‹ Cours de chimieChapitre 135 sur 166 · ESSENCE · texte numérisé non relu

ESSENCE

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d'Ant» concrète *

de Ro*e commune

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de Rote concrète.

i j58. Les essences dont on fait usage dans le commerce sont très-nombreuses ; nous examinerons les principales.

■ 359. Essence de Térébenthine. Elle se retire de la résine qui s’écoule naturellement ou par incision du pinus maritimes ; elle est incolore, très-limpide, d'une odeur forte et désagréable ; sa densité à aa • est de 0,86 ; elle rougit le tournesol , parce qu’elle renferme une petite quantité d’acide succinique. Elle absorbe le tiers de son poids de gaz acide hvdro-chlorique , se prend en une masse cristalline , qui , égouttée, laisse une matière grenue, cristalline, volatile, d’une odeur camphrée, que l’on désigne sous le nom de Camphre artificiel ; 100 parties d'essence donnent 110 de camphre artificiel ; cette substance parait être une combinaison de l'essence et de l’acide; le camphre artificiel est plus léger que l'eau , sans action sur le tournesol; il brûle sans résidu ; distillé , il se décompose en partie ; il est soluble dans l'alcool ; l’eau trouble cette dissolution ; les alcalis n'en séparent que peu d’acide ; l’acide nitrique le décompose et dégage du chlore ; ce composé est formé de trois volumes d’essences et de deux volumes de gaz acide bydro-cldorique. L'essence de térébenthine est employée en médecine et pour faire les vernis,

1260. Essence de Citron. S'extrait par pression ou par distillation de l’écorce du citron ; sa densité est de o,85t7 ; purifiée par la distillation , sa densité n'est plus que de 0,847; eHe absorbe 18S fois son volume d'acide hydro-chlorique , cl forme une matière analogue au camphre artificiel d'essence de térébenthine , mais qui en diffère par plusieurs propriétés. Cette essence est employée en médecine, en parfumerie et pour enlever sur les étoffes les taches de matières grasses.

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ia6«. Essence de Lavande. Se retire des fleurs de la lavande. Rectifiée par la distillation , sa densité est de 0,877. jouit de la propriété de dissoudre une grande quantité d'acide acétique concentré , que l’eau finit par entraîner complètement ; elle est employée en médecine et dans la parfumerie.

safii. Essence d'Anis. S'extrait des semences d’anis ; elle est formée d’nne Luile concrète et d’une liuile fluide ; on les sépare par la pression à une basse température , entre du papier à filtre.

n63. Essence de Rose. S’extrait par la distillation de la rose muscate ; elle est formée , comme celle d’anis , d’une huile concrète et d'une huile fluide. Elle n'est employée qu'en parfumerie.

1164. Les Essences de Bergamote , de Cédrat , d'Orangc , de Cannelle , de Girofle , de Romarin , de Menthe poivrée , de Fleur d’ Orange ( N croli ). S’obtiennent par distillation , et sont employées en médecine et en parfumerie.

ia65. Huile volatile d’ Amande amère. Cette huile , plus pesante que l’eau , est Acre, vénéneuse ; elle est formée de deux huiles inégalement volatiles. La moins volatile n’est pas vénéneuse; elle absorbe rapidement l’oxigène de l'air, se prend en une masse cristalline soluble dans l'eau bouillante et qui salure les alcalis. L’huile la plus volatile est un poison violent ; à chaud elle se combine avec les alcalis , on obtient de hydro-cyanalc de potasse , une matière cristallisable , un acide et une matière résineuse. Il est probable que c'est A l'acide hydro-cyanique que celle huille doit ses propriétés vénéneuses : cependant M. Hobiquet , A qui ces observations sont dues , panse que cet acide ne se forme que par l'action de l'alcali.

iaG6. Les Essences de Jasmin , de lÀs , de Tubéreuse , d’iris , de Violette et plusieurs autres sont tellement fugaces , qu'on ne peut pas les obtenir isolées ; on les absorbe par des graisses en mettant dans une boite des couches de fleurs séparées par des morceaux de drap imbibés d'huile , et renouvelant les fleurs toutes les vingtquatre heures.

Des Résines.

1267. Les Résines sont des substances solides, cassantes, insolubles dans l'eau ; la plupart solubles dans l'alcool , l’éther , les huiles grassos et volatiles , et dans les dissolutions alcalines. Toutes conduisent mal l'électricité et la chaleur. Plusieurs sont méle'cs à des huiles essentielles qui leur communiquent leur odeur ; chauffées en vases clos , elles se décomposent en donnant beaucoup d’hydrogène , de carbone , d'huile erapyreumatique et un petit résidu de charbon ; chauffées à l’air, elles brûlent en donnant beaucoup de fumée. L’acide nitrique attaque vivement

les résines ; on obtient une matière visqueuse , soluble dans l’eau et l'alcool qui , chauffée avec une nouvelle quantité d’acide nitrique , acquiert les propriétés du tannin artificiel. L'acide sulfurique dissout également les résines : mais la dissolution est précipitée par l’eau ; chauffée, elle1 laisse dégager de l’acide sulfureux, de l’acide carbonique , et il se forme un dépôt de charbon ; le précipité que l’on obtient en versant de l’eau dans la dissolution à froid de la résine dans l’acide sulfurique , étant traité par l'alcool , évaporé et repris par l’eau , cette dissolution aqueuse renferme du tannin artificiel. Les acides acétique et hydro-chloriquc dissolvent aussi les résines , mais sans les altérer ; ces dissolutions sont précipitées par l’eau.

1268. Les résines se rencontrent dans des arbres ou des arbrisseaux, ordinairement unies à des huiles essentielles ; elles s'écoulent naturellement oit par des incisions que l'on pratique dans l'écorce. D'après M. de Saussure , la résine pure du pin est composée de 77,402 de carbone , de i3,o47 d’oxigène et de g,55i d’hydrogène. Les résines sont principalement employées pour faire les vernis. Nous décrirons sommairement celles qui se trouvent dans le commerce.

1169. Résine du Pin. La résine que l’on extrait du pin maritime fournit un grand nombre de produits différent dont on fait un grand usage. La matière résineuse qui s'écoule des fentes que l’on pratique sur l’écorce est une combinaison de résine sèche et d’essence de térébenthine ; lorsque cette matière est solide , elle porte le nom de galipot-, lorsqu’elle est liquide, celui de térébenthine. En distillant la térébenthine ou le galipot, on obtient de l’essence de térébenthine, et pour résidu le brai sec ou la colophane. La résine ordinaire s'obtient en fondant ensemble une partie de galipot et trois parties de brai sec ; c’est en jetlant de l’eau froide sur le mélange fonda , qu’on lui donne la belle couleur jaune qu'elle a ordinairement, la poil noire provient de la distillation des galipots impurs; on l'obtient dans les Landes en brûlant dans des fours circulaires dont l’aire est concave et percée à son centre , les pailles que l'on emploie comme filtre pour purifier la térébenhine. La pois jaune ou poix de Bourgogne est encore un produit que l’on obtient avec la résine du pin ; mais on n’en connaît point la préparation ; on prétend cependant qu’on l'obtient en mettant du galipot fondu en contact avec du vinaigre. Le goudron est une matière liquide composée de résine et de poix tenue eu dissolution par une huile essentielle aitéréc par le feu. On l’obtient en brûlant les arbres résineux qui

ne donnent pins de térébenthine : cette combustion se fait sur une aire concave malonnée , percée d'un trou communiquant à un réservoir inférieur. Les bûche* fendues sont disposées comme dans (es fours à charbon ordinaire ; le cône est recouvert de terre, et on allume le bois; le goudron qui s’écoule par le seul effet de la chaleur et celui qui se forme par la combustion , s’écoulent dans le réservoir inférieur. Le bois de pin résineux de Provence , carbonisé dans des appareils particuliers, m’a donné de o,s5 à 0,38 de goudron. Le goudron renferme une grande quantité d’acide pyroligneux; on l’en sépare par des lavages réitérés. Le irai gras est formé de parties égales de goudron et de poix grasse. Enfin , la résine du pin fournit par sa combustion un dernier produit désigné sous le nom de noir de Jumée-, on l’obtient en brûlant les matières résineuses impures dans des chambres de planches de sapin tapissées de toiles grossières ; la fumée noire qui se forme se tamise à travers ces toiles et y dépose It charbon qu'elle entraîne.

1370. Les autres résines employées dans les arts sont: la résine animée , d’un jaune de soufre ; elle vient de l’Amérique Septentrionale ; elle découle de Xhymenaa courbant ou carouge ; elle est employée en médecine et pour les vernis. — Le baume de copahu , d'un blanc jaunâtre visqueux, d’une odeur forte; il vient de l'Amérique Méridionale et des Indes ; il s'écoule du copaijcra ojfecinalis ; on l'emploie en médecine.

— Le baume de la Mecque ou de Judée ; il est blanc , d’une odeur suave; s’écoule de Xamyris opobalsarnum qui croit en Arabie; on en extrait de la décoction des rameaux et des feuilles. — La résine copale , d'un blanc jaunâtre, fragile, ne se dissout dans l’alcool et les huiles essentielles qu’à l'aide de précautions particulières. Elle découle du rhus copallium qui croit dans l’Amérique Septentrionale. — La résine iléini, d'un blanc verdâtre , d’une odeur de fénnuil, s’écoule de Xamyris élemi- /era qui croit dans l'Amérique Méridionale ; elle se trouve dans le commerce en gâteaux arrondis, enveloppés dans des feuilles d’iris; quelques arbres d’Arabie et « d'Ethiopie en fournissent aussi. — La résine mastic est en larmes jaunâtres , elle se ramollit dans la bouche ; elle s'écoule du pistacia lentiscas qui croit à Chio. — La résine sandaraque est en petites larmes jaunâtres , qui ne se ramollissent point dans la bouche ; elle s’écoule du thuya arliculata qui croit en Barbarie. — La résine sang-dragon , d’un rouge foncé , s'obtient par incision du dracana draco et de plusieurs autres végétaux qui croissent dans l’Inde.

Gommes Résines.

1271. Les gommes résines sont des substances solides qui proviennent de la dessiccation des sucs laiteux qui s’écoulent des incisions faites aux différentes parties de certaines plantes ; ccs substances sont composées

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d'une matière soluble dans l’eau , souvent analogue à la gomme , d’une matière résineuse , et quelquefois d’une huile essentielle à laquelle elles doivent leur odeur. D’après M. Ilatchctt , les gommes résines sont solubles dans la potasse ; l’acide suliurique , après en avoir opéré la dissolution , les transforme en charbon et en tannin artificiel.

137a. On emploie en médecine un grand nombre de gommes résines; nous décrirons les principales. — L’ Aisa-fcelida , en masses opaques, d’un brun rougeâtre, parsemées de fragmens blancs , d’une odeur fétide et aillacéc -, s'extrait du ferula assajœtida qui croît dans les Indes Orientales. — La Gomme ammoniaque , en masses ou en larmes, d'un jaune pâle; son odeur est faible et désagréable, sa saveur est nauséabonde; on l’extrait, dans les Indes Orientales, d'une plante inconnue de la famille des ombellifêres. — L 'Euphorbe, en larmes irrégulières, jaunâtres, inodores, qui, réduites en poudre, irrileot violemment l’odorat; s’extrait de Yeuphorbia ojficinarum et de Yeuphorbia antiquorum , qui croissent en Egypte. — Le Galbanum , en masses blanchâtres, recouvertes d’une légère couche rougeâtre, d'une odeur forte et d’une saveur âcre et amère ; on l’extrait du suc laiteux qui s'écoule des incisions faites au collet de la racine du bubon gaibanum, qui croit en Ethiophie. — La Gomme gutte , en masses d’un jaune rougeâtre, fragiles, dont la poudre est d’un jaune brillant; s’extrait du cambogia gutta qui croît dans les Indes Orientales; employée en médecine et en peinture. — La Myrrhe en larmes d’un jaune brunâtre, à cassure vitreuse, d'une odeur agréable; s'extrait d’une plante peu connue, qui croît dans l’Arabie et l’Ethiopie. — L ’O/iban ( Encens ) , en larmes ou en masses jaunâtres , fragiles , qui répandent en brûlant une odeur agréable; s'extrait du juniperus lycia, qui croît dans l'Arabie et dans quelques autres contrées de l’Afrique; il est principalement employé comme parfum. — L 'Opoponax , en larmes ou en grains, d'un jaune rougeâtre à l’extérieur et intérieurement d’un blanc sale; son odeur est forte et désagréable; s’extrait de la racine du pastinaca opoponai - qui croît dans le Levant. — La Scammonie, on en connaît deux espèces; celle d’AIcp est d’un gris cendré, légère et friable; celle de Smyrnc est noire, plus pesante, moins friable cl beaucoup moins estimée. — li Aloès est un suc concret qui provient de YaJoé soccolrina et de Valoé persoliata , qui croissent dans les grandes Indes. On en connaît trois espèces; l’aloès soccotrin est d’un rouge brunâtre, translucide, friable, d’une odeur nauséabonde ; sa poudre est d’une belle cotlloiir jaune ; l’aloès hépatique est d’une couleur plus foncée et moins brillante ; l’aloès caballin est moins pur que les deux autres ; les deux premiers sont employés en médecine , le dernier seulement dans la médecine vétérinaire. — La Gomme laque ; cette matière est une substance déposée sur plusieurs espèces d'arbres des Indes Orientales , par l’insecte coccus lacca ; elle

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renferme une matière colorante rouge , soluble dans l'eau , les alcalis et les acide*. La laque en bâton est la laque telle qu’elle est déposée par l'insecte. La laque en grain provient de la laque en bâton , privée de sa matière colorante. La laque en écaille est de la laque en bâton fondue et coulée sur le tronc uni d’un bananier. On trouve dans le commerce deux préparations différentes qui renferment la matière colorante de la laque, et que l'on désigne sous les noms de lac-lake et de lac-dyt. La première provient de la décoction de la laque en bâton , précipitée par l’alun ; la préparation de la dernière n’est point connue ; elle diffère de la première , en ce qu’elle se laisse pénétrer par l’eau bouillante.

Plusieurs chimistes et principalement MM. Pelletier , Braconnot , Bouillon- Lagrange et Vogcl ont analysé les gommes résines. ( Voy. Ann. de Chirn. , tom. Lxtiu, ex vu , lvxii , lxxx , txxtx ; Ann. de Phy. , tum. iv ; le Bulletin de Pharmacie , tom. lit , tv ).

Des Baumes.

Les baumes sont des mélanges de résines , d’acide benzoïque et d’huile essentielle, que l’on extrait des végétaux comme les gommes résines. Dans le commerce on en connaît cinq espèces , le Benjoin , le Storax , le Baume du Pérou , le Baume de Tolu et le Styrax ; les deux premiers sont solides , les trois derniers sont liquides et visqueux.

ia;3. Benjoin. Solide , d’un rouge brunâtre , parsemé de larmes blanches, d’une odeur agréable; on l’extrait par incision de plusieurs arbres et surtout du laurus benzoe , qui croit à Java et à Siam. Il est employé en médecine et en parfumerie.

1174. Storax Calamite. Solide, rougeâtre, d'une odeur suave; s’extrait par incision du storax ojficinale , qui croît dans le Levant.

1375. Baume du Pérou. S'extrait du miroxillum peruijerum , ou par incision, ou par la décoction de l’écorce et des branches ; le premier est brun , presque solide ; le second est d’une consistance sirupeuse ; il est moins estimé que le premier : tous deux ont une odeur suave.

1376. Baume de Tolu. S'extrait par incision du toluijera ba/samttm , qui croît dans la province de Tolu , en Amérique ; récent , il est liquide , acquiert avec le temps de la consistance et devient cassant ; son odeur est agréable.

1177. Styrax. Sa consistance est celle du miel, son odeur est moins agréable que celle du storax. Il provient de la décoction des jeunes branches du liquidambar styraciflua, qui croît en Virginie et au Mexique.

Du Caoutchouc ( Gomme élastique ).

1378. Le caoutchouc est une substance solide , molle , très-élastique , blanche lorsqu'elle est pure , mais ordinairement colorée en brun noir par la fumée ; exposée â

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l'action d’une douce chaleur , elle se fond el prend la consistance du goudron , qu'elle conserve après le refroidissement. A la distillation , elle doDne de I ammoniaque ; elle brûle en répandant une odeur fétide ; elle se ramollit dans l’eau bouillante , mais elle est complètement insoluble dans l'eau et l'alcool ; elle se dissout facilement dans les huiles essentielles , surtout lorsqu’elle a été ramollie dans l'eau bouillante ; l 'éther sulfurique pur la dissout, mais en petite quantité. Les alcalis la transforment en une matière glutineuse , mais n'en dissolvent que très-peu ; l'acide nitrique la décompose ; l’acide hydro-chloriquc est sans action sur elle.

1379. Le caoutchouc s’extrait par incision de 1 ’hatrea caoutchouc , du jairopa elasticica qui croissent dans l’Amérique Méridionale, du ficus indica , du Yarlocarpus integri/olia , qui croissent dans les Indes Orientales ; le caoutchouc existe encore dans un grand nombre d'autres plantes et principalement dans plusieurs espèces de gtiy. Le suc laiteux qui s'écoule des incisions faites aux plantes dont nous venons de parler, forme, en se desséchant , des masses solides , blanches ; ordinairement elles ont la forme de bouteilles ; on lui donne cette forme en recouvrant de suc laiteux des masses d'argile cuites , séchant b la fumée , ajoutant de nouvelles couches cl brisant le moule d’argile pour en faire sortir 1rs débris par l’ouverture- Le caoutchouc est employé pour faire divers iostrumens de ' chirurgie , des vernis élastiques, et pour effacer les traits de crayons.

De la Cire.

1280. La cire est une substance qui se rencontre dans un grand nombre , de végétaux; elle fait partie de la fécule verte de plusieurs plantes et particulièrement du choux ; elle entre dans la composition du pollen de toutes les fleurs ; elle recouvre l'enveloppe d’un grand nombre de fruits ; le vernis qui sc trouve à la surface supérieure des feuilles de beaucoup d’arbres , parait être une espèce particulière de cire ; les baies du nigrica ccri/era , qui croit dans l'Amérique Septentrionale, renferment 0,25 de cire; on l’extrait par la chaleur et la pression ; la cire se trouve dans l'arbre de la vache, etc. Enfin il existe deux espèces de cire fournies par un iusccte , le pela des chinois et la cire d’abeille. La cire étant si répandue dans les végétaux , il est probable que les insectes qui la déposent ne la forment pas ; cependant M. Humber prétend qu'en nourrissant des abeilles avec

, du sucre , elles font de la cire.

1281. De toutes les especes de cire que nous venons de décrire, on n’a

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examine avec soin que celle de l'abeille ; cette substance , récemment extraite, est jaune et odorante ; purifiée par le repos h une température suffisante pour la maintenir en fusion, et par l'exposition au soleil , elle est blanche, cassante , insipide ; sa densité est de 0,96 ; presque sans odeur ; elle est insoluble dans l'eau , peu soluble à froid dans l’alcool et l'éther , et ne s‘y dissout à chaud qu'en petite quantité ; elle est très-soluble dans les huiles fixes et volatiles. Elle forme un savon dur avec la soude et la potasse. Elle est employée pour faire les cierges , les bougies , pour vernir les meubles, le sol des appartenions , etc. D'après MM. Gay-Lussac et Thénard , la cire est composée de 81,784 de carbone , de 13,672 d’hydrogène , et de 5,544 d’o\igènc.

Du Camphre.

ia8i. Le camphre est une matière solide , blanche , translucide , d’une odeur trèsforte ; sa densité est de 0,9887 ; il fond 1 175° et entre en ébullition à ao4; la force élastique de sa vapeur à i5',5 , est de o",oo4 ; il se vaporise à la température ordinaire dans les flacons où il est renfermé , et se dépose contre les parois en petits cristaux ; il peut servir comme l’alcool et l'éther à entretenir l’incandescence d'un fil de platine ( pag. ai ). Il brûle sans résidu ; l'eau n'en dissout que des quantités insensibles , et cependant en conserve l'odeur ; l’alcool en dissout 0,75, l’eau le précipite; les huile fixes et volatiles dissolvent aussi le camphre et plus à chaud qu’à froid ; les alcalis paraissent être sans action sur le camphre ; la plupart des acides le dissolvent; l'acide nitrique , à une douce chaleur , le dissout sans l’altérer , il en résulte une liqueur visqueuse désignée autrefois sous le nom d 'Huile de Camphre , et qui est précipitée par l’eau : en augmentant la chaleur, l'acide et le camphre se décomposent, et il se forme de I acide campborique ; en mettant en contact une partie de camphre et deux parties d’acide sulfurique et faisant chauffer, il se dégage de l’acide sulfureux, de l’acide sulfurique faible , une huile ayant l’odeur du camphre , et on obtient pour résidu , un charbon très-hydrogène et un liquide renfermant un acide et du tannin artificiel ; le camphre absorbe s 44 fuis son volume de gaz hydro-chlorique et forme une matière liquide. Lorsqu'on place sur l’eau de petits fragmens de camphre, ils se meuvent avec rapidité ; si l’on place dans l’eau un petit cylindre de camphre verticalement , l’eau environnante se meut rapidement, et après quelques jours il est coupé en deux à ta hauteur du liquide; une goutte d’huile versée sur la surface de l'eau fait disparaître ces phénomènes. D'après M. de Saussure , le camphre est composé de 7.4, J8 de carbone, de 10,67 d 'hydrogène , de 14, fis d'oxigène et de o,34 d’azote.

1=83. Le camphre existe uni à une huile essentielle dans plusieurs plantes de la famille des Labiées , et libre dans plusieurs espèces de lauras ; c'est du /auras camphora qu’on l’extrait au Japon. Pour cela on divise le bois et on le chauffe avec de l'eau dans des chaudières de fer , surmontées de chapitaux en terre , garnis de paille de riz; le camphre se dépose sur ces pailles en une poudre grise; pour le puriGer cl lui donner la forme qu’il a dans le commerce , le meilleur procédé consiste à le distiller et le Caire arriver liquide dans un récipient en cuivre élamé, dont il prend la forme par le refroidissement. Le camphre est employé en médecine. Il est probable que les camphres de toutes les espèces de laurus ne sont pas identiques. Tous different et par leur composition et par leurs propriétés , de la substance que nous avons désignée sous le nom de camphre artificiel ( isSq ).

Glycérine ou principe doux des Huiles.

ta8£. La glycérine est une substance qui se forme dans la saponification des huiles par toutes les bases salifiablcs (ia5o). Celte substance est liquide, d’une consistance sirupeuse, sa saveur est très-douce; elle se combine avec l’eau en toute proportion; soumise à l'action de la chaleur, elle se sublime et se décompose en partie; elle brille h la manière des huiles ; l'acide nitrique la transforme en acide oxalique , l’acide sulfurique en sucre ; le ferment ne l’altère point ; l’acétate de plomb ne trouble pas sa dissolution. On la prépare en faisant bouillir parties égales de litharge et d'huile avec un peu d’eau , jusqu’à ce que la saponiGcation de l’oxide de plomb soit complète ; dors on ajoute de lcau, on décante, on filtre ; la liqueur renferme la glycérine ; on précipite par l'hydrogène sulfure la petite quantité de . plomb quelle peut encore renfermer; on fait concentrer d'abord au bain-marie, et ensuite dans le vide, où l'on place une capsule d’acide sulfurique concentré , qui absorbe la vapeur aqueuse , à mesure qu’elle se forme. D’après IM. Chevreuil , la glycérine est composée de 4°>°7> de carbone , de 5i,oo4 d'oxigene et de 8,ga5 d’hydrogène.

Alcool ou Esprit de vin.

1285. L’alcool est une substance liquide, incolore, très-volatile , que l’on extrait par distillation de toutes les substances qui ont éprouvé la fermentation vineuse. Les eaux-de-vie et l’esprit de vin du commerce sont formés d'alcool uni à une quantité d’eau plus ou moins considérable. Pour en extraire de l’alcool pur, il faut les mettre en contact avec de la chaux vive , et après vingt-quatre heures de digestion , distiller au bain-marie ; la

première moitié du produit que l’on obtient est de l'alcool très-pur. Ce liquide , ainsi obtenu , a une densité de 0,79235, à la température de 17*, 88; sou odeur est pénétrante et agréable. Il entre en ébullition à 7 8*. 4 • sous la pression de o*,76 ; la densité de sa vapeur est i,6t3 ; d’après M. de Bussy , il se coqgèlc à — 33*; à la température ordinaire , il absorbe l’humidité de l’air , et sc vaporise ; il s'cmflammc à l’approche d’un corps incandescent et brûle sans résidu. Le soufre et le phosphore se dissolvent en petite quantité dans l’alcool ; la dissolution n’a lieu qu’à chaud , il est même nécessaire de mettre en contact les vapeurs d’alcool et de soufre,

1 18G. L’alcool dissout l'iode ; en versant dans cette dissolution de la potasse ou de la soude également en dissolution dans l’alcool, il sc forme, d’après M. Serullas, un hydrindate qui reste en dissolution, un iodale qui se précipite et un hydriodurc de carbone qui sc précipite en partie ; pour recueillir ce dernier, il faut traiter le précipité par de l’alcool , réunir cette dissolution à la première et conceutrer ; l’hydriodure de carbone cristallise par le refroidissement en paillettes jaunes. On peut également l’obtenir en mettant le potassium ou le sodium en contact avec la dissolution alcoolique d’iode , ou en dissolvant du chlorure d’iode dans l’alcool et y versant un petit excès de potasse caustique. Ce corps paraît avoir beaucoup d’analogie avec celui qui a été obtenu par M. Faraday , en exposant aux rayons solaires de l’iode et du gaz hydrogène bi -carboné.

1187. Lorsqu'on fait passer un courant de chlore à travers de l’alcool , l’alcool finit par disparaître complètement ; il sc dégage de l’acide carbonique; il sc forme une matière oléagineuse, de l'acide hydro-chloriquc et une matière charbonneuse ; en versant de l’eau dans la liqueur , la matière grasse sc sépare ; elle jouit des propriétés suivantes : elle est blanche, presque insoluble dans l’eau , très-soluble dans l'alcool, sans action sur la teinture de tournesol ; distillée avec de l’acide nitrique , elle fournit du chlore ; décomposée par la chaleur , elle donne de l’acide hydro-chloriquc ; cependant les alcalis les plus puissans l’attaquent à peine. U après l’analyse qui en a été faite par M. Desprets , elle est formée d’un volume de chlore et de deux volumes d’hydrogène bi-carboné.

1288. Les métaux alcalins mis en contact avec l’alcool s’oxident peu à peu. L’eau et l’alcool sc combinent en toutes proportions ; l'cau-devie ordinaire renferme parties égales d’eau cl d’alcool. Lorsque l’on mêle de l’eau avec de l’alcool très-concentré , il y a condensation ; mais si on ajoute de l’eau à de l'alcool très- faible , il parait , suivant les expériences

de M. ThiUaye fils , que le volume du mélange est plus grand que la somme des volumes mélangés. L'alcool ne dissout que deux oxides métalliques, la soude et la potasse ; la barite s'y délite lorsque l’alcool renferme de l’eau ; c’est même un très-bon moyen de reconnaître sa pureté. Il dissout toutes les bases salifiablcs végétales. L’alcool agit sur un grand nombre d'acides ; nous n’examinerons les effets qui en résultent que dans l'article suivant. L’alcool jouit de la propriété de dissoudre un grand nombre de sels ; en général tous les sels déliqucscens y sont solubles , et les sels insolubles, peu solubles, et efflorcsccns y sont insolubles. L'alcool dissout encore le sucre , la mannitc , les résines , les huiles volatiles , les baumes , etc. ; les huiles fixes y sont tics-peu solubles , excepte celle de ricin qu’il dissout en toutes proportions.

i>8g. L’alcool en agissant sur les nitrates d’argent et de mercure , produit des composes peu solubles , qui fulminent avec une grande force , par la chaleur ou par un choc léger. Ces curps ont été récemment rxaminés par MM. Gay-Lussac et Liebig ; il est probable qu’ils sont formés d’acide cyanique cl d’oxide; mais comme il y a encore de l'incertitude à cet égard , ils ont désigné ces corps sous le nom de fulminates. Nous avons indique leur préparation et leurs principales propriétés C 79°>79' )t "nus ajouterons plusieurs détails iinporlans. Le fulminate d’argent résiste h une température de i3o<>; il ne rougit point le tournesol; il colore la peau à la manière des sels d'argent ; l'eau bouillante en dissout '/s- ; une goutte d’acide sulfurique le fait fulminer ; les dissolutions alcalines et la magnésie précipitent la moitié de l’oxide d’argent, et forment des fulminates doubles; le mercure, le cuivre, le fer, le line , plongés dans une dissolution bouillante de fulminate d’argent, précipitent tout le métal , et on obtient de nouveaux fulminates ; celui de mercure détone fortement, les autres beaucoup moins; le fulminate d’argent est décomposé à froid par les acides hydro-chloriquc , hydriodique et liydro -sulfurique. la? fulminate de mercure a des propriétés analogues. ( Ann. de Chimie et de Phy. , tom. xxtv et xxv ).

1290. L'alcool n’existc jamais dans la nature : il est toujours le résultat de la décomposition du sucre , dans un phénomène chimique qu’on a désigné sous le nom de fermentation. En décomposant la vapeur d'alcool dans un tube de porcelaine incandescent , 011 n’obtient que de l’eau et du gai hyrogène bi-carboné. L’alcool est formé de 0,611 de gaz hydro-

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gène bi-carboné et de o,388 d’eau , ou d'un volume de vapeur d'eau et d’un volume d'hydrogène bi-carbonc , condensé en un seul.

1291. L’alcool est très-employé dans l'économie domestique ; il existe dans tous les vins , la bière , le cidre , dans les eaux-de-vie ; il est employé pour faire les vernis , les éthers , etc. C’est un dissolvant trèsusité dans les laboratoires.

Des Ethers.

1292. Les éthers sont des corps qui résultent de l’action des acides sur l’alcool. On en distingue trois genres , qui different par leur composition et leurs propriétés ; ceux du premier genre sont formés d’oxigène , d'hydrogène et de carbone ; ceux du second sont formés de 1 acide employé et d’hydrogène bi-carbonc, et ceux du troisième de l’acide employé et d’alcool.

iag3. Éthers du premier genre. Ces éthers ne renferment aucune trace de l’acide qui a été employé , ils ne contiennent que les élémens de l’alcool , mais en d’autres proportions. Les acides avec lesquels on peut les obtenir , sont ceux qui ont une grande a (Imité pour l’eau et qui se volatilisent difficilement ; tels sont les acides sulfurique, phosphorique, arsenique et fluoborique ; les étbers qu’ils produisent sont parfaitement identiques. On les désigne cependant par les noms des acides employés.

ugj. L’étbcr sulfurique est un liquide incolore et d’une odeur forte et suave, dont la densité est de 0,7119a, à la température de a4*<77; il est très-volatil; sous la pression de 0,76, il entre en ébullition à 35° ,66. Il est très combustible ; conservé dans des vases clos, il finit par s'altérer et passer en partie à l’étal d’acide acétique; l'oxigènc chargé de vapeurs d’éther détone par une étincelle électrique , et brûle lentement par la présence d'un fil de platine incandescent : la chaleur qui se dégage dans la combustion , maintient le fil de platine incandescent ( pag. 11 ).

Le phosphore et le soufre sont un peu solubles dans l’éther ; le chlore gazeux l'enflamme : il se forme de l'acide hydro-chlorique. Les métaux alcalins s'y oxident lentement. L’eau en dissout '/. „ à la température ordinaire, et l’éther dissout également une petite quantité d’eau. La potasse et l'ammoniaque sont les seules bases salifiables qui se combinent avec l’éther. L’action des acides sur l’éther a été peu examinée : on a seulement observé qu’en chauffant parties égales d'éther et d'acide sulfurique , il sc formait un dépût de charbon , de l'huile douce de vin , et

de l'acide sulfureux, de l’acide carbonique , de l’hydrogène bi carboné; que l’acide nitrique , sans action sur l’éther à froid , le décomposait à chaud ; enfin , que les acides bydro-chloriquc et acétique dissolvaient l’éther , et que l’eau décomposait cette dernière dissolution. L'éther décompose l’hydro -chlorate d’or; il dissout le deuto-chlorurc de mercure, et la dissolution exposée aux rayons solaires laisse précipiter du proto-chlorure et du carbonate de mercure. Lethcr et l’alcool s’unissent en toute proportion; tqais l'eau, en se combinant à l’alcool, sépare l'éther. L’éther dissout encore les huiles Gxcs et volatiles , les résines , le caoutchouc ramolli dans l’eau bouillante.

iag5. On obtient l'éther sulfurique en distillant un mélange de parties égales d’alcool et d’acide sulfurique dans l’appareil (fig. 98 ) ; on introduit le mélange dans la cornue A , et on fait bouillir légèrement ; l’éther se condense dans le ballon B, et se rend dans le flacon I) ; on arrête l’opération lorsqu'il se forme dans la cornue des vapeurs blanches: au delà de ce terme, on n’obtiendrait que très-peu d’éther, mais beaucoup d'huile douce de vin, d'hydrogène carboné et d'acide sulfureux.; En arrêtant l'opération quand les vapeurs blanches commencent à se manifester , la liqueur de la cornue renferme de l’acide hypo-sulfuriquc , uni à une matière végétale dont il est impossible de le séparer. La formation de tous ces produits est facile à expliquer; en effet, l’alcool, l’éther et l'huile douce de vin sont composés d’hydrogène bi - carboné , d’oxigène et d’hydrogène dans le rapport nécessaire pour faire de l’eau ; mais ces derniers élémens sont en plus grande quantité dans l’alcool que dans l’éther, et dans l’éther que dans l’huile douce de vin. Il résulté de là, que la formation de l’éther et de l’huile douce tient à ce que l’acide sulfurique s’empare d’une partie des élémens de l’eau que renferme l’alcool. Mais comme il se forme aussi de l’acide hypo-sulfurique et une matière végétale , il faut nécessairement admettre que l'acide sulfurique agit en même temps sur une autre portion de l'alcool , qu’il se forme de l’eau aux dépens d 'une portion de l’oxigènc de l’acide , et de l'hydrogène de l’alcool ; on conçoit alors que quand l’alcool non attaqué n’est plus en qnanlitc suffisante, l'acide hypo-sulfurique se décomposant, laisse dégager de l’acide sulfureux, et que la matière végétale, attaquée par l’acide sulfurique , dégage de l’hydrogène bi-carboné , de l’acide carbonique et dépose du carbone. On voit, d’après ce qui précède , que les produits qui se dégagent après l’éther, étant dus à ce que l’alcool n’est plus en quantité suffisante , on retarderait leur formation en versant dans la cornue une nouvelle quantité d’alcool : mais on ne pourrait pas en ajouter indéfiniment , car lorsque l’acide sulfurique est trop faible, il ne peut plus produire d’éther ; on peut en ajouter successivement les yS de la quantité primitive , et, d’après M. Boullay, on obtient deux fois plus de produits.

Eu arrêtant l'opération à l’époque que nous avons indiquée , l'éther obtenu n'est

point par : il renferme de l'alcool , de l'eau , de l'huile douce , et quelquefois un peu d'acide sulfureux. On le purifie de la manière suivante : on l’agite avec '/s ou de son poids de pierre à cautère , pour absorber l'acide sulfureux et l'huile douce ; on décante et on l’agite de nouveau avec un égal volume d’eau , pour enlever l'alcool ; on decante de nouveau , et on distille sur du chlorure de calcium , pour absorber l'eau.

1396. D’après M. de Saussure, l’éther est composé de 0,80 d’hydrbgène bi-carbuné et de 0,20 d'oxigène et d’hydrogène , dans le rapport nécessaire pour faire de l’eau; ou de deux volumes d'hydrogène bi-carboné et un volume de vapeur d'eau, condensés en un seul. Comme l’alcool est formé d’un volume égal de vapeur d’eau et d'hydrogène bi-carboné, il en résulte que l'alcool passant à l'état d'éther, abandonne la moitié de l'eau qu'il renfermait

■ 297. L’éther dont nous venons de parler peut s’obtenir par plusieurs autres acides. Pour élhériser l’alcool par l 'acide phosphorique , il faut employer cet acide en dissolution dans l’eau, à une densité de 1,46, élever la température à 90*, et faire passer l'alcool , goutte à goutte , à travers l’acide. Lorsqu’on emploie l'acide arsénique , il faut le dissoudre dans un égal poids d’eau et élever Isf température jusqu’à l’ébullition. L'éther ne se produit que très-difficilement et en petite quantité ; il est probable qu’il doit se former des corps analogues à ceux qui résultent de l’action de l’acide sulfurique sur l 'alcool C'est à M. Boullay qu’on doit la découverte de l’éthérification de l’alcool par ces deux acides. L’acide Quorique jouit également de la propriété de transformer l’alcool en éther ; ce fait, que MM. Gay-Lussac et Thénard avaient déduit de la manière d'agir de l’ac jc fluorique sur les matières végétales, a été vérifié par M. Defosscs : l'opération consiste à saturer d’acide duo borique de l’alcool concentré , à distiller et à rectifier le produit ; il ne reste aucun produit analogue à ceux qui accompagnent la formation de l 'éther par l’acide sulfurique. D après M. Gay-Lussac , en dissolvant dans l 'alcool le composé cristallin que forme l'acide chromique dans l’acide sulfurique, on obtient un éther semblable à l'cther sulfurique , du sulfate de chrome et de l’huile douce de vin ; un mélange d’alcool, de peroxide de manganèse et d’acide sulfurique étendu, donne, par la distillation de l’éther, de l’huile douce et du proto-sulfate de manganèse; dans les deux cas on ne trouve point d'acide hypo-sulfuriqnc.

1298. Éthers du deuxième genre. Ils résultent, comme nous l’avons dit, de la combinaison de l’hydrogène bi-carbonc avec l’acide employé ; on en connaît deux , l’éther hydro-chlorique et l’éther bydriodique.

1399. L’éthcr hydro-chlorique n’est liquide, sous la pression de o*,7fi , qu’audessous de 11»; à 5* sa densité est de 0,874; son odeur est forte et analogue à celle de l'éther sulfurique : il se décompose en rouge bran , en acide hydro-chlorique

DE CHIMIE. 6o3

et cb hydrogène bi-carboné ; b une température plus élevée, ce dernier gai est décomposé, il se forme de l'hydrogène proto-carboné et un dépôt de charbon. Cet éther est très-combustible: un mélange de trois volumes d’osigène et d'un volume de sa vapeur détone avec une grande violence ; l'eau dissout un égal volume de vapeurs d’éther à i8°, et sous la pression de o“,75; l’éther hydro-chloriquc est très-soluble dans l’alcool , cependant il en est séparé par l’eau ; les acides sulfurique , nitrique et nitreux concentrés le décomposent à chaud , et mettent l’acide hydrocblorique en liberté ; le chlore le décompose à froid. Les alcalis n’agissent sur l’éther hydro-chlorique qu’avec une extrême lenteur ; ce n’est qu’au bout de plusieurs jours de contact que la décomposition commence à être sensible ; les nitrates d’argent et de protoxide de mercure, qui précipitent si promptement les dissolutions, renfermant de l’acide bydro - chloriquc libre ou combiné , agissent aussi lentement que les alcalis sur l’éther hydro-chlorique : ce n’est que quelques heures après le contact que la liqueur commence à se troubler.

>3oo. L’éther hydro-chloriquc s’obtient en distillant un mélange de parties égales en volume d’alcool et d’acide hydro-chlorique ; on reçoit d’abord les gai et les vapeurs dans un flacon plein d’eau , afin d’absorber l’alcool et 1 acide qui seraient entraînés ; l’éther passe ensuite dans une éprouvette longue et étroite, environnée 3 'un mélange frigorifique ; il paraît que dans cette opération il ne se forme que de l’eau et de l’éther. L'éther hydro-chlorique est composé , d’après les expériences de MM. Colin et Robiquet, de parties égales en volume d’acide hydro-chlorique et d’hydrogène bi-carboné.

i3oi. Ether hydriodique. Cet éther , découvert par M. Gay-Lussac , est liquide ; sa densité est de 1,9106 ; il bout à 68°, 8 sous la pression de 0,76 ; son odeur est forte et analogue à celle des autres éthers ; il prend en quelques jours une teinte rose , que la potasse et le mercure font disparaître en s’emparant de l’iode libre qui la \ produit; il ne s’enflamme point par l’approche des corps incandescens ; la potasse, le chlore et les acides nitrique et sulfureux ne l’attaquent pas immédiatement; l’acide sulfurique le brunit assez promptement ; il n’a point été analysé. On l’obtient en distillant un mélange d’un volume d’acide hydriodique de 1,7 de 'densité et de deux volumes d alcool , lavant le produit à plusieurs reprises avec de l’eau.

i3oa. Ethers du troisième ordre. Ces éthers sont , comme nous l’avons dit , composés d’alcool et de l’acide employé; on en connaît sept , l’éther nitrique et six éthers dont l’acide est végétal.

i3o3. L’éther nitrique , dont la découverte est due à M. Navicr , médecin de Cbâions , est liquide , d’un blanc jaunitre. Son odeur est analogue à celle des autres éthers , mais beaucoup plus forte ; sa densité est intermédiaire entre celle de l’eau et de l’alcool ; sous la pression de 0,76, il bout i >ia; il est très-combustible et brûle sans résidu; il est sans action sur le tournesol. Mis en contact avec une grande quan-

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tïté d’eau , une partie se dissout , l’autre se décompose : l'eau devient acide , acquiert une odeur de pomme reinette : si on sature l’acide par la potasse , la distillation fournira de l’alcool et pour résidu de l’iiypo-nitrite de potasse. L’éther nitrique se décompose en partie lorsqu’on te conserve dans des flacons fermés et lorsqu'on le distille; il résiste long-temps à l’action de la potasse.

L’éther nitrique s’obtient en distillant un mélange de parties égales en volume d'acide nitrique du commerce et d 'alcool , dans une cornue de verre , communiquant avec un appareil de Woolf composé de cinq flacons , dont le premier est vide , et les suivans remplis à moitié d’une dissolution de sel marin , et tous plongés dans des terrines renfermant de la glace et du sel ; on chauffe jusqu'à l’éhnllitinn et nn modère le feu pour que l’action ne toit pas trop vive; il se forme de l’eau, du protoxide et du deutoxide d’azote , de l'acide nitreux , de l'azote , de l’acide carbonique , de l’acide acétique , une matière facile à charbonner et de l’éther. On ne peut expliquer ces résultats qu'en admettant i° qu'une portion de l'alcool est décomposée et satnre par son hydrogène plus on moins d’oxigène de l’acidc nitrique , et qu'une partie de son carbone est brûlé ; de là résultent tous les produits qui accompagnent l’éther ; a* qu’une partie de l'alcool non décomposé se combine avec l’acidc hypo-nitreux. A la fin de l’opération, il reste dans la cornue de l’acide nitrique , de l'alcool , de l'acide acétique , de l’acide nitreux ; on trouve dans le premier flacon de l'éther , de l’alcool faible et des acides ; dans le second , une couche assez épaisse d’éther qui surnage l’eau salée ; on en trouve également dans les suivans , mais en quantité beaucoup plus petite. On purifie l'éther par la distillation et en l’agitant avec de la chaux en poudre. C’est à cause de la grande quantité de gaz qui se dégage dans l’action de l’alcool sur l’acide nitrique , que l'on fait passer les produits de la distillation à travers l’eau , car sans cela les gaz entraîneraient presque la totalité de l'éther. 5oo grammes d'alcool fournissent 100 grammes d’éther. Cet éther est composé d’alcool et d'acide hypo-nitreux ; en dissolution dans l’alcool , il est quelquefois employé en médecine.

i3o4- Parmi les acides végétaux susceptibles de former des éthers , fl n’en est qu'un seul , l’acide acétique , qui distillé avec de l'alcool se combine avec lui ; tous les autres ne peuvent se combiner avec l'alcool que par la présence d’un acide minéral.

i3o5. L'éther acétique est un liquide incolore , dont l’odeur est analogue à celle de l'éther sulfurique et de l’acide acétique ; sa densité est de 0,866 à 7 • , sous la pression de o",;6; il bout à 71*; il est très-combustible. L’eau à j° en dissout , la dissolution n’est point acide ; en dissolution dans l’eau , la potasse le décompose complètement. Il est très-soluble dans l’alcool et dissout la plupart des corps gras. On peut l'oblcnir en distillant un grand nombre de fois un mélange d’alcool et d’acide acétique; mais il est plus commode de distiller Ou mélange de 100 parties d'alcool , 63 d’acide acétique concentré et 17 parties d’acide sulfurique ; on obtient ia5 parties d'éther ,

DE CHIMIE. 6o5

que l’on purifie en l'agita» avec 10 à ta parties de potasse caustique; par le repos, il se forme deux couches distinctes , l'une supérieure d'éther presque pur , l’autre de potasse et d’acétate en dissolution dans l’eau. On peut encore obtenir de l’éther acétique, en distillant jusqu'à siccité un mélange de 3 parties d’acétate de potasse , 3 parties d'alcool et a d’acide sulfurique concentré , et distillant de nouveau le produit mêle avec fi de son poids d’acide sulfurique.

1 306. L’éther benzoïque est liquide , oléagineux ; son odeur est faible ; il est plus dense que l’eau ; insoluble dans l’eau froide , un peu soluble dans l’eau chaude ; très-soluble dans l’alcool ; décomposable par la potasse. S'obtient en distillant un mélange de deux parties d’acide benzoïque , quatre d’alcool et une d’acide hydro-chlorique ; il ne se dégage que peu d’éther benzoïque ; cet éther reste presque en totalité dans la cornue , au-dessous d’une couche d’acides benzoïque et hydro-chlorique et d’alcool ; on les sépare par des lavages à l’eau chaude et on purifie l’éther par une dissolution de potasse.

1307. Si on fait chauffer six parties d’acide oxalique avec sept parties d’alcool ét deux parties d’acide sulfurique, jusqu'à ce qu’il commence à se dégager de l’éther, il reste dans la cornue une matière brune , qui lavée avec de l'eau , donne une matière semblable à l’éther benzoïque, et qui est formée d’alcool et d’acide oxalique.

1308. En traitant de même les acides citrique et malique , on obtient des produits semblables, mais qui sont inodores et fixes. L'acide tarlriqùe , traité de même par l’acide sulfurique et l’alcool, forme un éther; mais comme il est très-soluble (fans l’eau et l’alcool , on ne peut le séparer de l'acide et de l’alcool en excès par l’eau ; il faut traiter par la potasse le résidu renfermant l’éther , afin de saturer l’acide: (aire concentrer, dissoudre dans l’alcool et évaporer : on obtient une matière sirupeuse qui ne précipite point l’hydro-chlorate de chaux, et qui est formée d’alcool, d’éther tartrique et de sulfate de potasse.

Des t'émis.

Les vernis sont des liquides composés de résines en dissolution dans des substances volatiles ou siccatives. On les dépose en couches minces sur les corps que l’on veut préserver de l'action des agens extérieurs , où que l’on veut rendre polis et brillans ; la substance volatile se dégage , et laisse une couche mince, résineuse , transparente et plus ou moins dure suivant la nature de la résine employée. Les vernis peuvent se ranger en trois grandes classes : les vernis à l'alcool , les vernis à l'essence , et les vernis à l’huile de lin , qu’on désigne sons le nom de vernis gras : dans les vernis à alcool et à l’essence , les résines les plus employées sont le mastic , la sandaraque et la gomme laque ; dans les vernis gras , c’est ordinairement le copal. La préparation des vernis, leur mode d’application sur les différons objets,

forment une branche importante de l’industrie ; nous ne pouvons à cet égard entrer dans les détails qui seraient nécessaires; noos renvoyons à l’ouvrage de Watin et de Tingry.

Substances Végétales Azotées.

i3ot). Les substances végétales azotées dont les propriétés sont bien connues , sont au nombre de deux :

Le Gluten

Et le Ferment.

Du Gluten.

t3io. Le gluten , découvert par M. Beccaria, chimiste italien , est une substance qui existe dans plusieurs graines céréales , le seigle , le froment , mêlé avec de l’amidon , du sucre , de l'albumine , du mucilage , etc. Pour obtenir le gluten pur , il faut faire une pâte de farine de froment , et la malaxer sous un filet d’eau , jusqu'à ce que l’eau cesse d’étre trouble : l’eau dissout ou entraîne toutes les substances étrangères.

Le gluten ainsi obtenu est une substance blanche , grisâtre , d’une odeur spermatique , insipide , molle , trcs-ductilc et susceptible de s’étendre comme une membrane. Soumis à l’action d'une douce chaleur , le gluten abandonne l’eau qu’il renfermait, diminue de volume, se dessèche et devient imputrescible. Chauffe plus fortement , il se décompose , donne les mêmes produits que les matières animales et laisse un charbon volumineux. Il est soluble dans les alcalis et la plupart des acides , et insoluble dans l’eau , l'alcool , les huiles et l’éther ; l'eau bouillante le transforme en une matière spongieuse , peu élastique ; desséché à l’air , il se conserve ; exposé dans un air humide, il se putréfie. D'après M. Proust, si l’on place du gluten sous l’eau , il se gonflera et ne laissera dégager pendant plusieurs jours que de l’acide carbonique et du gaz hydrogène ; lorsque le dégagement du gaz a cessé , la matière est molle , filante , acidulé et sans odeur putride ; si alors on met cette matière sous une petite couche d’eau dans un bocal

fermé par une lame de verre , la pâte se ramollira de plus en plus , formera une bouillie liquide ; il se dégagera de l'ammoniaque , de l'acide acétique , et il se produira deux substances qui sont aussi des produits du caséum , et que l'on désigne sous le nom à' oxide caséeux et d'acide caséique ; mais si le vase était découvert ou fermé par une feuille de papier, la matière se dessécherait et prendrait l'aspect et l'odeur du vieux fromage.

i3ii. Le gluten joue un très-grand rôle dans la panification ; en effet, c’est le gluten qui donne à la farine la propriété de faire pâte avec l'eau ; et qui , par son élasticité , empêche le dégagement de l'acide carbonique provenant de la fermentation alcoolique que l’introduction du ferment détermine dans la pâte , en agissant sur le sucre et l’amidon qu’elle renferme. La pâte fermentée est alors composée d’un grand nombre de bulles d’acide carbonique ; par la cuisson , ces bulles de gaz augmentent de volume et produisent cette porosité du pain , qui lui donne de la légèreté et de la blancheur.

Du Ferment.

1 3 1 2. Le ferment est une matière solide qui se réunit en flocons à la surface de tous les liquides qui éprouvent la fermentation alcoolique , ou se précipite durant cette opération ; c'est ordinairement de la fermentation de la bière qu’on l'extrait. On le lave à grande eau dans des sacs de toile , et on le fait sécher à une douce chaleur pour le conserver.

1313. Le ferment de bière est d'un blanc grisâtre à l’état pâteux ; abandonné dans un vase fermé , à la température de i5 à 20*, il éprouve en peu de jours la fermentation putride ; mis en contact à cette température avec l’oxigène , il l'absorbe et dégage de l’acide carbonique , mais qui ne renferme pas tout l'oxigènc absorbé , de sorte qu’il est probable qu’il se forme de l’eau. A une douce chaleur, il se dessèche , perd plus des */j •le son poids et peut alors se conserver indéfiniment. II est insoluble dans l’eau et l’alcool ; la chaleur de l’eau bouillante lui fait perdre pendant plusieurs jours la propriété de faire fermenter les dissolutions de

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sucre. Le ferment est employé pour déterminer la fermentation panaire et la fermentation de la fécule de pomme de terre. Nous rapporterons à l'article fermentation vineuse les nouvelles observations de M. Colin sur le ferment.

Les végétaux présentent encore plusieurs substances très-azotées , analogues à l’albumine et au caséum ; mais elles n’ont point été suffisamment examinées.

§ VI

Des Matières Colorantes.

i3i4- Les matières colorantes sont très-nombreuses, elles se rencontrent dans toutes les parties des plantes ; il n’en est qu’un très-petit nombre qu'on est parvenu à isoler complètement. La plupart de ces matières sont insipides et inodores , un grand nombre sont solubles dans l’eau , quelques-unes seulement dans l'alcool ; les alcalis et les acides se combinent avec presque toutes et en changent la nuance. Le . chlore les détruit toutes sans retour. Presque tous les oxides et les sous -sels sc combinent avec les matières colorantes et forment des composés insolubles qu’on désigne sous le nom de Laques : on les obtient ordinairement en versant une dissolution d'alun dans une dissolution de la matière colorante et précipitant l’alumine par un alcali. Toutes se ternissent par le contact des rayons solaires et de l’air humide , quelques - unes même perdent entièrement leur teinte.

i3i5. Les matières colorantes qui ont été obtenues à l’état de pureté , sont : L’IIématinc. Le Principe colorant du Safran.

Le Rouge du Carthame. La Carminé.

L 'Indigo.

i3t6. L’ Hématinc , découverte par M. Chevreuil , existe dans le bois de campêcbe; on l’obtient en faisant évaporer à siccité une décoction de bois de tampêche, mettant le résidu en contact pendant 24 heures avec de l’alcool à 36° , filtrant la liqueur , évaporant en consistance sirupeuse , ajoutant une petite quantité d’eau ; évaporant de nouveau et abandonnant la liqueur à elle-même , i’hématine se dépose en cristaux que l’on purifie par des lavages à l’alcool. L’hématine ainsi obtenue est d’un blanc rosé ; sa saveur est astringente , amère , âcre ; 1 ’cau bouillante la dissout et

se colore en rouge orangé qui devient jaune par le refroidissement; les acides la font passer au jaune, puis au rouge; l’acide sulfureux , par un contact prolongé , détruit celle matière colorante. Les alcalis , suivant qu’ils sont en dissolutions plus ou moins concentrées , la font passer au pourpre , au bleu violet , au rouge brun , ou au jaune brun ; lorsqu'elle a pris les deux dernières nuances , la matière colorante est altérée et ne peut plus revenir par les acides; l’hydrogène sulfuré la fait tourner au jaune sans l’altérer , car les alcalis lui rendent sa teinte initiale. Les protoxides de plomb , d’étain et d’antimoine , l'oxide de bismuth , le tritoxidc de fer , les hydrates de cuivre et de nickel , l’oxide de zinc et son hydrate , s'unissent <t l’hématinc et la colorent en un bleu plus ou moins viotet. Le deutoxidc d'étain agit sur elle à la manière des acides : clic précipite la gélatine en flocons violets. C'est un très-bon réactif pour reconnaître la présence des acides.

1317. Couleur rouge du carlhame. Cette matière colorante est renfermée dans la fleur du carihainus linctorius que l’on cultive en Espagne , en Egypte et dans quelques contrées du Levant. Pour en extraire la matière colorante rouge , on lave la fleur à grande eau à l’effet d'enlever la matière colorante jaune ; lorsque l’eau ne se colore plus, on fait macérer la fleur à froid dans cinq ou six parties d’eau, dans laquelle on a fait dissoudre un poids égal au sien de sous-carbonate de soude ; on fdtre , on verse dans la liqueur un excès de jus de citron : la matière colorante se précipite lentement, on la reçoit sur du coton avec lequel elle se combine facilement ; le coton est lavé pour enlever une petite quantité de matière colorante jaune , traité par une dissolution alcaline , qui redissout la matière colorante rouge , et on précipite de nouveau par du jus de citron : la matière colorante se dépose , en la faisant sécher elle prend l’aspect cuivré. Elle est très-employée pour teindre les cotons et les soies ; mêlée avec du talc en poudre fine , elle constitue le rouge de toilette.

i3i8. De r Indigo. L'indigo est une matière solide , bleue , insoluble dans l’eau et t’élher , un peu soluble dans l’alcool bouillant , mais il s’en sépare par le refroidissement ; chauffé dans un vase fermé , une partie se décompose , l’autre se volatilise et donne des cristaux pourpres qui s’attachent à] la partie moyenne du creuset. Le chlore le détruit subitement. L’acide sulfurique concentré le dissout à l’aide d’un douce chaleur, et dans l’intervalle de quelques heures ; dans cette opération l’indigo est altéré , car il acquiert la propriété de se dissoudre dans plusieurs réactifs qui étaient sans action sur lui , et il perd la propriété de se volatiliser. L'acide nitrique décompose vivement l’indigo. L'acide hydro-chlorique ne l’attaque 1 79

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point à la température ordinaire, mais à l'aide de la chaleur, il en décompose une petite quantité qu’il dissout ; les alcalis paraissent agir de la même manière. L’indigo traité par les matières désoxigénantes , passe au jaune , devient soluble dans l’eau et surtout dans les dissolutions alcalines ; l’indigo désoxigéné , exposé à l’air à la température ordinaire , en absorbe l’oxigènc et recouvre sa couleur et toutes ses propriétés primitives. On peut désoxigéner l’indigo , i* au moyen de l’hydrogène sulfuré ; l'action a lieu à la température ordinaire ; l’opération exige plusieurs jours et doit être faite en vase clos; a" avec l’hydro-suifurc d'ammoniaque; 3° avec une dissolution de protoxidc d’étain dans la potasse ; 4* par un mélange de proto-sulfate de fer et de chaux : il faut employer deux parties de sulfate de fer , deux de chaux , une d’indigo, cent cinquante d’eau , et exposer le mélange pendant plusieurs heures à la température de 4o à 45 * ; 5” par l’orpiment et la potasse : il faut employer huit parties d’orpiment , six d'alcali , huit d'indigo et cent d’eau , et favoriser l’action par la chaleur; h* en versant de la limaille de fer ou de zinc dans une dissolution d’indigo par l'acide sulfurique. Dans le premier et le second mélange , l’indigo est désoxigéné par l’hydrogène de l’acide hydro-sulfurique ; dans le troisième , par le protoxide d’étain qui passe à l’état de deutoxide ; dans le quatrième, par le protoxidc de fer , qui passe à l’état de deutoxide ou de peroxide ; dans le cinquième , par le soufre et l’arsenic , qui passent le premier à l'état d’acide sulfureux , le second à l’état d’oxide , et dans le sixième, par l’hydrogène à l'état de gaz naissant.

i3ig. L’indigo ne s’est encore rencontré que dans un petit nombre de plantes appartenant aux genres indigafera , isatis et nerium ; c’est des indigojera , plantes annuelles de la famille des légumineuses , qu’on l’extrait ordinairement en Chine , aux Indes , à Madagascar , en Egypte et en Amérique. Pour en séparer l’indigo , on coupe les feuilles à l’époque de la maturité , on les lave et on les met dans des réservoirs avec de l’eau , on les maintient au-dessous de ce liquide par des planches chargées de poids : la fermentation s’établit , la liqueur devient verte ; on la fait écouler alors dans des cuves placées au-dessous de celle de fermentation , et on y ajoute de la chaux : l’indigo se précipite , on le lave par décantation

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et on fait sécher. Par un procédé semblable, on peut obtenir de l’indigo du pastel , isatis tinctoria ; mais il faut laver cet indigo avec de l'acide hydro-chlorique faible pour dissoudre de la matière colorante jaune qui se précipite avec lui. On distingue dans le commerce trois espèces d'indigo ; l'indigo flor ou de guatimala , l’indigo cuivré et celui de la Caroline. Tous renferment des matières étrangères , de la gomme , de la résine , de l’oxide de fer , de l’alumine , de la silice , une matière verte et de l’extractif. Le premier est le moins impur et le plus estimé ; d’après l’analyse qu’en a faite M. Chcvreul , il ne renferme que o,45

d’indigo pur. On peut obtenir de l’indigo pur , i° en traitant celui du

commerce successivement par l’eau l’alcool et l’acide hydro-chlorique ; a* en sublimant l’indigo ordinaire dans un vase fermé ; 3* en exposant à l’air une dissolution d’indigo désoxigéné , enlevant les écumes bleues qui s’y forment et les lavant à grande eau. L’indigo purifié par sublimation est composé , d’apres MM. Royer et Dumas , de 73,26 de carbone ,

de t3,8i d’azote, de 10, 43 d’oxigène et de 2,5o d’hydrogène.

i3ao. Principe colorant du Safran. La matière colorante du safran s’obtient, suivant MM. Bouillon-Lagrange et Vugel, en évaporant en consistance d’extrait, l’infusion aqueuse des stigmates du safran , traitant par l’alcool , filtrant et évaporant à siccité. Le résidu , considéré par ces chimistes comme le principe colorant du safran , a une odeur suave , une saveur amère ; par la distillation , il donne de l’ammoniaque. II est soluble dans l’eau et l’alcool, insoluble dans les huiles, peu soluble dans l’éther ; il se combine avec la' chaux , la barite et la potasse. En dissolution dans l’eau , le chlore le blanchit subitement , les rayons solaires agissent de même ; l’acide sulfurique lui donne une teinte bleue et ensuite lilas , et l 'acide nitrique une teinte verte ; le sulfate de fer y forme un précipite brun foncé ; l’acétate acide de plomb ne le trouble point.

i3ai. De la Carminé. La carminé est une matière colorante qui n'existe que dans la cochenille, insecte du genre coccus. Pour l’extraire , MM. Pelletier et Cavcnton emploient le procédé suivant : on traite la cochenille par l'éther à la température de l’ébullition , jusqu’à ce qu’il cesse d’ètre coloré : on dissout ainsi une matière grasse; ensuite on met le résidu en contact à plusieurs reprises avec l’alcool dans le digesteur de M. Chcvreul , pour élever la température au-dessus de celle de l’ébullition dans les vases ouverts, on réunit les décoctions, et par l’évaporation spontanée, la carminé se précipite en petits grains d’un beau rouge : comme ils

renferment encore an pea de matière grasse et de matière animale , on les traite à froid par l’alcool très-concentré , qui dissout la carminé et un peu de matière grasse : en ajoutant un volume d'éther égal à celui de l’alcool , la carminé pure se précipite.

■3aa. La carminé est en petits cristaux d’un rofige pourpre , fusibles à 5o“ , trèssolubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool, insolubles dans l’éther et les huiles; le chlore la décompose instantanément; l’iode et les acides sulfurique, nitrique et hydro-chloriquc la décomposent en peu de temps. Sa dissolution aqueuse ne cristallise point par la concentration ; les acides la font tourner au rouge vif et au jaune , les alcalis au violet : la matière colorante n’est point altérée et revient à sa teinte primitive , en saturant' l’acide ou l’alcali ; cependant le contact prolongé de la soude ou de la potasse la dénature sans retour ; l’alumine en gelée en précipite une laque d’un beau rouge, qui devient violette à la température de l’ébullition ; l’acétate de plomb , l’bydro - chlorate de protoxide d’étain et le proto-nitrate de mercure , y forment un précipité violet, le deuto -nitrate un précipité écarlate. Le nitrate de plomb , les sels de cuivre , de barite , de strontianc et de chaux , la font virer au violet; les sels de potasse, de soude, d’alumine au cramoisi; l’bydro-chlorate de deutoxide d’étain lui donne un rouge très -vit L’azote n’entre point dans sa composition.

De la Teinture.

i3*3. L’art de la teinture a pour objet de fixer les matières colorantes sur certaines substances , qui sont ordinairement les fils ou les tissus de coton , de chanvre , de lin , de laine ou de soie. Les opérations que l’on fait subir aux fils ou aux tissus sont au nombre de quatre. La première a pour objet de leur enlever certaines substances étrangères , la seconde de les blanchir , la troisième de les combiner avec des matières qui ont une grande affinité pour les matières colorantes, et que l’on désigne sous le nom de mordans ; enfin , la dernière a pour but de précipiter sur elles les matières colorantes.

Préparation des Fils et des Tissus.

i3*4. Cette préparation préliminaire prend le nom de décreusage quand il s’agit du coton, du lin , du chanvre ou de ta soie, et de dessuintage quand il s’agit de la laine.

■ 3*5. Le décrcnsagc des fils et tissus végétaux a pour objet d’enlever les matières étrangères qn’ils renferment naturellement, et le parou qui y a été introduit ; on l’exécute

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en faisant bouillir ces matières pendant deux heures avec '/«o de potasse, rendue caustique par la chaux , et dissoute dans une quantité suffisante d’eau. On fie contente quelquefois de les mettre en contact pendant >4 heures avec une lessive ordinaire.

Le décreusage de la soie a pour objet d’enlever une grande quantité de gomme et

de matière colorante jaune qu’elle renferme naturellement; la soie écrue jaune contient o,i3 de gomme , >/••• à ■/><,<, d’une matière analogue à la cire, et ’/ss à yfc. de matière colorante. La soie écrue blanche présente moins de substances étrangères. Le décrcusage des soies destinées à recevoir des couleurs foncées, se pratique en

faisant bouillir la soie avec ■/* de son poids de savon pendant quatre heures ; le

décrcusage de celle qui est destinée au blanc ou aux couleurs claires, s'exécute en deux opérations ; la première , qui porte le nom de dégommage , consiste à faire bouillir la soie pendant quinze minutes avec 'fs de savon , et la seconde , qui porte le nom de cuite, est semblable à la première, et n’en diilère qu’en ce que l’ébullition est soutenue pendant quatre heures.

i3a6. Le dessuintage a pour objet d’enlever à la laine une matière étrangère qu’elle renferme naturellement , et que l'on désigne sous le nom de suint ; elle est formée de savon à base de potasse, de sous-carbonate , d'acétate et d "hydro-chlorate de potasse, de chaux et d’une matière animale à laquelle le suint doit son odeur. Le suint forme les ‘fs des laines mérinos et seulement des laines ordinaires. Le dessuintage s’exécute en faisant bouillir les laines dans de l’eau pure, à laquelle on ajoute quelquefois de l’urine ou du savon et en lavant à l’eau courante.

Blanchiment,

i3ay. Blanchiment des Fils et fTissus Végétaux. Autrefois on blanchissait ces substances en les exposant sur des prés à l’action du soleil et de la rosée , et les lessivant de temps en temps. La méthode que nous allons décrire succinctement, et que l’on doit à M. Berthollet, est beaucoup plus prompte, et lorsqu'elle est bien conduite , conserve davantage la force des fils et des tissus.

i3a8. La matière colorante des substances dont il s’agit est insoluble dans l'eau , mais en absorbant l’oxigènc , ou en perdant son hydrogène , elle devient soluble dans les alcalis. Ainsi en traitant successivement les matières qui la contiennent par le chlore et la potasse , on dissoudra toute la matière colorante. Une seule immersion dans le chlore n’est pas suffisante , parce que la matière colorante, même lorsqu'elle a été dénaturée par le chlore, étant insoluble dans l’eau, les couches supérieures préservent les couches inférieures de l’action du chlore. Les dissolutions de chlore ne doivent pas être trop fortes , afin qu'elles n’attaquent pas le tissu ; elles doivent être telles qu’une mesure décolore une mesure et demie de dissolution

d'indigo, faite avec i partie d’indigo et 7 parties d'acide sulfurique, étendu dans 991 parties d’eau. Après chaque lessive , il faut laver à grande eau , et après la dernière, il faut immerger dans de l’eau renfermant d'acide sulfurique, pour dissoudre une petite quantité de fer qui conserve aux matières blanchies une teinte jaunâtre.

On a substitué avec avantage le chlorure de chaux aux dissolutions de chlore.

1319. Blanchiment de la Soie et de la Laine. Lorsque ces matières ont été décreusées , on leur donne le dernier degré de blancheur au moyen de l’acide sulfureux. On exécute cette opération en suspendant la soie et la laine dans des chambres hermétiquement fermées, dans lesquelles on brûle du soufre.

Des Mordons.

i33o. Les mordans sont, comme nous l’avons dit, des matières qui ont la propriété de s’unir aux substances que l'on veut teindre et qui augmentent leur affinité pour les matières colorantes ; on en connaît un grand nombre , mais on n'emploie ordinairement que l'alun , l'acétate d’alumine , la noix de galle et l’hydro-chlorate d’étain. Celui qui est le plus généralement usité , c’est l’alun : pour la teinture sur laine, on peut employer tous les aluns; mais pour les couleurs claires sur soie et sur coton, il faut se servir d’alun très-pur, renfermant moins d’un demi-millième de son poids de sulfate de fer ; autrement les couleurs seraient altérées, le jaune passerait au verdâtre.

i33t. L’alunage de la soie se fait à froid , en laissant cette substance pendant a4 heures dans de l’eau , renfermant d’alun ; à chaud elle en absorberait moins et perdrait de son brillant. L’alunage de la laine se fait à l'ébullition dans de l'eau, tenant en dissolution '/* d’alun, et souvent un peu de crème de tartre. L’alunage du coton et du chanvre se fait ordinairement en laissant séjourner ces matières pendant 24 heures dans de l’eau tiède renfermant ’fy d’alun. Le coton pourrait s'aluner au bouillon comme la laine.

Fixation des couleurs sur les Fils et les Tissus.

■ 33a. La matière colorante, quelle que soit sa nature, doit être en dissolution, et il faut agiter continuellement les (ils et les tissus , afin que leur teinte soit uniforme.

Les soies se teignent toujours à la température de 3o à 75° ; une température plus • élevée enlèverait une partie du mordant. Les laines se teignent au bouillon ; le lin et

le chanvre , à la même température que la soie ; le coton peut se teindre au bouillon.

■ 333. Teintures en rouge. Les teintures en rouge s’obtiennent avec la garance , la cochenille , la laque d'yc , le bois de Brésil et le carthame.

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«334. La garance est la racine d'une plante que l’on cultive en Orient et en France; elle renferme une grande quantité de matière colorante fauve ; elle est employée : 1“ pour donner à la laine une teinte rouge peu éclatante , en faisant chauffer de la laine alunée dans un bain renfermant un poids égal de garance , et au coton un rouge très-vif , connu sous le nom de rouge d'Andnnople. Les procédés de teinture du rouge d’Andrinople sont très-compliqués ( voyez l’Art de la Teinture de M. Chaplat). MM. Gonin sont parvenus & obtenir sur la laine , au moyen de la gacance , un rouge très-vif , mais qui ne résiste pas bien au soleil. D'après M. Roard , en traitant la garance par l’eau chargée de sous-carbonate de soude , pour dissoudre la matière colorante fauve , et ensuite par l’hydro-chlorate d'étain , on obtient un bain qui donne un très-beau rouge à la laine et à la soie alunée. Suivant M. Mérimé , on obtient avec la garance une très-belle laque , en la traitant par l’eau à froid jusqu'à ce que l’eau ne se colore plus , mettant le résidu en contact pendant vingt-quatre heures avec une dissolution d’alun , filtrant et précipitant par la soude ou la potasse. Les rouges de garance sont solides en général ; le rouge d’Andrinople est une des couleurs les plus solides que l’on connaisse.

■ 335. On connaît plusieurs espèces de bois de Brésil ; le plus estimé est celui de Fernambouc ; il est employé pour donner un rouge vif à la laine et pour faire de faux cramoisis sur soie ; dans l’un et l’autre cas , on emploie yfc de bois ; on teint la laine au bouillon , la soie à 3o ou 60°, et on avive par le sel d’étain; la laine est lavée après le bain , et la soie est passée à une dissolution alcaline. D’après M. Dinglcr , on peut employer les bois de qualité inférieure en épurant le bain avec du lait écrémé : la matière caséeuse en se coagulant ' entraîne la matière colorante fauve.

i336. La cochenille est un petit insecte qui croît sur plusieurs espèces de cactus ; on en connaît deux variétés , la cochenille rnesteque et la cochenille sylvestre ; la première est la plus estimée , elle vient dn Mexique ; l’autre se trouve encore à Saint- Domingue, à la Jamaïque et au Brésil. La cochenille est composée de carminé , d’une matière animale et de matière grasse. Lorsqu’on traite la cochenille par l’eau , la carminé se dissout ainsi qu’une certaine quantité de matière animale ; cette dissolution est précipitée en rouge par un grand nombre de sels neutres et par les acides ; cela tient à ce que la matière animale est précipitée par ces réactifs et qu’elle entraîne avec elle la carminé , malgré la grande affinité de l'eau pour cette dernière ; le précipité est beaucoup plus abondant, si la cochenille a clé traitée par de l’eau alcaline, parce qu'alors elle renferme plus de matière animale. La décoction passe au cramoisi par les différons réactifs qui agissent de la même manière sur la dissolution de carminé pure. La cochenille est employée pour teindre la laine et la soie en écarlate , en cramoisi , pour faire le carmin et la laque carminée. On teint en écarlate sur laine dans deux opérations , le bouillon et la rougie. Le bouillon se forme pour 5o 1 de

laine avec 800 k d’eau que l'on élève à 5o° , dans une chaudière de enivre étamée; on y ajoute alors 6 k •/, de crème de tartre , 3 hectogrammes '/. de cochenille et 6 1 '/, de dissolution d'étain, faite avec huit parties d’acide nitrique à 3a", une partie de sel ammoniac , une partie d'étain et deux parties d'eau, que l'on ajoute lorsque la dissolution est opérée ; on laisse la laine dans la teinture bouillante pendant deux heures. La rougie se fait dans la même quantité d’eau que l'on chauffe à 100* ; on y ajoute ak,75 de cochenille et une demi -heure après, 3 1 de dissolution d’étain; on , maintient la température au-dessous de l 'ébullition et on y laisse le drap jusqu’à ce qu'il ait pris la teinte convenable. Le dernier bain n'étant pas épuisé , on s’en sert pour obtenir des nuances plus faibles. On ajoute quelquefois au premier bain du fustet ou du cucurma pour donner un fond jaune , qui relève l'éclat du rouge. On peut obtenir le cramoisi en traitant les étoffes écarlates par l 'ammoniaque ; mais on obtient directement cette nuance en composant un bain qui , pour une partie de laine, est formé de vingt parties d’eau , '/» d’alun , ■/,. de crème de tartre , de cochenille et d 'une petite quantité de sel d’étain.

1337. La laque carminée a toujours une teinte plus ou moins violette ; elle se prépare en versant une dissolution d'alun dans une décoction de cochenille et précipitant par un alcali; elle est beaucoup plus belle en employant l’alumine en gelée. Le carmin s'obtient en précipitant la décoction de cochenille par un sel acide: on emploie pour cela l’alun ou le sel d’oseille, quelquefois on y ajoute une matière colorante jaune, pour augmenter la vivacité de la couleur.

1338. Nous avons jtarlé ( pag. 5<j4 ) de la préparation de la lac-Ukc ; on l'emploie pour teindre la laine en écarlate ; les procédés sont les mîmes que pour la cochenille ; on en fait maintenant un assez grand usage. ( Ann. de Chim, et de Phys. t. ut ).

i33q. Teintures en jaune. Dans les teintures en jaune on n'emploie ordinairement que la gaude , le qucrcitron et le bois jaune.

i34o. La gaude ( réséda luteola ) est une plante qui croit spontanément dans toutes les parties de l’Europe ; celle qui est cultivée est plus riche en principe colorant.

La matière colorante de la gaude est très-soluble dans l'eau , les acides affaiblissent sa teinte , les alcalis la foncent , l'hydro-chlorate d'étain y forme un précipité jaune clair. La gaude est employée pour teindre en jaune pur, tous les fils et les tissus de matières végétales et animales ; l'opération consiste à dissoudre la matière colorante dans l'eau bouillante , à passer à travers un linge et à plonger l'étoffe , préalablement alunée , dans ce bain à une température convenable ; il faut ordinairement deux parties de gaude pour une de soie. Les couleurs de gaude sont très-solides.

«34i. Le qucrcitron, écorce du quercus nigra , est bien plus riche en matière colorante que la gaude , car une partie de qucrcitron suffit pour teindre dix parties de laine. Le qucrcitron renferme , outre la matière colorante jaune , une matière

colorante fauve moins soluble que la première ; la décoction de qucrcitron se comporte avec les différens réactifs comme celle de la gaude, seulement, par l’hydro-cblorate d’étain, elle donne un précipité d’un jaune viL La teinture avec le quercitron se fait comme avec la gaude : cependant il faut aluner, en ajoutant au bain une quantité d'hydrochlurale d étain égale au quart de l’alun , porter rapidement à l’ébullition le bain colorant et teindre aussitôt.

1342. Le bois jaune (monts Hnctoria) vient des Antilles; sa décoction est d’un jaune rougeâtre , les alcalis la rendent presque rouge ; 1 hydro-chlorate d’étain y forme un précipité d’un beau jaune ; ce bois renferme encore plus de matière colorante que le quercitron, puisqu’une partie de bois suffit pour teindre seize parties de drap; la teinture au bois jaune se pratique comme celle de la gaude ; on avive le bain avec de la gélatine , qui précipite une matière fauve rougeâtre.

1343. D'après M. Bonsdorff, on peut obtenir sur la laine un très-beau jaune avec le fernambouc , en teignant comme à l'ordinaire et plongeant l’étoffe dans une dissolution bouillante et très-étendue de phosphate acide de chaux.

>344- On peut fixer sur les différens tissus deux couleurs jaunes minérales , l’orpiment et le chromatc de plomb. Pour teindre à l’orpiment, il faut , d’après M. Braconnot , dissoudre l’orpiment dans l'ammoniaque et y plonger les étoffes ; par l'exposition â l'air, l'ammoniaque se dégage et la couleur reste fixée ; cette couleur est très-solide , mais ne résiste pas au savon. Pour fixer le ebromate de plomb , il faut plonger l'étoffe pendant quelques minutes dans une dissolution faible d'acétate de plomb , laver à grande eau , faire tremper dans une dissolution très-faible de chromatc de potasse , tarer et plonger dans l’acide acétique. Celle couleur est inaltérable par le savon â froid , à chaud il l’affaiblit ; l’acide acétique lui rend son éclat ; le souscarbonatc de soude et l’acide bydro-cbloriquc la détruisent.

Des Teintures en bleu.

i345. Les matières employées pour teindre en bleu , sont l’indigo , l’hydro-cyanate de potasse , le campêchc et le tournesol ; l’indigo seul donne des couleurs solides.

>346. Teinture par l’indigo. On emploie deux procédés différens. Le premier consiste â dissoudre l’indigo dans l’acide sulfurique ( >3t8 ) , à étendre la dissolution de >5o 1 200 parties d’eau et â y plonger les tissus à une température plus ou moins élevée : le bleu que l’on obtient ainsi n’est jamais très-foncé , il porte le nom de bleu de Saie. Le second procédé consiste à désoxigéner l'indigo et â le dissoodre dans de l’eau par un alcali ; on immerge les étoffes dans la cuve , elles en sortent jaunes , mais elles passent au bleu par le contact de l’air. Le bain porte le nom de Cuve ; on en connaît trois espèces t la cuve à la chaux et au vitriol , la cuve d’Inde et la cuve au pastel

1347. ha cuve â la chaux et au vitriol se forme avec 3oo litres d’eau , sk d’in-

digo , >k,5 de sulfate de fer, ak de chaux , et ok,5 de soude ; on verse l'eau t l’indigo en poudre , la chaux éteinte , la soude et le sulfate de fer en dissolution , dans une chaudière dont on élève la température è So«, que l'on maintient pendant vingt-quatre heures , en agitant de temps en temps. Comme , par le contact de l’air , une partie de l’indigo s’oxigène et se précipite , il faut de temps en temps ajouter du sulfate de fer et de la chaux.

.348. La cuve d’inde peut se former arec 100 seaux d’eau , 6* d’indigo , 6k d’alcali , ak de son et ik de garance ; on fait bouillir l’eau avec l’alcali , la garance et le son f et l’on porte la liqueur et le marc dans une chaudière conique ; on y verse l’indigo broyé , on agite de temps en temps , et le bain est bon it teindre après quarante-huit heures. Le contact de l’air précipitant l'indigo , il faut de temps en temps y ajouter une certaine quantité de son, de garance et d’alcali que l’on fait préalablement bouillir; le son et la garance Sont les matières désoxigénantes ; la garance agit encore en sc combinant avec l’étoffe et en fonçant la nuance.

i34g. La cuve au pastel peut se former avec 4i°o° litres d’eau, 100 k de pastel, 6k de garance, G k de son, it de chaux, iak d’indigo trempé dans une lessive alcaline à 6*. Sa préparation et sa conduite exigeraient une foule de détails dans lesquels nous ne pouvons point entrer ici; on peut consulter k cet égard les différens traités de teinture.

1350. Teinture en bleu par le Campèche. Le campèche est employé pour teindre

la laine en bleu , en ajoutant au bain du vert-de-gris ; les proportions sont : de

bois et ’/.o de vert-de-gris. Le bain pur de campèche est aussi employé pour teindre la laine et la soie en violet.

1351. Teinture bleue par l’hydro-cyanate de Potasse. Ce procédé de teinture, que l’on doit à M. Raymond, est principalement appliqué à la soie; cette teinture s’exécute eu plongeant la soie décreuséc h la température ordinaire, dans de l’eau renfermant de sulfate de peroxide de fer , lavant à grande eau , traitant par un bain de savon presque bouillant , lavant de nouveau et mettant l’étoffe k froid dans une dissolution faible d ’hydro-cyanate de potasse acidulée; dans la première opération , la soie se combine avec le sel de fer ; dans la seconde , l’alcali du savon s’empare de l’acide du sel de fer , et dans la dernière , l’oxide de fer décompose l’hydro-cyanatc , et forme du bleu de Prusse qui se fixe sur le tissu.

t35a. Tournesol. Le tournesol est une matière colorante rouge , rendue bleue par un alcali. On en connaît deux espèces dans le commerce , le tournesol en drapeaux et le tournesol en pain; le premier se fabrique à Montpellier, en empreiguant des chiffons du suc de crolon linctorium , piaule herbacée , et les exposant à la vapeur de l’uriue putréfiée. Le tournesol en pain se fabrique en Hollande , en faisant fermenter le lichen rocella des Canaries , ou la mousse de Suède , mêlés avec de la potasse

et de Vanne ; on y ajoute de la craie pour en augmenter le poids. Le tournesol est employé pour teindre le papier , c’est un très-bon réactif pour reconnaître la présence des acides.

Teinture en Noir-

i353. Les matières colorantes noires sont toujours composées de tritoxidede fer, d’acide gsltiquc et de tannin. Pour les laines , on donne d’abord un pied bleu : le campêche donne de la vivacité à la nuance; on emploie l'oxide de fer en dissolution dans l’acide sulfurique, l'acide acétique ou l’acide pyroligneux impur. Pour teindre une partie de coton , il faut le tenir pendant deux heures dans un bain bouillant , formé de >5 parties d’eau , '/% de noix de galle et une égale quantité de campêche , et pendant une égale durée dans un bain presque bouillant , renfermant un excès de sel de fer. La diminuant les proportions des substances qui, entrent dans le premier bain , on obtiendra toutes les nuances de gris violacé.

Teintures en couleurs composées.

■ 354- Les couleurs composées varient à l’infini ; nous ne pouvons point entrer dans des détails qui sortent du cadre que nous nons sommes tracé , nous dirons seulement que les couleurs composées s'obtiennent souvent en plongeant l’étoffe dans plusieurs bains séparés , qui donnent chacun une teinte dont le mélange forme la nuance que l’on désire ; souvent aussi on obtient les nuances par l'immersion dans un seul bain.

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