‹ Cours de chimieChapitre 48 sur 166 · A§ IV · texte numérisé non relu

A§ IV

Combinaisons du Phosphore arec les Métaux.

3£6. Le phosphore paraît susceptible de se combiner avec tous les métaux , et de former avec chacun d’eux autant de phosphures que ces métaux forment de chlorures r de sulfures ou d’oxides. G>mme aucun pliosphurc n’existe dans la nature , et qu’ils ne sont jamais employés dans les arts, nous nous contenterons de les examiner d’une manière générale.

ÎG7. Propriétés Physiques. Tous les phosphures métalliques sont solides, inodores , I. 38

cassans (i). La plupart ont le brillant métallique. On ne connaît point leur pesanteur spécifique. Soumis à l'action de la chaleur, ils entrent en fusion à une température plus basse que le métal , s'il est difficile à fondre, et à une température plus élevée, s’il entre facilement en fusion. Plusieurs se décomposent à une température très-élevée ; le phosphore se réduit en vapeurs , et le métal est mis en liberté. C’est ce qui arrive aux phosphores de plusieurs métaux appartenant aux dernières sections.

368. Etat Naturel et Préparation. Aucun phosphurc n’existe dans la nature. Ou les obtient par les procédés suivans :

t” Fin promettant des fragmens de phosphore sur le métal en fusion ou chauffé au rouge ; à chaque fois, une portion du phosphore se brûle, et une autre se combine avec- le métal (a) ; on doit ajouter du phosphore jusqu'à ce qu’on juge que le métal ne peut plus en absorber. C’est par ce procédé que l’on obtient -les phosphores de zinc, d'étain, d’antimoine, de cobalt, de bismuth, de cuivre, de nickel, de plomb , d'argent , de platine et d’or. Ce mode d'opération produit difficilement des phosphurcs constans dans leur composition.

j"’ En soumettant à l'action de la chaleur un mélange de phosphore et de métal. C’est ainsi qu’on obtient les phosphurcs de potassium, de sodium et d'arsenic; le phosphore d'arsenic peut se faire dans un tube étroit fermé à sa partie inférieure ; les * autres doivent être préparés dans une petite cloche courbe pleine d'azote ou d'hydrogène.

3“ En faisant passer du phosphore eu vapeurs sur le métal chauffé jusqu'au rouge brun; on se srrt pour cela d’un tube de verre de soi i5 millimètres de diamètre, fermé par une de ses extrémités et recourbé à a ou 3 centimètres de celle extrémité {fig. 78 ). On introduit du phusphore desséché au fond du tube et le métal en fils ou en limaille dans la partie moyenne ; on place le tube horizontalement dans un fourneau ; on effile l’extrémité à la lampe d'éinaillcur, et lorsque le métal a été chauffé à la température convenable , on réduit le phosphore en vapeurs. Pour éviter la combustion d'une partie dn phosphore par l'air qui se trouve dans le tube et par celui qui rentre à la fin de l'opération , lorsque J" on fait tomber le feu , M. Dulong , à qui on doit ce mode de préparation , adapte à la partie courbe du tube (fig- 79), un autre d'un très-petit diamètre par lequel il fait arriver un courant d’hydrogène , et il fait communiquer l'autre extrémité du tube avec la partie supérieure d'une cloche pleine de mercure; par le courant de gaz hydrogène on chasse l'air du tube, et en remplissant de ce gaz la cloche avec laquelle le tube est en communication , à la fin

(l) pbotpburra «ont tellement ciuun, t|ue U pis, petite portion «te pboaphore r,l capable de rendra aigre et caaaant le métal te plut ductile. Auati, taules lea minea de fer qui renferment du pborpbate de fer donnent du fer eaaaam X eltattd.

(1) Lortqtie le métal absorbe faciirmrnt l'oslgéne , comme te line , le cadmium , l'étain , il faut , sur le métal en fmton, mettre un peu de rétine pour a'oppoarr à ton oaidalioai.

DE CHIMIE. ao3

«le l’opération , ce gaz seul rentre dans le tube. Ce procédé est applicable à la formation des pbospburcs de tous les métaux qui ne fondent pas à Cou'1; il donne toujours des pbnsphurcs homogènes et constans dans leur composi lion.

4* En faisant chauffer sous l’eau un oxide et du phosphore, l’oxide est réduit; il se forme de l'acide phosphorique , peut-être un phosphate , et un phospburc. Ce procédé n’est applicable qu’à la préparation du phospburc de mercure , qu'il est presque impossible d'obtenir directement.

5° En soumettant à l’action d'une température très-cicvée un mélange d’acide phosphorique vitreux, de métal en poudre et ’/.o de leur poids de noir de fumée, ou bien de deux parties de phosphate acide de chaux , d'une de métal pur ou oxidé , et de '/, „ ou y,0 de charbon. L’acide phosphorique est réduit par le charbon , le phospburc se forme, et entre eu fusion. On peut obtenir , par ce procédé, les phospbures des métaux des 5 derniers ordres.

&> En décomposant un phosphate neutre par le charbon à une très-haute température; ce procédé est applicable, comme le quatrième, à la formation des phosphures des 5 derniers oxides , parce que tous les oxides de ces métaux sont réductibles par le charbon.

y En faisant passer un courant de gaz hydrogène phosphore dans une dissolution d'un sel métallique , l'oxigène de l'oxide métallique se combine avec l'hydrogène du gaz ; il se forme de l'eau , et un phosphore qui se précipite; ce mode de préparation est principalement applicable aux phosphures des métaux qui ont peu d aflinilé pour le phosphore , et dont les phosphures sont facilement décomposés par la chaleur. Les 3 derniers procédés donnent évidemment des phosphures constans dans leur composition.

36q. Propriétés Chimiques. Il y a des phosphures qui résistent à une température très-élevée , il en est d'autres qui se. décomposent en laissant dégager le phosphore à l’état de vapeurs, tels sont les phosphures d’or, d’argent, de plomb.

On connaît peu par expérience l’action de l’air sur les phosphures , mais il est facile de la prévoir d’une manière générale , en se rappelant que le phosphore est très-combustible, qu'un grand nombre de métaux sont oxidahlcs à une température plus nu moins élevée , que l'acide phosphorique a une grande affinité pour les oxides métalliques , et principalement pour ceux qui retiennent l’oxigène avec une grande force, que l’acide phosphorique est volatil, et enfin que les oxides des a derniers ordres sont réductibles par la chaleur. En effet , à la température ordinaire peu de phosphures doivent être altéré* ; mais , à une température plus ou moins élevée , le phosphore doit toujours se transformer en acide phosphorique : si à cette température le métal s'oxidc, il se formera un phosphate, et le phosphate, à une température plus élevée, pourra persister , ou se décomposer : s’il se décompose , l’acide phosphorique se dégagera, et on obtiendra un oxide métallique , si le métal appartient au 5 premiers

ao4 cours

ordres , cl le mêlai mû à nu , s'il appartient au a derniers ordres. Si lors de la combustion du phosphore le métal ne s’oxide pas , et s'il reste à l’état métallique jusqu’à la température de la volatilisation de l’acidc phosphorique , on obtiendra encore le métal pour résidu.

On ne connaît point l’action des corps combustibles sur les phosphures. Tous les phosphures du s* ordre décomposent l’eau à la température ordinaire ; il en résnlte un oxide qui reste en dissolution et du gax hydrogène phosphoré qui se dégage. Quant aux acides , il est probable qu’ils se comporteraient avec les phospbures comme avec leurs élcmens isolés , et qu'avec les acides oxigénés , l’action, dans certains cas, pourra être plus vive et se développer à une plus basse température, à cause de l’affinité de l’acide phosphorique pour les oxides métalliques.

3yo. Composition. D'après les observations de M. Du long, il parait qu’un métal peut former autant de phosphures que d’oxides , et que dans tous les phosphures métalliques , la quantité de phosphore et de métal est telle , que si ces deux élcmens étaient brûlés , il en résulterait un phosphate neutre ; d’où il suit que dans tous les phosphures , le phosphore et le métal sont dans le même rapport que dans les phosphates neutres correspondans. Cette loi a été vérifiée sur les phosphurcs de cuivre préparés par le troisième procédé, et elle existe évidemment dans tous 1rs phosphures préparés par les 6‘ et 7e procédés. Pour réduire cette loi de composition en uue formule simple, représentons par 1 la quantité de phosphore d’un phosphore , et par y la quantité de métal. La quantité d’oxigène absorbé par le phosphore , en passant à l’état d'acide phosphorique , sera — 1 (178). Celle absorbée par le métal pour passer à l’état d’oxide , sera -7- y ; la fraction -7- étant le rapport de l’oxigène au métal dans l’oxide. Or , d’après la composition des phosphates , la quantité d'oxigène de l’acidc est à celle de l’oxide comme 5 est à a. Nous aurons donc -77 j: : : 5 : a, d’où

Lx ()8i f c'est-à-dire que , dans un phosphure quelconque, les quantités de phosphore et de métal sont dans le rapport des quantités d’oxigène et de métal dans l’oxide correspondant multiplié par 1,81.

371. Histoire et Usages. Les phosphures ont été principalement examinés par MM. Pelletier , Dulong et Rerxélius. Ils sont absolument sans usages.

Combinaisons du Soufre avec les Métaux.

373. Le soufre se combine avec tous les métaux ; lYtude des corps qui résultent de ces combinaisons est d’un grand intérêt , parce qu’il en

existe un grand nombre dans la nature , et que plusieurs sont employés dans les arts. Nous les examinerons d'abord d’une manière générale, puis nous étudierons les propriétés particulières des plus importans.

3y3. Propriétés Physiques. Tous les sulfures métalliques sont solides , inodores ; tous sont insipides , excepté ceux du 2' ordre ; tous sont cassans ; quelques-uns ont l'éclat métallique , d'autres sont ternes et différemment colorés. La température de la fusion des sulfures est plus basse que celle du inétal lorsqu'il est difficile à fondre , et plus élevée dans le cas contraire ; plusieurs sont volatils , tels sont ceux d’arsenic et de mercure.

3 7 4- État Naturel. On ne trouve que i3 sulfures dans la nature, ce sont : les Sulfures de Zinc , de Fer , de Manganèse , d’Étain , d' Arsenic , de Molybdène, d’ Antimoine , de Bismuth, de Cuivre, de Plomb, de Mercure , d’Argent et de Nickel.

375. Préparation. Les sulfures métalliques s’obtiennent par les procédés suivans :

i* En mettant le métal en contact avec le soufre à une température plus ou moins élevée j lorsque le métal est très-fusible , on peut faire le mélange de soufre et de métal , et le soumettre dans un creuset à l’action de la chaleur ; mais lorsque le métal n’est fusible qu’à une température très - élevée , il faut projeter le soufre par fragmens sur le métal chauffé au rouge , ou , mieux encore , il faut introduire le métal dans un tube de verre , et lorsqu'il est incandescent , faire passer un courant de vapeurs de soufre ; lorsque le métal est très-oxidable , comme ceux du 2* ordre , l’opération doit se faire dans une cloche courbe pleine d'azote ou d'hydrogène ; on peut , par ce procédé direct , obtenir les sulfures de presque tous les métaux , et combiner le soufre avec la plupart en une infinité de proportions différentes. La combinaison d’un métal avec le soufre est ordinairement accompagnée d'un grand dégagement de chaleur ; elle est même quelquefois assez considérable pour rendre la masse incandescente ; c’est ce qui arrive pour les sulfures de potassium , de sodium , de enivre , de plomb et de bismuth.

a° En mettant dans un creuset un mélange d'oxide et de soufre , à

ao6 COURS

une température plus ou moins élevée , l’oxide est réduit par le soufre ; il se dégage de l’acide sulfureux, et une autre partie de soufre se combine avec le métal. Ce mode de préparation est applicable à tous les sulfures des métaux appartenant aux 5 derniers ordres , excepté de quelques-uns du dernier , qui sont facilement décomposablcs par la chaleur. Les sulfures obtenus par ce procédé sont très- variables dans leur composition.

3° En décomposant un sulfate neutre par le charbon à une température élevée , l’oxigène de l'acide et de l'oxide est absorbé par le charbon, qui se transforme en acide carbonique , et le soufre sc combine avec le métal : ce procédé est applicable à la préparation des sulfures des 5 derniers ordres ; car les oxides de tous ces métaux sont réductibles par le charbon. Il est évident que par ce procédé on obtient toujours des sulfures conslans dans leur composition.

4* En faisant passer un courant d'acide hydro-sulfurique à trayers une dissolution saline renfermant le métal que l’on veut combiner avec le soufre ; l'hydrogène de l’acide hydro-sulfurique se combine avec l’oxigène de loxidc, il se forme de l'eau , un sulfure métallique qui se précipite , et l'acide libre reste en dissolution. On peut obtenir , par ce ^ procédé , tous les sulfures , excepté ceux des inétaux des 2 premiers ordres et ceux de manganèse , de zinc , de fer , d’étain et d’antimoine. On voit encore que par ce procédé les sulfures obtenus doivent toujours être composés d'une manière invariable.

5* Enfin , le dernier procédé consiste à verser dans une dissolution saline , renfermant le métal que l'on veut combiner avec le soufre , une dissolution d'hydro-sulfate de potasse , de soude ou d'ammoniaque ; il sc forme de l'eau , un sulfure et un nouveau sel à base de soude , de potasse ou d'ammoniaque.

376. Propriétés Chimiques. Soumis à l'action de la chaleur sans être en contact avec l’air, plusieurs sulfures se décomposent complètement, tels sont les sulfures de plusieurs métaux appartenant au dernier ordre; il en est un grand nombre d’autres qui abandonnent seulement une partie du soufre qu’ils renferment , tels sont presque tous les pcr-sulfures ; tous les autres sont indécomposables par la chaleur.

Les sulfures métalliques paraissent n’éprouver aucune alteration , à la température ordinaire , dans Pair parfaitement sec ; mais , dans l’air humide , les sulfures des métaux très-oxidablcs absorbent la vapeur d’eau ; les sulfures des métaux alcalins la décomposent , et il en résulte d'abord un hydro-sulfate , et par l'absorption de l’oxigcne de l’air , un sulfite et un sulfate ; les autres sulfures ne décomposent point l’eau et passent directement à l’état de sulfite et de sulfate. A une température plus ou » moins élevée , tous les sulfures absorbent l’oxigènc de l’air ; au-dessous de la chaleur rouge , les sulfures des 2 derniers ordres sont décomposés , le soufre se dégage à l'état d acide sulfureux , et le métal est mis à nu ; presque tous les autres passent à l’état de sulfates , qui , à une température suffisamment élevée , se transforment en oxides métalliques, et le soufre se dégage à l’état d’acide sulfureux : il faut en excepter les sulfures de magnésium et ceux du 2* ordre , parce que les sulfates auxquels ces métaux donnent naissance sont indécomposables par la chaleur.

On a peu examiné l'action des corps simples non métalliques sur les sulfures. Tous les métaux qui décomposent l’eau à la température ordiuairc forment des sulfures qui jouissent de la même propriété, et donnent naissance à des hydro-sulfates. Il paraît qu’en général les sulfures métalliques se comportent avec les acides comme les élémens dont ils sont composés ; or, comme un grand nombre d’acides ont la propriété d’acidifier le soufre et d’oxider les métaux , un grand nombre de sulfures doivent décomposer les acides qui ne retiennent pas l’oxigènc avec une très-grande force, ' et se transformer en sulfates. 11 parait que l’ordre des métaux , relativement à leur affinité pour le soufre , est à peu près relui de leur affinité pour l’oxigène , du moins le fer enlève le soufre à tous les métaux des ordres suivans (1), et c'est ce qui semble aussi résulter de l’action de l’air sur les sulfures.

.377. Composition. Chaque métal se combine avec le soufre en autant de proportions différentes qu'avec l’oxigènc , et , par conséquent , forme

(1) l)«in* les grandes exploitations , c’est souvent au moyen de la (ante (pie l’an réduit les sulfure» de plomb , d'antimoine et de mercure.

ao8 COURS

autant de sulfures que d'oxides ; de plus , dans tous les sulfures les élémens sont dans le même rapport que dans le sulfate neutre correspondant ; de sorte qu'un proto-sulfure , par la combustion du soufre et du métal , se transforme en sulfate neutre de protoxide , et qu’un deutosulfurc se transforme de la même manière en deuto-sulfate ; du moins c’est ce qui existe dans la plupart des sulfures naturels , et ce qui résulte de la préparation des sulfures par les 3* , 4* ct 5* procédés.

Il est facile , d’après cela , de trouver une formule generale pour déduire la composition des sulfures de celle des oxides ; en effet , x désignant la quantité de soufre renfermée dans un sulfure , ct y, la quantité de métal ; la quantité d’oxigène qui sera absorbée par le soufre , pour passer à l'état d’acide sulfurique , sera (igo) , ct la quantité d’oxigène absorbée par le métal, pour s’oxider , sera Y ; m et n désignant les quantités relatives d’oxigène ct de métal renfermées dans l’oxide -, or , dans tous les sulfates neutres , l’oxigène de l’acide est à celui de l’oxide comme 3 est à i : nous aurons donc la proportion — — : -Ï. y : : 3 : i, d’où l’on lire -j- =•— t c’est- à-dire , que dans un sulfure la quantité de soufre est deux fuis plus grande que celle de l’oxigènc dans l’oxide correspondant.

3"8. Histoire. Pendant long-temps on a cru que Te soufre et les métaux pouvaient se combiner en une infinité de proportions différentes : c’est M. Berzélius qui a découvert la loi de leur composition.

379. Usages. On n’emploie dans les arts que les sulfures de fer , d’arsenic , d’antimoine , de cuivre , de plomb , de mercure et d'argent.

Nous n’examinerons , en particulier , que les sulfures qu’on rencontre dans la nature , et ceux qui sont employés dans les arts.

38o. Sulfures de Zinc. Le zinc ne forme qu’un seul sulfure correspondant au seul oxide de zinc connu ; il est solide , terne , insipide , moins fusible que le zinc. U est composé de 68,72 de zinc ct de 33,28 de soufre , indécomposable par la chaleur ct combustible dans l'air au rouge brun , et se transforme en sulfate , qui se décompose à une température plus élevée. Ce sulfure existe dans la nature en grande quantité ; il porte le nom de Blende. Les blendes ont une couleur qui varie du jaune a n

brun noir. Leur densité est de 4,166. Elles sont souvent transparentes cl quelquefois phosphorescentes par le frottement ! elles existent dans presque toutes les mines. Les plus belles variétés se trouvent à Vieille . département de l'Iscrc ; à Chatclaudren , département des Côtes-du-Nord ; près d’Arras; à Baygory , dans les Hautes - Pyrénées ; en Suède, à Danemora , etc. C’est en calcinant les blendes avec le contact de l'air , qu’on prépare une partie du sulfate de aine du commerce.

38i. Suljures de Fer. Directement le soufre et le fer peuvent se combiner en une infinité de proportions différentes ; mais comme dans la nature on ne trouve que 2 sulfures distincts par leur composition , on peut regarder les sulfures artificiels comme des mélanges de ces sulfures , de fer , ou de soufre. Les sulfures de fer naturel portent le nom de Pyrites de Fer.

Le pCr-sulfure de fer naturel renferme 118,62 de soufre et 100 de fer; il est brillant, d’un gris jaunâtre. Sa densité est de 4, 10 *' 4>?i: sans^ action magnétique ; à une température élevée , il laisse dégager 0,22 de soufre. Dans l'air humide , à la température ordinaire, ou dans l'air sec , à l’aide d’une légère chaleur , il se transforme en sulfate ; mais à une très -haute température , tout le soufre se dégage à l'état d'acide sulfureux , et le fer reste à l’état de tritoxide. Ce sulfure est trèsrépandu dans la nature ; c’est un des minéraux les plus communs ; on le rencontre dans tous les terrains ; il est quelquefois en filons , en masses radiées ou cristallisées en cube et en octaèdre. 11 est employé pour en extraire le soufre et pour former le sulfate de fer.

Le proto - sulfure est jaune, très - brillant , magnétique, plus fusible que le fer ; indécomposable par la chaleur. Sa densité est de 4,618. Il est composé de 100 de fer et de 5<),3i de soufre. Ce sulfure est beaucoup plus rare que le premier ; on ne le rencontre que dans les terrains primitifs. On l’a trouvé en Saxe , en Bavière , en Sibérie , en Angleterre et en France , à l’ouest de Nantes et dans le Puy-de-Dôme.

Les sulfures de fer ne décomposent point l’eau à la température ordinaire ; mais lorsqu'on fait un mélange avec 3 parties de fer , t '/, de soufre et une quantité d'eau suffisante pour former une pâte molle, /. 29

dans l'espace de quelques minutes l’eau est décomposée et il se forme un hydro-sulfate ; cet hydro-sulfate , expose à l'air , en absorbe rapidement l’oxigcne ; il se reforme de l’eau , le fer passe à l'état de tritoxidc , et le soufre est mis à nu. Cette action de l’air a toujours lieu avec un dégagement de chaleur , souvent capable de rendre la masse incandescente. ' Ces observations sont ducs à Lémery , et le mélange dont nous venons de parler est connu sous le nom de Volcan Artificiel de Lémery.

38a. Sulfures d‘ Étain. L'étain se combine avec le soufre en deux proportions différentes.

Le proto-sulfure est solide , brillant , d’un gris bleuâtre ; moins fusible que l’étain , indécomposable par la chaleur ; sans action sur l'air sec ou humide , à la température ordinaire , mais combustible à l’aide de la chaleur ; il se forme d'abord de l'acide sulfureux et un sulfate ; mais , à une température très-élevée , le soufre se dégage à l’état * d’acide sulfureux , et le métal reste à l’état d’oxide. Le proto-sulfure d’étain se trouve en Angleterre , dans le comté de Cornouailles , combiné avec le sulfure de cuivre. Il est composé de 100 parties d‘étain et de 26,57 de soufre ; on peut l’obtenir directement en chauffant un mélange de 3 parties d’étain et de 2 de soufre.

Le dcuto-sulfure , connu sous les noms d'Or Miêssif, d’Or de Jud/e , est solide , d’un jaune d’or ; en petites lames peu adhérentes ; soumis à l’action de la chaleur , une partie se décompose en soufre et en protosulfure, et l’autre se sublime. Il n’existe point dans la nature ; on l’obtient par plusieurs procédés : i* en faisant chauffer un mélange de parties égales de proto-sulfure d’étain et de sulfure de mercure ; 2“ en soumettant à l’action de la chaleur , dans une cornue de verre , un mélange de 2 parties de soufre et d’une d’oxide d’étain ; 3° en faisant passer du soufre en vapeurs dans un tube de verre presque incandescent et renfermant du proto - sulfure ; 4* en soumettant à l’action d’une douce chaleur , dans un ballon de verre , un alliage pulvérisé de 2 parties d’étain , d’une de mercure , d'une partie et demie de soufre et d’une partie d’hydrochloratc d’ammoniaque. Dans ce dernier mode de préparation , le mercure sert à rendre l’étain cassant et facilement réductible en poudre ; on ne sait

•DE CHIMIE. au

pas le rôle que Joue le sel ammoniac. L’or mussif est formé de 100 parties d'étain et de 53, 1 4 de soufre ; on l'emploie pour frotter les coussins des machines électriques et pour bronzer le bois.

383. Suijiires d' Arsenic. Le soufre et l’arsenic se combinent directement en une infinité de proportions différentes ; mais il est probable que tous les sulfures artificiels sont des mélanges de ceux qui correspondent à l’oxide et à l’acide d'arsenic avec du yyjfre ou de l’arsenir.

Le sulfure correspondant â l’oxide blanc d’arsenic ( acide arsenieux ) s'obtient en faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré à travers une dissolution d’oxide d'arsenic dans de l’acide hydro-cbloriquc , ou en mêlant une dissolution d’arsenitc de potasse dans l’eau avec de l’hydro-sulfate de potasse et versant dans le mélange de l’acide hydro-cbloriquc ; ce dernier se combine avec l’alcali , forme un sel soluble , l’hydrogène de l'acide hydro-sulfurique se combine avec l’oxigènc de l'oxide d’arsenic ; il se forme de l’eau , et le sulfure se précipite sous la forme de flocons d’un très-beau jaune. Ce sulfure est composé de ioo parties d’arsenic et de 64,56 de soufre. Le sulfure correspondant à l’acide arsenique s’obtient en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans cet acide en dissolution dans l’eau , ou en décomposant un arseniate alcalin pae un hydro - sulfate , à base également alcaline. Ce sulfure est composé de ioo parties d’arsenic et de 74.6 de soufre.

Les sulfures naturels sont désignés sous les noms d 'Orpiment et de Rraigar ; le premier a la même composition que le sulfure qui correspond à l'oxide blanc d’arsenic ; le second est composé de ioo parties d’arsenic et de 4^,67 de soufre ; il renferme , par conséquent , les y, du soufre que contient l'orpiment , et il correspondrait à un oxide d'arsenic qui renfermerait les yj de l’oxigènc contenu dans l’oxide blanc.

L’orpiment est solide , en masses lamelleuscs flexibles , tendre , d’un jaune d’or , souvent éclatant , sans odeur , sans saveur , très- venimeux. Sa densité est de 3,45. Il est fusible , volatil et combustible dans l’air à une température peu élevée. L’orpiment se trouve en Hongrie, en Transylvanie , en Géorgie , en Yalachie et dans une grande partie de l’Orient ; on

l’emploie en peinture , sous le nom d'Orpin (t) , et dans la teinture , conjointement avec la potasse , pour dissoudre l’indigo.

Le réalgar est solide , rouge , sa poussière est jaune ; il est toujours en petits cristaux rarement bien terminés , ou en masses compactes dont la cassure est vitreuse. Sa densité est de 3,33. Il est fusible et volatil ; il est combustible dans l’air comme l’orpiment. On le trouve dans les cavités des laves, au S'-Gothard , en Saxe, en Bohême , en Transylvanie , en Chine ;3n l'emploie quelquefois comme matière colorante.

On peut préparer artificiellement les sulfures d’arsenic , en mettant dans un creuset très-allongé un mélange d’oxide blanc d’arsenic et de soufre , lu tant le couvercle du creuset , et faisant chauffer seulement par la partie inferieure : le soufre s'empare de l'oxigène de l’oxide , se transforme en acide sulfureux , qui se dégage par la petite ouverture centrale du couvercle , et le sulfure de mercure se sublime et se condense à la partie inférieure du couvercle et contre les parois du creuset. I>c sulfure est jaune à la partie supérieure , et sa teinte est d’autant plus rouge , qu'il a été condensé plus près du fond du creuset. Ainsi , dans l'opération que nous venons de décrire , il se forme de l’orpiment, du réalgar et- un grand nombre de mélanges de ces 2 sulfures, qui se déposent à des hauteurs qui dépendent de leur volatilité.

384- Suljure de Molybdène. Le soufre et le molybdène ne se combinent qu'en nnc seule proportion : le sulfure de molybdène possède l’éclat métallique s il est d’un pris bleuâtre ; toujours en masses composées de lames flexibles peu adhérentes. Il laisse sur le papier des traces comme la plombagine ; mais les traces de sulfure de molybdène , examinées au microscope , sont formées de petites lames verdâtres , tandis- que celles de la plombagine sont composées de petits gTains arrondis d’une couleur grise. Sa densité est de 4./38- H est composé de 60 de molybdène et de 4° de soufre. Le sulfure de molybdène est combustible dans l'air ; il se forme de l’acide sulfureux et de l’acide molybdique qui se dégage sous la forme de fumées blanches. Ce sulfure existe dans la nature , on le trouve principalement au Mont-Blanc , à la mine de Tillot , dans les Vosges , en Saxe , en Suède , etc. On pourrait le former directement. On l’emploie dans les laboratoires pour en extraire l'acide molybdique et le molybdène.

(i) L'orpîmetrt e*l une matière colorante , d'un jaune Irès-vif, mai* il a la propriété de noirrir te bbnc de plomb ( céruie ) ; par conséquent , on doit bien »c garder de mêler ensemble ces deux substance*.

385. Proto-Sulfure d' Antimoine. Ce sulfure a l’aspect métallique ; il est d'un gris bleuâtre , trcs-cassant , plus fusible que l’antimoine ; sa structure est rayonnée. Sa densité est de 4i368. Il est composé de 100 parties d’antimoine et de 35, 57 de soufre ; il est combustible dans l’air , à l'aide d'une légère chaleur ; il se forme de l’acide sulfureux , et de l’oxide d'antimoine sulfuré ; mis en contact avec l’acide hydro-cbloriquc liquide , il décompose l’eau à une température peu élevée, et donne naissance a un hydro-chlorate et à de l’hydrogène sulfuré ( 233 ). Ce sulfure existe dans la nature ; on peut aussi le former directement en faisant chauffer dans un creuset parties égales de soufre et d’antimoine ; l’excès du soufre se volatilise. Le sulfure d’antimoine est très-répandu dans la nature ; on le trouve en France , près d’Uzès , département du Gard ; à Massiac , département du Puy-de-Dôme ; dans le Yivarais , près de St.-Yrieix -, en Toscane , en Saxe , en Hongrie , en Bohême , en Suède et en Angleterre. C’est du sulfure d’antimoine qu’on extrait l’antimoine métallique , en le traitant par la fonte , à une température très-élevée.

386. Sulfure de Bismuth. Le sulfure de bismuth est solide ; sa couleur est analogue à celle du plomb ; il est moins fusible que le bismuth , et cristallise facilement en aiguilles ; il est combustible dans l’air , à une température peu élevée. Ce sulfure existe dans la nature , mais il est très-rare ; on le trouve à Bastnaès en Suède , à Scbnécberg en Saxe , à Joachimsthal en Bohème. Il est composé de too parties de métal et de sa, 5a de soufre i on peut l’obtenir directement , en fondant ensemble dans un creuset le soufre et le métal i l'action est très-vive , et le sulfure devient incandescent à l'instant de la combinaison. Ce sulfure ést sans usages.

38y. Sulfure de Cuivre. Le cuivre se combine avec le soufre en deux proportions. Le proto-sulfure est solide , gris , plus fusible que le cuivre , indécomposable par la chaleur ; il est formé de ioo parties de cuivre et de 25,42 de soufre ; il est combustible dans l’air à une température peu élevée , il donne naissance à de l’acide sulfureux et à un sulfate ; mais, à une température plus élevée , il ne se forme que de l’acide sulfureux et un oxide. Ce sulfure existe dans la nature ; on le trouve à Cliessy , à Saint-Bel près de Lyon , en Cornouailles , dans le Derbyshire , en Suède, en Saxe , en Bohème , en Hongrie , en Sibérie , etc. j on le rencontre en masses amorphes, enfilons et en cristaux qui affectent la forme d’un

prisme exaèdrc ; mais il renferme presque toujours du fer cl en quantité très- variable ; souvent il en contient assez pour prendre la couleur du fer sulfuré ; alors scs cristaux affectent la forme d’une pyramide triangulaire. Le proto-sulfure de cuivre peut aussi s'obtenir directement en chauffant dans un creuset parties égales de cuivre et de soufre ; à l’instant de la combinaison le sulfure devient incandescent, et l'excès du soufre se volatilise. Le proto-sulfure de cuivre constitue une grande partie des mines de cuivre qui sont exploitées ; on emploie aussi le sulfure naturel ou artificiel pour faire le sulfate de cuivre ( vitriol bleu ).

Le deuto-sulfurc n’existe poinL dans la nature ; on l'obtient en faisant passer un courant d’acide hydro-sulfurique ù travers une dissolution d'un sel de dcutoxidc de cuivre ; pour la même quantité de métal il renferme deux fois plus de soufre que le proto-sulfure. Il est sans usages.

388. Sulfure Je Plomb. On ne connaît encore qu’un seul sulfure de plomb ; il est solide , gris , cassant , très-brillant , moins fusible que le plomb. Sa densité est de 7,587. II est composé de 100 parties de plomb et de i5,54 de soufre; il est indécomposable par la chaleur , et combustible dans l’air ; à une médiocre température , il se forme de l'acide sulfureux , et un sulfate ; mais à une température très-élevée , une partie du sulfate se volatilise , et une partie de l’oxide est réduit.

Le proto-sulfure de plomb , désigné vulgairement sous les noms de Galène , d’ Alquifoux , est très-répandu dans la nature ; on le trouve en France, dans les drpartemens de l’Isère, des Vosges, du Finistère , en Savoyc , en Allemagne , en Angleterre. Il est quelquefois cristallisé en cubes ou en octaèdres , mais plus souvent il est en masses d'une structure lamellaire; il renferme souvent de l’argent , de l’antimoine, du cuivre et du zinc ; on peut le former directement en chauffant dans un creuset un mélange de 3 parties de plomb et 2 de soufre ; à l'instant de la combinaison il se dégage beaucoup de lumière.

Le sulfure de plomb constitue presque la seule mine de plomb exploitée; les potiers s’en servent pour former le vernis qu'on applique sur les vases de terre.

38g. Sulfure Je Mercure. Il parait qu’il n’existe qu’un seul sulfure de

DE CHIMIE. ai5

mercure , celui qui correspond au dcutoxide , et que toutes les autres combinaisons que l'on peut obtenir artificiellement sont des mélanges de ce sulfure , et de soufre ou de mercure.

Le sulfure de mercure , connu sous le nom de Cinabre lorsqu'il est en masse , et de Vermillon lorsqu'il est en poudre , est une substance solide , sans éclat métallique , d’une structure fibreuse , radiée ; en masse il est d'un violet foncé , mais il acquiert par la pulvérisation une teinte d’un rouge éclatant. Sa densité est de 10,218. Il est compose de ioo parties de mercure et de i5,88 de soufre. Le sulfure de mercure , soumis à l'action de la cbalcur , sc volatilise sans éprouver aucune altération ; mais lorsque l’on fait passer ces vapeurs à travers un tube de porcelaine incandescent , il se décompose en produisant une violente détonation due à la formation de la vapeur mercurielle ; il est combustible dans l’air à l'aide de la chaleur ; il est décomposé à une température » suffisamment élevée , par un grand nombre de métaux qui s'emparent du soufre qu'il renferme , et mettent le mercure en liberté. A une température peu élevée , ou par la trituration , ce sulfure se combine' trèsfacilement avec le soufre ; mais il laisse dégager ce soufre à une plus haute température.

Le cinabre sc trouve dans la nature mélé avec des substances terreuses ou avec des bitumes ; on le rencontre principalement à Idna en Carniole , à Almaden en Espagne , à Schemnitz en Hongrie , au Pérou et dans la nouvelle Espagne ; mais tout celui qui se trouve dans le commerce sc prépare directement par le procédé que nous allons indiquer. On met le soufre dans une grande chaudière de fonte placé-e sur un fourneau, et lorsque ce corps est en fusion , on verse dessus 4 f°‘s son poids de mercure , en le tamisant à travers une peau de chamois , afin de le diviser et de faciliter sa combinaison avec le soufre ; on obtient ainsi une matière d'un noir violet qu'on désignait autrefois sous le nom d'Ethiops de Mercure ; alors on recouvre la chaudière avec un dôme en terre cuite , percé à son sommet ; on augmente le feu : le soufre en excès se dégage , et à une température voisine de la chaleur rouge , le cinabre se réduit en vapeurs qui sc condensent en masses fibreuses contre les parois in-

lérieurcs du dôinc ; pour obtenir du cinabre plus pur , on le sublime de nouveau. C'est avec le cinabre ainsi préparé que l’on fait le vermillon , en le broyant sous l’eau. C'est principalement en Hollande que l’on fabrique le sulfure de mercure sous ces deux formes différentes ; on n’est point encore parvenu à obtenir en Europe du vermillon aussi brillant que celui qui vient de la Chine.

Le cinabre naturel est employé pour extraire le mercure en le distillant avec du fer. Le cinabre artificiel est employé en médecine , et pour faire le vermillon ; c’est une couleur très-brillante et très-solide.

3go. Sulfure d' Argent. Ce sulfure est solide , gris-noir, très-cassant. Sa densitéest de 6,90. 11 est composé de 100 parties d’argent et de i4,88dc soufre ; il est plus fusible que l’argent , indécomposable par la chaleur , et combustible à une température élevée. Ce sulfure existe dans presque toutes les mines d’argent, mais principalement dans celles du Mexique , de Frcyberg en Saxe , de SchemniU en Hongrie , et de Joachimsthal en Bohême. On peut le former directement par tous les procédés que nous avons indiqués. Le sulfure d’argent se produit constamment à la surface des vases de ce métal qui sont exposés à des émanations putrides , parce que l’acide hydrosulfurique est du nombre des gaz qui se dégagent pendant la fermentation de la plupart des matières animales , et que ce gaz est décomposé par l’argent; c’est encore à la formation d’un sulfure qu’est duc l’altération qu’éprouvent les ustensiles d’argent dans lesquels on fait cuire les œufs. Le sulfure* d’argent naturel est employé pour en extraire le inétal. Les sulfures artificiels sont sans usages.

3gi. Sulfure de Ptaline. Le platine se combine avec le soufre en deux proportions ; le proto-sulfure s'obtient en faisant chauffer fortement un mélange de parties égales de soufre et de platine très-divisé ; ce sulfure est composé de 100 parties de métal et de 16, 55 de soufre ; il est indécomposable par la chaleur , et combustible dans l’air à une température peu élevée. Le deuto-sulfurc s’obtient en faisant passer un courant d’acide hydro-sulfurique à travers une dissolution d'hydro-chlorate de platine. Ce sulfure est noir et facilement combustible dans l’air humide à la température ordinaire < et dans l’air sec par la chaleur ; il est formé de 100 parties de métal et de 33,to de soufre. Ces sulfures sont sans usages.

Le palladium , le rhodium et l 'iridium se combinent directement arec le soufre b.

une température très-élevée ou en calcinant un mélange de soufre et d’hydro-chlorate-ammoniaco de métal. Le sulfure de palladium est formé de 100 parties de métal et de a8,!>8 de soufre ; ceux de rhodium sont au nombre de 3 : sur 100 de métal , le premier contient 1 3,4-4- dc soufre, le second 26,88, et le troisième 4», 32 ; enfin, le sulfure d'iridium , sur roo de métal , contient33,3o de soufre. Les propriétés de ces sulfures sont à peu près les mêmes que celles du sulfure dc platine.

§ VI

Combinaisons de l Iode avec Métaux.

392. L’iode parait se combiner avec tous les métaux ; cependant , on n'a encore obtenu ses combinaisons qu'avec le potassium, le sodium , le zinc, le fer, l’antimoine , le bismuth , le cuivre , le plomb , le mercure et l’argent. Nous examinerons d’abord les propriétés générales des iodurcs.

3g 3. Propriétés Physiques. Tons les iodurcs sont solides , cassons , inodores ; plusieurs sont colorés et ont des teintes très -vives. Les iodurcs de potassium , dc sodium , dc tinc et de mercure sont volatils.

3g4. État Naturel et Préparation. Aucun iodure n’existe dans la nature ; on les obtient par les procédés suivans :

1° En chauffant dans un tube de verre ou dans un atmosphère d’azote le métal et l’iode ; ce procédé est applicable à tous les iodurcs.

2* En versant dans une dissolution saline renfermant le métal que l’on veut combiner avec l'iode , une dissolution d’hydriodate de soude, de potasse ou d’ammoniaque: on peut ainsi préparer tous les iodures , excepté ceux du a"* ordre, dc fer , de zinc , et ceux d'étain et d’antimoine , parce que les oxides des premiers se combinent avec l’acide hydriodique , et forment des sels solubles , et que les iodures d'antimoine et d'étain décomposent l’eau , et se précipitent 5 l'état d’oxide.

3g5. Propriétés Chimiques. Dans l’air humide , à la température ordinaire , les iodures du 2** ordre et ceux de fer et dc zinc absorbent la vapeur d’eau , la décomposent , et se transforment en hydriodates ; tous , du moins ceux que l’on a observés , sont décomposés dans l’air , 1 la chaleur rouge , excepté ceux dc potassium , de sodium , de plomb et dc bismuth ; l'iode se dégage en vapeurs , et le métal reste 5 l’état d’oxide. Tous les iodurcs sont décomposés 5 la chaleur rouge par le chlore , et aucun ne parait l’être à celte température par le phosphore et le soufre. L’eau est décomposée à la température ordinaire par les iodures dc potassium , de sodium , de zinc , dc fer , d’antimoine et d’étain ; il se forme dc l’acide hydriodique , et un oxide métallique ; les quatre premiers seulement produisent des bydriodates , elles deux derniers laissent préci- I. 3o

ut8 COURS

piter l'oxide ; tous les autres sont insolubles. Lorsque l'eau est décomposée par un iodure, elle l'est aussi par les élémens de l'iodure non combinés, mais par l’action de la chaleur ; ainsi l'eau est décomposée 4 une température un peu élevée par l'iode et le zinc , comme elle l'est à la température ordinaire par l’iodure de ce métal. Les acides nitrique et sulfurique décomposent tous les iodurcs connus ; ils oxident le métal , et dégagent l'iode en vapeurs.

3g6. Composition. 11 parait que les iudures sont soumis 4 une loi de composition analogue à celle des phosphures et des sulfures , que chaque métal peut former autant d'iodurcs que d'oxides , et les quantités relatives de métal et d'oxide sont telles que lorsque les iodurcs décomposé l'eau , ils se transforment en hydriotates neutres. Or , dans l'eau il y a 88, 90 d'oxlguc et ii,io d'hydrogène; et comme l’acide hydriodique est composé de 0,008 d'hydrogène et de 0,99a d'iode , il en résulte que ii,io d’hydrogène absorbent 1376,4 d'iode , et par conséquent que dans les iodures la quantité d’iode est à celle du métal comme 1376,4 est à 88,90 , ou comme i5,5o est à ■.

3g7- Histoire , Usages. Les iodures ont été principalement étudiés par RL Gay- Lussac ; jusqu’ici aucun n'a été employé dans les arts. Nous n'examinerons en particulier qu'un petit nombre d’iodurcs.

3q8. Iodure de Potassium. Cet iodure est fusible et volatil au-dessous de la chaleur rouge ; il se dissout dans l'eau en la décomposant. On peut l'obtenir directement en chauffant l’iode et le potassium , et en calcinant l'iodate ou l’hydriodatc de potasse: dans la composition de l'iodate , il se dégage de l’oxigènc , et dans celle de l'hydriodatc , il se forme de l’eau qui se réduit en vapeurs, l'iodure de potassium correspond au protoxidc ; il est composé de 100 parties de métal et de 319,06 d'iode.

399. Iodure de Zinc. L’iodure de zinc est fusible et volatil ; ses vapeurs , en se condensant , forment des prismes aciculaircs à 4 pans ; il décompose l'eau , et donne naissance à un liydriodate soluble. On l'obtient directement en cbaulTant le zinc et l’iode.

4 00. Iodure de Fer. Cet induré s'obtient comme celui de zinc ; il décompose l'eau en formant un hydriodate qui la colore en vert clair.

4ot. Iodure d' Etain. Cet iodure s’obtient en faisant chauffer l'iode avec l'étain : réduit en poudre il est d’un jaune orangé sale ; mis en contact avec l’eau , il la décompose ; mais l'acide hydriodique reste en dissolution , tandis que l'oxide se précipite.

4oj. Iodures de Mercure. Ces iodures sont au nombre de deux. Celui qui correspond au protoxide est jaune , et celui qui correspond au deutoxidc est rouge ; ce dernier est volatil ; ils sont tous deux insolubles dans l'eau. On peut les obtenir en broyant le mercure avec des quantités convenables d’iode , ou en précipitant les dissolutions salines de protoxide et de deutoxide de mercure par l'acide hydriodique , ou un hydriodate alcalin.

Page 1