SÉCRÉTIONS
Concrétions. 4
Calculs salivaires.
Calculs inlcstinau*.
Calculs biliaires.
Calculs urinaires.
Calculs de goutteux.
iG65. Les Humeurs des Hydropiques , des Vésicatoires et de la Brûlure ne diffèrent du sérum du sang que parce qu'elles sont moins albumineuses.
1G6G. Calculs Salivaires. Les calculs salivaires du cheval, de la vache et de l'éléphant, sont formés d'une grande quantité de carbonate de chaux et d’une petite quantité de phosphate de chaux , de matière animale et d’eau. Ceux de l’homme , d’après Fourcroy et M. Wollaston , sont principalement formés de phosphate de chaux.
1G67. Calculs intestinaux. Les calculs qui se forment dans l'estomac et les intestins des animaux sont désignés sous le nom de Bézoards ; ils ont été analysés par Fourcroy et M. Vauquelin ; ces chimistes en distinguent sept espèces. La première est composée de phosphate ammoniaco-magnésicn et d'un peu de matière animale ; ces calculs sont compactes , d’un gris brun , d’une forme sphérôïdale quand l’intestin n’en renferme qu’un seul ; c’est dans les animaux herbivores , et particulièrement dans les chevaux t qu'on les rencontre. La deuxième espèce est formée de phosphate de magnésie et d'une petite quantité de matière animale ; ils sont translucides, jaunâtres, en couches concentriques ; ils sont plus rares que la première et que la troisième. La troisième est formée de phosphate de chaux légèrement acide , et souvent d’un peu de phosphate de magnésie ; ils sont blancs , acides , fragiles et en couches concentriques. La quatrième est uniquement formée des grumeaux de la matière jaune de la bile. La cinquième est fusible , analogue aux matières résineuses ; c’est à cette espèce qu'appartiennent les bézoards orientaux. La sixième espèce provient évidemment du boletus igniarius , dont les débris encore distincts sont liés par un suc animal ; ils sont formés de couches concentriques et très-légères; ils sont quelquefois recouverts d'une couche de phosphate ammoniaco-magnésicn. Enfin , la dernière espèce est formée de poils agglutinés ; ils sont ordinairement désignés sous le nom HEgagropile.
1668. Calculs Biliaires. On n’a examiné jusqu'ici que ceux du boeuf et de l'homme. Les calculs biliaires du bœuf sont uniquement formés de grumeaux de la matière jaune de la bile faiblement agglutinés.
166g. D’après les observations de M. Thénard , la majeure partie des calculs biliaires humains sont formés de cholestérine; un grand nombre en renferment de 0,88 â 0,94,
et contiennent de o,ta à o,6 d'une matière jaune. Des calculs absolument semblable» se rencontrent quelquefois dans les intestins. M. Orfila a trouvé des calculs biliaires qui ne renfermaient point de cholestérine et étaient composés d'une grande quantité de matière jaune, d’une petite quantité de picromcl , et de matière grasse de la bile.
1670. Calculs Urinaires de l'homme. Ces calculs sont des concrétions qui se forment dans les reins ou dans la vessie. Ceux qui se forment dans les reins se moulent quelquefois dans ses canaux et ressemblent b des madrépores ; ceux qui se furment dans la vessie sont ordinairement arrondis ; leur couleur , leur dureté et la nature de leur surface varient avec leur composition ; tous sont formes de couches concentriques. D’après les expériences de Scbéele , de Bergmann , de Fourcroy et de MM. Vauquelin, Wollaston et Marcel , on connaît dix substances qui peuvent faire partie de ces calculs ; ce sont l’acide urique , le phosphate de chaux , le phosphate ammoniacomagnésicn , l’oxalate de chaux , l'orale d'ammoniaque , la silice , l'oxide cystiquc , et trois autres matières animales. Nous décrirons les caractères de chacune de. ces substances dans les calculs.
1C71. L’Acide urique est jaunâtre ou d’un jaune rougeâtre , brûle sans résidu , se dissout facilement dans les alcalis, d’où il est précipité en flocons blancs par les acides.
167a. L’Urale d'ammoniaque est d’un gris cendré, brûle sans résidu , dégage de l'ammoniaque par les dissolutions alcalines.
1673. L’Oxide cystiquc est en cristaux confus jaunâtres , dont l'aspect a beaucoup d'analogie avec les calculs de phosphate ammoniaco-magnésien ; mais il est plus compacte. Distillé , il donne les mûmes produits que les matières animales , mais ils sont d'une fétidité caractéristique ; il est insoluble dans l'eau , l’alcool , les acides acétique, citrique , tartrique ; mais il se dissout facilement dans les acides nitrique , phospborique , sulfurique , oxalique et hydro-clilorique ; les alcalis et leurs carbonates non saturés le dissolvent facilement; les sels d'oxide cystique sont solubles et critlallisablc», les combinaisons akalincs de cet oxide cristallisent aussi. Sa découverte est doc à M. Wollaston.
1674. L’Oxalatc de chaux est gris ou d’un brun foncé , il est toujours en couche» ondulées , par la calcination il donne un résidu de chaux.
1675. La Silice a le même aspect que l’oxalatc de chaux , elle s’en distingue parce qu'elle ne perd rien par la calcination et se dissout dans les alcalis.
■ G76. Le Phosphate ammouiaco-magnésicn est blanc, cristallin, translucide, vitrifiable par la chaleur, et laisse dégager de l'ammoniaque par la trituration avec les alcalis.
1677. Le Phospltate de chaux est blanc , opaque , perd peu par la calcination et ne laisse point dégager d’ammoniaque par les, alcalis.
1678. La Fibrine, ou du moins une matière analogue, a été trouvée par M. Marcel dans une nouvelle espèce de calculs qu’il propose d’appeler fibrineux.
DE CHIMIE. 7i3
1679. L’Oxide xanlhique , ainsi désigne du mot Çxvôic ( jaune ) parce qu’il forme un composé de celle couleur arec l'acide nitrique , a été trouvé par M. Marcet dans une nouvelle variété de calculs.
1680. Presque tous les calculs , et principalement ceux d’oxalate de chaux , renferment une substance animale particulière qui en lie les différentes parties et les colore ; cette substance n’a point encore été isolée.
t68i. L’Uratc de soude se rencontre également dans les calculs urinaires , mais il parait qu’il y est très-rare et à l’état de sur-sel.
iG8a. Les calculs sont souvent formés de plusieursde ces différentes substances superposées; les plus insolubles sont au centre. Toutes ne s’y rencontrent pas aussi souvent. Fourcroy et M. Vauquelin ont analysé plus de 600 calculs; ils en admettent doute espèces, auxquelles il faut ajouter les deux qui ont été découvertes par M. Marcel , et celle observée par M. Wollaston ; ceux qui sont formés d'acide urique sont les plus communs, ceux qui contiennent de la fibrine et de l'oxide xamhiquc n’ont encore été observés qu’une seule fois.
>683 Les concrétions urinaires des herbivores sont très-fragiles ; elles sont formées de carbonate de chaux , et souvent d ’un peu de carbonate de magnésie. Celles des carnivores varient dans leur composition; M. Vauquelin y a reconnu du phosphate de chaux; M. Bencdict Prévost , du phosphate ammoniaco-magnésien ; M. Lassaigne , de l’uratc d’ammoniaque.
1684. Concrétions de la Glande Prostate. D’après M. Wollaston , les calculs de la glande prostate sont formés de phosphate de chaux au même état de saturation que dans les os.
«685. Calculs des Goutteux. Les personnes affectées depuis long-temps de la goutte offrent souvent dans leurs articulations des dépôts mous cl friables ; M. Wollaston a trouvé qu’ils étaient formés d’acide urique et de soude ; depuis , M. Vogcl y a découvert en outre de l’urate de chaux et un peu de sel marin.
168G. Les concrétions pancréatiques et celles qui se forment dans les poumons sont principalement formées de phosphate de chaux ; elles renferment quelquefois du carbonate de chaux.
Matières particulières à certains Animaux.
1887. Musc. Le musc est une matière très - odorante , amère , sous la forme de grumeaux ; elle est renfermée dans une bourse que porte vers le nombril le cbevrotin , animal qui habite le Thibet et la grande Tartaric ; celui qu’on trouve dans le commerce est ordinairement mêlé à des graisses ou des résines ; il renferme de la stéarine , de l’élaïne , de la cholestérine , une huile acide , et une huile volatile.
74 cours
if>88. Civette. Cette substance a de l'analogie arec le musc ; son odeur est aromatîquCvCt très-forte , sa consistance et sa couleur sont celles du miel ; elle provient de deux petits quadrupèdes du genre viveira, dont l'un habite l'Afrique et l'autre l'Arabie et les Indes ; elle se trouve dans une vésicule située près de l’anus.
«G8g. Castoreum. Cette substance a l’aspect de la civette , son odeur est forte et volatile , car elle disparaît par la dessiccation ; sa saveur est acre et nauséabonde ; elle est formée de résine , de corps gras , d'huile volatile , d’extractif et de sels. On la trouve dans deux poches membraneuses situées dans les aines du castor.
1690. Ambre gris. Cette substance est regardée comme une concrétion qui se forme dans l'estomac ou les intestins du physeler macrocephalus ; on le trouve flottant h la surface de la mer près des eûtes de l’Inde , de l’Afriqne et du Brésil. L'ambre est mou , d’un gris cendré , rayé de jaune brunâtre ; il est insipide , son odeur est agréable. Il est presque uniquement forme d'une matière gTassc qui se rapproche beaucoup de la cholestérine , et que MM. Pelletier et Cavenlon désignent sous le nom d 'Ambreine ; elle est soluble dans l'alcool, ne se saponifie pas; elle se distingue de la cholestérine par sa fusion qui a lieu à 3o* et par l'acide particulier quelle forme lorsqu’on la fait bouillir avec l’acide nitrique.
i&qt. Œufs. Les coquilles sont formées, d’après M. Vauquelin, de matière animale, d’une grande quantité de carbonate de chaux , et d'une petite quantité de phosphate de chaux , de carbonate de magnésie , d'oxide de fer et de soufre. La membrane mince qui est au-dessous de la coquille est albumineuse ; le blanc d’aruf est composé d'eau et d'albumine , il renferme en outre une petite quantité de soufre ; le jaune n’a point été analysé, on sait seulement qu’il contient une petite quantité d’huile. Les œufs se conservent long-temps dans de l’eau de chaux.
1G93. Laite des poissons. La laite de carpe renferme toutes les substances qu'on rencontre dans les autres substances animales et de plus une certaine quantité de phosphore.
>69.3. Cantharides. D’après M. Ilobiquet , les cantharides renferment , 1" une huile liquide verte; a° une matière noire, soluble dans l’eau et l’alcool; 3° une matière solide, jaune, en lames micacées , insoluble dans l’eau , soluble dans l’huile, dans I alcool bouillant et dans l’éther ; c’est la matière vésicanle ; 4* de 1 acide urique ; S* de l’acide acétique , 6° de l’albumine ; 7° une matière animale , insoluble dans l’eau et dans l’alcool ; 8° du phosphate de chaux cl plusieurs autres sels.
Matières Satines ou Terreuses renfermées dans les différentes parties
des Animaux.
'1694. Les matières salines et terreuses qu'on rencontre dans les animaux , sont 1rs suivantes :
Soui-phosphéfte de cliaun , L Benioales de soude ,
El peut-être du phosphate acide de chaux. y de
Phosphate de soude ,
— d'ammoniaque ,
— de magnésie.
Sous - carbonate de soude ,
— — de potasse ,
de chaut ,
de magnésie.
Sulfate et hjrdro- chlorate de potasse ,
— — — • de soude.
Acétate de potasse.
Otalate de «haut.
Seu animaux.
U raie d'ammoniaque.
Laclale de soude.
Oxides .
de Fer , de Silicium , de Mangautsr.
Phénomènes de la vie.
1695. La description des phénomènes qui sc développent dans les animaux durant leur vie, est du domaine spécial de la physiologie; il ne peut être question ici que de ceux qui ont un rapport immédiat avec la chimie. A la vérité tous doivent être dans ce cas , car tous nos organes remplissent leurs fonctions au moyen de certaines substances qui changent de nature , et qui par conséquent exercent et éprouvent des actions chimiques; mais on ne connaît avec détail qu’un très -petit nombre des phénomènes chimiques qui se développent dans les différentes fonctions vitales ; tout se réduit pour ainsi dire aux phénomènes dç la respiration. Ce seront par conséquent les seuls que nous développerons ici , en commençant par ceux de la circulation auxquels les premiers sont intimément liés.
1696. Circulation. Le chyle qui se forme dans les intestins est absorbé par un grand nombre de vaisseaux capillaires qui recouvrent les intestins grêles et surtout le duodénum ; ces vaisseaux , en s'anastomosant , le portent dans le canal thoracique , et de ce canal il passe dans la veine sous-clavière gauche, quelquefois dans la veine sous-clavière droite, où il se mêle au sang. Le liquide qui résulte de ce mélange , pénètre par la veine cave supérieure dans les cavités droites du cœur ,
d'abord dans l’oreilleile et ensuite dans le ventricule. Le ventricule droit , par l'artère pulmonaire qui se bifurque , le distribue aux poumons , et ceux-ci , par les veines qui leur sont propres , le transmettent successivement à l’oreillette et au ventricule gauche ; de ce ventricule il passe dans l’artère aorte , et se ramifie dans toutes les parties du corps où il porte des sucs nourriciers , fournit à toutes les sécrétions ; arrivé aux dernières ramifications des artères , il passe dans les veines . revient au cceur après avoir reçu le chyle , retourne aux poumons et revient au coeur pour être de nouveau lancé jusqu'aux extrémités les plus déliées du corps.
Le sang qui revient par les veines est noir , celui qui se meut dans les artères est rouge ; mais leur principale différence consiste en ce que le sang veineux est impropre à propager la vie ; c'est dans les poumons qu'a lieu la transformation du sang veineux en sang artériel , par l'influence de la respiration.
Les poumons renferment deux systèmes de vaisseaux, les vaisseaux sanguins et les vaisseaux aériens ; il parait qu’ils ne sont séparés les uns des autres que par des cloisons extrêmement minces, perméables aux gaz.
On a reconnu , à la suite d’un grand' nombre d’expériences , que l’air expiré renfermait moins d’oxigène que l’air inspiré ; qu’une partie de cet oxigène était remplacée par de l’acide carbonique , et que la quantité d’azote était tantôt plus grande et tantôt plus petite. La quantité d’acide carbonique émise est égale à un peu plus de la moitié de l'oxigène qui disparaît. Quant à la quantité d’azote émise ou absorbée, M. Edwards a observé que certaines espèces parmi les oiseaux et les reptiles présentent tantôt un absorption , tantôt une émission , suivant l’époque de l’année ; ces quantités sont toujours très-petites ; mais M. Desprcts a reconnu , dans une série de plus de 200 expériences, qu’il y a toujours émission d’azote dans les mammifères et les oiseaux, et que la quantité d’azote exhalé est plus grande chez les frugivores que chez les carnivores.
On peut considérer l’acide carbonique exhalé comme provenant du contact de l’oxigène de l’air inspiré avec le sang , c’est-à-dire , d’une combustion qui s’effectuerait dans l’organe pulmonaire; ou comme se dégageant du sang dans lequel il serait déjà tout formé : I ’oxigène serait alors seulement absorbe par le sang. M. Edwards ayant reconnu que des grenouilles placées dans l’bydrogcnc pur avaient dégagé une quantité d’acide carbonique, à peu près égale à leur volume, admet celte dernière opinion. Ainsi , d’après ce physiologiste , l’oxigène qui disparait dans la respiration de l’air atmosphérique , est absorbé en entier ; il est ensuite porté en totalité ou en partie dans le torrent de la circulation ; il est remplacé par une quantité plus ou moins semblable d’acidc carbonique exhalé , qui provient en tout ou en partie de celui qui est contenu dans la masse du sang ; l’azote absorbé est remplacé' par une quantité plus ou moins équivalente d'azote exhalé qui provient , en tout ou en
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partie , du sang. Comme l'acide carbonique exhalé ne représente pas la totalité de l’oxigène absorbé, il est probable qu’il se forme de l’eau.
1697. AL Mensies estime 1 8S0 litres la quantité d’oxigène consumé par un homme dans un jour ; Lavoisier et M. Seguin portent cette quantité à g5| , et M. Davy & 745. Et comme l'air renferme seulement o,ai d’oxigène , la quantité d'air qu’un homme prive d’oxigène par sa respiration pendant un jour est de plas de trois métrés cubes et demi.
1698. Action des Gaz autres que loiigcne sur l’économie animale. Tous ces gaz sont impropres à la respiration , et par conséquent feraient périr plus ou moins promptement l'homme ou l’animal à sang chaud qui les respireraient. Ces gaz peuvent agir de deux manières differentes : 1° par la seule absence de l’oxigèue , a” par une action directe sur les organes ; dans le premier cas leur action est en quelque sorte négative , et c’est en s’opposant à la transformation du sang veineux en sang artériel qu'ils donnent la mort ; dans le second cas, le premier effet est accompagné d'une action directe.
1699. L'azote , l’hydrogène , le protoxide d’azote et plusieurs autre* sont dans le premier cas. Les animaux qu’on plonge dans ces gaz sont promptement asphyxiés ; mais si on les remet à temps dans l’air , ils reviennent à la vie. La respiration du protoxide d'azote a présenté à MM. Davy , Tennanl et Undcrwood , des phénomènes fort singuliers ; nous rapporterons les propres expressions de M. Davy , dans lesquelles il décrit les expériences qu’il a faites sur lui-même. « Après avoir « expiré l'air de mes poumons et m’ètrc bouché les narines , je respirai environ quatre
• litres de gaz oxide nitreux : les premiers seniimens que j’éprouvai durent , comme
• dans la première expérience , ceux de vertige et de tournoiement ; mais en moins « d’une demi-minute , continuant toujours de respirer, ils diminuèrent par degrés, « et furent remplacés par des sensations analogues à une douce pression sur tous « les muscles , accompagnés de fréinissemens très-agréables , particulièrement dans « la poitrine et les extrémités ; les objets autour de moi devenaient éblouissans ,
• et mon ouïe plus subtile ; vers les dernières inspirations l'agitation augmenta , la
• faculté du pouvoir musculaire devint plus grande , et il acquit à la fin une propen-' « sion irrésistible au mouvement Je ne me souviens qu’indistinctcmcnt de ce qui « suivit ; je sais seulement que mes mouvemens furent variés et violons. Ces effets > cessèrent dès que j’eus discontinué de respirer ce gaz , et dans dix minutes je me
• trouvai dans mon état naturel. La sensation de frémissement dans les extrémités se « prolongea plus long-temps que les autres. » MM. Vauquclio , Thénard et plusieurs autres chimistes ont répété ces expériences ; mais ils n’ont point éprouvé les effets décrits par M. Davy , et ont failli être asphyxiés.
■700. Les gaz qui ont une action directe sur les organes sont très-nombreux ; ce
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sont presque tous les gaz acides , le gaz ammoniaque , l'hydrogène arsenique , etc. Le plus délétère de tous parait être l'hydrogène sulfuré ; de l'air qui en renferme ■/ s.» donne promptement la mort à un verdier ; un chien de moyenne taille ne peut résilier dans une atmosphère qui en renferme ',4»» • et un cheval finit par succomber dans un air qui en contient M. Dupuytren a reconnu depuis que l'hydrogène sul-
furé en contact arec la surface cutanée était absorbé et donnait aussi la mort.
1701. Nystcn a fait sur les gaz injectés dans l'économie animale des observations importantes. Il résulte de ces expériences , 1" que l'on peut injecter dans le système veineux d'un chien de moyenne taille , sans le faire périr , une assez grande quantité de gaz non délétère, pourvu qu'on n’en introduise que i5 à zo centimètres cubes à la fois et qu’on mette un certain intervalle entre deux iojectioDs consécutives ; a* que ceux dont on peut introduire le plus sont l’acide carbonique et le protoxidc d'azote ; 3* que tous , injectés en grande quantité à la fois , distendent fortement l'oreillette et le ventricule droit, s'opposent à leur contractilité, arrêtent tout à coupla circulation, et donne promptement la mort; 4* qtt 'aucun d'eux, injecté dans la plèvre, ne produit d'elîet nuisible , excepté l’hydrogène pbosphoré , qui en s'enflammant occasionne une phlcgmasic de cette membrane ; 5* que quand 1 animal résiste aux injections, une petite partie de ceux-ci se dégage du sang par les voies de la respiration , tandis qu 'une autre reste en dissolution pendant un certain temps dans le sang artériel ; 6° qu'on peut injecter de très-petites quantités de gaz délétères dans le système veineux des animaux sans occasionner 1a mort , et qu’ils la produisent promptement lorsque les quantités sont trop fortes ; 7“ que les gaz délétères agissent d’une manière différente ; le gaz ammoniaque et le chlore en irritant violemment les organes avec lesquels ils sont en contact , l'hydrogène sulfuré en portant atteinte à la vie de tous les urganes par sa puissance débilitante , et le dcutoxidc d'axole en s'unissant au sang , le rendant noir et hors d’état de pouvoir se transformer en sang artériel ; 8° que le deuioxidc d’azote ne cause pas la mort par son seul contact arec la peau comme l'hydrogène sulfuré , mais qu 'il la produit également lorsqu’il est porté dans les tissus sous-cutanés.
170 z. Source de la chaleur dans t économie animale. Un phénomène très-remarquable que présentent les animaux , est la permanence de leur température , qui est toujours élevée d'un certain nombre de degrés au-dessus de celle du milieu environnant. Cependant dans tous il existe plusieurs causes de refroidissement , le contact , le rayonnement et l’évaporation ; par conséquent, il faut qu’il existe en eux une cause aussi permanente de développement de chaleur pour compenser celle qui est continuellement émise. Cette cause réside en grande partie dans la respiration.
En effet, nous avons vu que dans l'acte de la respiration une partie de l'oxigène se transformait en acide carbonique, l'autre en eau; ces deux combinaisons chimiques
ne peuvent avoir lieu qu'en produisant une certaine quantité de chaleur. Mais pour savoir si cette quantité de chaleur représente exactement celle qui est émise par les animaux , il fallait déterminer, i* la quantité de chaleur perdue par un animal pendant nn temps donné ; a* la quantité d’acide carbonique et d’eau formée dans le même temps par l'acte de la respiration ; 3* déduire de ces derniers nombres la quantité de chaleur produite par ces combinaisons chimiques ; 4° comparer ces quantités de chaleur à celles perdues par l’animal. Un grande nombre de physiciens et de physiologistes s’étaient occupés de ces importantes questions , mais M. Desprcts a résolu complètement le problème par une longue série d’expériences faites arec le plus grand soin. Il résulte de ces expériences , i* que la respiration est la principale cause du développement de la chaleur animale ; a° que la quantité de chaleur produite par la respiration varie entre les 0,7 et les 0,9 de la chaleur émise par l’animal ; 3° que le surplus de la chaleur animale peut provenir de l’assimilation des mouvemens du sang et des frottemens.