SE 9 QE
ON
L'alcool en prend le quart de son poids.
il est fusible à une chaleur moins élevée que la chaleur rouge, et coule alors comme de l’eau. Üne température plus élevée le décompose ; il donne de l'acide nitreux et de l’oxigène.
Quand l'argent n’est point méléavec du cuivre, le nitrate fondu a une couleur gris-perle. C’est dans cet état qu’on l'appelle pierre infernale.
Quand l'argent contient du cuivre, le nitrate fondu a une couleur brune. En Pharmacie, il faut éviter le cuivre, ce qui n’est pas difficile. Supposons du nitrate d'argent contenant un dixième de cuivre; en le faisant fondre et élevant assez la température, le nitrate de cuivre se décomposant plus facilement que le nitrate d'argent, on peut de cette manière purger le nitrate d’ar-
gent du cuivre qu'il contenait, en perdant un
peu d'argent qu'on trouve ensuite dans le résidu.
Vous vous rappelez que le nitrate de cuivre se change au feu en sous-nitrate insoluble , et que, lorsqu'on pousse la chaleur au-delà de la chaleur 2 rouge, On n'a pour résidu que de l’oxide de cuivre.
G.-L. 12e LEGoN. ee
F ge AE
Il existe cependant d’autres moyens de purifier l'argent ; toutefois il vaut beaucoup mieux se servir d'argent parfaitement pur, qu’on se procure aisément dans le commerce.
Le nitrate d'argent exposé à la lumière a la
propriété de noircir. On ne connaît pas la nature
/ de ce phénomène, et l’on ne sait pas l’espèce de changement qui s'opère.
Lorsqu'on plonge dans une dissolution d’ar-
: gent un tissu de nature végétale ou animale, de
la toile ou de la soie, par exemple, et qu’on l’ex-
pose à la lumière, le nitrate noircit ce tissu très
: promptement et forme une couleur indélébile. |, On a profité de cette propriété pour marquer le
/ 4 linge et les étoffes. C'est la marque la plus sûre;
car celles de fil se détachent très aisément, et
| quand on se sert de l’oxide de fer, on peut l’enà lever par le moyen des oxalates. Les marques de
: nitrate d'argent sont ineffacables.
Il faut quelques précautions pour s’en servir. Il ne faut pas prendre une liqueur qui coule comme
l'eau, parce qu’elle ne resterait pas dans le poini
| | ; | où elle serait placée. A une dissolution de nitrate plus ou moins étendue, on ajoute un peu de gomme arabique, et on l’emploie comme l'encre. On rend l’étoffe un peu plus ferme avec du carbonate de soude ou même avec du savon; on la passe au fer chaud pour lui donner un certain poh, et l'on écrit dessus comme sur le papier. On peut faire aussi des dessins. On expose l’écriture à la lumière; elle devient brune d’abord, puis noire; quelquefois, pour mieux voir les traits que l’on trace, on ajoute au nitrate une matière colorante.
Le nitrate d'argent est facilement réduit par une foule de corps ; et en effet l'acide nitrique lui-mème nest pas d'une difficile décomposition, non plus que l'oxide d'argent. Si l’on mêle
du nitrate d'argent avec du charbon et que l’on
chauffe à la température de l’eau bouillante, on +
obtient un dégagement de deutoxide d’azote et
d’acide carbonique; l'argent passe à l’état métal- {
lique et cristallise très bien.
En exposant la dissolution d'argent mêlée avee
Ml 1 tiré mic US a TES Re SES
du charbon au contact de la lumière, 1l y a aussi décomposition , dégagement d’acide carbonique, de gaz nitreux, et l’argent reste. La lumiere est absorbée ; 1l y a élévation de température dans l'endroit où la lumière frappe, et l’on obtient le mème résultat que par la chaleur.
On peut réduire le nitrate d'argent par le phosphore, soit par la voie humide, soit par la voie seche.
Si l’on frappe sur un mélange de nitrate d’argent et de phosphore, 1l y a détonation.
Une foule de corps peuvent décomposer le uitrate d'argent. La plupart des métaux opérent cette décomposition et se substituent à l'argent.
On a voulu faire quelques applications de cette propriété du nitrate d'argent dans les arts. Une
Anglaise , miss Fulham, avait remarqué qu'en
n exposant une étoffe de soie enduite de mitrate
d'argent au gaz hydrogène, le nitrate était ré-
duit et l'argent précipité à l'état métallique. C'était un moyen pour faire des dessins argentés
sur les etoftes.
DE CHIMIE. 7 - Cette réduction s'opère, il est vräl, Mais on n'obtient jamais l'argent parfaitement métallique ; il est terne , irisé, et n’a pas le brillant qui lui est propre. | | On peut réduire l'argent du nitrate par quelques acides qui ont beaucoup d’affinité pour l’oxigène, comme l'acide phosphoreux, etc.
On se sert du nitrate d'argent dans les labora-
taires, sous le nom de dissolution d'argent. On
préfère cette dissolution à celle par l'acide sulfurique, qui, dans beaucoup de cas, occasione des.
précipités dus à l’acide du sel.
Le nitrate d'argent est employé en Pharmacie : on en fait usage à l’intérieur et à l'extérieur. Il est cautérisant, et est connu sous le nom de pierre infernale. On ne doit se servir que de celui
qui est gris; on à aussi remaïqué qu'il est un
- ° Q 2 pr LR | iseptique. sit une pr cie =.
puissant antiseptique. C’e e propriété come,
4 3 Hs Re :
mune à d’autres corps, particulièrement au chlo-.
rure de mercure, qui conserve très bien les ma-
tières animales et végétales.
Et k SE, ln at dd) 2
La dissolution des monnaies d'argent dans l’a-
x Ù gro DAME 0 UT SERRE
< rs) COURS cide nitrique est verte, parce qu'il y a du cuivre dans les pièces d'argent.
Si l’on voulait purifier une semblable dissolution du cuivre qu’elle renferme, on prendrait une portion de ce nitrate que l'on mettrait sépa- | rément dans un verre, et que l’on décomposerait | par un excèsde potasse ; le précipité brun d'oxides d'argent et de cuivre serait lavé jusqu'a ce qu'on eût enlevé tout le nitrate de potasse. En jetant ensuite cet oxide dans la dissolution d'argent restante, comme l'argent est plus neutralisant ou à plus d’affinite que le cuivre pour l'acide nitrique, il déplace et précipite le cuivre qu'elle contient.
On peut aussi purifier la dissolution par le moyen d’un peu de potasse, qui précipite l’oxide de cuivre de préférence à l'oxide d'argent; et comme le nitrate de potasse qui se produit ne
«à donne lieu à aucun précipité dans Jes dissolutions | avec lesquelles on mêle le nitrate d'argent, 1l est tout-à-fait indifférent dans la liqueur.
Voilà tout ce que nous dirons des nitrates me-
talliques : les autres ont peu d'intérêt. Vous êtes
RÉ
lé
maintenant en état de vous figurer les propriétés de ces sels qui sont tous solubles, à l'exception de quelques nitrates basiques, et facilement décomposables.
A côté des nitrates se trouvent les hyponitrites. | | Il y a deux acides au-dessous de l'acide nitrique : | Vacide nitreux et l'acide hyponitreux. L’acide nitreux est formé de 1 atome d'azote et de 4 atomes d’oxigène, ou bien, en volume, de
1 d'azote et 2 volumes d’oxigène, ou bien en-
core, comme on peut l'obtenir avec le deutoxide
d'azote, il est formé de 1 volume de gaz oxigène
et de 1 de gaz nitreux, qui contient 1 d'azote et | \ | 1 . x d'oxigene. \ | L’acide hyponitreux est formé de 1 atome d'azote et de 3 d'oxigène, en sorte que nous avons | cette série fort naturelle pour les combinaisons ; | de l’oxigène et de l'azote : fe: l ‘ r atome d’azote et 1 d’oxigène produisent le protoxide d’azote. | * 1 d’azote 2 d'oxigène le gaz nitreux. 4 1 d’azote 3 d’oxigène l'acide byponitreux. | F4 r d'azote 4 d’oxigène l'acide nitreux.
. 1 d'azote 5 d’oxigène l'acide mitrique.
Ainsi l’azote donne trois acides ; mais il n’y en a que deux, l'acide nitrique et l'acide hyponilreux, qui se combinent avec les bases. Lors- à qu'on présente une base à l’acide nitreux, il se ÿ décompose, dégage de l’oxide d'azote, et pro- ; duit un hyponitrite. |
L’acide hyponitreux est formé, avons-nous É dit, de r atome d'azote égal à 1,77056, et de 3 d'oxigène, ce qui donne, pour le poids atomistique de ce corps, 4,77036. En réunissant ce uombre à celui qui représente le poids de chaque base, vous aurez celui des différens sels.
Voici les caractères génériques de ces sels.
Ils sont toujours décomposés par la chaleur, et. donnent des résultats analogues à ceux que donnent les nitrates.
Lorsqu'on les expose à l’action dela chaleuravec
les combustibles, ils se décomposent et brülent
les combustibles comme le font les nitrates , mais avec beaucoup moins d'intensité, parce que, dans les hyponitrites , nous n'avons que 3 atomes
d'oxigène, ét que nous en avions 5 dans les ni-
trates. L’affinité pourrait jouer un rôle dans cette combustion, maïs nous avons trop peu de notions à cet égard pour en tenir compte.
Aussitôt que l’on verse sur les hyponitrites un acide, par exemple, des acides sulfurique ou nitrique faibles, il se produit un dégagement de vapeurs rutilantes, qui sont de Pacide nitreux. L'acide hyponitreux se décompose en deux partes, en acide nitreux et en azote.
Lorsque l’on verse de l’acide sulfureux sur un
hyponitrite , il y à décomposition de l'acide hyÿpo-
nitreux et formation d'acide sulfurique. À Lorsqu'on mêle de l'acide hydrochlorique avec : 1
de l'acide hyponitreux, celui-ci ne se décompose ;
pas. Aussi ce mélange ne dissout pas l'or, comme
fait acide nitrique uni à l’acide hydrochlorique, a l
et qui forme ce qu’on appelle l'eau régale.
Les dissolutions des divers hyponitrites tenues
en ébullition étant étendues d'eau, se décompo- ”
sent. Il se forme des sous-nitrates en quantité "à
suffisante pour saturer un tiers de la base, et il
$e dégage de l'azote.
ane CE |.
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Enfin, les divers hyponitrites mélés à la-dissolution rouge de manganèse, la décomposent promptement , et ramènent le manganèse au minimum d’oxidation.
Autrefois on donnait le nom de nitrites à des sels qui produisaient des vapeurs rouges par les acides; mais depuis que l’on connaît l'acide hypo- à nitreux, c’est-à-dire depuis l'analyse de plusieurs sels faite par MM. Berzelius et Chevreul ,On à Vu que ces sels étaient des hyponitrites. |
Parmi les hyponitrites, on ne connaît bien que celui formé par le plomb. En faisant bouillir du plomb avec du nitrate de plomb, le métal entre en dissolution peu à peu, et ilse forme un ; hyponitrite de plomb, parce quil y a excès de base. Proust supposait qu'il se formait un sous-oxide, et que c'était un nitrate à un degré inférieur d'oxidation, tandis qu’il est certain que l’oxigène reste constant dans l’oxide. Si l’on prend 100 parties de nitrate de plomb cristallisé et 78 parties de feuille de ploinb ou de plomb extrême-
ment divisé, en faisant chauffer de manière à
DE CHIMIE. 15 bouillir, on obtient un sel qui, par le refroidissement, cristallise en belles aiguilles dorées. Ce sel
est un - hyponitrite de plomb, formé de deux atomes d'oxide de plomb et d’un atome d’acide hyponitreux. Il a une réaction alcaline sur les papiers réactifs. L'eau le dissout en petite quantité; “voilà pourquoi 1l se sépare de la dissolution par le refroidissement. Il n’en reste qu’une faible portion dans l’eau-mère. |
L’acide sulfurique décompose facilement ce
sel, dont M. Dulong a fait l'analyse.
L'acide carbonique que l’on fait passer dans 4 ne dissolution de + hyponitrite de plomb a :. la propriété d'enlever la moitié de l’oxide de ù plomb et de le précipiter à l’état de carbonate. Il reste en dissolution un hyponitrite de plomb | È - neutre. | | On obtient aussi de l'hyponitrite de plomb | neutre en versant une petite quantité d'acide sul. furique sur le + hyponitrite de plomb.
En mettant une plus graude quantité de plomb avec le nitrate de plomb, on obtient un liquide
: n n GT E PT £ MED. - \ 13
Ut.
jaunâtre qui donne par lévaporation des cristaux
octaédriques réguliers comme ceux du nitrate »
de plomb; mais au lieu d’être blancs, ils sont
jaunes.
Ce sel a les caractères des hyponitrites. C'est
LR
un + hyponitrite; il contient une proportion,
d’eau. Si on le fait chauffer à la température de.
ur
l'eau bouillante, il se décompose et donne du. deutoxide d’azote. 1
Il y a un troisième ponts de plomb re 1 l’on obtient en faisant bouillir du plomb jusqu'à.
refus de dissolution dans le nitrate de plomb.
Si vous prenez 2 parties de nitrate, 3 parties de
plomb et 100 parties d’eau, en faisant bouillir
jusqu’à ce que le tout soit dissous, vous ob- | tiendrez un sel rouge brique pale et qui sera. à le + hyponitrite. Ce sel contient une propor-« | tion d’eau, et en raison de la grande quantité de à plomb qu'il renferme 1l est moins soluble que * |
les autres.
beaucoup d'autres hyponitrites, mais 1l n’ont pas
été examinés.
Pour former de l’hyponitrite de cuivre, on prend une dissolution de sulfate de cuivre et l’on y verse avec précaution de l’hyponitrite de plomb; l’hyponitrite de cuivre se forme et reste en dissolution, tandis que le sulfate de plomb se précipite. à
On fera de la même manière l’hyponitrite de
fer. On ne sait rien de positif sur ces sels, qui
n'ont pas été étudiés.
Je ne terminerai pas l’histoire des nitrates sans
parler de l’une de leurs applications les plus im-
portantes.
La poudre dont on se sert pour la chasse et pour la guerre est un mélange intime de trois substances que vous connaissez, de soufre, de charbon et de nitre. Le nitre doit être pur; s’il était mêlé à des chlorures, la poudre serait mauvaise et plus difficile à garder, parce que ies chlorûres
sont déliquescens.
! Le soufre s'obtient facilement pur par la dis-
Ex é
rer AS
se
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üllation. Une bonne qualité de charbon est moins aisée à se procurer.
Le charbon a une très grande influence rela-
tivement à la qualité de la poudre, en raison de”
la maniere dont il a éte préparé. Il est irès va-
riable, selon le végétal qui l’a fourni. Les bois
durs donnentun charbon plus compacte que celui
des bois jeunes et tendres, comme les bois de bouleau, de saule, de peuplier. Les charbons légers peuvent se réduire facilement en poudre très fine, et en même temps ils sont d’une inflammation très rapide ; les charbons compactes brûlent difficilement. Le mode de carbonisation a aussi de l'influence sur la qualité du charbon. En effet, si l’on poussait la carbonisation jusqu’au rouge blanc, le charbon serait privé d’hydrogène; il ne resterait que le carbone mélé aux parties terreuses qui donnent les cendres. Lorsqu'il est amené à cet état de calcination, 1l est le thoins combustible possible ; 1l rougit dans le feu et s'éteint promptement à l’air. Mais, si l'on
prend du charbon peu calciné, le moins possible
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ES rose. 2 Lu >r du
DE CHIMIE. 17 thème, mais assez pour le rendre pulvérisable , et pour être dans cet état qu’on appelle charbon roux , Vous aurez la qualité de charbon la meilleure : il forme la poudre rousse, bien supérieure à celle qui est faite avec du charbon noir. Ce n’est qu’en broyant fortement le charbon qu'on s'aperçoit de sa couleur. Si l’onexamine la nature du charbon roux, on trouve qu'il contient encore de l'hydrogène, qu'il brüle . beaucoup
mieux quand on l’enflamme, et qu'il continue à
brüler en le retirant du feu. Ce west que depuis
que l'on connaît celte condition que l'on est parvenu, en France, à faire des poudres aussi bonnes et même meilleures que celle des Anglais qui, pendant un certain temps, nous avaient devancés; elles sont mème trop fortes pour les armes à feu d’une grande force, comme les canons, dont le métal est un alliage qui oppose moins de résistance que le fer.
Voici les proportions des matières qui forment la poudre : en France, pour la poudre de guerre, on emploie 75 parties de nitre, 12 parties & de
G-L Chim. 122 LEGoN. 2
18 | COURS charbon et 12 parties & de soufre. Il peut y avoir des variations à cet égard.
Pour la poudre de chasse, on emploie 78 parties de nitre, 12 de charbon, ro de soufre.
La poudre anglaise est faite avec 75 parties de nitre, 15 ou 16 de charbon, 10 ou 9 de soufre.
Les autres peuples ont des proportions qui varient un peu.
Étant données ces trois substances dans les proportions que nous venons d'indiquer, 1l faut obtenir un mélange intime; car plus le mélange est intime, et plus la poudre a de force. Je n’entrerai pas dans les détails du procédé mécanique que lon emploie pour faire ce mélange: le
simple pilon suflit pour cela; mais 1l y a des
moyens plus parfaits en usage dans les ateliers,
du gouvernement. On met les matières avec des balles de métal dans des tonneaux qui tour-
nent, ou bien on les écrase sous une meule pesant
5 à 6 mille kilogrammes : on obtient ainsi une
matière très divisée et très vomprimée. Cette
matière, mêlée avec un peu d’eau, forme €e , P ?
DE CHIMIE, 19 qu'on appelle des galettes, que l'on fait passer à travers des cribles, pour avoir la poudre en prains. |
Il y a un procédé pour faire la poudre parfaitement ronde. Il consiste à prendre la poudre grainée comme on le fait ordinairement, et à la mettre avec de la poudre en poussière, dans une tonne iournante , en arrosant avec un peu d’eau (10 à 12 pour cent); chaque grain s’en imbibe, et vous concevez ensuite qu’à ces grains humides et difformes s'attache la poussière, par couches concentriques, et que l'adhésion est intime par suite de affinité capillaire : le petit grain devient le noyau d'une sphère dont les couches supérieures sont concentriques ; cette sphère est dure, dense et d'une rondeur parfaite.
On tamise cette poudre à travers des tamis dont les mailles sont plus ou moins fortes, et lon a de la poudre ronde de plusieurs grosseurs. Cette poudre ne s'égrène pas facilement sous les doigts, parce qu’elle n’a pas d’inégalités qui opposent de la résistance au frottement.
G.-L. 12e LEÇON. 2
On mèle aussi les substances qui composent la poudre par un autre procédé que ceux que nous avons rapportés: 1l consiste à écraser les trois matières dans des mortiers en bois avec des pilons en bronze; quand les substances sont pulvérisées, on y mêle de l’eau pour donner la consistance d’une pâte et l'on graine ensuite.
Voilà, en général, comment on fait la poudre.
Pour avoir la poudre la plus inflammable , 1} faut que le charbon ne soit pas dur et que les grains
ne soient pas trop denses. Quand la poudre à une
trop grande densité, elle ne brûle qu'a la super-
ficie; quand elle est poreuse, la flamme pénétre dans les interstices, la poudre brûle tout entière et très rapidement. De là il arrive que certaines poudres très légères, et d'ailleurs de fort mauvaise qualité, s’enflamment avec tant de violence qu’elles font éclater les armes. Il faut encore avoir égard à la grosseur des grains de la poudre. Les petits grains valent mieux pour la chasse : une poudre en gros grains serait en partie projetée,
sans être enflammée. Dansles canons, une poudre
fine ferait éclater l'arme. La poudre de mines exige des grains plus gros encore, parce qu'il suffit de produire des ruptures, et l’on doit éviter les explosions violentes.
Les poudres faites avec les précautions dont je viens de parler ont une supériorité très grande sur les anciennes : la poudre royale, dont se ser-
.vent maintenant les chasseurs, doit être employée en plus petite quantité. La charge des canons n'est plus aussi considérable qu’elle était. Les effets de la poudre dépendent de l’instantanéité de lin
flammation. Il ne faut pas croire cependant que
la meilleure poudre serait celle qui s’enflamm erait | instantanément ; on aurait alors de la poudre fulminante qui brise toutes les armes dans lesquelles on la met, et qui ne jette pas les projectiles fort loin. Nous avons des substances fulminantes, comme l’iodure d'azote, le chlorure d’azate, qui détonent instantanément; quand on les touche, elles font entendre un grand bruit. Les poudres fulminantes d'argent et de mercure produisent le
même résultat, et font un bruit environ mille fois
lus srand que la poudre ordinaire. On ne pour- P S q |
rait les employer dans les armes.
Voici ce qui se passe dans l'inflammation de la
poudre. Sa combustion donne naissance à des gaz
quise dégagent. Si cette combustion a lieu de ma-
nière que le mobile ne soit chassé de l'arme que.
quand la poudre est tout entière enflammée,
vous sentez que l'action de la poudre sera alors.
complète et que son effet sera bien plus grand
que si elle s’enflammait dans un seul endroit. Il
faut donc que la poudre ait le temps de s'enflam-i
mer successivement pendant que le mobile est dans l'arme. L’arme serait exposée à être détériorée si la combustion était plus rapide. Voila pourquoi il y a une limite dans les perfectionne-
mens à donner à la fabrication de la poudre , et
qu’en cherchant à améliorer, on risque de tomber.
dans de grands inconvéniens.
Pour donner une idée de l’instantanéité de l’inflammation, je prends les matières de la poudre, mais mal mélangées, je les mets dans une cuillière
de fer sur les charbons: le mélange fusera et pro-
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duira ensuite une détonation comme si elle était dans un mousquet.
La même matière jetée sur des charbons, fuse et s'enflamme avec explosion.
Les effets de la poudre sont très aisés à expliquer. Dans l’inflammation, il se forme des gaz en très grande quantité : nous avons l'azote, provenant de la décomposition de l'acide nitrique; l'acide carbonique, qui'est le résultat de la combustion du charbon , et aussi un peu d'acide de’carbone. De cestrois gaz, les deux premierssont en quantité considérable. Or, ces gaz occupent un espace très grand : la poudre ordinaire enflammée donne des gaz qui, étant recueillis, occupent un volume 450 fois plus grand que l’espace occupé par les matières qui les produisent. Mais les gaz provenant des détonations dans les armes ou dans les mines occupent un volume bien plus grand encore et qu'on ne saurait mesurer, parce que dans les détonations il y a production d’une si grande quantité de chaleur’, qu’elle doit dilater les gaz d’une
manière énorme. On ne peut pas même apprécier
LR Re. MUR BR
par approximation le volume que peuvent avoir les gaz; par des calculs établis sur des probabilités, on a trouvé qu'il devait être excessif et que la température pouyait s'élever à trois ou quatre mille degrés.
Les gaz sont composés de la manière suivante: sur 100 parties, il ya 53 parties d'acide carbonique, 42 d'azote et 5 d’oxide de carbone. Mais ces résultats varient suivant Îles poudres ; ce sont les anciennes poudres qui ont donné ceux que nous venons de rapporter. |
Nous allons maintenant nous occuper d’un autre genre de sels; ce sont les chlorates, qui renferment un acide que vous connaissez et qui a la propriété de neutraliser tous les corps. Les chlorates Ont à peu près les mêmes caractères que les nitrates, et sont aisés à connaître. Lorsqu'on les expose à l’action de la chaleur, ils se décomposent en totalité comme les nitrates, mais en donnant des produits différens. Ils donnent constamment de l'oxigène pur, et il reste un chlorure ou bien
un oxide. Les chlorures alcalins nous donneraient
DE CHIMIE. 25 de l’oxigène et un chlorure. La quantité d’oxigène qui se dégage est considérable : elle est égale à six atomes ou aux deux cinquièmes du poids du sel pour le chlorate de potasse.
En raison de cette facile décomposition , lors-
qu'on les projettesurlescharbons, vous concevrez
ce qui arrive : la déflagration est considérable
parce qu'il y a beaucoup d'oxigène.
Dans l’acide chlorique, le chlore et l'oxigène sont retenus avec moins de force que l'azote et V’oxigène dans l’acide mitrique ; de sorte qu'il faut considérer le chlore comme pouvant céder beaucoupd’oxigène. Dansles chlorates, il peuten céder six proportions.
Chauflés avec les corps combustibles , avec le soufre, par exemple, les chlorates donnent une grande quantité d'acide sulfureux et de l’acide sulfurique. | RE Quand on les traite par l'acide hydrochlorique, ils donnent du chlore et du protoxide de,chlore ; traités par l'acide sulfurique, ils donnent de l’oxide
de chlore.
Les chlorates sont tous solubles.
Le nombre atomique de l'acide Ghiorique est. 5 Re. 0 OT formé d’un atome de chlore. . 4,42650
Cinq atomes d'oxivène.s 5;
Tous les chlorates seraient intéressans à étudier ; Mais jusqu'ici on n’a obtenu l'acide chlorique qu’en petite quantité. On ne connaît bien que le chlorate de potasse, que l'on prépare facilement en grand. Il y a aussi quelques chlorates en usage dans les laboratoires qu'il est important de connaître.
Le chlorate de potasse est un sel tout-à-fait anbydre, Il est formé d'un atome d'acide et d’un atome de base ; on l’obtient cristallisé en petites lames rhomboïdales qui s’épaississent en se superposant et forment un prisme. La saveur en est à peu près la même que celle du nitrate de potasse. L’eau à froid en dissout peu ; elle en dissout beaucoup à chaud. 100. parties d’eau à zéro
en dissolvent 3,5 parties; à 15°,4, elles en dissol-
DE CHIMIE. : 27 vent 6; à 49°,1, 195 à 71°,0, 60 ; à 104°,8, 60,2.
La solubilité du chlorate de potasse est une propriété qu'il est utile de connaître pour sa préparation. :
Exposé à l’action de la chaleur, il fond assez
facilement; mais il faut porter la température à 400° environ, car il ne fond pas à 360°. On peut le couler lorsqu'il est en fusion. Si l’on chauffe plus fortement, il se décompose et donne 6 atomes d'oxigène, et il reste du chlorure de potassium, c’est-h-dire que les 5 atomes d'oxigène de Jacide et l'atome d’oxigène du potassium se degagent. - Le chlorate de potasse se décompose aussi, étant mêlé avec les corps combustibles , et même il détone lorsque le mélange est un peu intime. On peut faire détoner par la percussion un mélange de soufre et de chlorate de potasse : la détonation est considérable, et il faut faire la percussion avec précaution; 1l se dégage de Facide sulfureux.
Le chlorate de potasse mélé au charbon, au