I. Nickel
3at. Le Nickel est solide , très-ductile , moins blanc que l'argent ; passe facilement au laminoir et à la filière. Fondu , sa densité est Je 8,179 • forgé , elle est de 8,Q»0. Il jouit de la faculté magnétique , mais à un moindre degré que le fer. Ce métal n’est fusible qu’à une température extrêmement élevée ; il parait qu’il est volatil ; car , lorsqu'on le soumet à l’action de la plus haute température que nous puissions produire , on trouve de petits grains métalliques à la partie inférieure du couvercle du creuset.
3ia. Ce métal existe dans la nature , combiné avec plusieurs métaux , principalement avec l’arsenic , le fer et le cobalt , à l'état d'oxidc et à l’état d’arscniatc. C’est en calcinant l’oxide de nickel avec le charbon qu'on parvient à se procurer ce métal.
3,3. Le nickel , à la température ordinaire , n'est altérable que dans l'air humide ; mais , à une température élevée , il absorbe rapidement l'oxigèuc et se transforme en un oxide vert ; il se combine avec le chlore , le phosphore , le soufre et l’iode , et probablement aussi avec le sélénium. Il décompose les acides nitreux , nitrique r sulfurique , iodique et sélcniquc.
Ce métal a été découvert par Cronstedt , de 1751 à 1754 , dans le Kupjenùckel ( faux cuivre ) , minéral couqtosé de nickel , d’arsenic , de fer , de cobalt et de soufre ; mais ce ne fut qu’en 1778 que Bergmann démontra que ce métal était réellement distinct de tous les autres. Il est sans usage. Le poids relatif de sa molécule est de 3,a5.
K. Plomb.
324. Propriétés Physiques. Le plomb est solide , d'un blanc grisâtre ; il est très-mou ; il laisse une trace sur le papier et passe bien au laminoir , mais mal à la filière. Sa densité est de ii,352. Il entre en fusion à 260° ; il n’est point volatil.
3a5. Etat Naturel et Préparation. Le plomb n’existe jamais pur dans la nature ; on ne le rencontre jamais qu’à l'état d’oxidc , de sulfure ou de sel. Un l’obtient en transformant le sulfure en oxide et réduisant l’oxide par le charbon à une température élevée.
326. Propriétés Chimiques. Le plomb ne s’allèrc que très-lentement
dans l’air humide ; mais , à la température de sa fusion , il absorbe rapidement l’oxigène cl se transforme en un oxide jaune. Le plomb se combine avec le chlore , le phosphore , le soufre , l'iode et le sélénium. Il décompose les acides nitreux , nitrique , sulfurique , iodique et séléniquc.
327. Histoire , Usages. La découverte du plomb remonte à la plus haute antiquité. Ses usages «ont très-nombreux : pur , il est employé pour couvrir les édifices , pour faire des tuyaux de conduits , les chambres destinées à la fabrication de l’acide sulfurique , les chaudières de concentration , etc. ; combiné avec la moitié de son poids d'étain , il constitue la soudure des plombiers , et , avec le de son poids d'an-
timoine , l’alliage des caractères d'imprimerie ; on emploie aussi dan» les arts un grand nombre de scs autres combinaisons. Le poids relatif de sa molécule est de i3.
§ VI
6" Ordre. Métau.r Oxidables a l air cl Réductibles par la chaleur.
3a8. Cet ordre ne renferme que deux métaux : le Mercure et l’Osmium.
A. Mercure.
3îf). Le mercure est liquide , d’un blanc éclatant. Sa densité est de " i3,568. il se congèle à 4°* au-dessous de zéro et entre en ébullition à 33o*. La congélation du mercure peut s’effectuer en introduisant le mercure dans la boule d'un tube de thermomètre que l'on place dans un mélange frigorifique (1). La distillation peut se pratiquer dans une
(l) Nous connaissons maintenant un grand nombre de substances qui. par leur action réciproque, absorbent une grande quantité de chaleur ; c’est toujours par la liqn Tac lion d’une ou de plusieurs de ces substance* que ce phénomène est produit. Le mélange le plus economique pour produire la congélation du me retire , est celui qui résulte de 3 partie* d’hydro-chlorate de rbaus et de i de neige ; mais comme 1» chaleur absorbée n’est que de 27** , il faudra d'abord faire refroidir le sel et
cornue de verre ; mais il est plus prudent de ne la faire que dans une cornue de grès ou de Fer , surtout si on opère sur des masses un peu considérables.
330. Le mercure se trouve dans la nature à l'état natif, combiné avec l’argent , avec le mercure , et , enfin , avec le chlore. C’est toujours du sulfure de mercure qu'on l’extrait , en le calcinant avec de la craie.
33 1. Le mercure est inaltérable dans l'air sec ou humide , à la température ordinaire; mais, à une température voisine de son ébullition, il absorbe l’oxigène et se transforme en un oxide rouge , qui repasse à l’état métallique à une température un peu plus élevée. Le mercure se combine avec le chlore , le phosphore , le soufre , l’iode et le sélénium ; il décompose les acides nitreux , nitrique , hydriodique , à la température ordinaire ; et à une température plus élevée , les acides sulfurique , chloriqtic , sélénique et iodique.
33i. La découverte du mercure remonte à ^époque la plus reculée ; c’est un des métaux sur lesquels les alchimistes ont le pjus travaillé. Les usages du mercure sont très-nombreux ; on l'emploie dans la fabrication des thermomètres et des baromètres’ ; allié à l’étain , il forme le tain des glaces ; combiné avec le soufre , il constitue le cinabre et le vermillon. C'est avec le mercure qu'on exploite un grand nombre de mines d’or et d’argent ; enfin , on l’emploie en médecine , à l’état métallique ou d'oxide mêlé avec des graisses , ou à l’état de sel. Le poids relatif de la molécule du mercure est de 24.
B. Osmium.
333. L’osmium est solide , bleuâtre : comme on n’est point encore parvenu à le fondre , ipi’ou ne la obtenu qu'en 1 h nuire , on ne connaît point ses autres propriétés physiques. Jusqu’ici ce métal ne s’est rencontré que dans la mine de platine en petits grains durs et brillans , formés d’osmium et d'iridium ; on l'obtient par un
U neige séparément dans un mélange frigorifique et les mêler ensuite : la glace ne produirait pas le même abaissement de tcinpJra.ure , parce que u'ctanl pu aussi divisée que la neige , l’action serait successive.
igo COURS
procédé ({uc nous développerons plus (ard. L’osmium paraît n'avoir aucune action sur l’air à la température ordinaire ; mais , par la chaleur, il absorbe l’oxigènc et se transforme en un oxide volatil dont Codeur est trés-piquante. On ne connaît aucune de ses combinaisons avec les corps simples non métalliques ; il n’est point attaque par l’acide nitrique , ni par l'eau régale ( acide bydro-chloro-nitriquc ) ni probablement par tous les autres. Ce métal a été découvert par Tcnnant , en i8o3 ; il est rare et sans usage.