‹ Cours de chimieChapitre 20 sur 61 · PEN NN LS · texte numérisé non relu

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» COURS au contraire, il a peu d’affinité pour l’eau , il peut en abandonner, on le nomme efflorescent. Ces propriétés ne sont pas absolues, elles dépendent de l’état hygrométrique de l'air; et, en général, 4 tous les sels sont déliquescens dans un air com- plètement humide, comme cela arrive dans une 1 Î cloche reposant sur l’eau. Ainsi le sucre, le nitre, L qui se maintiennent solides dans toutes les cir- : constances dans de l'air libre (qui n’est jamais | saturé, même quand il pleut), fondraient s'ils étaient placés dans de Fair complètement saturé. Je parle des sels solubles dans l'eau. Ainsi dans | un air saturé tous les sels sont déliquescens. La quantité d’eau variant sans cesse dans l'air, S

la déliquescence commencera pour chaqueselà un

Le nitre est déliquescent à 97° du même bygromètre. Dans toutes les circonstances hygromé- d

triques de l'air, on trouve des sels déliquescens.…

DE CHIMIE. 5 Jair, et il a tant d’aflinité pour l’eau, quil peut enlever à l'air un seul centième qu'il contiendrait.

Le phénomène de l’efflorescence est en quelque sorte opposé à celui-là, car 1l se produit lorsque le corps cède de l'humidité à l'air. Le sulfate de soude exposé à l'air, perd sa transparence, et tombe en poudre impalpable, et l'on dit qu'il s’effleurit. Beaucoup de sels sont dans .ce cas, mais cet effet dépend de l’état de l'air. On a supposé que quand un sel s’effleurit, 1l abandonne toute l’eau qu'il contient : c’est une erreur, la

plupart n’en perdent qu'une portion. Il y en a $ quelques-uns qui l’abandonnent entièrement, et ‘Me sulfate de soude est dans ce cas; mais le carbonate et le phosphate de soude, quoique ef- Dee, conservent toujours de l’eau. Les sels

de ce dernier ordre contiennent plusieurs ato-

.. d'eau; en sorte que si un sel renferme dix atomes, par exemple, on doit concevoir que le

dixième est retenu avec moins de force que le

it ainsi ne paraissent pas suivre la loi des

fgel

RG AE ME

vide; mais il fait obstacle à la rapidité dela vapo=

risation en retardant le mouvement des molécu- à

proportions définies ; c’est comme l'état hygrométrique des bois et des autres substances quis péuvent se dessécher et perdre des quantités variables d’eau, par termes rapprochés, et non par sauts, comme dans les proportions définies. Dans quelques circonstances qu’on prennelessels, ayant éprouvé un commencement de déliquescence ou d’efflorescence, on ne trouve jamais l’eau en proportions définies.

L'air ne dessèche Jamais parfaitement les corps, car jamais 1l ne descend au-dessous de 40° de l’hygromètre, et dans ce cas il renferme encore un quart d'eau ; mais on peut, par des moyens | artificiels, augmenter la dessiccation. Il suit ! de mettre sous une cloche le corps que l’on veut dessécher et de la chaux, ou de l'acide sul furique … concentré, et l’eau sera absorbée. |

On sait que l'air ne s'oppose pas au dévelop-

de la vapeur est la même dans l'air que dans le …

les. Si l’on veut aller plus vite, on fait le vide sous.

DE CHIMIE. 7 Ja cloche : la vapeur se répand alors avec plus de rapidité, et l’on arrive promptement au résultat. On parvient encore à dessécher plus completement les corps au moyen de la chaleur. On les place sous une cloche où l’on a mis aussi de l'acide sulfurique ; on chauffe : la tension de la vapeur devient de plus en plus grande, et, suivant la température à laquelle on s'élève, on obtient une dessiccation plus ou moins parfaite. Ce moyen est de beaucoup préférable à l’autre.

Dans quelques circonstances, on ne peut s’y prendre ainsi; mais, quand on peut exposer les corps à une température élevée, l'emploi de la chaleur est préférable. | | | Il faut nous occuper maintenant de l’action des corps simples sur les sels. Nous ne parlerons que de celle du carbone, de l'hydrogène et du potas- sium. Si l’on a des sels formés par des acides, dans lesquels l’oxigène n'est pas retenu fortement, on peut l'enlever par le carbone, qui alors se change

en acide carbonique ou en oxide de carbone,

hydrogène qui forme de l'eau, le phosphore qui

forme de l’acide phosphorique, le potassium qui

bte.

peut décomposer la plupart des sels. Nous allons * voir maintenant l'action des acides et des bases.

Quand on a un sel, c’est-à-dire un composé « d’une base et d'un acide, et qu’on verse dessus : un autre acide, la base se partage entre les deux acides, celui avec lequel elle était d'abord com= binée, et celui que l’on a ajouté : c’est là un fait général. Ainsi, on avait, je suppose, du chlorure de sodium, qu’on peut considérer, en dissolution , comme hydro-chlorate de soude > On y verse de l'acide sulfurique ; on aura deux acides, bydro-chlorique et sulfurique, qui se partageront la base. Si l’on mettait de l'acide sulfurique en excès, 1] y aurait une partie de l’autre acide . qui deviendrait libre dans la liqueur; et si cet acide était de nature volatile, il se dégagerait; mais s’il était de nature fixe, il resterait; et pen= dant qu'il serait présent, on concoit qu'il cher- à | cherait toujours à s'emparer de la base, en sorte k que celle-ci serait partagée entre les deux acides, chacun des acides s’opposant à l'action de l'autre. S Il y a beaucoup d’acides qui ne sont pas volatils : ÿ

il y en a qu'on peut considérer comme liquides, <

| parce qu'ils sont toujours unis avec l’eau. Toutes les fois que l'acide sera retenu dans le liquide de manière à ne pas s'échapper dans l'atmosphère, il faut le considérer comme fixe. Dans l'exemple que nous venons de citer, l’acide hydro-chlorique que nous avons mis en liberté va s'échapper, car il est volatil, si au préalable nous n'avons pas dissous le sel; mais si nous avons eu cette précaution, le gaz hydro-chlorique va lui-même demeurer en dissolution dans cette eau, et devra être considéré comme fixe. l'acide sulfurique agit de la même manière dans les deux cas; mais, dans le second, il est retenu par l'eau, et la décomposition doit être moins parfaite, puisque les deux acides se combattent, tandis que rien n’arrête son action dans le premier. On pourra donc concevoir que l’affinité dés acides pour les bases | dépend beaucoup de la fixité de ces corps, et suivant qu'on opérera dans des circonstances favorables, un acide volatil pourra être considéré

omine, fixe. Nous venons de voir que, dans l’ex-

u par l'eau ; si l’on chauffe, il se dégagera

rience ci-dessus , l’acide hydro-chlorique est

mie

avec l’eau, et l'acide sulfurique reprendra le dessus. On pourrait dire, dans ce cas, que l'acide hydro-chlorique a moins d'affinité ; mais cela tient seulement à ce qu'il devient volatil à la | température à laquelle on opère : cette propriété est même mise en usage pour la préparation du \ | sulfate de soude. |

Nous allons trouver avec les bases des phénomè- 4 nes analogues. Si l’on prend un sel en dissolution, * et qu’on ajoute une autre base, l'acide va se partager entre les deux bases. Prenons du chloruré de “ barium ; si nous ajoutons de la potasse caustique, | aussitôt le chlore va se partager entre le barium

et le potassium - si l'une des bases est moins so- «

"4 luble que l'autre, une portion sera mise en li- 4 ;

Ê » r se . , e . | / berté, et formera un precipite; si, avant de faire A pp «+ j ° Q <l 7 l'expérience, j'ajoute de l’eau au chlorure de ba-w

rium, il n’y aura plus de précipité, tout sera,

dissous. On voit que ces deux phénomènes sont,

- de même nature; car la base peu soluble corres- Fr à l'acide volatil, et le précipité au dégage ment du gaz. Dans l’un et l’autre cas, une ‘RE

Lité d’éau suffisante peut retenir les deux corps:

À Dh conclura de là que si l’on verse une base Qans à un sel, c'est la base qui ne peut pas rester en dissolution qui se séparera. Ainsi, les sels de chaux solubles seront précipités par la baryte et la strontiane , etceux-ci à leur tour par la potasse ou la soude. Il faut donc concevoir que les deux bases se partagent, ou bien qu'il y a dégagement ou précipité. J'énonce cela d’une manière générale, mais on aura occasion d'y revenir en détail. Je borne là les généralités sur les sels, et je vais commencer à m occuper des genres. Je commence

par les borates.

GENRE BORATE,

L'acide borique forme les sels qu'on appelle borates, On peut obtenir des sels à divers degrés de neutralisation ; ainsi nous pourrons former plusieurs borates avec la même base. Une base

peut se combiner en général avec deux, trois, el

même un plus grand nombre de proportions du n TE ème acide, et récipr oquement.

ous entendons par sel neutre, un ss né

un atome de base et un atome d'acide; ainsi

nous pourrions prendre pour notre atome d'acide un nombre ou une quantité qui forme avec la soudelesel neutre. Mais l'acide borique neutralise mal ; d’ailleurs ce genre contient peu d'espèces; . il n’y a même que le borax qui soit bien connu, et qui ait de l'importance, de sorte qu'on s'est déterminé à le prendre pour sel formé d’un atome de base et d’un atome d’acide. Or, ce sel n’est pas, 4 neutre; il a une assez forte réaction alcaline, qui. est même sensible à la saveur. Il renferme donc un excédant de base, et l’on aurait pu choisir celui ! 4 dont la neutralité est plus parfaite ; mais tout cela : est de convention. Au reste, on a une grande la-s titude pour le choix du corps qui sert à détermi-« ner le poids de l'atome d'un corps. Nous nomme-. rons équivalent, proportion ou atome du bore,. le nombre suivant :

Nous avons donné à l'atome d’oxigene l'unité! pour poids; la quantité du bore qui lui correspond est...:,...s.ses.ecesmett 0,6709:

Cet atome de bore s'unit à deux atomes | d'oxigène pour former l'acide borique.. 2,0000

Poids. de l'atome d'acide borique.... 2,07 90

Da CHIMIE. 17

4 Cet atomed'acide borique pesant 2,6700, s'unit à un atorne de soude pesant 3,9089 pour former l'atome de borax, qui par conséquent pèse 6, 5888. - Les borates ont les caractères suivans : quand on les expose à l’action de la chaleur, ils entrent en fusion à une chaleur d’un rouge cerise, et la plupart donnent un verre transparent, sans altération ; au moins n’y en a-t-1l qu'un petit nombre, comme ceux formés par les oxides réductibles, qui pourraient être décomposés eux-mêmes, et l’on a peu fait d'expériences à cet égard; les autres ne sont pas alterés à la plus haute température. Parmi les corps combustibles, nous indiquerons l’hydrogène, qui peut les décomposer à une chaleur pres-

que blanche, en donnant naissance à de l’eau, en ré-

duisant l’acideetla base, ettransformant le borate

‘en borure, comme cela arrive pour ie borate de fer, etprobablement pour ceux des autres métaux. On peut obtenir des effets analogues avec le charbon.

Fi voit qu’en traitant le borate par l'hydrogène,

n a deux affinités : celle de l'hydrogène pour

’oxigène , et celle du bore pour le métal.

5 acides décomposent presque tous les bo-

‘tresacides fixes, comme l'acide phosphorique, ar»

On peut verser sur une très petite quantité d'un.

14 | COURS rates. L’acide carbonique, dans les circonstances w ordinaires, ne peut cependantles décomposer; car il est très volatil, etse dissout dansl’eau en petite. quantité. Si l’on fait usage de l'acide sulfurique ou | de l'acide nitrique, qui sont très solubles, ilss’emparent de la base, suivant les lois que nous avons.

posées : l’acide borique est mis en liberté, et, s'il | n’y a pas assez d’eau pour le dissoudre, il se préci- « pite. L’acide carbonique peutaussi décomposer les M borates, si on l’a rendu liquide par la pression. Un caractère essentiel de ces sels, c’est qu'il nese.

produit pointd’effervescenceen y versantun acide, *

Îl est vrai que c’est un caractère commün aux au-

sénique, sulfurique; mais, comme ceux-Ci ont des caractères particuliers, il n’est pas possible de les à confondre. D'ailleurs , les borates ainsi décompo- ; sés par les acides donnent pour résultat de l'acide borique en écaille nacrée, caractere remarquable. |

Voici une autre expérience qu'on répète sou- |

vent pour constater la présence de l'acide borique.

sel de cet acide en dissolution de l'acide sulfu-

QU

DE CHIMIE. 1 rique ; l'acide borique se sépare : si ensuite On y : trempe un papier , celui-ci aura acquis la propriété de brüler avec une flamme verte. Cette couleur verte se reconnaît encore en traitant l’acide borique par le chalumeau.

Les borates sont en général peu solubles; on doit cependant excepter ceux qui sont forrnés par la potasse, la soude et l’ammoniaque, qui donnent lieu à des sels solubles. S'ils sont à l’état de soussels, ils peuvent avoir un autre degré de solubilité. On peut donc reconnaître, à l’aide de ce caractère, si les borates sont formés d’une de ces bases. Les borates sont insolubles dans l'alcool; les acides les dissolvent, au contraire, avec facilité. Ainsi, si je verse un excès de borate dans l'eau, il va se précipiter, et si j'ajoute à cette eau un peu d'acide, tout le sel déposé va se dissoudre. Puisque les acides dissolvent les borates, on voit qu'ils ne peuvent point former de précipité en présence d’un acide.

On ne trouve dans la nature que deux sortes de . borates, qui sont le borax et le soraciTe, qu’on

trouve dans les montagnes gypseuses.

Nous venons de donner les caractères des bo- 2 Fe SE |

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