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CHAPITRE V

Décomposition des Animaux.

1703. Lorsque les matières animales n’appartiennent plus à un corps vivant, elles sont susceptibles de se décomposer. Ce phénomène .porte le nom de Fermentation putride, à cause de l’odeur des gaz qui se dégagent.

1704. Toutes les substances animales ne jouissent pas également de la faculté d’éprouver la fermentation putride: les matières grasses l’éprouvent plus difficilement que celles qui ne le sont pas. Dans tous les cas , elle ne peut se développer que dans les mêmes circonstances que la fermentation putride des végétaux, par l’humidité et une température comprise entre i5° et 35°.

1705. .Les produits de la fermentation putride sont : de l’eau, de l'acide carbonique, de l’acide acétique, de l’ammoniaque, de l’hydrogène carboné. Ces gaz, en se dégageant , entraînent avec eux une portion de la matière animale en partie décomposée , et répandent une odeur d'une fétidité insupportable.

1706. Quand la matière animale a le contact de l’air , elle unit par se dissiper complètement , mais lorsque les matières animales sont principalement formées de chair musculaire, et qu’elles sont enfouies dans la terre ou plongées dans l’eau, elles se transforment en une matière grasse particulière ; cette substance avait été regardée par Fourcroy comme un savon ammoniacal. M. Chcvreul , qui l’a analysée récemment, l'a trouvée composée d’une petite quantité d'ammoniaque, de potasse

et de chaux unies à beaucoup d'acide margarique, et peu d’acide oléique. Fourcroy avait donné à cette substance, ainsi qu'au blanc de baleine et à la matière grasse des calculs biliaires, le nom à' Adipocire ; mais comme ces 3 substances diffèrent, une dénomination commune ne leur convient pas. Le gras des cadavres se forme sous l’eau en six semaines ou deux mois; mais quand les cadavres sont sous terre, elle se fortnc d’autant plus lentement que la terre est moins humide ; plusieurs chimistes avaient pensé qu'elle se formait au dépend de la chair musculaire; mais M. Chevreul ayant reconnu quelle est identique avec le résultat de la saponification des graisses, ce chimiste pense qu'elle provient des graisses toutes formées dans les cadavres.

1707. Fumigations. Nous avons dit que quand les matières animales sont en fermentation, il s’en dégage des miasmes putrides qui sont dangereux b respirer. M. Guyton est parvenu b détruire complètement ces miasmes , en répandant dans 1 ’air une certaine quantité de chlore gazeux. Pour purifier un amphithéâtre , on met dans un vase de verre de grès ou de porcelaine a5o grammes de sel marin , 70 grammes d’oxide de manganèse , ia5 grammes d’acide sulfurique et une égale quantité d'eau ; on place la tcçrinc sur quelques charbons incandescent , et on ferme l'amphithéâtre , vingt-quatre ou même douze heures après la fumigation est terminée, on ouvre les portes et les fenêtres , et l’odeur cadavéreuse b disparu. Pour faire des fumigations dans des salles pleines de malades, on doit éviter de dégager on trop grand excès de chlore. Il faut alors introduire dans une fiole b médecine le mélange qui doit fournir le. chlore, chauffer légèrement la fiole et faire le tour de la salle ; si au bout de quelques minutes l’air a conservé l’odeur du chlore , c’est une preuve que l'on en a dégagé un excès ; dans le cas contraire , il faut répéter la fumigation.

1708. M. Labarraquc a reconnu que les dissolations de chlorure de chaux agissaient avec une très-grande énergie sur les miasmes putrides qui se dégageât des matières animales en putréfaction ; si l’on couvre d'un drap plongé dans une dissolution de chlorure [de chaux un cadavre en putréfaction , l’odeor fétide disparaît instantanément. Ce même chimiste a employé le chlorure de chaux dans un grand nombre d’autres circonstances avec un grand succès.

170g. Moyens de prévenir la putréfaction. Les procédés employés pour prévenir ou retarder la fermentation sont nombreux -, nous décrirons les principaux.

■ 710. Dessiccation. La présence de l’eau étant indispensable au développement de la patréfaclion , la dessiccation est un moyen infaillible de la prévenir. Lu grand nombre de matières animales sont conservées par ce procédé ; la gélatine , les peaux , etc.

■ 711. Froid. Une température comprise entre >5 et 35* étant nécessaire b la

fermentation , on conçoit que le froid est un très-bon préservatif contre la putréfaction. Lorsque la température est assez basse pour congeler l'eau que la matière animale renferme , elle doit produire le même effet que la dessiccation. On sait que l’on a retrouve sous des montagnes de glace des animaux presque intacts et qui y avaient été ensevelis à une époque très-reculée. Pallas, dans son Voyage en Sibérie, rapporte qu’on avait découvert en 1771 sur les bords du Viloui , dans une terre sablonneuse toujours gelée , un rhinocéros dont la peau et les cartilages étaient parfaitement conservés ; cette espèce de quadrupède maintenant étranger à la Sibérie , ne peut y avoir vécu qu'à une époque antérieure au temps historique.

171a. Sel marin. Le sel marin est employé depuis un temps immémorial pour conserver les viandes et le poisson ; il paraît qu’il agit en s’emparant de l’eau de la matière animale.

1713. Alcool. Toutes les matières animales se conservent très-bien dans l’alcool ; il est très-probable que l’alcool n’agit qu’en absorbant l’eau.

171/,. Acides. On sait depuis long-temps que les viandes marinées dans le vinaigre se conservent très-bien. Tous les arides forts jouissent également de cette propriété; l’acide parait agir en se combinant avec la matière animale.

«7i5. Cuisson. La cuisson arrête ou retarde la putréfaction des alimcns ; on ne sait pas si cet effet est dû au dégagement de l’eau ou à la coagulation de certaines parties très-putrescibles , ou au changement de nature de la matière animale.

1716. Méthode de M. Appert. Celle méthode est maintenant employée pour conserver toutes sortes d’alimens , légumes , poisson , viandes , etc. , (tendant des années entières ; elle consiste à renfermer les alimens cuits , ou seulement chauffés à 80° , dans des boites de fer-blanc fermées et soudées , que l’on plonge ensuite pendant quelques instans dans l’eau bouillante. M. Appert a décrit avec détail scs procédé* dans une brochure déjà réimprimée plusieurs fois , et a formé à Paris un établissement où l’on prépare les alimens d’après cette méthode.

1717. Sublimé Corrosif. Ce sel est maintenant employé pour conserver les cadavres; c’est à M. Chaussier qu’on doit la découverte de cette nouvelle méthode ; elle consiste à mettre le cadavre vidé et lavé dans de l’eau que l’on maintient saturée de sublimé corrosif. En se combinant avec les chairs ce sel les raffermit , les rend imputrescibles même lorsqu’elles sont exposées à toutes les intempéries de l’air.

RÉSUMÉ DES CHAPITRES I, II, III, IV et V.

Chimie Animale.

SUBSTANCES

Kl G CLUSES Kl ACIDES.

SUBSTANCES

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