sépare ce sel du métal , on le broie sous des meules et on le moule dans des creusets de terre très-poreux. L'eau s’écoule en grande partie par les porcs , et l'on achève la dessiccation dans une étuve. Il parait que , dans cette opération , le plomb est oxidé et l'acide carbonique formé par la décomposition d'une partie de l’acide acétique. La cérusc faite par ce procédé a toujours une faible teinte grise, qui provient probablement d’une petite quantité d’hydrogène sulfuré qui se dégage du tan et qui pénètre dans les pots ; car celui que l’on fabrique dans les environs de Vienne en élevant la température dans des étuves , n'a point cet inconvénient. Les écailles choisies de carbonate de plomb ne sont point pulvérisées , et sont livrées au commerce sous le nom impropre de blanc d’argent.

M. Thénard a indiqué, il y a long -temps, un procédé beaucoup plus simple et qui est maintenant employé dans la fabrique de Clichy par MM. Roard et Rréchoz. Il consiste à précipiter une dissolution de sousacétate de plomb par un courant d’acide carbonique ; l’acétate neutre que l'on obtient sert à faire de nouveau du sous-acétate , que l’on précipite de la même manière. Il résulte de là qu 'abstraction faite des déchets inséparables d'une grande manipulation , la même quantité d’acide pourrait servir indéfiniment.

1148. Acétate de Mercure. L’acétate neutre de drutoxide de mercure cristallise en paillettes blanches et nacrées ; ce sel provoque fortement la salivation ; il est peu soluble tlahs l’eau ; on peut l’obtenir directement en faisant bouillir de l’acide acétique sur du dculoxidc de mercure ou en versant une dissolution neutre de dculo-nitrate de mercure dans une dissolution également neutre d'acétate de potasse ; l'acétate de mercure se précipite presque entièrement. Ce sel n'est employé qu'en médecine , dans les dragées de Keyscr.

. , ifi * *

• Acide Malique.

1149. Cet acide , découvert en >785 par Scitecl, est identique avec celui que l’on

désignait sous lcnom d ' Acide sorbique. Cette identité a été constatée par M. Labillardière et par M. Braconnot; les propriétés de l'acide malique , sous le nom d'Acide sorbique, ont été principalement étudiées par M. Donovan. .

L'acide malique est très-répandu dans la nature : il se rencontre dans presque tous les fruits , principalement dans les pommes , les prunes , les groseilles , les cerises aigres, les baies de sorbier, d'épine - T'incite , de sureau noir. M. Vauquelin l’a trouvé mêlé arec les acides citrique et tartrique dans la pulpe du tamarin et avec l’acide oxalique dans les pois chiches.

L'acide malique est blanc , il cristallise en masses mamelonnées , il est déliquescent et très-soluble dans l’eau et l’alcool ; sa saveur est très-forte et analogue à celle des acides citrique et tartrique ; soumis à l’action de la chaleur , il fond , abandonne l'eau avec laquelle il était combiné , et se décompose en produisant deux nouveaux arides volatils qui se condensent , l'un , sous forme d’aiguilles blanches , l’autre , à l'état liquide ; nous les examinerons plus tard. L'acide nitrique transforme entièrement l'acide malique en acide oxalique. L'acide malique ne précipite point les dissolutions de nitrate de plomb et d’argent. M. Vauquelin le regarde comme formé de 38, 3 de carbone , 54,9 d’oxigène et de 16,8 d'hydrogène.

n5o. L’acide malique peut se préparer en traitant à chaud le sucre par trois fois son poids d’acide nitrique ; mais alors il est toujours coloré par des substances étrangères qu'il est difficile de séparer. On l’extrait ordinairement des fruits qui le contiennent. Pour l’extraire du sorbier, on prend le fruit presque parvenu à sa maturité , on le broie , et le jus qu’on en retire par la pression est filtré et mêlé avec une dissolution d'acétate de plomb ; il se forme un précipité de mainte de plomb et d'une petite quantité de phosphate et de matière colorante ; on lave à l'eau froide , on dissout le malale de plomb dans l’eau bouillante , cl par le refroidissement il cristallise en aiguilles ; s'il était encore coloré , on le purifierait par une nouvelle cristallisation; le malalc de plomb est ensuite traité à tliaud par 3, 3 de son poids d’acide sulfurique à 1,09 de densité; il se forme du sulfate insoluble et un malatc très acide qui reste en dissolution ; on précipite les dernières portions de plomb par l’hydrogène sulfuré , on filtre et on fait concentrer. 51. Braconnot emploie un autre procédé , qui consiste à saturer J chaud le jus du sorbier par le sous -carbonate de chaux, jusqu’à ce qu'il ne se fasse plus d'effervescence ; il se forme un précipité de malatc de chaux que l’on lave à l'eau fin. Me ; on le décompose à chaud par un poids égal de sous-carbonate de soude cristallisé dissous dans l'eau ; il en résulte un malate de soude soluble qui est coloré en rouge par une matière étrangère ; un le purifie en le faisant chauffer avec une petite quantité de lait de chaux qui précipite la matière colorante ; ensuite on précipite la petite quantité de chaux qu'il renferme encore par un courant d'acide carbonique ; on pré-

ci pile par l'acétate de plomb , et on traite le malate de plomb successivement par l’acide sulfurique et l'hydrogène sulfuré. M. Labillardièrc extrait l’acide malique de la joubarbe par un procédé différent qui consiste à précipiter le jus par la cbaux , à lavera froid avec de l'alcool pour enlever la majeure partie de la matière colorante, à dissoudre le malate de chaux dans l'eau , à précipiter par le nitrate de plomb j on obtient du malate de plomb dont on extrait l'acide par les procédés déjà indiqués.

ii5i. Des Ma/ales. L’acide malique sc combine avec toutes les bases salifiables ; la plupart des malatcs sont solubles et peuvent sc combiner avec un [excès d'acide cet excès d’acide augmente leur solubilité lorsqu’elle est faible, et la diminue lorsqu’elle est graude.

L’acide malique forme avec l’alumine un sel qui se prend par l'évaporation en une masse gommeuse inaltérable à l'air , cl d'où l'alumine n'est précipitée ni par l'ammoniaque ni par la potasse ; avec la magnésie , un sel neutre soluble ci cristallisablc , et un sel acide beaucoup plus soluble ; avec la cbaux , un sel neutre peu soluble et cristallisablc , un sel acide plus soluble et un sous-sel insoluble ; avec la soude , la potasse , la strontiane , des sels neutres inrristallisahlcs et des sels acides qui cristallisent régulièrement ; avec la baritc , des sels neutres et acides incristallisablcs ; avec les oxides de fer , de manganèse , d'étain , de cuivre , et le dcutoxidc de mercure , des sels incrislallisablrs ; avec le plomb , un sel neutre sulublc dans I eau chaude et qui cristallise en aiguilles.

On ne trouve dans la nature que le malate acide de chaux. Tous les malatcs se préparent directement ; celui de fer peut s'obtenir en mettant le métal en contact avec l’acide. D’après M. Ilraconnot , dans 1rs malates neutres la quantité d'oxigène de l'uxidc est à la quantité d'acide comme t est à 9,09, et les malates acides , pour la même quantité de base , renferment deux (ois plus d'acide.

Acide Oxalique.

iiôî. L’acide oxalique se rencontre clans un grand nombre déplantes, mais toujours combine avec la potasse ou la chaux. L’acide oxalique est blanc , ordinairement cristallise en prismes alongés à quatre faces, terminés par des sommets dièdres , ils renferment 0,27 d’eau de cristallisation ; l'acide oxalique est très-sapidc et agit avec énergie sur la teinture de tournesol , il est inaltérable à l’air , soluble dans deux fois son poids d’eau à la température ordinaire cl dans un poids égal d’eau bouillante ; il est beaucoup moins soluble dans l’alcool. Soumis k l’action de la chaleur dans

une cornue Je verre , il éprouve la fusion aqueuse , s'épaissit et se divise en deux parlics , dont l'une très-petite se décompose et forme des gaz dans lesquels l'autre se vaporise et se condense contre la paroi supérieure de la cornue en cristaux anhydres ; lorsque l'on fait passer les vapeurs d’acide oxalique à travers un tuhe incandescent , la décomposition est complète et sans résidu charbonneux , à cause de la grande quantité d’oxigène que renferme cet acide. L'acidc nitrique le décompose en produisant de l'acide carbonique, de l'eau, de l'acide nitreux et une très- .petite quantité d’acide prussique. Il réduit les dissolutions d'hydro-chlorate d’or en formant de l’eau et un dégagement d’acide carbonique ; mis en contact avec quarante fois son poids d'acide sulfurique , il se transforme en acide carbonique et en oxide de carbone qui sc dégagent.

n53. On prépare l'acidc oxalique en traitant le sucre par l'acide nitrique , ou en l’extrayant de l'oxalatc acide de potasse ( Sel e l'Oseille ).

Pour préparer l’acide oxalique par le premier procédé , on traite dans une capsule de porcelaine une partie de sucre par six à sept parties d’acide nitrique concentré ; on chauffe jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs rouges et l'acide oxalique cristallise par le refroidissement : on le purifie par une nouvelle cristallisation ; pendant la durée de cette opération , il sc dégage de l'eau , de l'acidc carbonique , de l'azote, de l'oxidc d'azote ou de l’acidc nitreux, de l'acidc acétique et une petite quantité d'acide hydro-cyaniqnc ; s» on n’employait que quatre parlics d’acidc nitrique , on n’obtiendrait que de l’acide malique. Pour extraire l’acide oxalique de l’oxalatc acide de potasse , on dissout ce sel dans i’eau et on y verse une dissolution d'acétate de plomb jusqu’à ce qu'il ne se forme plus de précipité ; on lave l'oxalatc de plomb qui s’est précipité , et on le traite par la moitié de son poids d'acide sulfurique concentré étendu de quatre ou cinq fois son poids ^d’eau ; il en résulte du sulfate de plomb insoluble et de l’acide oxalique qui reste en dissolution , et. comme cette dissolution renferme toujours une petite quantité d’acide sulfurique , on le précipite en versant dans la liqueur ou de la lithargc porphyriséc , jusqu’à ce qu’elle cesse d’étre troublée par le nitrate ou l'hydro-chloratc de karité,

ou de l'eau de baritc , jusqu'à ce qu’il ne se forme plus de précipité. On pourrait aussi décomposer l’oxalate de plomb par un courant d'hydrogène sulfuré , en le tenant en suspension dans dix à douze fois son poids d'eau.

D'après MM. Ga y-Lus$ac et Thénard , l'acide oxalique est composé de 22,87 d’oxigène et d'hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire de l’eau , de 26,56 de carbone et 5o,56 d’oxigène. Cet acide est employé dans les fabriques de toiles peintes pour enlever les couleurs à base de fer , et dans les laboratoires comme re'aclif pour reconnaître la présence de la chaux libre ou combinée. L’acide oxalique a été découvert par Bergman.

it5{. Des Oxalates. On trouve dans la nature quatre oxalales , ceux de chaux , de soude , de potasse et de fer. L’oxalate de chaux se rencontre dans les racines iVArhe , d’ Asdepias , d’ Arrête-bœuf , de Curcuma , de Carline , de Dic/arne blanc , de Fenouil , de Gentiane rouge , de Gingembre, d 'Iris île Florence, de Mandragore , d 'Orcanette , de Patience , de Saponaire , de Seille , de Tourmenlille , de F’alcriane , de Zedaaire ; il existe dans tous les lichens ; dans ceux qui sont crustacés , il forme près de la moitié de leur poids : cette quantité diminue à mesure qu’ils prennent l’aspect foliacé ou membraneux : M. Braconnot , à qui on doit ces observations importantes , regarde l’oxalate de chaux comme jouant dans les lichens le même rôle que le carbonate de chaux dans les lithophytes ou le phosphate de chaux dans la charpente osseuse des animaux. L’oxalate de potasse se trouve dans le Humer ncetosse/la , dans les Oxalis , les feuilles de llheum pahnatam et des Berberis. L’oxalate de soude existe , suivant M. Gay - Lussac , dans la bacille , et c’est ce sel qui fournit la plus grande partie de la soude que l’on retire des cendres de celte plante. L’oxalate de fer sc trouve , d’après M. Mariano de Rivero , dans un lignite friable , à Kolowscrum , près Berlin , et c\j Bohème. L'oxalate acide de potasse s'extrait des plantes qui le renferment ; tous les autres oxolates s'obtiennent directement en combinant l'acide avec l'oxide , ou par la voie des doubles décompositions.

DE CHIMIE. 54g

n55. L’acide oxalique, dam sa combinaison avec les bases salifîablcs , présenle un phénomène très- remarquable observé par M. Dulong. Lorsque l’on combine l'acide oxalique avec la chaux , la barite , la slrontianc , l’oxide d'argent, l’oxide de cuivre, l’oxide de mercure, on obtient des oxalates, qui, desséchés, ont un poids égal à la somme des poids de l'acide et de l’oxide employés ; mais lorsque l’on combine l’acide oxalique avec les oxides de plomb ou de zinc , il y a une perte de o,?a , qui provient de l’acide employé. Les oxalates de chaux, de barite et de slrontiane, décomposés par la chaleur , donnent pour produits de l’eau , de l’acide carbonique , de l'oxide de carbone, de l’acide acétique, de l'huile, de l'hydrogène carboné, du charbon et un sous-carbonate ; ceux d’argent , de cuivre et de mercure donnent de l’acide carbonique , de l’eau et un résidu métallique ; enfin , ceux de plomb et de zinc donnent de l’acide carbonique, de l'oxide de carbone et un mélange d’oxide et de métal. Ces phénomènes peuvent s’expliquer dans deux hypothèses différentes : i* en supposant l'acide oxalique formé d'acide carbonique et d’hydrogène ; a" en le supposant formé d’eau , d’oxigène et de carbone dans des proportions intermédiaires entre l’oxide de carbone cl l’acide carbonique. Dans la première hypothèse , l’acide en se combinant avec les oxides de plomb cl de zinc réduirait les oxides par son hydrogène , et formerait des combinaisons d acide carbonique et du métal , que M. Dulong propose d’appeler Carbanidc s , et l’acide oxalique en se combinant avec les autres oxides n’éprouverait aucune altération. Dans la seconde, l’acide oxalique abandonnerait son eau en se combinant avec les oxides de zinc et de plomb , et la conserverait en se combinant avec les autres oxides.

Les oxalates sont tous décomposahles par la chaleur, ainsi que tous les sels végétaux ; mais comme ils renferment un grand excès d’oxigène , il n’y a jamais de charbon mis à nu. Les oxalates solubles sont ceux de soude , de polassc , d’alumine et d’ammoniaque ; par un excès d’acide , les oxalates solubles le deviennent moins, et ceux qui sont insolubles sc dissolvent. Ainsi , en versant de l’acide oxalique dans une dissolution concentrée d’oxalatc neutre de potasse , il se formera , au bout d’un certain temps , des cristaux d'oxalatc acide de potasse ; et si on verse de l’acide oxalique dans de l’eau de barite ou dans de l’eau de chaux , il sc formera un précipite qu’un excès d’acide oxalique dissoudra ( il faudra un excès d’acide beaucoup plus grand pour dissoudre l’oxalate de chaux que pour dissoudre celui de barite ). L’ordre d'affinité des bases salifîablcs pour l’acide oxalique, par l’intermède de l'eau, est le suivant : barite, slrontianc, lithinc, soude, potasse, ammoniaque, magnésie. Les

55o COURS

oxalatcs sont de tous les sels végétaux les plus difficiles à décomposer par les acides minéraux ; ils résistent à un grand nombre.

il 56. D’après M. "NVolaston, l'acide oxalique se combine en quatre proportions avec les oxides métalliques , et forme des sous- oxalatcs, des oxalatcs neutres , des oxalatcs acidulés et des oxalatcs acides. Pour la même quantité de base , les quantités d’acide sont i , 2 ; 4 > 8. On ne peut jamais obtenir ces quatre variétés de sets avec la même base. Dans les oxalatcs neutres , la quantité d’oxigène de l'oxide est à la quantité d'acide comme 1 est à 5,817 » suivant M. Bc’rard , et comme 1 est à 4,5i8, suivant M. llcrzelius : celte divergence provient de ce que M. Bérard a calculé la composition des oxalatcs d'après l'analyse de l'oxalatc de chaux, dans lequel l'acide oxalique n'a éprouvé aucune altération ; tandis que M. Bcrzelius l'a déduite de l'analyse de l’oxalatc de plomb, dans lequel l'acidc oxalique est altéré (n53).

xiSy. On n emploi* dans les arts qu’un seul oxalatc ; c’est l’oxalatc acidulé de potasse , connu vulgairement sous le nom de Sel iT OselUe. II est employé pour aviver le rouge de carthaine , pour extraire l’acide oxalique , pour enlever les taches d’encre ; on l’emploie aussi dans les laboratoires pour reconnaître la présence de la chaux ; mais on lui préfère pour cet objet les oxalatcs neutres de potasse , de soude ou d'ammoniaque.

11 58. Oxalale neutre de Potasse. Sel très-soluble, cristallise difficilement. Tous les acides puissans lui enlèvent une partie de sa base , et le font passer à l'étal d'oxalatc acidulé. Ou l’obtient en saturant une dissolution d’oxalale acidulé de potasse.

11 5g. Oxalale acidulé de Potasse ou Bi-oxalafe. Moins soluble que le précédent, cristallise en parallélipipcdes opaques. On l’obtient directement en combinant la potasse avec deux fois la quantité d'acide nécessaire à sa saturation.

1160. Oxalale acide de Potasse ou Quadroxalate. Moins soluble dans l’eau que le précédent, insoluble dans l'alcool, cristallise facilement; s'obtient en combinant la potasse avec quatre fois la quantité d'acide nécessaire à sa saturation.

1 1 6 1 . Sel d'Oseiüc. Le sel d'oseille paraît être un mélange d’oxalatc acide et d’oxalatc acidulé de potasse. Ce sel s’extrait en Angleterre de Voxnlis ncetosella , et dans la Forêt-Noire du rumex acctasella. La plante , fauchée à l'époque de sa maturité , est broyée sous des martinets de bois et pressée; on décolore le jus avec l’argile; on fait évaporer et cristalliser à plusieurs reprises. 5oo grammes de rumex donnent 4 grammes de sel d'oseille , o,*2 de chlorure de potassium , 0/02 de sulfate de potasse et i20 d’extrait.

1162. O. valûtes de Soude. L'oxalatc neutre s’obtient directement; il est peu soluble et ordinairement en petits cristaux grenus ; les acides sulfurique, nitrique, hydro-chloriquc , le font passer à l’état d'oxalatc acide ou acidulé. L'oxalatc acidulé de soude s’obtient en combinant avec la soude deux fois la quantité d'acide nécessaire à sa saturation ; il est encore moins soluble que le précédent. Tous deux sont sans usages.

1 163. Oxalale d Ammoniaque . L’oxalatc neutre est trcs-solublc dans l’eau , insoluble dans l'alcool ; il cristallise en tétraèdres terminés par des sommets dièdres: les acides sulfurique, nitrique et hydro-chloriquc, le font passer à l'état d'oxalatc acidulé. Ce sel s'obtient directement ; il est souvent employé comme réactif pour reconnaître dans un liquide la présence de la chaux libre ou combinée.

Un mélange de parties égales, d'oxalatc neutre d'ammoniaque et d’Iiydro-cliloratc de deuioxidc de mercure en dissolution saturée, présente un phénomène singulier ; dans l’obscurité il ne se manifeste aucune action ; mais exposée à l’action des rayons solaires, la liqueur se trouble; il se forme un dépôt de proto-chlorure de mercure, il se dégage de l’acide carbonique , et la liqueur ne contient plus que de l’oxalatc et de l’hydro-cldoralc d’ammoniaque.

Acide Citrique.

11G4. L'acide citrique, découvert par Schccl , se trouve libre et mêle avec l’acide maliqne dans le citron , l'orange ; il existe dans presque tous les fruits rouges. Cet acide , d’une saveur très-forte , cristallise en prismes inclinés qui renferment 0,17 d'eau ; ils sont très - solubles dans

55a C CMP R S

l’eau et beaucoup moins dans l’alcool ; l’eau à i8* en dissout les % de son poids. Un dissolution faible d'acide citrique , exposée à l’air ou dans un vase fermé , se couvre de moisissure. Brûlé à l'air, il ne laisse aucun résidu; distillé, il se transforme en partie en acide p y ro- citrique , qui se sublime. L’acide nitrique le transforme, à l'aide de la chaleur, en acide oxalique. Une dissolution d'acide citrique trouble les dissolutions de barite et de slronlianc et forme des précipités insolubles ; l'acide citrique ne trouble l’eau de chaux qu ‘autant qu’il est à l’état solide et que la chaux domine. Il précipite l’acétate de plomb, mais ne précipite point les nitrates de plomb et de mercure.

1 1 65. L’acide citrique s’extrait du citron par le procédé suivant : après en avoir exprimé le jus et l’avoir filtré , on le sature à chaud par la craie ; on recueille le citrate calcaire qui se précipite ; on le lave avec de l’eau chaude, jusqu’à ce que les eaux de lavage cessent d’ètre' colorées; après quoi , on décompose à chaud le citrate calcaire par l'acide sulfurique ; on filtre pour séparer le sulfate de chaux, et on fait concentrer au bainmarie les eaux acides , qui cristallisent par le refroidissement. La proportion la plus convenable d'acide sulfurique parait être de trois parties d’acide sulfurique de i , 1 5 de densité pour une partie de citrate de chaux sec. Un petit excès d’acide sulfurique est nécessaire dans la dissolution d’acide citrique pour diviser la matière mucilagineusc et faciliter la cristallisation ; mais les cristaux d'acide citrique que l’on obtient renferment une petite quantité d'acide sulfurique , que l'on peut enlever par une nouvelle cristallisation ou par un des procédés que nous avons indiqués (t t 53).

D'apres M. Bcrzclius, l’acide citrique est composé de o,4i4 de carbone, de 0,549 d'oxigène et de o,o36 d’hydrogène , ou bien un vol. de vapeurs de carbone et un vol. d’hydrogène. L’acide citrique est employé pour faire des limonades et en teinture.

1 16G. Des Citrates. O11 ne trouve dans la nature qu’un seul citrate, celui de chaux , mais en très-petite quantité , dans la plupart des fruits où l'on rencontre l'acide citrique libre. Tous les citrates s'obtiennent directement ou par la voie des doubles décompositions; ceux de soude, de potasse, d'ammoniaque, de stronliane , de magnésie, de fer, sont

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solubles et cristallisables ; ceux de barite , de chaux , de zinc , de cérium , de plomb , de mercure , d'argent, sont insolubles dans l’eau, mais solubles dans un excès d’acide. Suivant M. Bcrzélius , dans les citrates neutres la quantité d’oxigène de l'oxide est à la quantité d’acidc comme i est à 7,277. Ces sels sont sans usages.

Acide Tartrique.

1167. L’acide tartrique que Schéele est parvenu le premier à isoler de ses combinaisons , n’existe jamais dans la nature que combiné avec la chaux ou avec la potasse. L'acide tartrique a une saveur forte et tout-, à-fait semblable à celle de l’acide citrique ; il cristallise en primes à six pans non réguliers , mais dont les faces sont parallèles 2 à 2 et qui sont terminés par une pyramide à trois faces ; la. forme primitive est un parallélipipède oblique. Distillé en vase clos, l'acide tartrique se convertit en partie en acide pyro-tartrique. il est très-soluble dans l'eau et beaucoup moins dans l’alcool ; une dissolution faible se décompose et se couvre de moisissures ; l'acide nitrique le convertit en acide oxalique. L’acide tartrique précipite les eaux de chaux , de barite , de strontiane et les dissolutions des sels solubles de ces bases , ainsi que celles de plomb ; ces précipités sont solubles dans un excès d’acide. L’acide tartrique produit des précipités cristallins dans les dissolutions concentrées de potasse , de soude et d'ammoniaque ; ce sont des tartrates acidulés peu solubles même dans un excès d’acidc.

L'acide tartrique s’extrait du tartrate acidulé de potasse ( crème de tartre ) ; on le dissout dans l’eau bouillante , on sature l’excès d’acidc par la craie et on verse dans la liqueur de l’hydro-cbloratc de chaux jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité. On obtient ainsi un précipité abondant de tartrate de chaux renfermant tout l’acide qui existait dans la crcme de tartre (1). On lave ce tartrate pour enlever l’hydro-

(1) La chaux décompose complètement le tartrate de potasse , mau la potasse mise eo liberté dissout vne grande quantité de tartrate de chaux ; par conséquent , si l’on voulait employer de la chaux au lien de la craie , il faudrait te garder de dépasser le terme de la saturation.

chlorate de potasse qui s’est formé ; apres quoi on traite à froid le tartrate de chaux par o,6 de son poids d’acide sulfurique concentre , étendu de trois à quatre fois son poids d’eau ; il se forme du sulfate de chaux , et l'acide libre reste en dissolution ; on filtre , on fait évaporer , et l'acide cristallise par le refroidissement ; on le purifie ou par de nouvelles cristallisations ou par les procédés indiqués ( n53).

D’après M. Bcrzélius, l’acide tartrique est composé de o,36 de carbone , de 0,60 d'oxigène et de o,t>4 d’hydrogène , ou de quatre volumes de vapeurs de carbone , cinq d’oxigène et cinq d'hydrogène ; une molécule d’acide tartriqnc est composée de quatre molécules de carbone , cinq d'oxigène et cinq d'hydrogène.

L’acide tartrique est employé dans les fabriques de toile peinte et pour remplacer l'acide citrique, dans les limonades.

1168. Des Tartrates. Jusqu'ici on n’a rencontre que deux tartrates dans la nature , celui de chaux et celui de potasse ; ils existent tous deux dans le raisin , mais en quantité beaucoup plus grande dans le fruit qui n’est pas mûr ; le dernier a été trouvé aussi dans le tamarin. Décomposés par la chaleur , les tartrates répandent une odeur de caramel et produisent probablement une petite quantité d’acide pyro-tartrique. Les tartrates neutres de soude , de potasse , d'ammoniaque , de magnésie , de deutoxide de cuivre , sont solubles ; ceux de barite , de strontianc , de chaux , de plomb , de fer , de manganèse , de zinc , d’étain , de mercure , d’argent et la plupart des autres sont insolubles. Avec un excès d'acide , les tartrates neutres insolubles se dissolvent , ceux qui sont très-solubles le deviennent moins. Les tartrates de soude , de potasse et d'ammoniaque se combinent entre eux et avec la plupart des autres tartrates et forment des sels doubles solubles ; c’est pour cette raison que les tartrates de soude , de potasse et d'ammoniaque ne précipitent ni les dissolutions de fer ni celles de manganèse.

1169. Le tartrate de potasse se prépare en purifiant celui qui sc précipite du vin ; tous les autres peuvent s'obtenir directement , et parmi ceux qui sont insolubles , il en est qu’on obtient purs par la voie des doubles décompositions.

1170. D’après l’analyse du tartrate de chaux faite par MM. Gay-Lussac et Thé-

nard , dans tes tartrates neutres la quantité d'oxigène de l’acide serait à la quantité d’acide compte i est à 11,14.; et d'après l’analyse du tartrate de plomb faite par M. Bcrzelius, ce rapport serait comme i est b 8,35. Il est probable que la cause de cette différence provient de ce que l’oxide de plomb agit sur l’acide tartriquc , comme sur l’acide oxalique (u55). Les tartrates acides renferment deux fois autant d'acide que les tartrates neutres.

n 7 1 . Dans les arts et en médecine, on n’emploie qu’un très -petit nombre de tartrates , qui sont le tartrate acide et le tartrate neutre de potasse , le tartrate de potasse et de soude , le tartrate de potasse et de fer, et le tartrate de potasse et d’antimoine (Emétique).

1172. Tartrate acide de Potasse ( Crème de Tartre). Ce sel existe dans le raisin et le tamarin ; il se précipite contre les parois des tonneaux et des bouteilles dans lesquels on conserve le vin ; il est alors mélé avec des matières colorantes et une petite quantité de tartrate de chaux. Ces dépôts cristallins se retirent ordinairement après cinq ou six ans ; ils ont alors de un à deux centimètres d’épaisseur ; ils sont rouges ou blancs , suivant la couleur du vin dont ils proviennent , et portent le nom de tartre. Ceux que l’on recueille en Provence renferment ordinairement 0,70 de tartrate acide de potasse.

Le tartre se purifie en grand à Marseille et à Montpellier. Les procédés sont extrêmement simples. A Marseille , on commence par pulvériser le tartre dans un moulin à meule verticale , mu par un cheval ; on le passe à un tamis grossier et on le fait fondre dans une chaudière de forme conique, avec environ i5 fois son poids d’eau : les chaudières contiennent ordinairement i5oo litres. Lorsque la dissolution est complète , on ajoute o,o3 d’argile pure et on abandonne la dissolution jusqu’à complet refroidissement „ ce qui a lieu ordinairement après trois ou quatre jours. On trouve alors sur la surface du liquide , contre les parois de la chaudière et au-dessus du dépôt, une couche de cristaux de tartrate de potasse. On enlève les eaux au moyen d’un siphon , et les cristaux sont lavés par décantation à l’eau pour enlever la matière colorante et une petite quantité de tartrate de chaux mêlé avec eux. Le produit de cette première opération porte le nom de cristaux de tartre ; ils sont ordinairement colorés; on les purifie par une nouvelle cristal li-

sation et une nouvelle addition d’argile. Les eaux de première cristallisation servent jusqu’à cinq fois, celles de la deuxième servent plusieurs fois, apres quoi elles sont abandonnées; elles ne retiennent qu'une trèspetite quantité de tartrate de potasse, car ce sel est très-peu soluble dans l’eau froide. L'argile dont on se sert dans toutes ces operations doit être exempte de carbonate de chaux ; car si elle en renfermait , il se formerait du tartrate de chaux ; elle agit en précipitant une grande partie de la matière colorante. La qualité des eaux que l’on emploie a aussi une grande influence sur le produit ; celles qui sont trop calcaires occasionnent un déchet considérable.

1173. La crème de tartre cristallise en prismes quadrangulaires pas assez nets pour qu’on puisse en déterminer la forme ; ils renferment 0,04 d’eau de cristallisation ; l’eau à 100* degrés en dissout un quinzième r et un soixantième à la température ordinaire ; ils sont complètement insolubles dans l’alcool. En dissolution dans l'eau , la crème de tartre se décompose spontanément, se couvre de moisissures, forme du sous-carbooate de potasse et une matière grasse. En saturant l’excès d'acide de la crème de tartre par la soude , la pulassc et l’ammoniaque , on obtient des sels doubles ; en le saturant par les oxides de fer et de manganèse, on obtient aussi des sels doubles solubles. Le borax et l’acide borique se combinent avec le tartrate acidulé de potasse , et produisent des combinaisons déliquescentes , et par conséquent très-solubles. Six parties de tartrate acide de potasse et deux parties de borax traitées à l’ébullition dans seize parties d’eau forment un composé soluble dans son poids d’eau froide et dans la moitié de son poids d’eau bouillante ; quatre parties de tartrate acide de potasse et une partie de borax traitées de la même manière , donnent pour résidu de l’évaporation un composé encore plus soluble que le précédent : on ne connaît pas la nature de la combinaison qui se forme.

Le tartrate acide de potasse est soluble dans les de son poids d’acide hydro-chlorique à 22*. Il ne parait pas que le sel soit décomposé ; car en saturant l'acide avec de la chaux , il ne se forme au commencement qu’un dépôt de tartrate acide de potasse. L’acide sulfurique étendu

décompose la crème de tartre à l’aide de la chaleur ; il se forme un dépôt d'une certaine quantité de sulfate de potasse, mais une autre portion reste intimement combinée avec l’acide tartrique , et le résultat de l’évaporation est une substance qui ne cristallise qu’en masse et qui est très-déliquescente ; traitée par l’alcool , l'acide se dissout et le sulfate de potasse se sépare. La chaux , à l’aide de la chaleur, décompose complètement le tartratc acide de potasse : on obtient une combinaison de potasse et de tartrate de chaux très -soluble dans l’eau. Le tartratc acide de potasse étant chauffé avec du peroxide de manganèse , il se forme; de l’acide carbonique qui se dégage et un sel double de potasse et de protoxide de manganèse; par conséquent, une partie de l'acide tartrique libre est décomposé.

La crème de tartre est employée en teinture comme mordant et pour extraire l’acide tartrique. Les lies de vin , par le tartre qu’elles renferment , servent à fabriquer une matière très-alcaline , connue dans le commerce sous le nom de Cendres gravelees. Les tartres bruts et les lies sont aussi employés dans le feutrage des chapeaux. En pharmacie , les usages de la crème de tartre sont très-nombreux ; on l’emploie pour faire le tartratc neutre de potasse ( Sel végétal ) , le tartrate de soude et de potasse ( Sel de Seignelle ) , le tartrate de potasse et d’antimoine ( Emétique ) , les tartrates de potasse et de fer ( Tartre martial soluble , Boules de Mars ou de Nancy , Teinture de Mars de Ludovic , Teinture de Mars tartarisée , Tartre calybé) , et le composé très-soluble de borax et de tartre dont nous avons parlé. Dans les laboratoires , la crème de tartre est employée pour obtenir du sous-carbonate de potasse pur en le calcinant avec deux fois son poids de nitre.

1 1 74- Tartrate neutre de Potasse ( Sel végétal ). Ce sel cristallise en prismes rectangulaires terminés par des sommets dièdres; à la température ordinaire , il se dissout dans un poids d’eau égal au sien. La plupart des acides le précipitent de sa dissolution à l’état de tartrate acide. Ce sel dissout une grande quantité d’alumine. Le tartrate neutre de potasse s'obtient en saturant une dissolution chaude de potasse ou de sous-carbonate avec de la crème de tartre en poudre , filtrant pour séparer une certaine quantité de tartrate de chaux et faisant évaporer ; il est quelquefois employé en médecine comme purgatif.

«175. Tartraie de Soude et de Potasse (.Sel de Seignette). Ce sel ('obtient en saturant le tartrate acide de potasse par la soude , il est très-soluble dans l’eau , et cristallise très-facilement en prismes à 8 ou io pans. Il se comporte avec les acides et l’alumine comme le tartrate neutre de potasse ; il est employé en médecine comme léger purgatif.

1176. Tartrate de Potasse ti d' Antimoine ( Émétique ). Ce sel est acide, blanc ; il cristallise en tétraèdres cfflorescens. Les dissolutions d’émétique sont décomposées par les acides sulfurique , nitrique , bydro-cblorique , la soude, la potasse et l'ammoniaque, qui précipitent l’oxide d’antimoine ; par la barite , la strorttianc et la chaux , qui précipitent en même temps du tartrate de scs bases ; par les hydro-sulfures qui forment un précipité de kermès ; par l’hydrogène sulfuré , qui donne en outre des cristaux de crème de tartre ; enfin , par la décoction de plusieurs espèces de quinquina et de plusieurs plantes astringentes. L’émétique exerce sur l’économie animale une action très-énergique ; c’est un poison violent.

On obtient l'émétique en prenant parties égales de crème de tartre et de verre d’antimoine ( mélange de sulfure , de protoxidc d’antimoine , de silice et d'oxide de fer) réduits en poudre, faisant bouillir avec six parties d’eau ; filtrant , évaporant à siccité , dissolvant dans l’eau chaude , et concentrant pour faire cristalliser ; l’excès d’acide de la crcme de tartre se combine avec l’oxide du verre d’antimoine et forme l’émétique ; par la décomposition de l’eau , une partie du sulfure passe à l’état d’hydro-sulfalc ( Kermès ) qui se dépose , et la silice reste sous la forme d’une gelée ; par la première filtration , on sépare les matières insolubles ; par la dessiccation , on fait perdre la forme gélatineuse à la silice , et par la dernière filtration on obtient une dissolution d’émétique un peu coloré par le fer et contenant une petite quantité de tartrate de chaux qui existait dans la crème de tartre , qui se dépose souvent sur les Cristaux d’émétique en houppes soyeuses.

1177. Tartrate de Potasse et de Fer. Ce sel est très-soluble , cristallise en petites aiguilles verdâtres ; sa dissolution n'est troublée ni par la soude , ni par la potasse , ni par l’ammoniaque ; l'hydrogène sulfuré précipite le fer. Ce sel s'obtient en faisant bouillir dans de l'eau un mélange de limaille de fer et de crème de tartre. Les médicamens connus sous les noms de Tartre catybé , Teinture de Mars de Ludovic , Teinture de Man tarlarise , Boutes de Nancy , sont des tartrates de potasse et de fer.

Acide Benzoïque.

1178. L’acide benzoïque ne s'est rencontré jusqu’ici que dans le benjoin , les antres baumes , l’urine des quadrupèdes herbivores , la fiente des oiseaux , dans lai vanille , le casioréutn , la cannelle , les fleurs de mélilot et la fève de Tonka ; il cristallise en longues aiguilles blanches satinées , d’une saveur piquante et amère. L'acide

DE CHIMIE. 55g

pnr est sans odeur , mais ordinairement il est uni & nne matière étrangère qui lui donne celle de l’encens. Soumis à l’action de la chaleur, l'acide benzoïque entre en fusion , une partie se décompose et forme des gaz dans lesquels le reste se sublime ; l'eau à 100° en dissout '/■. , et ’/,<„> à t6* ; l’alcool en dissout la moitié de son poids ; l’essence de térébenthine en dissout beaucoup aussi. Les acides minéraux les plus puissans ne font qu’en opérer la dissolution.

L'acide benzoïque s’obtient, t° en faisant chauffer du benjoin dans nn vase surmonté d'un long cène de carton ; l'acide se dépose contre les parois ; a° en faisant bouillir le benjoin pulvérisé avec de l’eau de chaux , filtrant , faisant concentrer le benzoatc de chaux et versant de l’acide hvdro-chloriquc ; l’acide benzoïque se précipite en flocons ; 3* des urines des quadrupèdes herbivores, en les faisant concentrer et versant de l'acide hydrochloriquc pour précipiter l’acide benzoïque. L'acide obtenu par le premier procédé est très-odorant , celui qu’on obtient par les deux derniers ne l’est pas. Tous doivent être purifiés en les faisant chauffer avec de l’acide nitrique à aS° presque jusqu’à siccité , dissolvant dans l'eau , filtrant et faisant cristalliser.

1179. Benzoates. Soumis à l’action de la chaleur, l'acide se dégage ; ils sont décomposés par tous les acides puissans ; ceux des deux premiers ordres , ainsi que ceux de manganèse et de zinc , sont solubles et crisiallisablcs ; ceux de fer , d’argent , de mercure , d’étain , de cuivre et de cérium , sont insolubles. On les obtient directement ou par la voie des doubles décompositions. On ne rencontre dans la nature que les benzoates de soude et de potasse, dans les urines de quelques animaux. Dans les benzoates la quantité d’oxigène de l’oxide est à La quantité d’acide comme 1 est à 15,09b. Les benzoates sont sans usages.

Aride Galliquc.

1180. L'acide gallique , découvert par Schéele en 1786 , ne se rencontre qu’avec le tannin dans la noix de galle et la plupart des écorces. L’acide galliquc par cristallise en aiguilles blanches et soyeuses , très -solubles dans l’eau et l’alcool ; par l’action de la chaleur , il se divise en deux parties dont l’une se décompose et l'autre se sublime. L’acide galliquc pur ne précipite que les sels de fer , il se forme un précipité noir qui passe au gris foncé. Mêlé avec le tannin , il précipite presque toutes les dissolutions métalliques des cinq derniers ordres. Pur , il est sans usage ; uni au tannin , il est fréquemment employé en teinture.

L'acide galliquc s’extrait de la noix de galle ; le procédé le plus simple est dû à M. Baruel : il consiste à verser dans une décoction de noix de galle une dissulution de blanc d’œuf jusqu’à ce qu’il ne se fasse plus de précipité , à évaporer à siccité la liqueur clarifiée , à traiter le résida à chaud par l’alcool , à filtrer de nouveau et faire cristalliser.

SCo COURS

n8t. Gallatis. L'aciile galliquc se combine avec tous les oxides , mais les sels qui en résultent sont tous presque immédiatement altérés par le contact de l’air lorsque l’acide employé est pur ; les gallates de soude , de potasse et d'ammoniaque , sont les seuls solubles dans l’eau. Les gallaics sont tous solubles dans les acides ; c’est pour celte raison que les tacites d’encre disparaissent par les acides oxalique , tarlriquc , etc. On n’a encore trouvé dans la nature que les grillâtes de cbattx , de brucine et de véralrinc , et en très-petite quantité. Les galLates s'obtiennent directement ou par les doubles décompositions. Le gallate impur de fer est employé pour faire l'encre et dans toutes les teintures en noir. D'apres M. Bcrzélius , dans les gallatcs la quantité d'oxigène de l’oxide est à la quantité d'acide comme t est k 71918. '

Acide Pec tique.

1181. Cet acide , découvert par Braconnot au commencement de i8n5 , paraît exister dans tous les végétaux , dans les racines , les bulbes , le ligneux , les fruits , les feuilles , etc. , et constituer la matière peu connue et désignée sous le nom de Gelée. L'acide pertique , tel qu’on l’obtient par les procédés que nous indiquerons plus bas , est sous la forme d'une gelée transparente , incolore , rougissant sensiblement le tournesol , renfermant une très-grande quantité d'eau ; il est un peu soluble dans l’eau chaude , forme avec la soude , la potasse et l’ammoniaque , des sels solubles , cl avec toutes les autres bases des sels insolubles; tous sont sous la forme de gelée. Les dissolutions d'acide pcctiquc et de prêtâtes solubles sont coagulées par l'alcool et les sels neutres alcalins ; les sels terreux et métalliques précipitent des pectates insolubles ; les sous-pectates de soude et de potasse sont insolubles. Les dissolutions de pectates solubles sont toutes coagulées par une quantité d’acide quelconque suffisante pour saturer l’alcali ; l'acide pcctiquc desséché sc transforme en une matière analogue k la gomme.

1 183. Pour extraire l’acide pectiqne des carottes et des navets , il faut les réduire en pulpe au moyen d’une râpe, exprimer le suc et laver le marc à l’eau distillée, ou de pluie, et filtrer jusqu'à ce que l'eau ne soit plus colorée ; alors pour 5o parties de marc on ajoute 3oo parties d’eau et une partie de potasse k alcool , ou l'équivalent de potasse de commerce rendue caustique par la chaux ; on fait bouillir pendant quelques minutes et on passe à travers un linge la liqueur qui renferme le pectate de potasse ; on verse de l’hydro-chlorate de chaux, il se forme un précipité de pectate de chaux, que l'on lave sur un filtre , ensuite on salure la chaux par l’acide hydro-chlorique ; on pourrait obtenir directement l'acide pcctiquc en saturant le pectate de potasse par un acide , mais on le laverait difficilement. Il est facile de voir , d'après ce qui précède , que si on employait de l'eau renfermant du carbonate ou du sulfate de chaux , ou si on mettait un excès de potasse , il ne se formerait point de pectate soluble , es

par conséquent on n’obtiendrait point d’acidc. Cet acide est employé pour faire des gelées aromatiques très-agréables et pour tromper l’appctit des malades , car ces gelées ne renferment qu’une très-petite quantité de matière solide. M. Braconnot le regarde comme un très-bon antidote contre la plupart des empoisonnemens par les sels métalliques , excepté pourtant le deuto-chlorurc de mercure , le nitrate d’argent et celui de mercure , parce que les pectates de ces bases sont solubles dans un excès d'acide.

Acide Succinique.

1184. L’acide succinique existe tout formé dans le succin ( Ambre) ; il est blanc , transparent; sa saveur est âcre i il rougit fortement le tournesol; l’eau à 100° en dissout moitié de son poids ; il est aussi très-soluble dans l’alcool et fort peu dans l’essence de térébenthine; soumis à l’action de 1a chaleur, une partie se sublime et l’autre se décompose. On l’obtient en distillant le succin dans une cornue de verre; il faut chauffer, en modérant le feu , jusqu'à ce que la matière, qui s’était fortement boursouflée , se soit affaissée tout à coup ; on trouve l'acide en aiguilles dans le col de la cornue; on le purifie en le faisant chauffer jusqu’à siccité avec le doubla de son poids d'acide nitrique , dissolvant dans l’catt et faisant cristalliser.

Succinalci. Aucun n’existe dans la nature ; ceux de soude , de potasse , d'ammoniaque , de magnésie , d’alumine , de manganèse et de zinc sont solubles ; les autres sont tous insolubles , mais se dissolvent dans les acides. On les obtient directement ou par la voie des doubles décompositions. Les succinates solubles sont quelquefois employés dans les laboratoires pour séparer l'oxide de manganèse de l’oxide de fer. D’après M. Berzélius , dans les succinates la quantité d’oxigène de l’oxide est à la quantité d’acide comme 1 est à 6,a8.

Acides Mangarique et Olcit/ue.

n85. Ces acides se produisent lorsqu'on traite les matières grasses végétales on animales par l’eau ou les alcalis ; nous ne les examinerons que dans la Chimie animale.

. Acide Fungique.

1186. M. Braconnot, à qui on doit la découverte de cet acide , l’a reconnu libre dans la plupart des champignons et combiné avec la potasse dans le bolet' du noyer. Cet acide est incolore , déliquescent , incristallisablc ; pour l’extraire du bolet du noyer , on en exprime le suc que l’on fait bouillir pour coaguler l’albumine; on filtre, on évapore à siccité , et on traite par l’alcool ; il reste du fungatc de potasse presque pur ; on le dissout dans l’eau , et on verse de l’acétate de plomb : il se 'précipite du fungate de plomb , que l’on décompose par l'acide sulfurique étendu ; mais comme /. 73

56a COURS

l’acide n'est pas par, on le satare par l’ammoniaque , on fait Cristalliser plusieurs fois, on précipite de nouveau par l’acétate de plomb et on traite par l’acide sulfurique.

1187. Fungales. Ceu* de soude et de potasse sont très-solubles dans l'eau , insolubles dans l'alcool et cristallisablcs; le Cungatc acidulé d’ammoniaque cristallise en octaèdres réguliers; celui de barite est soluble dans quinze fois son poids d'eau et difficilement cristallisa 'île; celui de magnésie est soluble et crislallisablc; celui d’alumine se prend en masse analogue à la gomme ; celui de zinc cristallise facilement , celui de plomb est insoluble.

Acide Igasurique. •

1188. MM. Pelletier et Caventon ont trouvé la strychnine combinée dans les plantes du genre slrychnos ( la Fève Saini-Ifnace , la Noix vomique , le Bois des couleuvres ) avec un acide particulier , qu’ils ont désigné sous le nom A' Igasurique , du nom Malais de la fève Saint-Ignace. Cet acide est blanc , cristallise en petits cristaux grenemt , très -solubles dans l’eau et l’alcool ; il forme des sels alcalins et terreux , solubles dans l’eau et l'alcool ; l’igasurate neutre d’ammoniaque ne précipite point les sels d’argent , de mercure et de fer , mais il colore en vert les sels de cuivre et y produit un précipité blanc verdâtre. On obtient cet acide de la fève Saint-Ignace par le procédé suivant ; après l’avoir réduite en poudre avec la râpe , on la traite par l’éther dans une marmite fermée par uoc soupape à ressort , afin d'élever la température de l’ébullition ; l’éther dissout de l'huile concrète et de l’igasurate de strychnine ; on traite à plusieurs reprises par l'alcool bouillant qui enlève le reste de l'buile et de la cire , et le reste de l'igasurate de strychnine; la cire se dépose par le refroidissement , on filtre , on évapore les dissolutions alcooliques , on ajoute de la magnésie , il se forme un sousigasurate de magnésie peu soluble et de la strychnine aussi peu soluble ; ou laveâ l’eau froide pour enlever la matière colorante , avec de l’alcool pour dissoudre la strychnine ; l'igasurate de magnésie est repris par une grande quantité d’eau bouillante , précipité par l’acétate de plomb , et l'igasurate de plomb est décomposé par l’hydrogène sulfuré.

Acide K inique.

1189. Jusqu'ici l’acide kinique ne s’est rencontré que dans le quinquina, combiné avec la chaux. Cet acide , dont la saveur est forte et sans amertume , est très-solublc dans l'eau ,. cristallise difficilement en lames divergentes qui , soumises h l’action de la chaleur , fondent et se décomposent. L’acidc kinique forme avec les alcalis et les terres des sels solubles et cristallisablcs , et ne précipite point les nitrates de plomb , de mercure et d’argent.

L’acide kinique s’obtient en versant une dissolution d'acide oxalique dans une dissolution de kinatc de chaux jusqu’à ce qu’il ne sc forme plus de précipité. On extrait

le kinalc de chaux du quinquina , en évaporant en consistance d'extrait une décoction de quinquina , traitant par l'alcool pour enlever la résine , dissolvant dans l'eau le résidu visqueux , filtrant et faisant évaporer dans une étuve : le kinate de chaux cristallise en lames exaèdres , on le purifie par de nouvelles cristallisations.

Acide Kramérique.

ugn. Cet acide, découvert par M. Pechirr dans la racine d’un arbuste nommé Krcuneria , a une saveur styptique ; il est très-soluble dans l'eau et sa combinaison avec la barile n’est point précipitée par l’acide sulfurique ; cette propriété le distingue de tous les acides connus.

Acide Laccique.

Itgt. L’acide lacciqne, découvert par M. John dans la laque en bâton , a une saveur forte , sa couleur est jaune pâle ; il est susceptible de cristalliser et très-soluble dans l’eau , l’alcool et l’éther; il précipite en blanc les dissolutions de plomb et de mercure t mais il ne trouble pas l’eau de chaux et les nitrates d’argent et de barite ; il précipite en blanc les sels oxides de fer. Ois l’obtient en traitant la laque pulvérisées par l'eau , le résidu de l’évaporation par l'alcool , le résidu de l’évaporation de cette dissolution par l’éther ; le résidu de l'évaporation de la dissulution éthéréc renferme l’acide laccique combiné avec une petite quantité de pofhsse et de chaux ; on précipite l’acide laccique par l'acétate de plomb , et on décompose le résidu par l’acide sulfurique.

Acide Méconique.

1 19a. Cet acide , découvert par M. Sertuerncr , n existe que dans I opium ; il est blanc ; il se présente tantôt sous la forme de longues aiguilles , tantôt en laines carrées , tantôt en ramifications formées d’octaèdres très-alongés. Il est fusible à 130*, et à cette température il commence à se sublimer sans éprouver aucune altération. Il est trèssoluble dans l’eau et l’alcool ; le méconatc de barile est soluble , il l'est beaucoup moins lorsque l'acide est impur. 11 donne aux sels de tritoxide de fer une couleur rouge très-intense sans y former de précipité ; il fait passer au ml la dissolution de salfate de cuivre et y produit lentement un précipité jaune. Le procédé le plus simple pour extraire l’acide méconique consiste , suivant M. llobiquet , à faire bouillir pendant un quart d'heure une infusion d’opium avec une petite quantité de magnésie, à laver successivement le dépôt de méconate de cette base avec de l'alcool faible et concentré , pour enlever la plus grande partie de la matière colorante. Après on décompose ce sel par l’acide sulfurique affaibli , et on verse une dissolution d'hydrochlorate de barite ; il se forme un précipité de sulfate et de méconate de barite , que

l’on décompose par l’acide sulfurique affaibli, en le laissant agir lentement. La liqueur filtrée et évaporée , l'acide cristallise facilement , même à chaud ; on le purifie par La sublimation.

. Acide Mellitique.

ng3. L'acide mellitique, découvert par M. Klaprotb , n’a encore été trouvé que combiné avec l'alumine dans le minéral connu sous le nom d’ J/onisg/ein médité ou pierre de miel ; il a une saveur aigre et amère ; il cristallise en petits prismes ou en masses radiées ; il est peu soluble dans l’eau ; l’acide nitrique n’agit point sur lui. 11 précipite les eaux de chaux , de baritc , de stronliane ; l’acétate de baritc , l’acétate de plomb et le nitrate de mercure , l’acétate de mercure , l’acétate de cuivre et le nitrate de fer ; ce dernier précipité a une couleur isabcllc , le précédent est vert , tous les autres sont blancs : tous sont solubles dans l’acide nitrique. Il ne précipite point l'hydro-chlnratc de baritc , I hydro-cldorate de cuivre et le nitrate d’argent. Le mellitatc neutre de potasse laisse précipiter par l’acide nitrique des cristaux de mcllitalc acide qui précipitent les dissolutions d’alun ; les autres mcilitatcs alcalins sont tous solubles et cristallisablcs. M. Klaprotb obtient cet acide en pulvérisant Vhonitglein , le traitant à plusieurs reprises par l’eau bouillante , qui dissout la majeure partie de l’acide et un peu d’alumine ; filtrant , faisant évaporer et versant de l’alcool pour précipiter l’alumine ; filtrant de nouveau , faisant évaporer et cristalliser à plusieurs reprises. •

Acide Me'nispermique.

tigj. M. Boullay croyait avoir trouvé dans le Menispermium coculus un acide nouveau qu’il avait désigné sous le nom de Mcnispermiquc ; mais , d 'après un travail plus récent de M. Casascca , il parait que cet acide n’existe pas. (Annales de Physique et de Chimie , tom. xxx ).

Acide Morique.

dnloe

nq5. L’acide morique, découvert par M. Klaprotb, n’existe que dans I écorce du Morus alba , mûrier blanc , en combinaison avec la chaux , sous la forme de petits grains d’un brun jaunâtre. Cet acide est blanc , cristallise en prismes alongés. Il est très-soluble dans l’eau et l’alcool ; soumis à l’action de la chaleur , une partie se vulatilise et I autre se décompose ; il forme avec la chaux un sel peu soluble , et avec la soude , la potasse et l’ammoniaque , des sels très-solubles. On obtient l'acide morique en faisant bouillir l’écorce du mûrier recouverte de morale de chaux dans de l’eau distillée : ce sel se dissout , on le fait cristalliser , on le traite par l’acétate de plomb , et le morale de plomb qui se précipite est décomposé par l’acide sulfurique.

DE CniMIE. 5GS

Acide du Strychnos-pscudo-hina.

1196. Cet acide a été découvert par M. Vauquelin ; mais son mémoire n'a pas encore été publié.

Acides qui n existent point dans la nature.

Acide Subcriquc.

1197. L'acide subérique , découvert par M. Brugnatclli , s’obtient en traitant le liège par l’acide nitrique ; il est blanc , peu sapidc , cristallisablc en aiguilles ; il est soluble dans 80 parties d’eau à i3*; il est plus soluble dans l'alcool; il est fusible comme une graisse et volatil ; l'acide nitrique est sans action sur lui ; il précipite en blanc le nitrate et l'acctatc de plomb , les nitrates de mercure et d’argent , l’hydro-cblorate d'étain et le proto - sulfate de fer; il ne trouble pas les dissolutions de sulfate de sine et de cuivre. On obtient cet acide en traitant à chaud de la ràpurc de liège par sis fois son poids d’acide nitrique dans une cornue de verre, et remettant sur le liège l'acide qui se volatilise; on évapore ensuite à une douce chaleur jusqu’en consistance sirupeuse; on délaye dans cinq ou six parties d'eau et on laisse refroidir; par le refroidissement il se sépare une matière grasse qui surnage et du ligneux qui se précipite ; on sépare ces matières solides et on fait évaporer la liqueur ; l’acide se précipite par le refroidissement ; on le dissout et on le précipite plusieurs fois pour le purifier. Les subéralcs sont peu connus.

Acide Camphorique.

1198. L'acide camphorique, découvert par M. Koscgarten , s’obtient en traitant

le camphre par douze fois son poids d’acide nitrique 1 a 5", concentrant jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le quart du liquide : l’acide cristallise par le refroidissement. Cet acide cristallise en aiguilles longues, flexibles et fusibles; soumises à l'action de la chaleur , une partie se volatilise, l’autre se décompose. L'eau à ■9° en dissout •/,„„ et à 100° ; l’alcool bouillant le dissout en toutes proportions; il est soluble

dans les huiles et les acides minéraux. Les camphoratrs de soude , de potasse et d'ammoniaque , sont très-solubles ; les autres sont pen solubles; on les obtient directement ou par la voie des doubles décompositions.

Acide Ellagique. -v

1199. Lorsqu'on abandonne pendant long-temps une infusion de noix de galles

il se forme an dépôt cristallin composé d'acide galliqne, d'acide ellagiqne, de gallate et de sulfate de chaux , et d'une matière colorante brune : pour en extraire l'acide ellagique, on le traite par l’eau bouillante, qui enlève l’acide galliquc; puis traitant le résidu par une dissolution faible de potasse , liltrant et abandonnant cette liqueur b l’air , l’acide carbonique se combine avec la potasse , et il se forme un dépôt abondant d'ellagate de potasse, que l'on décompose par l'acide hydro-cbloriquc. On obtient ainsi l’acide cllagiquc sous la furnte d’une poudre d’un blanc fauve presque insoluble dans l'eau , l'alcool et l'élhcr ; par la chaleur , il se sublime et se décompose en partie ; l'acide nitrique le colore en rouge de sang et produit de l’acide oxalique. Il parait que tous les ellagates neutres sont peu solubles , celui d'ammoniaque parait être insoluble même dans un excès de base ; les ellagates acide* doivent être tous insolubles.

Acide Mucique.

ixoo. Cet acide, découvert par Schérle en 1780, s’obtient en traitant la gomme, la manne grasse ou le sucre de lait , par l'acide nitrique ; l'acide muciquc se précipite en une poudre blanche, dure, peu soluble dans l'eau 'et insoluble dans l’alcool ; celui que l'on obtient en employant la gomme , est toujours mêlé d’oxalalc et de mucatc de chaux. L'acide muciquc se décompose par la chaleur , et produit un acide particulier qui se sublime; l’acide muciquc précipite les eaux de chaux , de barite et de slrontiane; un excès d'acide dissout les précipités; il trouble également les dissolutions de nitrate d’argent et de mercure et les acétate, nitrate cl hydro-chlorate de plumb ; mais il n'agit point sur les sels de magnésie, d’alumine, sur 1rs hydrochlorates d’étain et de mercure et sur les sulfates de fer, de cuivre, de xinc et de manganèse.

Les mucates solubles sont ceux à base de potasse , de soude , d'ammoniaque et d'alcalis végétaux ; tous s’obtiennent directement ou par la voie des doubles décompositions ; d'après M. Bcrxélius, dans les mucates la quantité d'oxigène de l’oxide est b la quantité d’acide comme 1 est & i3,i85.

Acide Nancéiquc.

îaoi. Cet acide se forme, d'après M. Braconnot, dans toutes les matières végétales qui éprouvent la fermentation acide; on l’extrait du jus de betterave putréfié, en l ‘évaporant à siccilé b une douce chaleur, traitant par l'alcool, évaporant en consistance sirupeuse, saturant avec du carbonate de zinc la liqueur étendue d'eau , filtrant , faisant concentrer et cristalliser le sel de zinc , dissolvant ce sel dans l'eau , précipitant le zinc par la barite , et décomposant le nantéalc de barite par l’acide sulfurique. L’acide nancéique est blanc, très-soluble, incrislallisable; il ne précipite aucune dissolution métallique, excepté celle de xinc, lorsqu'elles sont concentrées; ect acide paraît avoir beaucoup de rapport avec l'acide lactique.

Acide Pyro-cilrit/uc.

uoj. Cet acide, découvert par M. Lassaigne, te forme dans la distillation de l'acidc citrique. On trouve dans le récipient deux liquides ; l'un , d'une consistance huileuse, occupe la partie inférieure i l'autre, incolore cl très-fluide, se trouve audessus du premier; c’est du liquide supérieur qu’on extrait l’acide pyro - citrique. Pour cela , on le sature par la craie , on le précipite par l’acétate de plomb , . et on décompose le pyro-citrate de plomb par l’hydrogène sulfuré. L’acide pyro-cilrique est blanc, cristallise en petites masses rayonnées; sa saveur est un peu amère; il est très-soluble dans l’eau et l'alcool ; il ne trouble que les dissolutions d’acétate de plomb et de proto-nitrate de mercure. Il parait que dans les pyro-citrates la quantité d’oxigène de l’oxide est à la quantité d'acide comme i est à 6,86.

Acide Pyro-malique.

iao3. D'après M. Lassaigne, lorsqu’on distille de l’acide malique, on oblient dans le récipient un liquide trcs-acidc, et b la voûte de la cornue des aiguilles blanches. Ces deux produits paraissent renfermer chacun un acide particulier. Le liquide , évaporé à moitié , laisse déposer des cristaux prismatiques acides fusibles à 4/.5 , qui , par le refroidissement , se prennent en masse fibreuse ; à une température plus élevée, cet acide se sublime et te décompose en partie; l’eau b io* en dissout /, ; il est très-soluble dans l’alcool; il ne précipite ni la chaux, ni la baritc. Il parait que dans les pyro-malatcs la quantité d'oxigène de l’oxide est à la quantité d’acide comme i est à 5 168.

Le sublimé cristallin est acide, peu soluble dans l’eau; il ne précipite ni la chaux, ni la barite ; mais il précipite l’acétate de plomb, le nitrate d’argent et le sulfate de fer.

Acide Pyro-muàque.

1304. L'acide pyro-mneique se forme, suivant M. Houton-Labillardière , dans la distillation de l'acide rauciquc ; il se trouve en petits cristaux à la voûte de la cornue et en dissolution dans le liquide condensé dans le récipient, mêlé avec de l’huile et de l’acide acétique. Pour le purifier, on réunit les cristaux au liquide, on ajoute de l'eau pour séparer I huile ; on fait concentrer ; l’acide cristallise par le refroidissement , on le distille et on le fait cristalliser de nouveau. Cet acide est blanc , sa saveur est prononcée, il fund à i3o°, se volatilise sans se décomposer; 1 eau à i5“ en dissout un vingt-sixième; il est très-soluble dans l’alcool; il ne précipite que le sous-acélate de plomb. Les pyro-muéates alcalins ne précipitent que les sels de

triioxide de fer, de deuto-nilrate de mercure, et le nitrate de protoxidc d'étain. Il parait que dans les pyro-mucates neutres la quantité d'oxigène de l'oxide est à I» quantité d’acide comme s est à i3.

Acide Pyro-tartrique-

110S. Cet acide, découvert par M. Rose, se trouve dans le produit liquide de la distillation de l’acide tarlriquc , qui renferme en outre de l’acide acétique et de l'huile en suspension et en dissolution. Pour en extraire l’acide pyro-tartrique , on commence par filtrer la liqueur sur du papier mouillé pour séparer l'huile , puis on sature avec de la potasse ; on fait évaporer à siccité , on dissout dans l’eau , ou filtre sur du papier mouillé ; on répète plusieurs fois cette dernière opération pour séparer la totalité de l’huile; enfin, on décompose dans une cornue le pyro-mucalc de potasse par l'acide sulfurique; l’acide pyro-mucique se sublime en aiguilles blanches. Cet acide est très-soluble dans l’eau; la chaleur le décompose et le sublime en partie; il ne précipite que le nitrate de mercure ; le pyro - lartratc de potasse précipite le nitrate de mercure et l’acétate de plomb.

Acide produit par la combustion lente de t Éther.

iao6. Lorsqu'on plonge un fil de platine incandescent dans un mélange d'air et de vapeur d'éther ( pag. 19), il se forme une substance acide qui a été examinée par M. Faraday; mais il n’est pas encore démontré que cet acide soit nouveau.

§ II-

liases Salifiables Végétales.

1207. Les bases salifiables végétales huit :

La Morphine.

La Strychnine,

La Brucinc.

La Cinchonine.

bien reconnues sont au nombre de

La Quinine.

La Vératrine.

La Delphine.

L’Emétine.

Quelques chimistes en admettent encore plusieurs autres, telles que la caféine, la solanine , etc.; mais comme elles sont encore peu connues, nous ne les examinerons qu'à la fin de ce paragraphe.

DE CHIMIE. 5Gg

1208. Toutes ces substances sont solides, inodores, blanches, d’une saveur icrc ou amère ; clics jouissent des propriétés alcalines ; elles sont ■insolubles ou peu solubles dans l'eau , mais très-solubles dans l’alcool ; toutes renferment de l'azote; elles se combinent avec tous les acides et forment des sels qui sont décomposés par les alcalis et la magnésie; tous ceux qui sont neutres et solubles sont précipités par l’infusion de noix de galle 1 le précipité est soluble dans l'alcool et les acides.

1209. Les alcalis végétaux ont une action très-énergique sur l’économie animale, surtout lorsqu’ils sont combinés avec les acides; on les rencontre dans plusieurs végétaux à l’état de sur-sel.

i2to. Nous plaçons ici le tableau de la composition et de la capacité de saturation de ces substances.

DÉSIGNATION de U

SUBSTANCE

COMPOSITION

ACIDE

istut

par loo pari, de base.

OXICÈNE

car itui.

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