CHAPITRE III
Composition des parties des Animaux.
■ 588. Nous examinerons successivement
Les Matières solides.
Les Matières molles.
Les Matières liquides.
Les Corps gazeux.
Les Concrétions morbifiques.
Matières solides.
Quelques substances particulières à certains animaux.
Et les Matières salines et terreuses renfermées dans les animaux.
1 iSg. Les matières solides qu'on rencontre dans les animaux sont 1
Les Os.
Les Cornes.
Les Cheveux. Les Plumes.
Les Coquilles.
Les Ongles.
Les Poils.
Les Croûtes.
Les Ecailles.
La Laine.
îsgo. Des Os. Les os, dépouillés des substances qui leur sont étrangères , peuvent être considérés comme un tissu cellulaire dont les cavités contiennent beaucoup de sous-phosphate de chaux, une certaine quantité de sous-carbonate de chaux, peu de phosphate de magnésie et des traces de silice , d’oxide de fer et de manganèse. M. Bcrzélius et M. Moricbini y admettent encore une très-petite quantité de fluate de cbaux. Le tissu cellulaire des os se transforme en gélatine par l'eau bouillante.
■ 5qi. Les os sont blancs, d’une contexture lamelleuse, de forme très-variable; quand on les calcine à l'air, la matière animale qa'ils renferment se brûle, et le résidu est une masse blanche, poreuse, friable, uniquement formée des substances minérales qui entrent dans la composition des os. Chauffés dans une cornue, ils donnent tous les produits de la distillation des matières animales , et on obtient pour résidu une matière noire, poreuse, qui porte le nom de Charbon animal. Macérés dans l’eau bouillante dans des rases ouverts , ils n'abandonnent qu’une très-petite portion de la matière animale qu’ils renferment ; chauffés en vases clos sous une pression dt
DE CHIMIE. ' 6g3
plusieurs atmosphères, ils se ramollissent et l'abandonnent en totalité. Mis en contact arec des acides étendus d'eau qui forment des sels solubles avec la chaux, tels que l'acide hydro-cblorique , l'acide nitrique , les sels se dissolvent , les os se ramollissent , conservent leur forme , deviennent transtucidcs , et ne sont plus formés que de tissu cellulaire. Les principes constituans des os varient avec l’espèce des animaux , et dans chacune avec l’âge de l'individu. En général ils renferment d'autant moins de tissu cellulaire que l'individu est d'un âge plus avancé. D’après M. Vauquclin, les os de boeuf sont composés de So de tissu cellulaire , 37 de phosphate de cbaux , to de carbonate de chaux, i,3 de phosphate de magnésie, de traces d'alumine, de silice, d’oxide de fer et de manganèse.
■ 5ga. Les os sont très-employés : i" traités par l'eau bouillante en vases ouverts ou mieux en vases clos , ils fournissent de bons bouillons ; a” concassés ils sont employés comme engrais; 3* traités par l'acide bydro-chlorique faible, ils sc réduisent en tissu cellulaire qui se transforme en .gélatine par l'ébullition dans une petite quantité d'eau ; 4* calcinés en vases clos et broyés , ils forment le charbon animal ; S* enfin, distillés avec d’autres matières animales, de vieux chiffons de laine, etc, ils servent à fabriquer le sel ammoniaque. Nous donnerons quelques détails sur ces deux dernières fabrications.
1593. La fabrication du noir animal consiste à placer les os dans des chaudières de fonte peu épaisses de 4» h So centimètres de diamètre , fermées par an couvercle luté avec de l’argile ; ces marmites sont introduites dans un fourneau à réverbère , chauffé avec du bois ou du charbon ; aussitôt que la température est suffisamment élevée , les gaz combustibles qui se dégagent de la matière animale en décomposition , s'échappent à travers les fissures de l’argile , brillent dans le fourneau dont ils élèvent beaucoup la température ; lorsque les flammèches qui bordent les couvercles ont cessé, on retire les marmites, on les laisse refroidir; les os en sont ensuite retirés pour être portés au moulin. Le noir animal est très -employé dans les raffineries de sucre pour la clarification des sirops. D'après les mémoires de M. Bussy et de M. Payen , il parait prouve , 1° que la propriété décolorante est inhérente au carbone i a* qu'elle est d’autant plus grande que le carbone est plus divisé; 3° que |e charbon qui provient des matières végétales et animales, renfermant peu de substances salines , a très-peu. de faculté décolorante ; 4° <luc matières, calcinées avec de la potasse , fournissent un charbon de très-bonne qualité ; 5° que le charbon animal agit, en se combinant avec les matières colorantes, comme l’alumine.
iSg4. Pour fabriquer le sel ammoniaque, on 'distille les matières animales dans de grands cylindres de fonte communiquant par des tuyaux avec des tonneaux , disposés comme un appareil de YVoIff ; le dernier est terminé par un tuyau qui ramène les gaz combustibles au foyer ; les produits de la distillation sont de l'eau ,
Rg4 COURS
de l’huile , de l'acélalc , de Ihydro-cyanale et une grande quantité de sous-carbonate d'ammoniaque. La liqueur, séparée de l'huile , est traitée à froid par le sulfate de chaux; il se forme du sous -carbonate de chaux et du sulfate d’ammoniaque; ou sépare ce dernier par la filtration , alors on ajoute à la liqueur un excès de sel marin et on fait concentrer; par la sublimation, on sépare l’hydro-chlorate d’ammoniaque du tel marin et du sulfate de soude , et on le purifie par de nouvelles sublimations.
îSqS. Les dents sont formées de la même manière que les os, seulement elles renferment moins de matières animales et plus de phosphate de chaux. 1/ts os fossiles ne contiennent point de matière animale , elle est remplacée par du carbonate de cbaux ou de la silice. M. JBcrzélius et M. Morichini admettent l’existence du fluatc de chaux dans l’émail des dents et dans l'ivoire fossile.
i5q6. Coquilles. D'après M. Hatchett , toutes sont formées de matière animale et de carbonate de chaux; dans celles qui sont très -compactes et qui ressemblent à de la porcelaine, la matière animale est en petite quantité; c’est le contraire dans celles qui sont formées de couches superposées distinctes, comme les huîtres. M. Vanquelin a. cependant trouvé du phosphate de chaux , du carbonate de magnésie et de l’oxide de fer dans les coquilles d’huîtres.
iâg7. Les concrétions formées par les xoophytes ont, d’après M. Hatchett, une composition analogue ; elles ne renferment pour la plupart que du carbonate de chaux et de la matière animale ; quelques-unes, tels que le corail rouge, contiennent du phosphate de chaux, et il en est, telles que les éponges, qui ne renferment pour ainsi dire que de la matière animale. Cependant M. Vogel n’a trouvé dans le corail que des carbonates de chaux et de magnésie , de l’eau , de l’oxide de fer , du sulfate de chaux et du sel marin. M. Fifs a trouvé que les éponges renfermaient de l'iode.
i5g8. Croûtes. On désigne sous ce nom l’enveloppe osseuse des crustacés; elles sont formées de matière animale , de carbonate et de phosphate de chaux.
1 5qg. Cornes , Ongles , Ecailles. Ces matières ont entre elles la plus grande analogie ; elles se ramollissent par l’action de la chaleur , et ne renferment que très-peu de sels; suivant M. Hatchett, elles sont uniquement formées d’albumine coagulée, et suivant M. V anquclin , de muens desséché et d’une petite quantité d’huile i laquelle elles doivent leur souplesse et leur élasticité.
1600. Cheveux. D’après M. Vanquelin, les cheveux sont formés d’une matière animale, analogue à l’albumine coagulée ou au mucus desséché, d’une huile blanche concrète , d’une huile épaisse dont la conteur est celle des cheveux , de phosphate de chaux , de carbonate de chaux , d’oxide de fer , de manganèse , de silice et de soufre ; dans les cheveux blancs , l’huile concrète est incolore. Les cheveux résistent long-temps à la putréfaction ; ils sc dissolvent dans l’eau au-dessus de 100* , il se dégage toujours de l’hydrogène sulfuré et d’autant plus que la température est plus
élevée ; l'eau chargée d'une petite quantité d'alcali Ica dissout beaucoup plus facilement ; les cheveux noirs et rouges dégagent , pendant leur dissolution , de l'bydrosulfure d'ammoniaque. Les acides sulfurique et hydro-chlorique étendus les colorent en rose et les dissolvent. L'acide nitrique les jaunit et les dissout ensuite , il se forme des acides sulfurique et oxalique; le chlore les blanchit èt les transforme en une pile visqueuse ; l’alcool bouillant dissout la matière huileuse des cheveux ; enfin , les sels de mercure , de plomb et de bismuth font passer au noir les cheveux blancs , rouges et châtains.
îfiot. Les Poils , la Laine et tes Plumes paraissent avoir la même composition que les cheveux ; les poils sont recouverts de petites écailles entuilées dans le sens du sommet à la base ; on peut facilement s’en convaincre en prenant un cheveu par un bout et faisant glisser deux doigts sur sa longueur , le mouvement se fait facilement du sommet à la base et difficilement en sens contraire ; c’est cette disposition qui leur donne une si grande facilité à s’entrelacer par un léger mouvement et k former les feutres ; certains poils ne se feutrent que quand ils ont été traités par le nitrate de mercure.
Malieres molles.
iSox. Les matières molles principales sont :
La Peau ,
Les Cartilages , Les Membranes , Les Tendons ,
Les Aponévroses « Les Ligamens ,
Les Muscles ,
Le Tissu cellulaire ,
Le Tissu glanduleux , La Matière cérébrale , Les Matières grasses.
i6o3. Peau. La peau est composée de trois parties superposées , l'épiderme , le tissu réticulaire , et le derme ou vraie peau. L’épiderme est une membrane mince , blanche , sèche , élastique , insoluble dans l'eau et l’alcool ; les acides sulfurique et hydro-chlorique l'attaquent à peine , les alcalis la dissolvent complètement. Le tissu réticulaire est placé sous l’épiderme; il est si fin que l’on ne peut pas le séparer et que plusieurs anatomistes ne l’admettent pas. C’est dans ce tissu que se rendent les papilles nerveuses destinées à la perception du tact , et que parait résider la matière colorante de la peau des nègres. Le derme est une membrane épaisse , dure , composée de fibres entrelacées comme les poils d’un feutre. Le derme , soumis à l'action de la chaleur dans une cornue , se fond , se boursoufle et se décompose ; donne une huile très-fétide et du sous- carbonate d’ammoniaque. Mis en contact avec l’eau pure ou renfermant des alcalis , il se ramollit , se gonfle , devient translucide et se dissout eu partie ; l’eau chaude le gonfle , le dissout et le transforme
presque entièrement en gélatine. C’est même ainsi qu'on prépare une grande partie de la colle que l’on consomme dans les arts. La colle que l'on obtient en traitant le derme par l'eau ebaude , paraît se former par l'action de l'eau , car le derme est insoluble dans l'eau froide , et il faut un temps asset considérable pour que l’eau bouillante le dissolve.
1604. Le cuir est une combinaison de la peau avec le tannin ; la matière qu'on emploie ordinairement est l’écorce de chêne pulvérisée ; elle porte le nom de Tan. Le tannage des peaux peut être divisé en trois parties. La première a pour objet d’enlever les poils et l'épiderme , pour cela on plonge les peaux pendant plusieurs jours dans une eau faiblement alcaline ou acide ; l’alcali que l'on emploie est de la chaux , et l'acide est celui qui se forme par la fermentation de la tannée ( tan épuisé de tannin } , ou l’acide qui provient de la fermentation de la farine d’orge et de la levûre , ou enfin l’acide sulfurique ; quelquefois on se contente d'empiler les peaux dans un lieu chaud : la fermentation qu’elles éprouvent facilite la séparation des poils et de l'épiderme , comme leur immersion dans les eaux acides on alcalines ; dans tous les cas les poils et I épiderme s’enlèvent en plaçant les peaux sur le chevalet et les raclant avec un couteau rond. La seconde opération a pour objet d’étirer cl décharncr les peaux ; pour cela on les plonge dans l'can pour les ramollir et on enlève les chairs avec la faux , et on les presse fortement avec le couteau rond pour en faire sortir les dernières portions de chaux qui ont été absorbées , quand on s’est servi de cet alcali pour débourrer. La troisième , qui porte le nom de gonflement , ne s’exécute que sur les peaux destinées à faire des cuirs forts ; elle a pour objet d'en ouvrir les porcs et de les disposer à recevoir une plus grande quantité de tan ; elle s’exécute de même que pour le débourrement en plongeant les peaux dans une dissolution faible d’acide ou d'alcali. Enfin, la dernière constitue le tannage proprement dit ; on commence par mettre les peaux dans des eaux où l’on a mis quelques écorces , c'est ce qu 'on appelle passement ; on place les .peaux avec des couches intermédiaires de tan dans des fosses , et tous les trois ou quatre mois on renouvelle le tan : l’opération dure ordinairement une année. Quelquefois on coud les peaux comme des sacs , on les remplit de tan et d'eau et on les couche dans des fosses : par cette méthode , qu’on désigne sous le nom de Tannage au sippage ou Apprêt à la danoise , deux mois suffisent pour terminer l’opération. M. Seguin a imaginé , il y a une trentaine d’années , un nouveau procédé qui consiste émettre d'abord les peaux en contact avec des eaux chargées d’une très-petite quantité de tannin , à les retirer au bout de quelques jours pour les plonger dans des eaux de plus eu plus chargées , après quoi on les met en fosse pendant six semaines.
160 5. Cartilages .‘Les cartilages sont placés ordinairement aux extrémités articulaires des os ; ils sont blancs , laiteux , faciles é couper , élastiques ; ils paraissent
formes d’une matière analogue au mucus ou à l'albumine coagulée , d’huile et de quelques substances salines.
1606. Membranes. Ce sont des laines minces , transparentes ou opaques , qui enveloppent les différens viscères , comme la plèvre , le péricarde , le péritoine ; on en distingue trois especes , les muqueuses , les séreuses et les fibreuses ; toutes se dissolvent presque entièrement dans l’eau bouillante et se transforment en gélatine ; celles qui sont fibreuses exigent beaucoup de temps pour se dissoudre,
1607. Tendons. On désigne ainsi des cordons brillans , nacrés , formés de libres parallèles ; susceptibles de supporter une très- forte lensiun sans se rompre; ils s’attachent par une extrémité aux muscles et par l’autre au périoste. Ils résistent long-temps à l’action de l’eau bouillante ; desséchés à l’air , ils perdent au moins la moitié de leur poids , diminuent beaucoup de volume , prennent la demi -transparence de la corne , deviennent jaunes , durs et cassans ; mais en les mettant dans l’eau pendant vingt-quatre heures ils reprennent leurs propriétés primitives.
1G08. Aponévroses. Ce sont des tendons en forme de lames qui remplissent les mêmes fonctions et jouissent des mêmes propriétés.
1609. Ugamcns. Ils sont destinés à réunir les os dans les différentes articulations ; ils sont formés de fibres très-fortes , très-denses et très- élastiques ; ils résistent trèslong-tcmps à l’action de l’eau bouillante , mais ils finissent par se dissoudre et se transformer en gélatine.
1610. Muscles. Les muscles constituent ce qu’on nomme ordinairement la chair ; ils sont principalement formés de fibrine ; on y trouve aussi des tendons qui les terminent et les attachent aux os , des aponévroses qui les enveloppent , des tissus cellulaires qui lient les filamcos fibreux les uns aux autres , des vaisseaux sanguins , des vaisseaux limphatiqucs , des nerfs , de la matière extractive , une petite quantité d’acide libre qui , d’après M. Bcrzélius , est de l’acide lactique ; ils sont donc composés de fibrine , d’albumine , de graisse , de matière extractive , de substances qui passent è l 'état de gélatine par 1 ’cau bouillante , d'acide , et de différens tels.
1611. En traitant la viande par l’eau bouillante , l'albumine se coagule, la graisse se fond et se rassemble à la surface ; les tissus cellulaires et tendineux se convertissent en gélatine , et l’extractif se dissout. Ainsi la liqueur claire connue sous le nom de Bouillon est principalement formée de gélatine et d'extractif. C'est à l’extractif que le bouillon doit son odeur agréable ; plusieurs chimistes le désignent sous le nom d ’Osmaeome. Pour l'obtenir pur il faut , suivant M. Tbouvenel , malaxer dans de l'eau froide la chair divisée ; l’osmazomc et l'albumine liquide seuls se dissolvent; on filtre et on fait chauffer , l 'albumine se coagule et forme des écumes que l’on enlève avec une écumoire ; lorsque la liqueur ne Se trouble plus , on fait évaporer au bain-marie ; on obtient ainsi une matière sirupeuse qui ne se prend point en gelée
par le refroidissement , et qui n'est formée que d'osmazome et de quelques sels. Le rapport de l'osmazome k la gélatine dans les bouillons est ordinairement de i k 7.
«61s. La gélatine formant la principale matière animale des bouillons est trèsnutritive. Il y a un très-grand avantage à remplacer dans les hôpitaux une partie de la viande par de la gélatine extraite des os suivant le procédé de M. Darcet , au moyen de l’acide bydro-chlorique. On areconitu que l'on obtient avec a5 k. de viande et 3 k. de gélatine la même quantité de bouillon qu'avec 100 k. de viande. D'après les expériences qui ont été faites k l'hospice de Clinique interne delà Faculté, et qui ont été continuées pendant trois mois , les commissaires rapportent : • que l'on a >• préparé le bouillon avec le quart de la viande qu'on employait ordinairement ; que » l'on remplaçait par de la gélatine et des légumes les trois autres quarts qui ont été » donnés en rôti , et que les malades , les convalcsccns , et même les gens de service , - n'ont pas aperçu de différence entre ce bouillon et celui qu'on leur donnait précé- > déminent ; qu'ils ont été aussi abondamment nourris et très-satisfaits d’avoir du rôti x au lieu de bouilli x.
■ 6i3. C’est en éva|iorant les bouillons , coupant la gelée en plaques et les faisant sécher k l'air , que l'on forme les tablettes de bouillon. On peut , dans leur préparation , remplacer une grande partie de la viande par de la gélatine.
1614. M. Braconnot a fait des observations remarquables sur la cbair musculaire ; traitée par l'acide sulfurique , elle se dissout à l'aide d’une légère cbalcur dans un poids égal d'acide sulfurique sans aucun dégagement d'acide sulfureux ; la liqueur étendue d'eau , soumise k l'ébullition pendant neuf heures , saturée par la craie , filtrée et évaporée , donne un extrait non sucré , ayant la saveur du bouillon , dégageant de l'ammoniaque par la potasse et précipitant par l'alcool une matière blanche , que M. Braconnot désigne sous le nom de Leucine. Celte matière dissoute dans l'eau , séparée d’une matière animale étrangère par l'infusion de noix de galle et épaissie par l’évaporation, a une saveur de ‘bouillon; sa dissolution aqueuse n’est troublée que par le nitrate de mercure ; chauffée dans une cornue , elle se volatilise et se décompose en partie ; elle se combine avec l'acide nitrique et forme un composé que M. Braconnot désigne sous le nom d 'Acide nitro-leucit/ue , qui s'unit aux bases salifiables.
1 G 1 5. Tissu Cellulaire. Le tissn cellulaire est formé de membranes transparentes d'une finesse extrême qui lient entre elles les Gbrcs musculaires ; il se transforme en gélatine par l’action de l'eau bouillante.
1616. Tissu Glanduieus. Jusqu'ici le foie de bœuf est la seule glande qui ait été analysée complètement. M. Braconnot a trouvé que >00 parties de foie étaient formées de 18,94 de tissus vasculaires et de membranes , et de 81,06 de substance propre du foie qu'il appelle parcnchimc. 100 parties de parenchime contiennent 68,64 d'eau,
30,19 d’albumine desséchée , 6,07 d’une matière peu axotée soluble; dans l'eau et peu soluble dans l’alcool, 3,89 d'huile pbospborée soluble dans l’alcool, 0,64 d'hy dro-chloratc de potasse, 0,47 de phosphate de chaux ferrugineux, 0,10 de sel acidulé insoluble dans l’alcool formé d’un acide combustible uni à la potasse , et enfin d’un peu de sang.
1S17. Matière Cérébrale. La matière cérébrale est une pulpe renfermée dans la boite osseuse du crâpe ; elle donne naissance b la moelle épinière et h. tous les nerfs ; c’est la matière animale qui se putrifie le plus facilement, et qui est la plus difficile. à incinérer. M. Vauqoelin a trouvé que la matière cérébrale humaine était formée de 80 d’eau, de 4i53 de matière grasse blanche, de 0,70 de matière grasse rouge, de 1,11 d’osmazome , de 7,00 d’albumine, de i,5o de phosphore uni aux matières grasses blanches et rouges, de 5,i5 de soufre, de phosphate acide de potasse, de phosphates de chaux et de magnésie , et de plusieurs autres sels. La matière grasse blanche est molle et poisseuse, brillante et satinée; elle tache le papier comme les huiles grasses ; elle est peu soluble dans l’alcool froid , mais très-soluble dans l’alcool bouillant; elle ne rougit point la teinture da tournesol, mais elle acquiert cette propriété par la calcination ; c’est qu’alors le phosphore qu’elle renferme passe à I ’élal d’acide phosphorique. La matière grasse rouge a les mêmes propriétés , seulement elle est un peu plus soluble dans l’alcool à froid et à chaud ; elle est moins consistante et possède à un très-haut degré l’odeur de la matière cérébrale. Le phosplmre dans ces matières n’est ni à l’état d’oxide, ni' à celui d'acide.
1618. Matières Crasses. Les matières grasses se trouvent dans un grand nombre de tissus animaux ; elles se rencontrent abondamment sous la peau , dans la voisinage des reins , à la base du coeur , etc. Cas matières sont en général fluides dans les cétacés , molles et d’une odeur forte dans les carnivores , et solides dans les ruminans. Elles forment environ la vingtième partie du poids du corps humain. Elles ont pour objet de' garantir les organes, de diminuer leur sensibilité nerveuse, et dans quelques espèces d’animaux dormeurs de servir à leur nutrition.
161g. On les sépare facilement des membranes qui les enveloppent , en les faisant fondre et les passant à travers un tamis. Elles dissolvent tontes à l’aide de la chaleur une certaine quantité de soufre et de phosphore. Exposées b l’air elles rancissent , probablement en absorbant une certaine quantité d ’oxigène ; elles sont insolubles dans I eau et plus ou moins solubles dans l’alcool. Les métaux , les oxides et les acides agissent sur elles comme sur les huiles fixes végétales. La plupart sont principalement formées d'éiaïnc et de stéarine.
iGao. Graisse de Porc ( Soin-doux , axonge ). Cette graisse est blanche, molle , fusible 1 37*; se trouve principalement danf la région des reins. Elle est formée, d'après M. Chcvrenl , d’éiaïnc et de stéarine. Un l’emploie comme aliment , en pharmacie, pour graisser les roues des voitures, etc.