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CHAPITRE' IV

Phénomènes de la Végétation.

1 44-7 ■ Toutes les substances végétales sont formées , comme nous l'avons vu , d’oxigène , d'hydrogène , de carbone , et quelques-unes contiennent en outre de l’azote j la plupart ne diffèrent entre elles que par la proportion de ces éléroens. Aucun de ces corps n’a pu jusqu’ici être formé directement , parce que les élémens ayant peu d'affinité l'un pour l’autre , ne peuvent se combiner que sous l’influence des forces vitales.

Nous diviserons ce chapitre en deux parties : dans la première nous parlerons de la germination , et dans la seconde de la nutrition et de l’accroissement des plantes. ,

Germination. '■

1 44®- La germination est le développement des graines fécondées et leur transformation en une nouvelle plante.

La graine est composée de la peau et de l’amande. La peau renferme le test , pellicule extérieure , le parenchime et la tunique interne imperméable à l'eau, elle est marquée d’une cicatrice appellée ombilic, par laquelle la graine était attachée à la plante mère ; l’amande est composée de l’embryon et de l’albumen ; l’embryon renferme la radicule , rudiment de la racine , la plumule , rudiment de la tige , et les cotylédons , organes foliacés ou charnus destinés à alimenter la jeune plante ; l’albumen, qui manque quelquefois , varie dans sa consistance ; il recouvre l’embryon ,• mais n’y adhère point.

>449- Les conditions nécessaires à la germination, sont: t* une température comprise entre toà 3o* ; a’ la présence de l'eau ; 3* la présence du gaz oxigène. La terre n’agit que par l’humidité et l'air qu’elle renferme.

i45o. La chaleur parait agir en exhalant les forces vitales.

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i45i. L'eau en s'introduisant dans la graine par l’ombilic , ramollit les tégumens , gonfle les cotylédons et délaye l’albumen ; toutes les enveloppes sont brisées , et c’est alors que commence l’action de l'oxigènc.

i4Ô2. L'oxigène se porte sur l’albumen , s'empare d’une partie de son carbone , forme un égal volume d'acide carbonique qui se dégage , et l’albumen se trouve transformé en une matière sucrée qui peut servir d'aliment à la jeune plante.

Les matières nutritives sont distribuées par les cotylédons , d'abord à la radicule, et de celle-ci à la plumule ; la radicule s’enfonce dans la terre , et la plumule s’élève au-dessus du sol ; les cotylédons remplissent leurs fonctions alimentaires, jusqu'à ce que la jeune tige soit couverte de feuilles ; alors ils deviennent inutiles , se détachent et pourrissent.

§ II-

Nutrition et accroissement des Plantes.

t453. Lorsque la plante a déjà reçu un premier développement et que les cotylédons sont tombés , elle continue à végéter ; alors elle absorbe directement sa nourriture de l’atmosphère et de la terre. Nous allons examiner successivement l’influence de l’une ctjde l’autre.

i454. Pour bien connaître l’influence de l’atmosphère , il faut étudier successivement celles des différons gaz qu’elle renferme.

i4S3. Influence de I acide carbonique. Sous l’influence des rayons solaires, toutes les parties vertes des plantes décomposent ce gaz ; elles s'assimilent le carbone, une petite quantité d’oxigène , et mettent le reste en liberté. Les plantes ne peuvent pas cependant végéter au soleil dans une atmosphère d’acide carbonique pur ; dans une atmosphère artificielle qui renferme sept parties d’oxigène et une d'acide carbonique, la végétation a lieu comme dans l’air ; elle est plus active que dans l’oxigène qui renferme d’acide carbonique. L’acide carbonique qui, en petite quantité, favorise la végétation au soleil , la retarde à l’ombre.

i4â6. Influence du Gai oxigène. Dans l’obscurité ou pendant la nuit , I. 83

les feuilles minces absorbent une certaine quantité d'oxigène et en transforment une partie en acide carbonique ; celles qui sont charnues absorbent seulement de l’oxigènc. Par l'action des rayons solaires, les feuilles minces remettent en liberté l'oxigène qu’elles ont absorbé et décomposent l’acide carbonique qu’elles ont formé pendant la nuit , celui de leur atmosphère, s’il y en existe.

La propriété d'inspirer et d’expirer le gaz oxigène n’appartient qu'aux parties vertes des plantes. Les racines , le bois , l'aubier et les pétales des fleurs n’agissent sur l’oxigène qu’en lui cédant une partie de leur carbone ; le contact de l’oxigène est indispensable à l’existence des fleurs, de même que le contact de ce gaz avec les racines est nécessaire à l'existence de la plante.

Les fruits, quand ils sont verts, agissent comme les feuilles, leur influence dans le meme sans que les feuilles diminue à mesure qu'ils s'approchent de la maturité ; d’après M. Bcrard , pendant k maturation des fruits, l’oxigène de l’air convertit le carbone du fruit en acide carbonique , et cet effet paraît être plus sensible au soleil qu’à l'ombre.

Les plantes végètent, à la lumière, dans l’oxigène pur comme dans l’air, mais à l’ombre elles prospèrent moins dans l’oxigène pur que dans l’air ; cela lient probablement à ce qu’il se fait trop d’acide carbonique dans l’oxigène pur, et que ce gaz nuit à la végétation dans l'obscurité.

1457. Influence du Gaz azote. L'azote n’est jamais absorbé par les plantes , et ne parait jouer qu’un rôle passif dans la végétation. Celui que l’on trouve dans plusieurs substances végétales paraît provenir des engrais ou de l'eau , qui en tiennent toujours en dissolution.

Plusieurs plantes jouissent de la propriété de végéter au soleil sur l’eau dans l'azote pur, ce sont celles dont les parties vertes présentent une très-grande surface , et qui absorbent peu d'oxigène dans l’obscurité : telles sont le Uthrum , Yinula dyscntcrica , les épilohium molle et montanum et le polygonum persiraria ; il se forme , au dépend de leur propre substance , de l’acide carbonique qu’elles décomposent et recomposent successivement ; les plantes que nous avons désignées peuvent même végéter long-temps dans la lumière diffuse ; un très-petit nombre d’autres résistent aussi à cette épreuve , et toutes périssent dans l'obscurité.

i458. Influence de l'Air. En résumant ce qui précède, il sera facile de concevoir tous les phénomènes qui se développent dans la végétation des plantes, avec la présence de la lumière et dans l’obscurité. Pendant la nuit, les parties vertes des plantes absorbent une certaine quantité d’oxigène et en convertissent une autre en acide carbonique ; les feuilles grasses absorbent seulement de l’oxigènc. Au retour de la lumière , tout l'oxigène qui avait été absorbé est remis en liberté , et toutes les parties vertes décomposent l’acide carbonique de l’air, non-seulement celui qu’elles ont émis pendant la nuit , mais encore celui qui existe naturellement dans l’air et celui que forment constamment les tiges et les racines. Dans l’obscurité, les plantes finiraient par périr si leur atmosphère ne se renouvelait pas , parce qu’elle se chargerait d’une quantité croissante d'acide carbonique.

1439. Cette action des plantes sur l’acide carbonique de l’air, est la cause la plus influente qui maintient la permanence de composition de l’atmosphère , car les animaux à sang chaud , la combustion et un grand nombre d’autres phénomènes chimiques , versant continuellement dans l’atmosphère de grandes quantités d’acide carbonique, si une cause aussi puissante que celle de la végétation ne décomposait pas continuellement cet acide, la quantité d’oxigene de l'air irait nécessairement en diminuant; et jusqu’ici, du moins depuis les premières analyses exactes de l’air, la proportion d’oxigène de l’air est constante. Il est peu probable cependant que la quantité d’acide carbonique formée soit exactement égale à celle que les végétaux décomposent ; mais comme le volume de l’atmosphère est très- grand relativement à celui de l’acide carbonique formé ou décomposé , ce ne sera que dans un grand nombre d’années que l’on pourra connaître dans quel sens varie la composition de l’atmosphère.

1460. Influence de l Eau. L’eau à l’état de vapeur est absorbée par les feuilles , et 3 l’état liquide par les racines ; l’eau liquide sert pour transmettre aux racines des sucs qui sont renfermés dans la terre , et dans la plante elle agit comme véhicule , et en cédant les élémens qui la constituent.

1461. Influence des Engrais. Le» engrai* agissent en dégageant de l'acide carbonique , que les plantes décomposent en absorbant le carbone , et en fournissant des sucs qu’elles s’assimilent. D’après les expériences de M. de Saussure , la quantité de matière solide fournie par les engrais n’est qu'une très - petite fraction de celle que la plante acquiert dans la végétation. Il paraîtrait, d'après cela, que la majeure partie de la matière solide fixée par la végétation provient de l’atmosphère.

1462. Influence du Sol. Le sol agit, comme nous l’avons dit, pap la température, l’air, l’eau et les engrais qu'il renferme; il exerce aussi une action très-énergique par les sels qui entrent dans sa composition. Tous les sels qu’il contient sont absorbés ; suivant leur nature et celle de la plante , iis activent , ralentissent ou détruisent la végétation ; un grand nombre de plantes ne peuvent même bien végéter que dans les terres qui contiennent certains sels. Ainsi les plantes marines végètent mal dans un sol qui ne contient point de sel marin , et ce sel nuit au blé dans les proportions où il favorise les plantes marines; la pariétaire, la bourrache, les orties ne réussissent bien que dans les sols qui renferment des nitrates de potasse ou de chaux ; le plâtre favorise la végétation du trèfle , de la luzerne , et ne produit aucun effet sur plusieurs autres plantes.

Un grand nombre des faits que nous avons énoncés sont le résultat des expériences de M. de Saussure.

i4G3. Assimilation des Parties Nutritives. Nous avons reconnu dans ce qui précède que les végétaux tirent leur substance nutritive de l’air , de l’eau , des engrais et du sol. Il reste â examiner comment le végétal s’assimile ces principes, et les transformations qu’ils éprouvent dans scs organes : mais comme sous ce rapport la science est peu avancée, que d’ailleurs ces considérations sont entièrement du ressort de la physiologie végétale , nous nous bornerons â décrire quelques faits généraux.'

Les sucs que renferme la terre et qui sont composés de boaucoup d’eau , d’une petite quantité d'acide carbonique , de matières végétales ou animales et de différens sels , sont absorbés par les suçoirs des extrémités des racines. Après avoir éprouvé de légères modifications , ils s’élèvent dans la plante à travers des tubes poreux ; ces sucs portent

alors le nom de sève ou de limphe : parvenus dans les feuilles , ils y éprouvent de grandes alterations qui sont le résultat de l'action des feuilles sur l’oxigène , et l'acide carbonique de l’air ; ainsi modifiée, la nouvelle sève descend par le tissu cellulaire de l’écorce , et se rend dans les parties inférieures du végétal. Nous renvoyons pour plus de detail aux différent ouvrages de physiologie végétale.

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