‹ Cours de chimieChapitre 33 sur 166 · DEGRÉS · texte numérisé non relu

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L’acide sulfurique à G6* renfermant encore '/s de son poids d’eau , il sera facile de déterminer , au moyen du tableau précédent , combien un acide d'une densité quelconque renferme d’acide réel et d’eau.

Tous les corps simples non métalliques , exeepté l’azote , le chlore , l’iode et probablement le sélénium , décomposent l’acide sulfurique. Le carbone décompose l’acide sulfurique à 100 ou i5o*; il se forme de l'acide » sulfureux et de l’acide carbonique : à une température plus élevée, le carbone étant en excès , on obtiendrait du soufre et du gaz oxide de car- * bonc ; à la chaleur rouge , l'eau de l'acide serait elle-même décomposée , et il se formerait en même temps de l’acide carbonique , de l’oxide de carbone et de l’hydrogène carboné. Pour décomposer l’acide sulfurique

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à la température de ioo à i5o .degrés , on se sert d’une fiole à médecine dans laquelle on introduit l'acide et le charbon ; pour le décomposer à une température plus élevée , on emploie un tube de porcelaine , rempli de fragmens de charbon , à travers lequel on fait passer l’acide réduit en vapeurs , lorsque le tube est suffisamment chauffé ; dans l'un et l'autre cas , les gaz doivent se recueillir Sur le mercure. Le phosphore décompose l’acide sulfurique à une température qui n'est pas trcs-élcvée ; les produits sont : de l’acide phosphorique ou phosphoreux , et de 1 acide sulfureux ; on ne sait pas si à la chaleur rouge le phosphore s'emparerait de tout l’oxigènc de l’acide sulfurique. Le soufre décompose l'acide sulfurique à 200° , il en résulte de l'acide sulfureux. L'hydrogène n’agit qu’à une température très-élevée , et les produits dépendent , et de la température , et des quantités relatives d’acide et d’hydrogène : si la chaleur n’est pas très-forte , et que l'hydrogène soit en excès , il se forme de l’acide hydro-sulfurique , de l’eau et de l’acide sulfureux ; si la température est très-élevée , le résultat de la décomposition est de l’eau et de l’acide sulfureux ou du- soufre.

On connaît peu l’action de l’acide sulfurique sur les corps composés non acides ; mais on peut souvent prévoir leur action par celle de leurs élémens ; l’ammoniaque est le seul qui se combine avec lui. Parmi les acides déjà examinés , il n’en est que deux sur lesquels l’acide sulfurique agisse , ce sont l’acide nitrique et l’acide nitreux ; il décompose en partie le premier , lorsqu’il est concentré , en absorbant une partie de l’eau qu’il renferme ; il sc combine avec le second , et forme un composé cristallin qui n'a point encore été examine (188).

L acide sulfurique étendu d'eau agit souvent de la même manière que l'acide sulfurique concentré , mais toujours avec moins d'énergie. Quelquefois cependant l’action de l'acide étendu diffère entièrement de celle de 1 acide concentré , parce que l’eau est décomposée.

190. Analyse. Lorsqu'on fait passer un courant de vapeurs d’acide sulfurique à travers un tube de porcelaine d’un très-petit diamètre , l’acide est décomposé et donne 1 volumes d’acide sulfureux et ■ volume d'oxigène ; or, nous verrons que l’acide sulfureux renferme un égal volume d'oxigène , et qu’il est composé de parties égales

d'oxigène et de soufre ; par conséquent , l'aride sulfurique est formé de 3 d'oxigène et de a de soufre , ou de o,6o oxigène et o,4o soufre ; sa molécule est formée de 3 molécules d'oxigene et de i molécule de soufre , et son poids est 5.

191. Usages. De tous les acides, c'est l'acide sulfurique dont les usages sont les plus multiplies ; on l'emploie dans la fabrication de tous les autres acides , dans la fabrication des soudes artificielles , de l'alun , du sulfate de fer, de cuivre , daas la teinture , le tannage des peaux , et pour former un grand nombre de produits particuliers.

192. Histoire. L’acide sulfurique a été découvert , vers la fin du iâ' siècle , par Razilc Valentin ; on l’obtenait d’abord en distillant le sulfate de fer.

2° Acide Sulfureux.

ig3. Propriétés Physiques. Gaz incolore , odeur forte et piquante ; excite la toux ; il rougit d'abord la teinture de tournesol , mais la couleur passe bientôt à celle du vin paillet ; sa pesanteur spécifique est de 2,00 ; il n’éprouve aucune altération par les fluides impondérables.

194. État Naturel. L’acide sulfureux existe dans la nature ; mais on ne le rencontre jamais que dans le voisinage des volcans.

190. Préparation. On peut obtenir l’acide sulfureux par la combustion directe du soufre dans l’air , mais alors il est mélé avec de l’azote : pour l’obtenir pur, on pourrait brûler le soufre dans l’oxigènc ; mais le procédé le plus simple consiste à soumettre à l’action de la chaleur , dans une cornue de verre , du mercure et de l'acide, sulfurique : l’acide se divise en deux parties , l’une se décompose en acide sulfureux qui sc dégage , et en oxigène qui oxide le mercure ; l'autre sc combine avec l’oxide de mercure , et forme du sulfate qui reste dans la cornue ; l'acide sulfureux doit se recueillir dans des cloches pleines de mercure, car il est trcs-soluble dans l’eau.

196. Propriétés Chimiques. L’oxigènc et l’air n’ont aucune action sur l'acide sulfureux , aune température quelconque. L’hydrogène et le carbone le décomposent à -une température élevée : pour décomposer l'acide sulfureux par l'hydrogène , on fait passer un courant de ces deux gaz à travers un tube de porcelaine incandescent ; les produits sont de l'eau et du

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soufre , et , si l’hydrogène est en excès et que U température ne soit pas très-élevée , il se forme en même temps de l'acidc hydro-sulfurique. C’est en faisant passer un courant d’acide sulfureux à travers un tube de porcelaine incandescent , renfermant du charbon , qu’on peut décomposer cet acide par le carbone ; les produits sont du soufre et de l’acidc carbonique. Le bore et le phosphore jouissent probablement aussi de la propriété de décomposer l’acide sulfureux. Le chlore en dissolution le fait passer , par la décomposition de l’eau , à l'état d’acide sulfurique , en même temps qu’il se transforme lui-même en acide hydro-chlorique. L'azote, le soufre , l’iode et le sélénium sont sans action sur l'acide sulfureux.

L’acide sulfureux se dissout facilement dans l’eau ; ce liquide sous la pression ordinaire , et à la température de ao*, en absorbe 44 fois son volume , ( Tliéod. de Saussure ); à la température de ioo* elle le laisse dégager. Pour dissoudre l’acide sulfureux dans l’eau , on peut se servir de l’appareil de Wolf ( fig. 16 ) : on introduit de l’eau distillée dans les flacons , et dans le ballon on met de l'acide sulfurique et de Ta sciure de bois ; on chauffe légèrement , il se dégage en même temps de l'acide sulfureux et de l’acide carbonique ; mais comme l'affinité de l'eau pour l'acide carbonique est très-petite , celui qui se dissout d’abord est chassé par l’acide sulfureux , de sorte qu’il n’en reste point en dissolution.

L’acide sulfureux décompose l'acide nitreux humide et se transforme en acide sulfurique (188). L'acide sulfureux décompose aussi l'acide nitrique et l'acide chlorique.

197. Analyse. Lorsqu’on brûle du soufre dans l’oxigènc pur , on obtient un égal volume d’acide sulfureux ; or , comme la densité de l’acidc sulfureux est double de celle de l’oxigène, il s’ensuit que l’acide sulfureux est composé de parties égales d’oxigène et de soufre ; on peut regarder sa molécule comme étant formée d’une molécule de soufre et de a d’oxigène ; son poids sera 3.

198. Usages. L’acide sulfureux est employé pour blanchir la soie , la laine , et , en médecine , contre les maladies de la peau. L’acide sulfureux est connu de toute antiquité.

3° Acide Hjpo- Sulfurique.

199. L’acide bypo-sulfunque est liquide , renferme toujours de l’eau ; il est sans

couleur et sans odeur ; lorsque sa densité est de 1,347 • il se décompose spontanément dans l'air. Pour obtenir cet acide , on fait passer un courant d'acide sulfureux à travers de l’eau , tenant en suspension du pernxidc de manganèse ; il se forme une dissolution neutre composée de sulfate et d’hypo sulfate de manganèse : on met dans la dissolntion un excès de barite ; le manganèse est précipité , il se forme un sulfate et un hypo-sulfatc de barite ; mais comme le premier est insoluble , le dernier seul reste en dissolution ; on filtre , on salure , et on précipite l’excès de barite par un courant d'acide carbonique , après quoi on fait cristalliser l’hrpo-sulfate de barite , on le dissout dans l’eau et on précipite la barite par l'acide sulfurique : lorsque la liqueur n’est plus troublée ni par l'acide sulfurique , ni par la barite, il ne reste plus qu'à concentrer l'acide d'abord à une douce chaleur , et ensuite dans le vide.

300. L'acide hypo-sulfurique se combine avec l’eau en toute proportion , cl forme avec les oxides métalliques des sels que nous examinerons plus tard. Par l’analyse de l’hypo- sulfate de barite on a trouvé que l'acide hypo - sulfurique était formé de 100 parties de soufre et de iiâ d’oxigène ; ainsi sa molécule est formée de 3 molécules de soufre et de 5 d’oxigène , et son poids est 9. On pourrait aussi regarder cet acide comme composé de parties égales d’acide sulfureux et d'acide sulfurique. Il a été découvert par MM. Wcltcr et Gay-Lussac ; il est sans usage.

4° Acide Hjpo- Sulfureux.

soi. L’acide bypo-sulfureux est un acide qui n’existe qu’en combinaison avec les oxides métalliques ; aussitôt qu'on les précipite, l’acide hypo-sulfurcux se transforme en acide sulfureux et on soufre. Cet acide se forme lorsqu’on met certains métaux , particulièrement le fer , en contact arec l’acide sulfureux en dissolution dans l’eau ; par l’analyse de ses sels , on a trouvé que l’acide bypo-sulfureux était composé de 100 parties de soufre et de 5o d’oxigène ; on peut donc considérer sa molécule comme étant formée d’une molécule d’oxigène et d’une molécule de soufre ; son poids serait représenté par 3. On pourrait aussi le regarder comme composé d’une partie de soufre et de a parties d’acide sulfureux.

E. Acide lodique.

303. L’acide iodique est solide , blanc , incolore , d’une saveur aigre et astringente ; il rougit d’abord les couleurs bleues végétales et les détruit ensuite ; sa densité est inconnue , on sait seulement qu'elle est plus grande que celle de l’acide sulfurique concentré. A une température voisine de celle de l’ébullition des huiles fixes , il entre en fusion et se décompose en oxigène et en iode.’

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ao3. On l’obtient en faisant passer un rourant d'oxide de chlore sec sur de l’iode; pour cela , on introduit dans un tube de verre , fermé par une de ses extrémités , du chlorate de potasse et de l'acide hydro-chlnriquc ; on adapte à l'orifice de ce tube un autre plus petit , recourbe , destiné à conduire l’oxide de chlore dans un cylindre renfermant des fragmens de chlorure de chaux ; euCn , de ce cylindre part un tube qui doit introduire le gaz dans un petit ballon renfermant l’iode ; les proportions les plus convenables sont a parties '/. de chlorate de potasse , 10 d’acide hydro-chloriquc et une d’iode. L’oxide de chlore desséché se décompose , il se forme en même temps de l’acide iodique et du chlorure d'iode ; ce dernier étant trèsvolatil , on le sépare facilement par l’action de la chaleur.

ao4- L’acide iodique est légèrement déliquescent , très-soluble et facilement décomposé par la plupart des corps combustibles ; chauffé avec le charbon , le sucre , les résines , le soufre i il détone fortement ; il est décomposé par tous les acides qui peuvent se combiner avec une nouvelle quantité d’oxigène.

ao5. Lorsqu’on verse de l'acide sulfurique , phosphorique ou nitrique , concentré dans une dissolution également concentrée d’acide iodique , il sc forme un précipité cristallin qui parait composé d'eau et des deux acides employés ; l’acide iodo-sulfuriqur. fond à une douce chaleur cl cristallise par le refroidissement en rhomboïdes d’un jaune pâle; soumis à une température plus élevée, il sc sublime et se décompose en partie. Les acides >odo- phosphorique et iodo-nitrique jouissent des mêmes propriétés ; seulement , ce dernier se décompose à une température moins élevée. Ces acides agissent sur les métaux avec une très-grande énergie ; mis en contact avec les oxides métalliques , les acides élémentaires qui les constituent sc séparent.

aoG. On détermine la composition de l'acide iodique de la même manière que celle de l’acide chlorique ; 100 parties d’iodate de potasse sec , décomposées par la chaleur , donnent ai,5g d’oxigèue et 77,4* d’iodurc de potassium composé de 58,g3 d’iode et de 18,47 ^c potassium ; or , cette quantité de potassium absorbe , pour passer à l’état de protoxide , 3,77 d’oxigène ; donc , l’acide iodique est composé de 11,59 moins 3,77 , ou 18, 8a d’oxigène et de 58, g3 d'iode , ou de o,a4 d’oxigène et de 0,76 d'iode ; la molécule d’acide iodique est formée d’une molécule d'iode et de 5 molécules d’oxigène, en prenant i5,6i pour poids de la molécule d’iode; le poids île la molécule d’acide iodique sera alors représentée par 10,61.

107. L’acide iodique a été découvert par M. Gay-Lussac , mais c’est RI. Davy qui , le premier , l'a obtenu pur. Cet acide n’existe point dans la nature ; il est sans usage.

F. Acide Sélénique.

ao8. L'acide sélénique est solide , blanc , très-sapidc , rougit fortement les couleurs

i/ta COURS

bleues végétales ; à une température qui n'est pas très-élevée , il se volatilise sans se fondre ; il est indécomposable par la chaleur. Il n’existe point dans la nature ; on peut l'obtenir en brûlant du sélénium dans l’oxigènc , ou en Iraitaut , à une douce chaleur , le sélénium par l'aride uitrique concentré ; l’acide nitrique se décompose et le sélénium s'acidifie ; l’opération est terminée lorsque tout le sélénium est dissout , alors il ne reste plus qu’à évaporer jusqu’à siccilé pour chasser l'eau et l'excès d’acide nitrique. L’acide sélénique attire l’humidité de l’air ; il est Irèssolublc dans l'eau froide et dans l’eau bouillante ; l’eau chaude saturée d'acide sélénique , en refroidissant , le laisse déposer en grains et en prismes , suivant que le refroidissement est plus ou moins rapide. U est probable que Je bore et le carbone le décomposeraient à une température élevée. On pariicnt facilement à analyser l'acide sélénique par le même procédé que l’acide phosphoreux (184.). Il est composé de 0,19 de sélénium et de 0,71 d’oxigène , en prenant 5,iï5 pour poids de la molécule de sélénium ; la molécule d’acide sélénique est formée de a molécules d'oxigène et de t molécule de sélénium, et son poids est de 7,1 aâ. Cet acide a été découvert par M. Berzélius ; il csf sans usage.

G. slciile Borique.

209. Propriétés Physiques. L'acidc borique est un corps solide , sans couleur et sans odeur ; sa saveur est faible ; il ne rougit que légèrement les teintures bleues végétales ; soumis à l'action de la chaleur , il se fond ; au-dessous de la chaleur rouge , il est visqueux ; à une température plus élevée , il est liquide comme de l’eau ; quelle que soit l'intensité de la chaleur , il ne se volatilise et ne se décompose point. Lorsqu'on fait passer un courant galvanique à travers un petit fragment d'acide borique humide , on aperçoit à l'extrémité du fil négatif une petite tache brune, due à une certaine quantité de bore qui a été séparée de l’oxigène.

210. Etat Naturel. L'acide borique existe en dissolution dans plusieurs lacs de Toscane , principalement dans ceux de Castel-Nuovo , de Monte- Cerboli et de Cherchiajo ; les eaux de ce dernier en renferment jusqu'à ‘/,00. On le rencontre aussi dans plusieurs lacs des Indes , mais il y est combiné avec la soude.

2tt. Préparation. On extrait maintenant l’acide borique , pour les besoins du commerce , des eaux qui le tiennent en dissolution , en les faisant évaporer jusqu’à slccité ; l'acide borique ainsi obtenu n’est jamais pur ,

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il a une teinte d'un gris sale , et renferme du sulfate de soude , quelques matières terreuses , et souvent de l’oxide de cuivre qui provient des chaudières dans lesquelles on a fait e'vaporcr les eaux.

Lorsqu'on veut obtenir de l’acide borique parfaitement pur , on l'ex’trait du sous-borate de soude ( borax ). Pour cela on dissout ce sel dans six fois son poids d’eau bouillante , et l’on verse successivement , et par petites portions , dans la liqueur chaude , de l’acide sulfurique jusqu’à ce qu'il y en ait un léger excès , ce que l’on reconnaît facilement au moyen de la teinture de tournesol ; le sous-borate de soude est décompose , il se forme du sulfate acide de soude trcs-solublc qui reste en dissolution , et l'acide borique cristallise par le refroidissement en paillettes micacées ; on sépare l’acide borique par un filtre de la liqueur surnageante , et comme il renferme toujours une certaine quantité de sulfate de sonde et d'acide sulfurique , on le purifie en le faisant dissoudre dans l'eau bouillante ; par le refroidissement , il se précipite séparé de ces deux substances étrangères. L'acide borique , sous la forme de lames micacées , n’est point encore parfaitement pur ; il renferme encore une matière grasse , animale , à laquelle il doit sa forme : pour le purifier , il faut le faire fondre dans un creuset de platine ; la matière animale est détruite par l'action de la chaleur , et l’acide borique ne cristallise plus en paillettes , mais en prismes dont la forme n’a point encore été reconnue. •

a 12. Propriétés Chimiques. L'acide borique n’est décomposé par aucun des corps précédemment examinés ; l’eau en dissout /ti de son poids à la température de io” , et '/,) à la température de too". L'acide liorique récemment fondu est transparent ; mais , placé dans l’air humide , il absorbe une portion de l’eau qu’il renferme , et perd sa transparence.

ai3. Analyse. Par l’analyse du borate d’ammoniaque, M. Berzélius a trouve que l’acide borique était composé de 7^,17 d'oxigenc et de a5,83 de bore ; en regardant cet acide comme formé de a molécules d'oxigène et d’une de bore , le poids de la molécule de ce dernier sera représenté par 0,696 , et celui de l'acide borique par 2,696.

214. Usages. L’acide borique impur , tel qu’on l’extrait des lacs de Toscane , est employé pour faire directement le borax ; pur , on l’emploie

dans les laboratoires pour faire l'analyse des pierres qui renferment de la potasse ou de la soude ; on en fait aussi usage en médecine comme sédatif.

2« 5. Histoire. L'acide borique a été découvert, en 1702 , par Homberg, en distillant un mélange de borax et de sulfate de fer ( couperose ). Lemery le jeune l’obtint en traitant le borax par les acides ; en 1808 , MM. Gay-Lussac et Thénard parvinrent à le décomposer. On le désignait autrefois sous le nom de Sel Sédatif.

H. Acide Carbonique.

2 1 (). Propriétés Physiques. L’acide carbonique est gazeux ; son odeur et sa saveur sont légèrement piquantes ; il rougit faiblement la teinture de tournesol ; sa pesanteur spécifique est de i,52}5 ! aussi on peut le transvaser dans l'air de la même manière que les corps liquides. Il est indécomposable par la chaleur. Un courant d’étincelles électriques le décompose en partie en oxigène et en oxide de carbone.

217. État Naturel. L’acide carbonique existe dans la nature à l’état de gaz en dissolution dans certaines eaux minérales , et combiné avec plusieurs oxides métalliques. A l’c’tat de gaz , l’acide carbonique existe dans l’air atmosphérique , en très-petite proportion dans l’air libre , mais en trèsgrande quantité dans l’air des. appartemens clos , où respirent un grand nombre de personnes ou d'animaux à sang chaud ; on le trouve aussi quelquefois mélé avec très-peu d’air dans certaines grottes des terrains volcaniques ou calcaires de récente formation : ces grottes sont trèsnombreuses dans le royaume de Naples : la plus remarquable est celle du Chien, ainsi désignée parce que les chiens qui y pénètrent sont asphyxiés. Elle est située au Sud - Est du lac d’Agnano , à peu de distance du rivage ; sa profondeur est de 12 pieds , sa largeur de 4 à 5 ; le sol est couvert d’une couche d’air de 8 pouces d’épaisseur, composée de 0,10 d’oxigène , 0,4o d’acide carbonique et de o,5o d'azote ; celte couche , par la grande quantité d’acide carbonique qu’elle renferme , étant impropre à la respiration , asphyxie les animaux qui y sont plongés. ( Spalanzani , Voyage daus

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les Deux - Sicilcs , tom. I" ). Les cuves en bois ou en maçonnerie- dans lesquelles des substances vineuses ou des huiles ont séjourné long-temps, sont souvent remplies d acide carbonique. On voit d’après cela qu'il est quelquefois dangereux de pénétrer dans les lieux bas inhabités , où l’air n’ayant point un accès facile , ne se renouvelle pas ; mais comme l’air qui renferme assez d’acide carbonique pour être impropre à la respiration, l’est également à la combustion , on peut facilement , en se faisant précéder par une bougie allumée , reconnaître si l’air dans lequel on va pénétrer est rcspirable. L’acide carbonique se trouve aussi en dissolution dans quelques eaux , certaines en contiennent plusieurs fois leur volume ; telles sont les eaux minérales de SclU , de Spa , de Pyrmont, ; enfin , l’acide carbonique existe en très-grande quantité , combiné avec la chaux , la soude , la baritc et les oxides de fer , de plomb , de zinc et de cuivre.

218. Préparation. On peut obtenir l’acide carbonique par la combustion du charbon dans l’air , mais alors il est mêlé avec l’azote ; on peut l’obtenir pur par la combustion du charbon dans l’oxigène pur , par la calcination de plusieurs carbonates : mais de tous les procédés le plus facile à exécuter consiste à introduire dans un flacon à deux tubulures ( Jîg . 26 ) de Tcau cl du marbre pulvérisé , à verser par le tube de sûreté de l’acide hydro-chlorique ou de l’acide nitrique : cet acide s'empare de liç chaux , 1 acide carbonique se dégage par le tube recourbé , et se recueille sous des cloches pleines d’eau ou de mercure : on pourrait , au lieu de marbre, employer de la craie pulvérisée ; mais l’action serait trop vive à cause du peu de cohésion de cette substance , la liqueur serait soulevée et il arriverait souvent qu’elle passerait par le tube : on pourrait aussi , à la rigueur , .remplacer l’acide nitrique ou hydro-chloriquc par l’acide sulfurique ; mais ce dernier formant avec la chaux un sel insoluble , le sulfate de chaux qui se produirait d’abord recouvrirait les fragmens de craie, et les soustrairait à l’action de l’acide ; de sorte qu’il faudrait agiter presque continuellement la matière pour que la décomposition ne s'arrêtât pas..

219. Propriétés CJumû/ues. L’acide carbonique n’est combustible dans aucune circonstance ; il éteint les corps en combustion , et asphyxie les animaux qui le respirent en trop grande quantité. Parmi les corps simples

non métalliques il n’en est que deux qui le décomposent , l’hydrogène et le carbone , ( probablement le bore le décomposerait aussi , niais l’expérience n’en a point été faite ). Pour décomposer l'acide carbonique par l’hydrogène , on fait passer un courant de ces deux gaz dans un tube de porcelaine incandescent : les produits sont de l’eau et de l’oxide de carbone. La manière la plus commode de disposer l’appareil , est d’adapter à une des extrémités du tube de porcelaine placé dans un fourneau à réverbère , deux vessies à robinets, l’une pleine d’hydrogène, et l'autre d’acide carbonique , et à l’autre extrémité une allonge communiquant avec un ballon environné de linges mouillés , et garni d’un tube recourbé qui s’engage sous des cloches pleines d’eau. Lorsque le tube est incandescent , en ouvrant les deux robinets et comprimant les vessies , on force les gaz à passer dans le tube de porcelaine : l’eau se condense dans le ballon , et l’oxide de carbone se rend dans la cloche. Pour décomposer l’acide carbonique par le charbon , on peut employer l’ap’parcil ( fig. 47 )■ On introduit du charbon dans le tube de porcelaine AB, et de l’acide carbonique dans la vessie N : lorsque le tube est rouge , par la pression , on fait passer le gaz d’une vessie dans l’autre en le forçant à traverser le charbon incandescent. Par cette décomposition , l’acide carbonique sc transforme en oxide de carbone.

L’eau à la température et sous la pression ordinaire dissout à peu près un égal volume d’acide carbonique ; cet acide sc dégage complètement dans le vide , ou à la température de 100°. Lorsqu’on augmenta la pression , on peut faire dissoudre dans l’eau jusqu'à cinq ou six fois son volume de gaz acide. Comme c’est une opération que l’on pratique dans la fabrication des eaux minérales artificielles , nous allons décrire l’appareil dont on sc sert.

A ( fis 74 ) est un réservoir cylindrique , en cuivre , terminé inférieurement par des appendices au moyen desquels on peut le fixer sur une table ; le couvercle B qui sc monte* à vis est garni d’un robinet a et d’une pompe foulante et aspirante C. Le corps de pompe est garni d'un tuyau horizontal D , sur lequel se monte à vis une vessie pleine d'acide carbonique ; il renferme aussi deux soupapesm et n : la première , qui

s'ouvre par une pression de dehors en dedans , sert à introduire dans le corps de pompe le gaz contenu dans la vessie M ; l'autre , qui s'ouvre par une pression de haut en bas , est destinée à introduire le gaz dans le réservoir A. Le robinet a est garni d'un tube de cuivre E qui descend au-dessous d'une grille percée d’un grand nombre de trous , solidement fixée à une petite distance du fond du réservoir. Les robinets F et G , situés l'un à la partie supérieure , l’autre à la partie inférieure du réservoir , servent , le premier , à dégager l'air du réservoir lorsqu’on le remplit d’eau ! le second , à enlever l'eau saturée. Pour se servir de cet appareil , on^pamcncc par enlever la pompe , et, au moyen d’un entonnoir dont le bec s'engage dans le tuyau E , on introduit de l'eau dans le réservoir dont l’air se dégage par le robinet F ; ensuite on place la pompe , on ferme le robinet F , on ouvre celui de la vessie , et en faisant monter et» descendre le piston , le gaz renfermé dans la vessie passe dans le corps de pompe , et de là dans le tuyau E , se dégage sous la grille , et traverse la masse d’eau en bulles très-petites.

Lorsque l'eau est suffisamment saturée de gaz , on adapte au robinet G un ajutage recourbé H qui s’enfonce jusqu'au fond de la bouteille que l’on veut remplir d’eau gazeuse ; un bouchon de liège très-conique b , à travers lequel passe le tube vertical de l'ajutage , sert à fermer exactement la bouteille ; l'air se dégage par une petite rainure terminée par une soupape retenue par un ressort ; lorsque la bouteille est remplie , on enlève rapidement l’ajutage et on la ferme avec un bouchon qu'on assujettit avec du fil de fer. •

and. Analyse. Lorsqu’on fait brûler du charbon dans de l'oxigène pur, on obtient un volume d’acide carbonique égal à celui de l’oxigène- On peut faire cette expérience en introduisant un fragment de charbon dans une cloche pleine d’oxigène et l'enflammant au moyen des rayons solaires concentrés par une forte lentille ( fig. 46)1 ou au moyen de l'appareil ( fig. 47)1 en plaçant du charbon dans le tube A B , un volume déterminé d’oxigèue dans la vessie N , et faisant passer à plusieurs reprises l’oxigène sur le charbon ' incandescent. Il résulte de là , que les quantités relatives d'oxigène et de carbone qui constituent l'acide carbonique , sont représentées par la densité de l’oxigènc , et la différence de la densité de l’acide carbonique et de l'oxigène : l'acide carbonique est donc formé de 7a, 3a d’oxigène et

de 37,08 de carbone. La molécule d’acide carbonique est formée de 2 molécules d'oxigène et de 1 molécule de carbone ; son poids est de 3,75.

22t. Usages. L’acide carbonique est employé dans la fabrication de la cérusc , dans celle des eaux minérales artificielles ; il joue un rôle trèsimportant dans les phénomènes des corps organisés.

222. Histoire. C’est de tous les gaz le premier qui a été distingué de l’air atmosphérique ; on le désigna successivement sous les noms d ’arr fixe , d’ acide méphytique , A' acide aérien , d 'acitle crayalx. C’est Lavoisier qui découvrit sa nature , et la proportion de ses principes constituans , proportions qui depuis cette époque n’ont éprouvé que^l très- légères modifications.

§ II-

Acides Hydrogénés ou Hydracides.

223. Les acides hydrogénés sont au nombre de quatre , savoir (1) :

L’Acide Hydro-Chloriquc. L’Acide Hydriodique.

L’Acide Ilydro-Sulfuriquc. L’Acide Hydro-Séléniquc.

A. Acide Hydro - Chlorique.

224. Propriétés Physiques. L’acide hydro-chlorique est un gaz incolore ; son odeur est très-piquante ; mis en contact avec l’air , il forme des vapeurs blanches ; il rougit fortement la teinture de tournesol , et les autres couleurs bleues végétales; sa pesanteur spécifique est de 1,247.

La chaleur ne le décompose point; mais un courant d’étincelles électriques le décompose en partie en chlore et en hydrogène , et cependant une étincelle électrique détermine la combinaison d’un mélange de chlore et d’hydrogène.

(t) Nous devrions peut-être placer ici l’acide hydro-cyanique , mai» nous avons pensé qu’il /tait plus convenable d’en renvoyer l'élude , ainsi que celle de toutes les autres combinaisons du cyanogèuc , à la chimie animale.

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225. État Naturel L’acide hydro-chloriquc sc trouve ’i lVlat de vapeurs dans tous les terrains volcaniques , et surtout dans le voisinage, des volcans en activité ; M. Vauquelin l’a trouvé libre dans une lave du Puy de Sarcouy , chaîne du Puy-de-Dûmc ; mais c’est principalement en combinaison avec l’oxide de sodium que l’on rencontre l’acide hydro-chloriquc.

226. Préparation. C'est en traitant le sel marin par l’acide sulfurique qu’on obtient l’acide hydro-chloriquc ; le sel marin est une proto- chlorure de sodium , c’est-à-dire , une combinaison de chlore et du métal sodium. Par la décomposition de l’eau de l’acide sulfurique , ce métal s’osidc , sc combine avec l’acide sulfurique , et l'hydrogène de l'eau décomposée, en se combinant avec le chlore , forme l’acide hydro-chlorique.

Dans les laboratoires cette préparation peut se faire dans des vases de verre ; on emploie parties égales de sel marin et d’acide sulfurique ; on introduit d’abord le sel marin dans une fiole à médecine ou dans un ballon garni d’un tube de sûreté et d'un tube recourbé qui s’engage sous des cloches pleines de mercure ; on verse l’acide par le tube de sûreté , et on fait chauffer. Comme ce gaz est très-soluble dans l’eau , c'est toujours en dissolution dans ce liquide qu'on l’emploie : pour l’obtenir dans cet état , on peut sc servir de l’appareil ( fig. 46 ) ; on met dans le ballon le sel marin , de l’eau distillée dans les flacons , et lorsque les luts sont secs , on verse l’acide sulfurique étendu du tiers de son poids d’eau par un tube de sûreté semblable à celui de la ligure i3 ; l’acide hydrochloriquc sc dégage , sature d'abord l’eau du premier flacon, et successivement celle des flacons suivans. Comme l’affinité de l’acide hydro-chloriquc pour l’eau est très-considérable , on ne doit faire plonger les tubes dans l'eau des flacons que de quelques millimètres; la dissolution sc fait tout aussi bien , et l’on évite une pression sous laquelle il est rare que l'appareil ne perde pas. A la fin de l’opération on verse de J'cau chaude par le tube de sûreté , pour que le sulfate de soude ne s’attache point aux parois du ballon et puisse s'enlever facilement : 1 kilogramme de sel marin suffit pour saturer 700 grammes d'eau.

Pour obtenir en grand l’acide hydro-chloriquc , on sc sert d’une chaudière de fonte , fixée dans un fourneau , cl recouverte par un dôme en

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terre cuite , garni de plusieurs tubulures auxquelles sont adaptés des tubes de verre d’un demi-pouce de diamètre intérieur , destines à conduire l'acide dans une série de jarres en grès , et de la dernière , hors de l'atelier ; on introduit d'abord le sel dans la chaudière , de l’eau dans les jarres de manière que les tubes ne plongent pas dans ce liquide , mais ne soient séparés de sa surface que par quelques millimètres ; on lute , et on verse l’acide par un tube de sûreté en plomb : le gaz se dégage , et se combine avec l’eau renfermée dans les jarres ; la saturation se fait presque aussi facilement que si les tubes plongeaient dans l’eau ; car l'affinité de ce liquide pour l’acide hydro-chloriquc est très-grande , et l’eau devenant plus pesante à mesure qu'elle se sature davantage , tombe au fond des vases , de sorte qu’à la surface se trouve toujours le liquide le moins saturé : il y a un grand avantage à ne pas faire plonger les tubes dans l’eau , car il y a fort peu de pression , et , par conséquent , le gaz ne se dégage que par les issues qu’on lui a ménagées. A la fin de chaque opération on retire le sulfate de soude par une porte du dôme. Le fer étant attaqué par * les acides sulfurique et hydro-sulfurique , il en résulte que la chaudière de fonte doit s'user rapidement ; mais comme pourtant elle dure encore plusieurs mois , il y a une très-grande économie à cause des masses sur lesquelles on opère.

L'acide hydro-chloriquc qu’on rencontre dans le commerce est ordinairement coloré en jaune par une certaine quantité’ de fer ; on peut facilement le purifier par la distillation.

227. Propriétés Chimiques. Le gaz hydro-chlorique est sans action sur tous les corps simples non métalliques. Parmi les composés non acides , il ne se combine qu’avec l'ammoniaque et l’eau : il ne sera question de la première combinaison que quand nous parlerons des sels. Le gaz hydro-chloriquc a une si grande affinité pour l’eau , que lorsqu'on débouche dans ce liquide un flacon plein de ce gaz parfaitement pur , l'eau s'y précipite comme dans le vide. A la température de 20" , et sous la pression barométrique de o,“76 , l’eau dissout 464 fois son volume d’acide hydro-chlorique , ou les }/( de son poids ; sa densité est de 1,208. L'acide hydro-chlorique liquide est incolore , il répand dans l'air des fumées blanches

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dues à l'absorption de la vapeur d'eau ; l'eau saturée d'acide bout à 77* ; lorsque sa densité est 1,075 , l’ébullition n’a lieu qu’à 109°. Nous plaçons ici un tableau des densités des différens mélanges d'acide hydro-chloriquc et d'eau , d’après M. E Davy.

QUANTITÉ

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