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752. Le nitrate’ de potasse se forme continuellement à la surface du globe. On le rencontre en efflorescence à la surface du sol, en Espagne, en Egypte, en Perse, dans les Indes, et partout, dans les étables, les écuries, les bergeries, les caves, les celliers, . les granges, les grottes qui servent d’asile aux animaux , et en général dans tous les lieux qui
reçoivent des émanations putrides. D'après les nombreuses observations faites en France, en Allemagne et en Suède, il parait que le salpêtre se forme toujours lorsque des matériaux renfermant de la chaux , de la potasse , et des matières animales et de l’eau , se trouvent exposés à l’action de l’air atmosphérique ; l’acide nitrique se forme de l’azote des matières animales et de l’oxigène de l’air, et la base du nitrate est fournie par les substances végétales ou minérales.
Dans les lieux où les terres sont très-salpétr-ées, comme dans les Indes et en Egypte , on recueille les efflorescences salines qui se présentent à la surface du sol ; on les lessive , on concentre les dissolutions , et on fait cristalliser par le refroidissement. Ailleurs, on recueille des matériaux salpêtres provenant des démolitions du sol des étables , etc. , ou bien on les forme dans des nitrières artificielles. Comme la méthode d’extraire le salpêtre des matériaux naturellement salpétrés et de ceux qui proviennent des nitrières artificielles est la même , nous commencerons par exposer ce que l’expérience à appris de plus positif sur la formation et la conduite des nitrières artificielles ; ensuite nous indiquerons les moyens d’extraire le salpêtre de ces matières, et de le purifier pour le rendre propre aux différens usages auxquels on le destine.
y53. Les nitrières artificielles se composent de terres calcaires meubles, mêlées avec des fumiers et des matières animales ; tantôt elles sont placées sous de vastes hangards , tantôt à l’air libre ; dans tous les cas , dn les remue souvent pour renouveler les surfaces qui sont en contact avec l’air, et on y verse des eaux de fumiers ou des urines d'animaux, de manière à y maintenir une continuelle humidité. Les. matières animales n'éprouvant que lentement l’altération nécessaire à la formation du salpêtre , il s’écoule un temps considérable avant que la masse ait produit tout le salpêtre qu’elle peut fournir ; ordinairement on laisse agir pendant 3 ou 4 ans les matériaux qui sont mis pour la première fois en nitrière ; après ce temps ,. l’opération se fait plus rapidement , et on procède tous les deux ans à la lixiviation des terres. Comme il est important que les matériaux lessivés ne renferment plus de matières animales, parce qu’il s’en dissoudrait une partie qui nuirait beaucoup à
l’extraction du salpêtre , 6 mois avant l’époque de la lixiviation des terres , on ne fait plus entrer de matières animales dans les nitrières , et on ne les arrose plus qu'avec des eaux. La formation de 100 k. de salpêtre exige au moins 75 k. de matières animales sèches, ou 3oo k. dans leur état ordinaire; une exploitation régulière de 1000 k. de salpêtre par an exigerait une masse de matériaux de 34,000 pieds cubes , dont ’/j serait lessivé chaque année. Les nitrières artificielles en grand seraient onéreuses , à cause de la grande quantité de fumiers qu'elles consomment , et de la main d’œuvre ; ce n'est que dans les petites habitations rurales que cette exploitation peut devenir avantageuse par l'emploi des matières animales dont on ne fait pas usage , et du temps que ne réclame pas l'agriculture.
754. Examinons maintenant les moyens d'extraire le salpêtre des matériaux qui le renferment. Les terres salpétrées naturellement ou dans les nitrières artificielles, renferment au plus 5 pour 100 de leur poids de sels solubles. Ils sont au nombre de 7 , savoir : les nitrates de potasse , de chaux et de magnésie, et les hydro-chlorates de potasse, de chaux , de magnésie et de soude. La première opération à laquelle on soumet les matériaux salpétrés , est la lixiviation.
Le lessivage des matériaux salpétrés se fait ainsi qu'il suit : on prend ç un certain nombre de tonneaux ouverts d’un côté , que l’on place sur 3 lignes ; chacun d’eux est percé vers le fond d’un orifice circulaire d’un pouce de diamètre, garni d'un robinet. On commence par mettre au fond une couche de paille , et dessus on introduit les terres salpétrées passées à la claie , et une certaine quantité d’eau ; après un contact de plusieurs heures , on fait écouler les lessives , et on renouvelle les eaux de lessivages , ou par des lessives des autres tonneaux , pour les amener au degré convenable de concentration, ou par des eaux neuves; les lessives qui marquent 10° à l’aréomètre de Baume , sont désignées sous le nom d Eau de Cuite ; les autres, que l’on désigne sous le nom d'Eaux Fortes ou d Faux Faibles , sont mises à part.
Lorsqu'on a réuni uoc suffisante quantité d'eau de cuite marquant au moins io*, on pourrait procéder immédiatement à la concentration
36o COURS
pour faire cristalliser le salpêtre ; mais comme les eaux rertferment une très-grande quantité de nitrate de chaux et de magnésie, on commence par transformer ces nitrates en salpêtre : cette operation porte le nom de Saturation. Celte transformation se fait en versant dans les eaux du sous-carbonate de potasse : le sous-carbonate de potasse décompose les nitrates de. chaux et de magnésie, en précipitant leurs bases à l'état de sous-carhonates. On peut aussi employer le sulfate de potasse; mais alors, comme on ne transforme en salpêtre que le nitrate de chaux , il faut terminer la saturation par du sous-carbonate de potasse. Au lieu de sulfate de potasse , on pourrait aussi employer un mélange de sulfate de soude et d'hydro-chlorate de potasse dans la proportion de $q à g3 : par la réaction de ces deux sels et du nitrate de chaux , il se forme du nitrate de potasse , du sulfate de chaux et du sel marin ; les sels de potasse absorbés dans la saturation , ne sont pas uniquement employés à former du salpêtre avec les nitrates de chaux et de magnésie ; une partie est absorbée par l'hydro-chlorate de chaux qui se transforme en hydrochlorate de potasse en laissant précipiter sa base. Cette portion de potasse est complètement perdue; on a cru pendant long-temps que l’hydrochlorate de chaux n'était attaqué par la potasse qu’après les nitrates : alors il devenait important de déterminer le point auquel il fallait arrêter la saturation. Mais de nombreuses expériences ont appris que la potasse se porte à la fois sur tous , les sels qu'elle peut décomposer , et qu’il est avantageux d'opérer complètement la saturation ; car s’il reste dans la liqueur une certaine quantité dliydro-chloratc de chaux , il reste également des nitrates ; ainsi , quel que soit le mode de saturation adopté , on devra verser les sels alcalins jusqu’à ce qu'il ne se fasse plus de précipité.
Lorsque la saturation des eaux de cuite est complète , on les abandonne pendant quelques heures pour qu'elles se clarifient ; le précipité est composé de sous-carbonate de chaux et de magnésie , de sulfate de chaux, et la liqueur tient en dissolution du salpêtre, de l'hydro-chlorate de soude et de potasse , et de plus une petite quantité des sels insolubles qui restent en dissolution à la faveur d'un excès d’acide carbonique.
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Alors on procède à la saturation. L’appareil dont on se sert ponr cet objet est compose (Jîg. 84 ) d’une chaudière en cuivre a , sous laquelle on brûle le combustible, et d'une autre A, à fond plat, qui est chauffée par la fumée : cette dernière est destinée à élever la température des eaux de cuites nécessaires pour remplacer l'eau qui s'évapore de la première. Aussitôt que l’ébullition commence dans la chaudière a , il se forme des écumes qu'on enlève avec une écumoire et que l’on met à égoutter sur les bords de la chaudière ; en meme temps il se forme des dépôts terreux provenant du dégagement de l'acide carbonique ; on les reçoit dans un chaudron l suspendu au fond de la chaudière. Ce chaudron reste ainsi suspendu jusqu'à ce que le sel marin commence à se précipiter ; à partir de cette époque , on enlève les précipités et les écumes avec des écumoires. O11 reconnaît que la liqueur est à son point de concentration lorsqu’elle marque 8o* à l'aréomètre , ou lorsqu’on faisant refroidir cinq mesures de liqueur , il ne reste après la cristallisation qu’une mesure d’eau-mère. Lorsque l’eau a atteint le degré de concentration , on arrête le feu et on laisse reposer pendant quelques heures, afin de faire déposer tout le sel marin. On verse ensuite le liquide dans des baquets de fer , de cuivre ou de bois , où la cristallisation s’opère ; ello est terminée lorsque la température du liquide est descendue à celle de l’air environnant ; on décante l'eau qui surnage ; on détache le salpêtre , on
le brise , on le brasse avec '/< de son poids d’eau , et , au bout de
24 heures, on laisse écouler l’eau. Les eaux-mères et les eaux de lavage sont réunies et employées dans les opérations suivantes, de même que Tes lavages du sel marin.
Le salpêtre obtenu par les opérations que nous venons de décrire ,
porte le nom de Salpêtre Brut ; il renferme ordinairement 25 p. % de
substances étrangères , qui se composent de sel marin , de chlorure de potassium et de sels déliquescens , et dont , pour la plupart des usages du salpêtre , il est indispensable de le séparer. Le raffinage du salpêtre est fondé sur la propriété qu’il a d’être plus soluble dans l'eau chaude que les sels étrangers qu’il renferme , et sur ce que l’eau saturée de nitre peut dissoudre ces autres sels. On procède au raffinage par le L 48
procédé suivant. On met dans une chaudière 3o parties de salpêtre et 6 parties d'eau ; on chauffe jusqu'à l’ébullition ; une grande partie des chlorures de sodium et de potassium se précipitent ; on les enlève, et lorsqu'il ne se fait plus de dépôt , on clarifie par la colle ; on ajoute 4 parties d’eau et on fait cristalliser dans des vases de cuivre peu profonds , dans lesquels on agite des rabots , pour troubler la cristallisation et obtenir le nitre en poudre. Enfin , ou termine l'opération du raffinage en lavant le salpêtre avec de l’eau pure ou avec de l'eau saturée de ce sel. ,
755. Usages. Les usages du salpêtre sont nombreux : on l'emploie dans la fabrication des acides nitrique et sulfurique , de la poudre , et dans les officines pour former différentes compositions, connues sous les noms de Foie d Antimoine , de Crocus MetaUorum , d' Antimoine Diaphorétique , lacé ou non Inté , de Fondant de llotrou , de Flux blanc et de Flux noir.
706. Le Foie d' Antimoine s'obtient en projetant dans un creuset chauffé au rouge parties égales de nitre et de sulfure d'antimoine ; il en résulte une masse d'un brun-marron, composée de sulfate de potasse, du sulfure de potasse et d'oxide d'antimoine sulfuré.
757. Le Crocus Melallonirn s'obtient en lavant le foie d'antimoine , ou en grillant le sulfure jusqu'à ce qu'il ait perdu son éclat métallique , et le fondant ensuite dans un creuset ; il a un aspect vitreux , un reflet métallique ; il est rouge par réfraction.
768. U Antimoine Diaphorétique s’obtient en projetant dans un creuset chauffé au rouge deux parties de nitre et une partie d'antimoine : ce composé est formé d'oxide d’antimoine cl de potasse en excès ; en fc lavant, il reste de l’oxide avec ’/< de son poids de potasse.
759. Le Fondant de fiotrou s’obtient en plaçant dans une chaudière de fonte un mélange de trois parties de nitre et d'une de sulfure d'antimoine , et y mettant le feu : la combustion est très-vive , et donne pour résidu un mélange de sulfate de potasse et d'oxide d’antimoine combiné avec la potasse.
760. Le Flux bltmc et le Flux noir sont les résidus de la calcination du nitre et du tartratc de potasse ; ils sont uniquement formés d'hy-
drate de potasse ; le dernier est coloré par un peu de charbon qui n’a pas été brûlé.
761. Poudre. La poudre est un mélange de nitre , de charbon et de soufre. Les proportions adoptées en France , sont :
Poudre. . .
. . de guerre . . .
. . de chasse —
. . de mine
Salpêtre.. .
Soufre. . . .
Pour que la poudre soit de bonne qualité , il faut que les trois substances qui la composent soient préparées avec soin , et que leur mélange soit le plus intime possible. On n'emploie jamais que du salpêtre raffiné, qui ne contient aucun sel déliquescent, du soufre raffiné par sublimation , et du charbon fait en vases clos : les charbons de bois tendres et légers sont les meilleurs ; en France, on se sert uniquement de celui de bourdaine. Dans la plupart des poudrières , on fait le mélange dans des mortiers en bois , dont les pilons , garnis à la partie inférieure d'une armure en métal de cloche , sont mus par un courant d’eau ; on ajoute au mélange une certaine quantité d'eau , de manière à obtenir une pâte solide : le battage dure environ i4 heures ; les gâteaux sont ensuite abandonnes pendant 1 jours , afin qu’ils perdent une partie de leur humidité ; après quoi on graine la poudre en agitant ces gâteaux dans un tamis avec une masse de bois de forme lenticulaire ; les grains trop gros et la poussière sont ensuite séparés par des tamis , dont les ouvertures ont des dimensions convenables. La poudre de guerre ou celle de mine est séchée immédiatement , et époussetée après la dessication , pour en séparer la poussière qui s'est formée ; mais celle qui est destinée pour la chasse éprouve encore une manipulation avant d'être portée au séchoir ; elle a pour objet de détruire les aspérités qui recouvrent la surface des grains : pour lisser la poudre , on l’expose d'abord pendant une heure au soleil, afin d'en sécher la surface; puis on l’introduit dans des tonneaux, dont t’axe est horizontal et mobile, et dont la surface intérieure est garnie de liteaux dirigés vers le centre ; ces tonneaux sont
mus par un courant d’eau , les froltcmens continus des grains les uns contre les autres détruisent leurs aspérités, et lissent parfaitement leurs surfaces : après l’opération du lissage, on époussette la poudre, et on la porte au séchoir. La poudre lissée ne salit point les armes, et s'altère bien moins à l’air que celle qui ne l'est pas.
;6i. M. Cliampy fils a découvert un nouveau mode de fabrication , qui paraît plus avantageux que celui que nous venons de décrire , et qui commence b être mis en pratique. 11 consiste , i° à pulvériser séparément les 3 élémens de la poudre dans des tonneaux mobiles garnis intérieurement de liteaux saillaos, et renfermant des balles de métal de cloche ; un ventilateur chasse la poudre la plus tinc dans un réservoir ; a" h faire le mélange dans un appareil semblable , mais dans lequel les balles de bronze sont remplacées par de la grenaille de plomb; 3* à faire une pâte avec too parties de mélange et i/, d’eau , que l’on fait passer à travers un tamis à trous ronds ; les cylindres qui se forment étant ensuite placés dans un tonneau mobile, se brisent et produisent de petits grains très-ronds, que l’on sépare des grains trop gros et de la poussière par des tamis; 4“ à agiter ces petits noyaux humectés dans des tamis contenant du mélange on poudre; les grains grossissent en conservant leur forme ; 5” à séparer les grains d’inégales grosseurs par des tamis ; G’ et enfin , b faire sécher la poudre par un courant d’air chaud.
Les produits de la combustion de la poudre sont gazeux et solides. Les premiers sont formés d’acide carbonique , d’azote , d'oxide de carbone, d’hydrogène sulfuré, d’hydrogène carboné et de vapeurs d’eau; les produits solides se composent de sulfate de potasse, de sulfure de potasse ou de potassium. L’origine de tous ces produits est facile à reconnaître d’après l'action des élémens de la poudre et la présence constante de l’hydrogène dans le charbon (t). On peut facilement recueillir les substances qui se forment dans la combustion de la poudre , en introduisant de la poudre dans une capsule de platine que l’on porte dans une cloche pleine d’azote , qui repose sur le mercure , et enflammant la poudre au moyen des rayons solaires concentrés par une lentille. On peut encore se servir de l'appareil imaginé par MM. Thénard et Gay-Lussac, pour analyser les substances végétales , appareil que nous décrirons bientôt.
(i) Suivant M. Proust , dans b combustion lente de b poudre , il se forme outre les produits que mous venons de designer , de l'acide uitreus , du nitrite de poUusc cl du cyanure de potasse.
Ce sont les corps gazeux qui sc forment pendant la combustion de la poudre qui produisent sa force projectile. Une poudre est d'autant meilleure , que par sa combustion elle produit plus de gaz , et dans un temps plus court. Dans la poudre, le soufre agit principalement pour propager rapidement la combustion , le charbon pour former beaucoup de gaz , et le nitre pour fournir à la combustion de ccs deux substances.
763. Nitrate de Soude. Le nitrate de soude n'existc point dans la nature. On l'obtient en traitant la soude ou le carbonate de soude par l'aride nitrique ; il a une saveur fraîche , piquante et amère ; il est soluble dans 3 fois son poids d’eau, et cristallise en prismes rhoinhoïdaux.
764. JS strate de Lithium. Ce sel n’existc point dans la nature. On l'obtient directement ; il est très-déliquescent , cependant il cristallise en aiguilles ou eu rhomboïdes ; sa saveur est analogue à celle du nitre.
765. Nitrate de Manganèse. la; manganèse , à l’état métallique , se dissout dans l’acide nitrique étendu de sim |>uids d’eau, et forme un proto-nitrate, en donnant lieu, suivant quelques chimistes, h un simple dégagement d’azote; suivant d’autres, il y a aussi décomposition de l’eau et formation d’un peu d’ammoniaque.
Le prolo n'tralc de in ingancsc sc forme aussi , 1 11 en mettant en contact l’acide affaibli et le protoxide ; l’action a lieu tranquillement et sans cITcrvcsccncc : 1° par l’action de l’acide sur le carbonate ; alors il y a dégagement de gaz acide carbonique.
Avec le peroxidc de manganèse , on peut aussi obtenir du proto-nitrate ; mais il faut ajouter de la gomme, du sucre, etc.; et la dissolution, très-lente auparavant , ne tarde pas à s’opérer , parce qu’alors le peroxide est ramené à un moindre degré d’oxigénalion par la combustion de la matière végétale ajoutée ; avec la gomme, il se forme beaucoup de gaz acide carbonique, et avec le sucre , outre cet acide, il se forme encore de l’acide oxalique.
Le proto-nitrate de manganèse est incolore , cristallise en aiguilles , attire l’humidité de l’air atmosphérique , est soluble dans l’eau et dans l’alcool qui brille alors avec une flamme verte. Ce sel, calciné en vases clos, perd son acide, et l’oxide exposé ensuite à l’air, en absorbe l’oxigène avec dégagement de lumière.
Le peroxidc de manganèse ne se dissout que difficilement dans l’acide nitrique , et l’on obtient un sel tris-acidc, incristallisablc , qui tire plus ou moins sur le rose ou le violet.
766. Nitrate de Zinc. Le zinc et l’acide nitrique ont une action si forte l'un sur l’autre, que l'acide étant concentré, le métal s’enflamme , et l’acide est complètement décomposé.
Pour dissoudre le zinc dans l’acide nilrique , on prend celui-ci affaibli de deux fois son poids d’eau et le métal en gros fragmens. 11 en résulte une dissolution incolore qui , par une évaporation ménagée , donne des prismes à quatre pans , comprimés et striés , terminés par des pyramides à quatre faces. Ces cristaux sont très-styptiques , très-solubles dans l’eau et l’alcool, déliqucscens , très- fusibles , et facilement décomposablcs par le feu ; ils détonent légèrement sur les charbons ardens , avec émission d’une flamme rouge.
767. Ni/rate de Fer. Le fer décompose si rapidement l’acide nitrique, même lorsqu’il est étendu d'eau , qu'il n’y a point de proto-nitrate de ce métal , et le protoxidc de fer lui-méme se suroxigène lorsqu'on le traite par l’acide nitrique même affaibli.
Le deutoxide de fer traité à froid par l'acide nitrique affaibli, s'y dissout. Cette dissolution qui a une couleur jaune - verdâtre , et qui passe dans les laboratoires pour être incristallisablc , a donné à M. Vauquelin des cristaux volumineux en prismes carrés avec un biseau, d'une belle transparence et incolores, en laissant long-temps en contact l’oxide noir et l’acide nitrique , et M. Ilaussman prépare ce sel cristallisé , en grand , pour sa fabrique de teinture , en projetant peu à peu du deutoxide de fer dans l'acide nilrique convenablement étendu. Ces cristaux sont violets par réfraction et gris de perle par réflexion : ils sont déliqucscens, d'une saveur acre et slyptique, et deviennent rouges en les jetant dans l'eau, parce qu'alors il se forme un sous-tritonitratc insoluble , ce qui a également lieu en exposant la dissolution à l’air. L'action de la chaleur sur ce sel liquide fait passer aussi l'oxide à l’état de tritoxidc rouge et insoluble.
768. Nitrate d'Elain. L’acide nitrique concentré agit vivement sur l'e’tain , et le transforme en deutoxide qui se précipite en totalité : il se forme de l’ammoniaque , par la combinaison de l’azote de l'acide , et de l'hydrogène de l’eau décomposés.
Si dans l'acide nitrique affaibli, de t,i«4 seulement de pesanteur spécifique , on jette successivement des portions d'étain en grenaille , ou si l'on y plonge des lingots d'étain , il y a aussi décomposition d’une
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partie de l’acide et de l’eau , formation d'ammoniaque et de protoxide d’etaiu qui se dissolvent dans l’acide nitrique non décomposé. Ce protonitrate est jaunâtre , incrislallisablc , très-acide. Si on le concentre par la chaleur , il est décomposé, et son oxide passe au second degré d’oxidalion : évaporé jusqu’à siccité , il laisse un résidu de dcutoxidc et d’un peu de nitrate d’ammoniaque que l’on retire par le lavage.
L’acide nitrique ne dissout pas le deutoxide d'étain , à moins qu’on n’y ajoute de l'ammoniaque : on obtient alors un sel triple , le nitrate arnmoniaro-d étain.
Nitrate de Cadmium. L’acide nitrique étendu de son volume d’eau est facilement attaqué par le cadmium qui s’empare d’une partie de son oxigène , et dé gage du protoxide d’azote. Par une évaporation ménagée, on chasse une partie de l’acide excédant , et l’on obtient des cristaux en prismes ou eu aiguilles ordinairement groupées en rayons. Quoique ces cristaux contiennent 28,37 d’eau de cristallisation par cent , ils sont déliquescens.
770. Nitrate d' Arsenic. L’acide nitrique oxide facilement l'arsenic et dissout une assez grande quantité de protoxide et de dcutoxidc de ce métal. Par l'évaporation, il en laisse déposer une partie , et fait passer l'autre îi l’état d’acide arsénique. Il reste cependant quelques parcelles de cet oxide en dissolution dans l’acide , car on les vuit se précipiter par l'addition d'une grande quantité d’eau, ou d’un peu de lous-carbonatc alcalin.
77 t. Nitrate de Chrdme. L'acide nitrique distillé plusieurs fois de suite et à siccité sur le chrême , le change en oxide vert et le fait passer ensuite à l'état d’acid a. chromique jaune-orangé.
Le protoxide de chrême , précipité récemment par la potasse et hydraté , se dissout aisément dans l'acide hitrique affaibli, qui prend une couleur améthyste, et donne, par l’évaporation, des cristaux octaèdres d’une belle couleur rougc-violetlc , qui sont du sur-nitrate de chrême.
771. Nitrate de Molybdène. On ne connaît pas jusqu'à présent de nitrate de molybdène : il est même douteux que ce sel puisse exister, car on ne voit d'autre action de l’acide nitrique sur le molybdène et sur son sulfure , que l’oxidation et l’acidification du métal et du soufre -par la décomposition de l’acide.
773. Nitrate de Tungstène. Il ne parait pas qu’il existe ou au moins qu’on connaisse encore ce sel , puisque les Chimistes qui se sont le plus occupés du tungstène , assurent qu’il n’y a aucune action de ce métal sur l’acide nitrique , et que les oxides noir ou brun de tungstène , par l’action de cet acide , se transforment en acide tungstique.
77L Nitrate de Colombium. Ce sel n'existe point , car le colombium n’est point attaqué par l’acide nitrique ni par aucun acide connu , et sa seule combinaison arec l’oxigènc refuse de se dissoudre dans les acides ; mais elle sc combine fort bien avec les bases salifiablcs.
775. Nitrate d' Antimoine. L'action de l’acide nitrique concentré et de l'antimoine est très - vire : l'eau et l'acide sont décomposés , il se forme une petite quantité d'ammoniaque , et l'antimoine sc précipite à l’état de deutoxidc.
En prenant l'antimoine en morceaux et l’acide nitrique affaibli de son poids d'eau, il y a formation de proloxide et dissolution peu permanente , car il se précipite du deutoxidc à l’air, suivant quelques Chimistes, et du sous-nitrate, suivant d’autres. L’eau en précipite un oxide blanc, considéré aussi par quelques-uns comme un sous-nitralc , et qui, d’après M. Bertéüus, a la propriété de s’enflammer et de brûler comme de l'amadou , quand on le dessèche.
77G. Nitrate dUrane. L'acide nitrique dissout également bien le métal et ses oxides , mais il sc forme toujours du deuto-nitratc qui varie pour la couleur , car il est jaune , s’il est neutre , et jaune-verdâtre , s'il est acide.
Le nitrate d'uranc est un des plus beaux sels métalliques qu’on puisse préparer dans les laboratoires. En évaporant doucement la dissolution , clic donne, dans l’espace de quelque temps, des cristaux assez volumineux en prismes hexagones et comprimes. Ces cristaux sont solubles dans moins de la moitié de leur poids d cau froide et dans l’eau bouillante, en toute proportion. Exposés à l'actiou de la chaleur, ils éprouvent la fusion aqueuse , sc dessèchent , sc transforment ensuite en sous-nitrate qui est jaune aussi , et finissent par se décomposer complètement. Dans un air froid et humide , le nitrate d’uranc cristallisé devient promptement liquide ; il devient au contraire très - rapidement cfilorcscent lorsque l'air est à 38° et qu’il n'est pas saturé d'humidité.
Distillé avec l’alcool , le nitrate d’uranc donne de l’éther nitrique et de l’éther acétique : l’éther lui -même en dissout o,ao de son poids, cl ta dissolution qui d’abord est jaune, devient verte par l’action de la lumière ; il se sépare une portion aqueuse verte qui contient de l’urane : l’éther prend l’odeur de l’éther nitrique , et enfin , il se sépare une poudre d’un gris-noirâtre qui est du proloxide d'uranc.
Versées dans la dissolution de nitrate d’uranc, la potasse et la soude en précipitent l’oxide en poudre jaune ou deutoxide sans le redissoudre : il n’en est pas de même de leurs carbonates : un excès de ceux-ci fait disparaître le précipité tout à coup : cette propriété pourrait servir à purifier l’oxide d'urane.
Le nitrate d’uranc est composé d'oxide 61, d'acide a3 et d'eau i4-
Lorsque le nitrate d’urane a été chauffé au point de prendre une couleur jauneorangé , il a perdu nne partie de son acide , n'ést plus entièrement soluble dans I eau , et il se précipite un sous-nilrate en poudre jaune.
DE CHIMIE. 36g
777. Proto-Nitrate Je Cérium. On l’ulatient en traitant l’oxide blanc de cérium ou proloxidc par l'acide nitrique étendu d'eau. Ce sel est inrristallisablc , incolore, attire l'humidité de l'air atmosphérique; sa saveur est d'abord piquante, puis trèssucrée, quoiqu’il rougisse le tournesol.
778. Deuto-Nitrate Je Cérium. On l’obtient en traitant l’oxide brun -ronge ou dculoxidc de cérium par l’acide nitrique bouillant. Il est jaunâtre, piquant, sucré, déliquescent et incristallisable , à moins qu’il ne contienne un assez grand excès d’acide ; car alors on obtient , par évaporation et refroidissement , des cristaux blancs qui attirent l’humidité de l’air.
Le deuto-nitratc neutre donne par sa dissolution un sel jaunâtre dont l’alcool à 38” dissout à froid la moitié de son poids : cette dissolution a une couleur rougeâtre , et après la combustion de l'alcool , elle laisse du proto-nitrate blanc.
Le deuto-nitratc de cérium, exposé au feu, se fond, se boursoufle, exhale des vapeurs d’acide nitrique, se décompose enfin, et laisse un oxide couleur de brique.
779. Nitrate Je Cobalt. L’acide nitrique dissout facilement le cobalt ou scs oxides. Il y a dégagement de dcutoxidc d’azote, si on emploie le métal, et d’oxigène, si c’est le deuloxide. La dissolution de nitrate de cobalt est rouge : concentrée et abandonnée â elle-même , elle donne de petits cristaux de même couleur.
Le nitrate de cobalt s’unit à l’ammoniaque en formant un sel double , soluble : le nitrate ammoniaco Je cobalt cristallise en cubes d’un beau rouge , inaltérables à l’air , fusant au feu et donnant de l’ammoniaque par la potasse. Il résulte de l’existence de ce sel que l’ammoniaque ne précipite pas le nitrate de cobalt, dont la potasse et la soude séparent le protoxide hydraté.
780. Nitrate Je Titane. Comme l'acide nitrique attaque â peine le titane et son oxide, même lorsqu'il a été calciné avec la potasse et lavé ensuite à grande eau, on ne prépare le nitrate de titane qu’avec le carbonate ; cette dissolution , d'apparence huileuse, cristallise, par l’évaporation spontanée, en rhombes allongés, transparens ; elle est très-facilement décomposable par la chaleur , qui la rend trouble et en sépare l’oxide de titane.
781. Nitrate Je Biimutb. L’acide nitrique concentré agit avec une extrême violence sur le bismuth : il se dégage beaucoup de gaz nitreux , et le métal est changé en une poudre blanche, qui est de l’oxide pur.
Lorsque l'acide est étendu d'eau , l’action est moins vive et le métal se dissout. En évaporant convenablement la dissolution , on obtient ce sel en gros parallélipipèdes incolores , qui se couvrent d’oxide blanc quand on les expose à l’air. Ce sel est décomposé par la chaleur : on a pour résidu l’oxide jaune , qui est employé , comme fondant , pour la peinture sur porcelaine. Il est aussi décomposé par l’eau: si l’on verse goutte b goutte la dissolution de nitrate de bismuth dans une
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gratuit quantité d’eau , il se précipite sous la forme de flocons Lianes, et quelquefois de paillettes nacrées, un sous -nitrate contenant trois fois plus d'oxide que le nitrate cristallisé, et qui était connu autrefois sous le noua de Magistère de Bismuth ou Liane de bismuth. Il reste dans l'eau un sur-nitrate.
Le nitrate de bismuth fuse légèrement sur le charbon et détone avec le phosphore.
On peut s’en servir comme encre de sympathie. Si l’on trace des caractères avec le nitrate liquide , ils sèchent et deviennent invisibles : mais si l’on trempe le papier dans l'eau , ils deviennent d'un blanc mat , qui les fait très-bien distinguer : ce qui tient au sous-sel qui se forme et reste sur le papier. Kn exposant le papier à de
l'hydrogène sulfuré, les caractères sont noircis de suite. Les cristaux de nitrate de
bismuth sont composés d’un atome d’acide , d’un atome d'oxide et de trois atomes d'eau , ou acide 33,75 , oxide 49,^7 , eau 16, 8fl.
Le sous-nitrate de bismuth, très- employé comme blanc de fard , ne l’est pas sans inconvénient : ce cosmétique rend la peau légèrement rugueuse , et il brunit ou même noircit lorsqu’on l’expose i de l’hydrogène sulfuré ou à des matières qui, contenant du soufre, peuvent en former : changement de couleur qui pourrait avoir lieu d'une manière désagréable sur la figure des personnes qui recourent à cet artifice.
782. Nitrate de Guère. L’acide nitrique agit avec beaucoup de violence , même à froid , sur le cuivre métallique : il se dégage du
deutoxidc d'azote pur , et il se forme un nitrate. Cet acide dissout
aisément le deutoxidc sans effervescence. Concentré , il convertit le protoxidc en deutoxide : quand il est faible , il se forme du deutoxide et un précipité de cuivre métallique.
La dissolution de nitrate de cuivre est bleu foncé. Elle cristallise en parallélipipèdcs allongés , d’un beau bleu : ce sel a une saveur âcre métallique et fortement caustique ; il est trcs-solublc dans l’eau , un peu plus à chaud qu’à froid , et légèrement déliquescent. Chauffé , il fond à 38* dans son eau de cristallisation , qu'il perd bientôt , passe ensuite à l'état de sous- nitrate , et enfin se décompose complètement. Il fuse légèrement sur les charbons ardens ; mêlé avec du phosphore , il détone par le choc ; enveloppé humide dans une feuille d’étain , il l’attaque avec tant de violence , qu’il se produit de la chaleur et de la lumière.
Le nitrate de cuivre est formé de. 29,73 d'acide, 65,3i d'oxide et de 4,94 d'eau.
783. Le Sous-Nitrate de Cuivre se forme quand on verse une dissor
lotion de potasse dans une dissolution de nitrate de cuivre. On l’obtient encore en chauffant le nitrate jusqu a un certain point dans une cornue : il est vert , pulvérulent ou lamelleux , insoluble et formé d'acide 16 , oxide 67 , eau 17.
On se sert du nitrate de cuivre pour préparer les cendres bleues , couleur très-belle , mais qui passe assez promptement au vert par l’exposition à l'air et à la lumière.
Le procédé des fabricans est resté secret : aussi , les uns les regardent comme composées de chaux , d’oxide de cuivre et d’un peu d'eau qui les constitue à l'état d’hydrate. M. Richard Philips les regarde comme un carbonate de cuivre. L’Angleterre a long-temps fourni seule au commerce cette couleur si employée dans la fabrication des papiers peints. On la prépare aujourdliui dans quelques ateliers de France de la manière suivante :
La chaux éteinte , jetée en poudre dans la dissolution de nitrate de cuivre, ayant la propriété non-seulement de conserver le bleu de l’oxide quelle précipite, mais encore de l’aviver, de le rendre plus bleu et de rester combinée avec lui sous la forme et dans l’état de cendre bleue, il faut, dans une dissolution à froid de cuivre dans l'acide nitrique affaibli, ajouter de la chaux en poudre , agiter le mélange afin que la décomposition ait lieu promptement , mettre plus de nitrate de cuivre qu’il n'en faut pour obtenir l’oxide de ce métal pur , décanter le liquide , laver bien le précipité qu’on égoutte sur un linge. On le broie ensuite sur un porphyre ou dans un mortier avec de la chaux vive , dont on ajoute peu à peu de 7 à 10 parties pour 100 du précipité , et qui le fait passer tout à coup du vert tendre au bleu; on l’essaie pour connaître sa nuance , en en faisant sécher un peu à l’air et au soleil. S’il prend une teinte trop claire , on y ajoute du précipité cuivreux. On emploie un peu d’eau pour le mélange et le broiement , si le précipité est trop sec , et on le sèche à l'air.
Lorsque le cuivre azuré natif, carbonate de cuivre, est pulvérulent et mélangé d’une certaine quantité de matières terreuses , on lui donne le nom de Cerulre Bleue Native , par analogie avec la couleur de ce nom ; elle sert aussi quelquefois au même usage.
3 7a COURS
784. Nitrate de Tellure. On obtient ce sel en dissolvant le tellure dans l'acide nitrique. Par une évaporation convenable , cette dissolution donne des cristaux en longs prismes incolores tris-déliés qui se rassemblent en barbe de plume.
U dissolution de nitrate de tellure précipite par l'eau un sous -nitrate soluble dans une grande quantité d’eau.
785. Nitrate de Nickel. L’acide nitrique dissout aisément le nickel et ses oxides. 11 en résulte un nitrate qui cristallise en rhomboïdes, ou en prismes octogones réguliers, d’un vert bleuâtre. Ce sel est soluble dans deux parties d'eau à 12": sa saveur est sucrée d’abord , puis astrjngentc. Il est hygrométrique , il perd même une partie de son acide à l’air; au feu, il abandonne son eau de cristallisation, dont la quantité est évaluée par les uns b ao , et par les autres à 3; ,o3 pour cent, se transforme après en sous-nitrate, et donne ensuite l'oxide pur.
Le nitrate de nickel , inusité dans les arts , est employé dans les laboratoires pour se procurer l’oxide de nickel , le nickel et tous les sels de ce métal.
786. Nitrate d' Ammoniaque et de Nickel. Ce sel double s'obtient en ajoutant un excès d’ammoniaque au nitrate de nickel ; le liquide évaporé donne des cristaux verts dont la dissolution n'est pas précipitée par les alcalis.
787. Nitrate de Plomb. On obtient ce sel en faisant agir l’acide nitrique affaibli par trois à quatre parties d'eau , sur la litharge pulvérisée ; il cristallise en tétraèdres anhydres dont les sommets sont tronqués. Il est blanc et opaque : sa saveur est austère et sucrée ; il est inaltérable à l'air; il se dissout dans huit fois son poids d’eau à t5° et dans une moindre quantité d’eau bouillante ; placé sur des charbons incandesccns , il décrépite ; chauffé à vaisseau clos , il est décomposé en acide nitreux anhydre et en dculoxidc de plomb. Il est composé d’acide 32,69 et de base 67,31.
Il existe un Sous-Nitrate de Plomb , blanc , moins soluble que le nitrate, qu’on obtient en faisant bouillir la dissolution de nitrate avec du protoxide de plomb ; il est composé d’acide 100 et de base 5o3.
788. Nitrate de Mercure. L’acide nitrique dissout le mercure et ses oxides avec une grande facilité ; il forme un proto et un deuto-nitrate qui peuvent se trouver à l’état de sous-sels , de sels neutres ou de sur-sels, en sorte que l’on compte six variétés de ce sel.
789. Proto-Nitrate. On l’obtient lorsque l’acide nitrique , affaibli de quatre à cinq fois son poids d'eau , agit à l’aide de la chaleur sur un
excès de mercure- Cette dissolution, qui est toujours avec excès d acide, laisse déposer, par le refroidissement , des cristaux prismatiques blancs, d'une saveur âcre , styptique , excitant fortement la salive et rougissant le tournesol. Le proto-nitrate de mercure ne tache pas la peau ; il est décompose par l'eau , et il se forme , i" un nitrate acide qui reste dans la dissolution , connu autrefois sous le nom de Remède du Capucin ; 2“ un sous-prolo-ni/rate insoluble, blanc ou jaunâtre.
Il faut remarquer que lorsque le proto-nitrate a été obtenu à froid , il n’est pas décomposé par l'eau , meme lorsque l'acide employé est plus concentré que celui dont on se sert pour le proto-nitrate fait à l'aide de la chaleur. On attribue cette différence à la formation d’un peu d’hyponitrite de mercure en même temps que du nitrate. La dissolution de proto-nitrate de mercure, dont on fait si souvent usage comme réactif, doit être obtenu à froid , afin qu’elle ne contienne point de deuto-nitrale.
C'est en versant goutte à goutte de l'ammoniaque étendu d'eau dans une dissolution de proto- nitrate de mercure qu'on obtient le composé usité en médecine sous le nom de Mercure Soluble cT Ilalmemann. La seule condition à observer, est de faire en sorte qu’une petite partie du nitrate reste dissoute. Le proto-nitrate de mercure entre dans la composition du Sirop de Belet.
On l’emploie, comme réactif, pour découvrir la présence de l’ammoniaque libre , avec lequel il forme un précipité gris cendré ou noir.
On se sert aussi du proto - nitrate de mercure pour découvrir la présence de l’acide hydrochloriquc libre ou combiné , avec lequel il donne lieu à un précipité blanc. Une partie d’acide hydrochloriquc dans 3ooooo parties d’eau , est aisément rendue sensible au moyen de ce réactif.
790. Deuto-jSitrate. Il se forme quand l’action de l’acide est aidée par l’ébullition , et qu’il est en excès. On reconnaît que la dissolution ne contient point de proto-nitrate lorsqu’elle ne se trouble point par l’acide hydrochloriquc ou le sel marin. Si on a employé de l’acide étendu, la dissolution , réduite presque en consistance sirupeuse et abandonnée à elle-même , se prend peu à peu en une masse composée d'un grand nombre d’aiguilles cristallines , dont plusieurs sont jaunâtres. Ce sel est
très-pesant , très-caustique , a une saveur plus insupportable encore que celle du proto-nitrate. Cristallisé , il fuse à peine sur les charbons : il est toujours avec excès d'acide et ne cristallise jamais que dans cet état. Broyé et mis en contact avec de l’eau bouillante , il est décomposé en sur-deuto-nitrate qui reste en dissolution, et en sous -deuto-nitrate qui se précipite sons la forme d’une poudre jaune, qu’on appelait autrefois Turbilh Nilreux. Si l’eau était froide , le précipité formé serait d'abord blanc , passerait au rose par des lavages successifs : on enlèverait à chaque fois beaucoup plus d’acide que d'oxide ; de sorte que le résidu finirait par ne plus être que de l'oxide pur.
Le deuto-nitrate de mercure tache les matières animales en noir indélébile : c’est en le calcinant qu'on fait le précipité rouge ; inélé et chauffe avec la graisse , il constitue la pommade citrine.
Il est aussi employé pour le feutrage des poils de lièvre ef de lapin ; opération qui finit par avoir une influence dangereuse sur la santé de ceux qui la pratiquent : pour cet usage , ce sel se prépare en faisant dissoudre à froid dans l'acide nitrique une petite quantité de mercure , et quelquefois jusqu'au quart de son poids. Ce sel liquide est très-acide ;
11 porte le nom d'Eau Forte des Chapeliers.
On se sert du deuto-nitrate de mercure acide pour préparer la poudre fulminante d'Hoxard. Si l'on fait dissoudre une partie de mercure dans
12 parties d'acide nitrique à 34* de l'aréomètre de Baumé, que l’on y ajoute 11 parties d’alcool à 36*, et que l’on chauffe ce mélange au bainmarie jusqu'au moment où il se produit des vapeurs blanches, épaisses, il se précipite par le refroidissement de très-petits cristaux blancs ou grisâtres , qui détonent fortement par le choc , brûlent avec une flamme bleue et une petite détonation sur des charbons ardens ; ils sont formés d’ammoniaque , d'oxide de mercure et d’une matière végétale particulière provenant de l’alcool. La détonation de cette poudre , effet du choc , résulte d’une réaction nouvelle et subite de ses principes ; il se forme de l’acide carbonique , de l'azote , de l’eau et du mercure. Cette poudre peut servir pour faire l’amorce des fusils à piston.
la? nitrate acide de mercure est employé pour distinguer l'huile d'olive
pure de celle qui est mélangée d'huile d’œillette , à qui l’on a fait subir une purification préliminaire , pour que la fraude soit moins sensible. Il a la propriété de congeler , de solidifier l'huile d’olive , de laisser fluide et colorée en jaune rougeâtre l'huile d'œillette, et de colorer fortement en rouge celle de colza : d'où il suit , qu’en l'employant pour s'assurer de la pureté de l'huile d’olive , les mélanges sont facilement reconnus ; les huiles falsifiées éprouvent un retard considérable dans la- congélation, et la quantité de fluide surnageant décèle celle de l'huile de graines introduite. Ce nitrate acide de mercure s'obtient en dissolvant à froid , dans 2Î parties d’acide nitrique à 47* * l!* parties de mercure. Ce sel reste fluide , propriété qu'il doit à son grand excès d'acide. Pour procéder à l’analyse dont il s'agit , on pèse dans un vase de verre 8 parties de nitrate acide de mercure et 92 de l’huile qu'on veut essayer. On agite fortement le mélange, toutes les dix minutes, pendant deux heures. Si l'huile d’olive est pure, elle se congèle d'elle-mème en trois ou quatre heures dans l'hiver, et six à sept dans l’été; le lendemain l'huile est dure ou concrète , et recouverte d’une couche lisse plus ou moins blanche. On reconnaît que l’huile d’olive est mélée avec celle de graines , lorsqu'après six à sept heures le mélange n’est pas congelé et que la congélation est ensuite nulle ou partielle. Le lendemain de l’opération , on pourra reconnaître la quantité approximative du mélaogc par l’aspect de l'huile d'olive. Elle contient 77; d'huile de graines , si sa surface , faiblement concrétée , présente des configurations mamelonnées ; elle en recèle 777, si elle a la consistance du miel ou de l’huile figée , et par le volume du fluide translucide à la superficie d’un corps grenu en consistance de bouillie épaisse , on voit que cette quantité s’élève depuis 0,1a jusqu’à o,33 , dose à laquelle l’huile falsifiée par celle d'œillette reste fluide, à l’exception dc.cinq à sept millimètres de dépôt concret qu'on trouve au bord du vase (1).
yg 1. Nitrate d' Argent. On obtient ce sel en dissolvant à une douce chaleur l'argent pur, en grenaille ou laminé, dans un léger excès d’acide nitrique pur , étendu de son poids d'eau. L’acide attaque vivement le
(1) Ce procédé d'analyse des huiles est dû h M. Poutet , pharmacien de Marseille.
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métal : il sc dégage du dcutoxide d azote ; l'argent s'oxidc cl se dissout dans l'acide non décompose. On concentre la dissolution pour obtenir des cristaux , et les eaux mères , pour en retirer de nouveaux cristaux par une nouvelle évaporation. Ces cristaux sont incolores, en lames minres, très-larges, très-régulières et de forme variable. Leur saveur est amère. Acre et extrêmement caustique. Ils sont inaltérables A l’air et se colorent en noir à une vive lumière : ils sont solubles dans leur poids d’eau A i5*, plus solubles dans l’eau bouillante. Le nitrate d’argent ne cristallise tpi 'avec un léger excès d’acide; exposé A une chaleur peu intense, il fond , se boursoufle en perdant son eau de cristallisation et l’excès d’acide : bientôt il éprouve la fusion ignée , et si on le retire alors du feu, il est neutre, incristallisable, beaucoup plus soluble que le nitrate acide, et se prend par le refroidissement en une masse remplie d’aiguilles cristallines. Exposé A une chaleur rouge , il se décompose et laisse l'argent métallique. La faible affinité des principes qui constituent le nitrate d’argent est cause de l’action très-énergique que ce sel exerce sur les matières animales : il colore d’abord la peau en un violet foncé, passant au noir indélébile ; il agit ensuite comme caustique , surtout quand il a été privé de son eau de cristallisation.
Le IS’i/rate d'argent fonda , ou neutre , anhydre ( pierre infernale ) , sc prépare en fondant au feu les cristaux de sur-nitrate et en les coulant, après l’évaporation de l'eau de cristallisation cl de l’excès d’acide , dans des moules cylindriques. Ce nitrate présente des aiguilles dans sa cassure: il est parfaitement blanc, si on l'a coulé dans des tubes de verre; il est, au contraire, grisâtre et même noir, si le moule dont on s'est servi est de cuivre. 11 paraît que , dans ce cas , il doit sa couleur A une portion d’oxide d’argent ou d’argent très-divisé , séparé du nitrate par le cuivre , et à une petite quantité de charbon mis A nu par la décomposition du suif avec lequel on graisse la lingotière dans laquelle on coule le sel. La saveur du nitrate fondu est âcre , très-caustique : son nom de pierre infernale lui vient de son action sur les matières animales et de la teinte noirâtre qu'elle leur imprime. Il est employé en chirurgie, comme excellent caustique , pour brûler les chairs fongueuses , ou seulement pour animer
les ulcères : son action est prompte , limitée aux parties qu'il touche , et il n'est point absorbé. On conserve les cylindres de nitrate d'argent dans des flacons bien bouchés , au milieu d'une graine quelconque , pour que , par l’agitation , ils ne se brisent pas.
Pour obtenir du nitrate d'argent pur , sans recourir à l’argent de coupelle , on dissout l’argent monnayé , alliage de cuivre et d'argent , dans l’acide nitrique , et on évapore le liquide à siccité dans un vase de verre : le sel qui en résulte est mis ensuite dans une cuiller de fer et exposé à un feu modéré , de manière à le tenir dans un état de fusion jusqu'à ce que l’ébullition soit terminée; par la fusion, le nitrate de cuivre est décomposé , et son oxide reste en suspension ; le sel est ensuite coulé sur une pierre légèrement huilée : afin de déterminer si tout le nitrate de cuivre est bien converti en oxide noir , on dissout un peu du sel dans l’eau , et on essaie la solution par l’ammoniaque ; si le liquide qui est transparent et incolore , ne prend point de teinte bleue , on peut en conclure qu’il est privé de cuivre. Un réactif bien plus sensible pour déceler le moindre atome de cuivre en dissolution est l’hydro-cyanate ferruré d’ammoniaque , qui occasionne de suite un précipité cramoisi ; si l'on découvre encore quelques traces de cuivre , il faudra continuer la fusion quelque temps. Le sel acquiert par ce traitement une couleur noire, à raison du peroxidc de cuivre mêlé avec le nitrate d'argent. Pour les séparer , on traite par l’eau distillée , qui dissout le nitrate d’argent : on filtre et l'on a une solution transparente et incolore , tandis que le peroxidc de cuivre reste sur le filtre; on ajoute un peu d'acide, et l’on évapore la dissolution pour obtenir le nitrate d’argent en cristaux.
Le nitrate d'argent forme , avec l’alcool , une poudre qui fulmine avec la plus grande force : elle s’obtient comme celle de mercure. On prend une dissolution très- acide et chaude de nitrate d’argent, et on y verse de l’alcool rectifié ; il se forme à l’instant une poudre blanche cristalline, très - lourde , que l'on sépare par décantation et que l’on lave ensuite à plusieurs reprises avec une petite quantité d’eau. Cette poudre parait avoir la même composition que celle qui est à base de mercure. Elle détone par le choc , la chaleur , l’électricité et l’acide I. 5o
sulfurique. On ne doit jamais en préparer qu’une tris -petite quantité, attendu qu'un décigramme est suffisant pour produire une violente détonation. Il ne serait pas prudent de conserver cette poudre dans des flacons, car s’il en restait quelques atomes contre le goulot, le frottement du bouchon pourrait l'enflammer.
Le nitrate d'argent a la propriété de pénétrer la substance des agates et de les colorer en brun ou en violet à une certaine profondeur. Cette faculté a donné naissance à plusieurs supercheries.
Le nitrate d’argent a servi à M. Fulhame pour un nouveau genre de peinture. Comme il est décomposé par le gaz hydrogène , on expose des étoffes sur lesquelles on a tracé des dessins avec le nitrate d’açgent neutre , au contact de ce gaz : l'argent est réduit, et l’étoffe parait couverte d’une feuille d’argent très-adhérente.
Le nitrate d’argent est décomposé par le mercure , et lorsque ce métal est mis en contact avec une dissolution très-faible de nitrate d'argent, l’argent métallique provenant de la décomposition du nitrate se dépose et cristallise en lames brillantes qui s’arrangent en ramifications trèsvariées, que l’on désignait autrefois sous le nom d 'Arbre de Diane. Ce phénomène est produit par une action électrique.
Le nitrate d’argent est aussi employé pour marquer le linge , sans attaquer le tissu et d’une manière inaltérable par les lessives. On humecte la place sur laquelle on veut écrire avec une solution de 64 grammes de sous-carbonate de soude dans 128 d’eau distillée : on laisse sécher; puis on trace les caractères avec une plume imprégnée de la matière dont la formule suit: nitrate neutre d’argent, 12 grammes; gomme arabique en poudre , 16 grammes ; vert de vessie , 24 grammes ; on fait dissoudre exactement ces trois substances dans 64 grammes d'eau distillée , et on conserve la dissolution dans un flacon bien bouché.
La médecine a employé le nitrate d’argent avec succès, à l’intérieur, à la dose d’un ou deux grains par jour , dans quelques affections nerveuses, comme l'épilepsie : on a remarqué qu'au bout d’un certain temps de l'usage de ce médicament , la peau se colore en brun , qui parait indélébile.
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A la dose d’un gramme et au-dessus, le nitrate d’argent est un violent poison , mais qui agit comme corrosif local , à l’intérieur et à l'extérieur. Comme il est toujours complètement décomposé par les tissus et les liquides animaux , on ne peut , le plus souvent , retrouver que l’argent métallique : les moyens à opposer sont les alcalis et l’alumine.
Le nitrate d’argent est le meilleur réactif pour reconnaître de suite dans tous les liquides ( l’éther hÿdrochlorique excepté ) la présence de l’acide hÿdrochlorique libre ou combiné : il s'y forme un précipité de chlorure d'argent , blanc-floconneux , qu'un grand excès d’acide nitrique ne peut point dissoudre , et qu’une très- petite quantité d’aramoniaqne dissout au contraire sur-le-champ.
79». Nitrate de Platine. L’acide nitrique est sans action sur les oxides de platine , et lorsqu'on verse une dissolution de nitrate d’argent dans une dissolution d’hydroclorate de platine , en quantité telle que les deux sels se décomposent mutuellement , l'oxidc de platine se précipite en même temps que le chlorure d'argent , et il ne reste absolument que l’acide nitrique dans le liquide. Ainsi t il n’existe point de nitrate de platine.
793. Nitrate de Rhodium. Le peroxide rouge de rhodium, récemment précipité, à l’état d’hydrate , de l’hydrochloratc de rhodium et de soude par la potasse , se combine avec l’acide nitrique et donne un sel rouge qui n’a pas encore été bien examiné.
794. Nitrate de Palladium. L'action de l’aride nitrique blanc et concentré sur le palladium est très-lente , et l’acide retient tout le gax nitreux qui se forme. Le sel produit est rouge , et donne , par l'évaporation , une poudre qui parait être un sous-nitrate.
795. Nitrate d’Or. L’acide nitrique concentré dissout le deutoxide d’or. Cette dissolution, d’un brun - jaunâtre , est à peine étendue d'eau, que tout l’oxide s’en précipite. Elle abandonne une partie de son oxide par l’évaporation , et si on la réduit à siccité , le résidu , qui est noir et qui reste appliqué sur la capsule comme un vernis, est* un mélange d’oxide et d'or réduit. Cependant, lorsque l’oxide d'or est mêlé avec l’oxide de xinc ou de manganèse , il devient sensiblement soluble dans l’acide nitrique étendu de trois â quatre fois son poids d’eau.
7g6. Nitrate d'iridium. Inconnu.
797. Nitrate d' Ammoniaque. Ce sel , ordinairement cristallisé en aiguilles, est acre, piquant. 11 est soluble dans deux parties d’eau à i5% et dans moins d’une partie d'eau bouillante ; exposé à l’action de la
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chaleur , il éprouve d'abord la fusion aqueuse , laisse dégager son eau de cristallisation et un peu d’ammoniaque , ensuite il éprouve la fusion ignée : si la température n’est pas très-élevée , le sel se décompose lentement et donne pour produit de l’eau et du protoxide d’azote ; mais si la température est élevée , la décomposition du nitrate d’ammoniaque 3 lieu instantanément et avec flamme; il se forme de l’eau, de l’azote et du deutoxide d'azote. Le nitrate d’ammoniaque n’existe point dans la nature ; on le prépare en versant un léger excès d’ammoniaque dans l’açide nitrique , et faisant évaporer jusqu’à pellicule. Il est formé de a4,o6 d’alcali et de 75,94 d'acide. >
B. Des Sous - Nitrates.
798. Les oxides insolubles sont les seuls qui puissent se combiner avec l’acide nitrique de manière à former des sous -nitrates. Ces sels ont été peu étudiés ; on sait seulement qu'ils sont tous insolubles , et que leur composition est très -variable. En parlant des nitrates , nous avons examiné tous des sous-nitrates dont les propriétés sont importantes.
. Des Nitrites.
799. On désignait ainsi les sels que l’on supposait formés par l’union de l’acide nitreux et des oxides métalliques ; mais on a reconnu que l’acide nitreux n’est pas susceptible de former des sels , et que toutes les fois qu’on le mettait en contact avec un oxide , il se décomposait en donnant naissance à un nitrate et à un hypo- nitrite. ,
§ III
Des fhpo- Nitrites.
8do. Ces sels avaient d’abord été désignés par le nom de Per-Nitrites.
Cette expression , justement critiquée ; a été remplacée par celle û'Hypo- Nitrites. , ,,
801. Propriétés générales. Les hypo- nitrites sont peu connus. On n'a encore obtenu, à l'état de pureté, que ceux à base de plomb, d’ammoniaque et de cuivre. Voici cependant les propriétés générales qu'on a déduites des expériences faites.
Tous les hypo -nitrites neutres sont solubles, et peuvent former des sous - hypo - nitrites insolubles. Toits sont décomposés par le feu, et laissent dégager de l'acide nitreux, de l'oxigène et de 1 azote. A la température ordinaire , ils n'absorbent pas sensiblement l'oxigène de l'air atmosphérique ; mais , en les faisant chauffer dans des vases ouverts , ils passent rapidement à l'état de nitrates. Ils sc comportent • avec les corps combustibles comme les nitrates , mais b combustion qu'jls produisent est un peu moins vive, parce qu’ils contiennent' moins d’oxigène que ecs derniers sels. Les hypo- nitrites sont décomposés par les mêmes acides que les nitrates ; mais l’acide hypo-nitreux est toujours décomposé lui-même en acide nitreux et en deutoxide d'azote. Aucun hypo- nitrite n'existe dans la nature ; on ne les obtient purs que très-difficilement. La calcination des nitrates est un procédé sur lequel on ne. doit jamais compter , car on ne peut pas reconnaître l'instant précis auquel on doit l’arrêter pour être sur que tout le nitrate a été transformé en hypo-nitritc , et qu'aucune portion de ce dernier n’a été décomposée. Il paraît, d'après Berzélius, que dans les hypo -nitrites neutres la quantité d’oxigène de l’oxide est à celle de l’acide comme i est à 3. Dans les sous - sels , ce rapport est très-variable.
802. Hypo- Nitrite de Plomb. On connaît trois hypo-nitrites de plomb, un hypo-nitritc neutre & deux sous-hypo-nitrites.
L’hypo-nitritc de plomb est' très-soluble ; il cristallise par évaporation spontanée en octaèdres de couleur jaune-ciUon ; sa saveur est sucrée et astringente. On l’obtient en enlevant au sous-hypo-nitritc au maximum la moitié de son oxide , par l’acide sulfurique.
Iæ Sous- ffypo-Nilrite au maximum s’obtient en faisant bouillir pendant quelques heures une dissolution de nitrate de plomb avec un excès
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de plomb en lames minces. Ce sel est d’un rouge tendre tirant un peu sur le jaune : il verdit le sirop de violette. 100 (farties d’eau en dissolvent une à la température de 20 -à 25*; il cristallise en aiguilles, qui se réunissent en étoiles.
Le Sous- Hypo- Nitrite au minimum s'obtient, 1* en faisant bouillir 1 00 parties de nitrate de plomb avec 62 parties de plomb laminé ; 2* en faisant passer un courant d’acide carbonique à travers une dissolution de sous-hypo -nitrite au maximum , pour précipiter la moitié de l'oxide , filtrant la liqueur et faisant évaporer. Ce sel cristallise en lames feuilletées jaunes ; sa saveur est astringente et sucrée ; il verdit le sirop de violette et se dissout dans 12 fois son poids d’cati bouillante.
803. llypo - Nitrite d' Ammoniaque. Ce sel s’obtient en décomposant l 'hypo-nitrite neutre de plomb par le sulfate d’ammoniaque; il se forme un sulfate de plomb , qui se précipite , et un hypo-nitrite d'ammoniaque , qui reste en 'dissolution.
804. Hypo-Nitrite de Cuivre. Ce sel s’obtient en décomposant l’hyponitritc de plomb par le deuto-sulfate de cuivre; Phypo-nitrite de cuivre reste en dissolution. On pourrait par le même procédé préparer tous les hypo-nitrites des bases qui forment des sulfates neutres solubles,
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RESUME DU CHAPITRE III
Sels dont l'Acide est composé d' Azote et d'Oxig'ene.
Nitrates neutres.
PROPRIÉTÉS
PA&TICUUtAl».
Totu les nitrate» sont décomposé» par 1a chaleur ; il m dégage de l'oxîgène , de l’asotc et de l'acide nitreux. Dans cette décomposition , iU brûlent tou» le» métaux et tou» les corps simple» non ménlbqun , excepté l'atole et le chlore.
Le» acides sulfurique , phocphorique , fluoriqne , arsenique „ hydrochlorique et borique décomposent tous le» nitrates.
Tons les nitrates neutre» sont solubles.
On ne trouve dans la nature que 3 nitrate», ceux de potasse, de chaux et de magnésie.
Le nitrate de potasse s’extrait des matériaux qui le contiennent. Tous tes autres »'obtiennent en traitant les métaux , leur» oxides , leur» sulfure» ou leur» carbonates par l'acide nitrique.
Dans les nitrate» neutre» , la quantité d'oxigène de l'oxide est h celle de k l'acide :: ■ :5 et a la quantité d’acide 1:6,77.
fit ’itrate de Zircone. Sel toujours acide , incristaliisablc. S'obtient en traitant la xircone en gelée par l’acide nitrique. Le sou»- carbonate d'ammoniaque y forme un précipité soluble dans un excès de sous-carbonalc d'ammoniaque.
Nitrate hde Thorine. Sel incristaliisablc; par faction de la chaleur, l'oxide se précipite ; il se forme directement en traitant la thorine par l'acide nitrique.
t Vitra te d' Alumine. Sel acide , très-soluble , incristaliisablc, Sa dissolution concentrée se prend en une masse visqueuse.
Nitrate de Glucine. Sel acide , astringent , »ucré , déliquescent , incrislalli- 1 sable. Sa dissolution concentrée se prend en une masse visqueuse Les sous-carbonates alcalins forment , dans la dissolution de ce sel. des précipités V) lubies dans un excès de sous-carbonate. On l’obtient directement.
Nitrate d' Yttria. Sel- acide , sucré , astringent t déliquescent , incristaliisablc. Sa dissolution forme avec le sous-carbonate d'ammoniaque un précipité soluble dans un excès de ce sel , et avec les sou» -carbonate» de soude et de potasse des précipité» insolubles dan» un excès de ce» tel» alcalins Le nitrate d’yttria s'obtient directement.
Nitrate de Magnésie. Trè»-amer, déliquescent, crislallUr en aiguilles ou en prismes. On l'obtient en traitant la magnésie ou »on carbonate par l'acide nitrique. Il existe tout formé dans 1rs matériaux salpêtres. Le nitrate de magnésie forme un sel double avec l'ammooiaque. Les autres alcalis le précipitent en totalité.
Nitrate de Bariie. Sel acre , cristallise en cubes anhydres. S'obtient en décomposant le sulfate naturel par le charbon b la chaleur rouge , dissolvant le sulfure dans l’eau , versant de l'acide nitrique , filtrant et faisant I évaporer. Ce tel est employé comme réactif pour reconnaître la présence \ de l'acide sulfurique libre ou combiné.
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barite.
colorer
| PROPRIÉTÉS p*»LTICOllt«»-
YM« de Strontiaeu. Sel efllore»ccnt , plu» aduble que le nitrate de S'obtient p Jr le mime procédé. Ce « ]mnt de U propriété de tn rouge 1» flemme d’une bougie ou de I alrool.
Nitrate de Omur. Sel déliquccen. , Irt.-aduMe dans l'eau, ine™t.HÛ*We, tre»-soluble dan» l'alcool Calciné , il e»t photphorccenl. U einte dan» le» matériaux .alpétré». On peut le former directement.
... , „ , .a/neW 1 Sa »a»eur rat fraîche et piquante ; 11 e»l
ferï r ïinsife
* .*Uil- • * .• olprirti «I l éraporalion de ce» lessive*
p,r r n ‘ôbtien" fo »alpèt« du commerce. On pmi former de» nitriére» que Ion obtient « “îjl;rri ,, de» terre» calcaire. , qu'on abandonne
rffmhni pendant plusieurs année». Le salpêtre e.t emploie dan» b fabrication de^aude sulfurique , de b poudre a canon rl de pln.ieur» autre» produit» chimiques.
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piqianle^ Imère ; il J? tr^luble et cmtalli* en prûme» rbomboldaue,
* \ . • NV^istc point dans la nature. On l’obtient directement.
’X'X/Jtmdr' Le proto-nitrate de manganèse e.t incolore . déliftdrntr d. Mandant e * ni., , diuoul dan» l’alcool, d colore sa flamme queacenl . r„ b manganèse, e protoxide ,
Z ««ÏXir ^racWenitrimie; ». en Imita,,, le perox.de mêle avec
du •urre °u de d S^opn»" todour» »'vec un grand excès d’xcide U in„r,a..tfi'er cl tiretur Ç rose. On Obtient directement.
. * r... t ..1 très-slvpliqne , déliquescent ; rrutallise en pramn
W"o^btf,^« tmiun. tl&’ lÆ nitrique bible, parce, que ^■.dé concentré agi. arec trop de nolence.
. »' Il nVakte ni proto ni per-mtrate de fer ; car I acide ni-
Nitraie de Fer. à l’état de peroiide , et ne d.ssoul pa* ce
tnque Wf P»«*r ! T ^ ju di»oat * froid le deutoe.de ; il en re-
^o’nHrale il^mmonbqiie ' ' i^m^l^niàq^lV,rendF»o—
lblei,b'ld^tfl»'dr tS"rJSrûHÎ:: W- *•» « « «*
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soluble. directement en traitant le métal par l’acide
Nitrate de Cadmturn. S° J pHsmc* ou en aiguille».
nitrique faible; , cm J P - tentent l’amenic ; une mande Nitrate rl'Jrrentc.L ac.de "jf"!"* . ’ „ une , ré, -petite portion d oxide