AZOTE
Huile d’Olire
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1248. Les huiles fines ne se rencontrent que dans les semences. Plusieurs sont employées comme aliment , les autres dans l'éclairage et en peinture. Les huiles le plus fréquemment employées sont celles d'olive t d'amande douce , de faine , de navette , de ricin , de lin , de noix , d'œillet , de chenevis , de cacao , de palme , de noix muscades.
ia4o- L 'huile d’olive est contenue dans le péricarpe des fruits de l’o/ca europea qui croit dans tonie la partie méridionale de l’Europe; on l’extrait par la pression; comme elle est plus ebère que les autres huiles de graines, on y mêle souvent de ces dernières. (Voyox, page 375, le procédé découvert par M. Poutct pour reconnaître cette falsification). — Lhuile d'amande douce est renfermée dans les semences de Vamygdalus commuais , clic s’extrait en comprimant ces semences entre des plaques de fonte chaudes. Elle se rancit promptement , on ne l’emploie* qu’en médecine. — L’huile de faine existe dans les graines du fagus sylva/ica ; on l’rxtrait par la pression à froid ; elle est employée comme aliment. — L'huile de navette , renfermée dans la graine du brassica napus , s’obstient en broyant la graine, la faisant chauffer avec un peu d'eau et la soumettant à la presse. Comme elle est mêlée ordinairement de substances étrangères qui la rcndeiu moins combustible , on la purifie en l’agitant avec 0,0a d'acide sulfurique , et ensuite avec deux fois son volume d’eau, laissant reposer pendant 8 à to jours, & la température de a5° ou 3o°, décantant et filtrant dans des cuves percées de trous fermés par des mèches de coton. L’huile de navette est employée dans l’éclairage, dans la fabrication des savons mous, et en petite quantité dans celle des savons durs. — L 'huile de ricin est contenue dans les semences du ricinus commuais , s’obtient par expression; elle renferme une huile volatile, àcrc, vénéneuse, qui sc dégage en faisant bouillir l’huile dans l’eau; celle
huile ut employée en médecine comme purgatif. — L 'huile de lin , contenue dans la semence du linum usi/atissimian , s'obtient en torréfiant légèrement la graine , la chauffant dans l’eau et la comprimant fortement. Cette huile est siccative , et à cause de cela employée en peinture ; on la rend plus siccative encore en la faisant bouillir avec de la litharge, jusqu’à ce qu’elle ait atteint une couleur rougeâtre. L’encre des imprimeurs s’obtient en faisant brûler en partie de l’huile de lin. — L 'huile, d’œillet s’extrait , par expression , des graines du papaver somnijerum ; elle est siccative , employée en peinture, dans l’éclairage et comme aliment. — L huile de noir s’extrait par la pression du fruit du jugions regia ; elle ut siccative et employée comme aliment, en peinture et pour l’écbirage. — L 'huile de chenevis s’extrait de la graine du canubis saliva ( chanvre ), en la broyant, la torréfiant légèrement, la chauffant avec de l’eau et* la pressant fortement ; elle est employée en peinture , pour l’éclairage et dans la fabrication des savons mous. — L ‘huile ou beurre de cacao, d’une consistance bitureuse, s'extrait des semences du iheobroma cacao, en torréfiant légèrement la graine , enlevant les écorces par l’eau chaude , broyant sur une pierre chaude et comprimant à chaud la pâte liquide dans des sacs de toile , ou la traitant par l’eau chaude : l’huile plus légère gagne alors la partie supérieure et se fige par le refroidissement; cette huile n’est employée qu’en médecine. — L 'huile de palme existe dans le fruit de l'aouara , espèce de chou palmiste qui croit à Cayenne , au Brésil, au Sénégal et dans les Indes Orientales ; elle est jaune, dune consistance, bitureuse ; elle forme avec la soude des savons durs. — L’huile de noix muscade s’extrait par pression à chaud de la poudre de la noix du myrys/ica moschala ; elle est d'un jaune orangé , très-consistante ; elle renferme une huile volatile.
«sSo. Savons. Les savons sont les composés qne l'on obtient en traitant les matières grasses végétales ou animales , par les bases salifiables. Lorsque l’on met en contact , sous l’influence de la chaleur , ies huiles fixes végétales et les graisses animales avec de l'eau et des oxides métalliques , les matières gTasses végétales se transforment en acides margarique et oléique ; les matières grasses animales en ces deux acides et en acide stéarique , et il se forme en même temps une petite quantité de principe doux ; les acides margarique et stéarique sont principalement formés par la stéarine, et l’acide oléique par l'claïne. Il résulte de là que les savons d’huile végétale sont des mélanges de margarates et d’oléates , et les savons de graisses an males des mélanges de margarates , de stéarates et d’olcatcs. Dans chacune de ces trois espèces de sels , il n’y a que ceux à base de potasse , de soude et d’ammoniaque qui soient solubles dans l'eau; par conséquent, tous les savons qui ne sont point à base de soude , de potasse ou d’ammoniaque , sont insolubles. Aussi toutes les dissolutions métalliques sont précipitées par les dissolutions de savons solubles ; et c'est la présence de la chaux dans certaines eaux qui fait qu’elles ne peuvent
pas être employées pour dissoudre le savon. Tous les acides décomposent les savons; les acides gras sont séparés et se réunissent à la surface des dissolutions. Les acides stéarique, margarique et oléique forment, comme nous l’avons dit, des sels solubles, avec la potasse et avec la soude ; mais les sels à base de potasse sont toujours mous , tandis que ceux à base de soude sont durs et solides. On distingue dans le commerce deux espèces de savons , les savons durs et les savons mous ; les premiers sont b base de soude , et les derniers à base de potasse. On donne le nom de savons acides aux composés d'builes et d'acides , et le nom des savonulea aux composés des huiles essentielles et de bases salifiables. Nous examinerons successivement les savons & base de soude , de potasse et d'ammoniaque.
i a S c . Savons à base de soude. Les huiles et les matières grasses ne se saponifient pas également bien ; ces matières , rangées dans l'ordre de leur plos facile ‘saponification, sont : i" L’huile d'olive et l'huile d'amande douce; a" Les huiles et les graisses animales ; 3* Les huiles de colxa et de navette ; 4* Les huiles de faine et d’oeillet mêlées à l'huile d'olive ou aux graisses animales ; S* Les huiles de poisson mêlées b l'huile d'olive ; G* L'huile de chenevis ; 7° Les huiles de noix et de lin. Les savons les plus durs sont ceux qui proviennent des matières grasses renfermant le plus de stéarine. On ne fabrique à base de soude que des savons d'huile d'olive et de graisse.
Le savon d'huile d’olive se fabrique en France , en Italie et en Espagne ; on en connaît deux espèces , les savons blancs et les savons marbrés ; les premiers peuvent renfermer une quantité d’eau presque illimitée , les derniers ne peuvent en contenir qu’une quantité déterminée ; les premiers sont employés pour les objets délicats , les derniers dans les usages ordinaires. Ces savons s’obtiennent en faisant chauffer l’huile avec des dissolutions de soude rendues caustiques par la chaux , dans de grandes chaudières dont la partie inférieure est en cuivre , la paroi latérale en brique et qui sont garnies vers le bas d'un tuyau d'écoulement nommé Y Epine ; on commence par mettre dans la chaudière des lessives faibles , et on ajoute l'huile successivement ; on verse ensuite de la lessive forte : le savon vient nager b la partie supérieure; alors on soutire par l’épine la lessive devenue trop faible , et on en ajoute de nouvelle pour saturer l’huile. On arrête la cuisson quand la lessive a i»,i5 ou i°,ao de densité; le savon occupe la partie supérieure du bain , il est coloré en gris bleubtre par une combinaison de matière grasse d'alumine et de fer hydro-sulfuré qui étaient en dissolution dans la lessive. Le savon peut alors être converti en savon blanc ou en savon marbré. Pour obtenir du savon blanc , on le délaye peu b peu dans des lessives faibles et on laisse reposer ; le savon alumino-ferrugincux noirâtre se dépose , et le savon blanc occupe la partie supérieure ; on enlève ce dernier avec des cuillères et on le code dans des mises , où il se solidifie par le refroidissement. Pour obtenir du savon
marbré , il faut verser dans la chaudière une quantité de lessive faible suffisante pour que le savon alumineux se sépare du savon blanc , niais insuffisante pour qu'il se précipite ; le savon est alors enlevé et porté dans des réservoirs rectangulaires peu élevés et formés avec des dalles de pierres , où il sc solidifie par le refroidissement. Ces deux espèces de savons sont composés ainsi :
Savon xttist.
Savon Blanc.
Protoxidc de sodium......
Matière grasse
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ia5a. Savons à base de Potasse. Ces savons sont tous mous : ceux qui sont formés
avec les huiles de graines sont verts , ceux qui proviennent des graisses animales sont blancs ; ces derniers sont employés pour la toilette. Les savons à base de potasse peuvent être facilement transformés en savons à base de soude; il faut pour celales faire bouillir avec une dissolution de sel marin.
n53. Les savons de toilette sont tantât à base de soude, tantftt à base de potasse ; ils sont formés avec des huiles d’olive , d’amande douce , de noisette , de palme , le suif, le sain -doux ; il en est quelques-uns qui sont presque transparent ; pour les obtenir, on saponifie du suif avec de la soude , on sature b chaud l’alcool avec ce savon ; par le refroidissement et la dessiccation , on obtient une .masse solide , jaunâtre et translucide.
u54. Savons ammoniacaux. Ces savons se font toujours à froid, à cause de la grande volatilité de l’ammoniaque ; on n’en a point encore obtenu de solides , on ne sait pas si ces combinaisons sont de véritables savons , c’est-à-dire si les huiles sont transformées en acides comme dans leur action sur les autres bases salifiablcs.
n55. Les savons jouissent tous de la propriété de dissoudre les matières grasses , et c’est sur celte propriété que sont fondés tous leurs usages. La soude et la potasse produisent le même effet , mais elles ont une action sur les tissus que n’ont point les savons. ■
Huiles volatiles.
ia56. Les huiles volatiles , essentielles , ou essences , sont plus légères que l'eau , sans viscosité , très-odorantes , d’une saveur âcre , diversement colorées ; entrent en ébullition à une température plus élevée que l’eau ; elles s’ enflamment à l'approche d’un corps en ignition et répandent
une fumée noire et épaisse. Les huiles essentielles absorbent peu à pen nue grande quantité d’oxigène et se transforment en une matière analogue aux résines : l'huile essentielle d'anis en a absorbé i56 fois son volume dans deux ans ; elles jouissent aussi de la propriété d'absorber plusieurs fois leur volume de gaz ammoniac. Le chlore les décompose en s'emparant d'une partie de leur hydrogène , et forme une substance visqueuse composée d'acide hydro - chlorique et d’une matière particulière ; l'iode en contact avec les essences , passe aussi en partie à l'état d’acide hydrio-, dique ; les essences sont sans action à froid sur les métaux du deuxième ordre. Elles sont toutes un peu solubles dans l’eau et très-solubles dans l’alcool ; les dissolutions alcooliques d’huiles essentielles portent le nom à' Esprit : toutes sont décomposées par l’eau , qui leur donne un aspect laiteux. Les huiles essentielles absorbent une très-grande quantité d’acide hydro-chlorique ; quelques-unes , telles que celles de térébenthine et de citron , forment des composés cristallisables qui ont beaucoup d’analogie avec le camphre. Les acides nitreux et nitrique attaquent les huiles essentielles avec beaucoup d’énergie ; lorsqu'ils renferment d’acide sulfurique, ils enflamment spontanément les essences. Les alcalis n’ont sur les huiles volatiles qu’une action très-faible , cependant ils se combinent avec elles et forment des composés connus sous le nom de Saeonules. Les huiles essentielles dissolvent les huiles fixes , les résines , le caoutchouc , l’éther.
1237. Les huiles essentielles se rencontrent dans tous les végétaux aromatiques , et dans toutes leurs parties ; elles sont ordinairement renfermées dans de petits utricules placés à la surface de ces corps. On les obtient par deux procédés ; le premier consiste à distiller arec de l'eau la partie de la plante qui contient l'huile essentielle; la vapeur d’eau entraîne l'essence, et dans le récipient, on trouve l’essence au-dessus de l’eau; comme l'eau en retient certaine quantité, on doit se servir d’eau déjà saturée, à moins que l'on ne veuille avoir des eaux aromatiques ; 2* en comprimant fortement les parties des plantes qui renferment l’huile essentielle. La plupart des huiles essentielles sont employées comme aromatiques , plusieurs sont employées pour dissoudre les résines et en médecine.
DE CniMIE. ' 58g
M. de Saussure a analysé un grand nombre d'huiles essentielles ; voici le résultat de ses expériences :
CARBOTC.
HYDROCÈNE-
oxic bit.