ALES
les charbons ardens, et en même temps 1l faiti apercevoir une propriété curieuse , celle d’une: grande phosphorescence. Toutes les variétés dut spath fluor ne jouissent pas de cette propriété aut même degré. Le phénomène est frappant danss l'obscurité ; c’est comme si l’on jetait du soufret sur les charbon : la lumière est bleuâtre. Lorssque le sel a été exposé à la chaleur, si on le laissee refroidir, il ne présente plus le même phéno®: mène. Or, dans la nature, on trouve des spathh fluor qui n’ont pas de phosphorescence; d’où l'onn conjecture qu'ils ont été exposés à l’action de Ja: chaleur, et que les autres ont été formés par l'eau. Il y a une espèce qui, lorsqu'on ne la chauffet pas trop fort, a la propriété d’être lumineuse plu+ sieurs fois. La chaux fluatée de Lunébourg donnee une lumière violette, verte ou bleue , selon lee degré de température qu’elle a éprouvé; c’est cet
: x que l’on remarque aussi avec le fluate de chauxk fait artificiellement.
Le NS PR
IMPRIMERIE DE HUZARD-COURCIER rue du Jardinet, n° 12.
14° LEÇON. =— 98 mat 1828.
SOMMAIRE
Fluorure de calcium; moyen pour le reconnaître en Minéralogie. — Manière de le préparer. — Fluorure d'aluminium. — Fluorüres d'aluminium et de calcium, et d’aluminium et de potassium.— Fluosilicates. — Son action sur les bases sèches. — Fluosilicate d’ammoniaque. — Action de l’eau sur l'acide fluosilicique. — Acide hydro-fluo-silicique.— Son action sur les bases. — Chlorures; leurs caractères. — Action des acides. — Emploi des sels d'argent pour les reconnaître. — Hydrochloräte d’ammoniaque. — Action des bases à froïd et à chaud , sur cesel. — Ii est employé pour préparer l’ammoniaque et le sous-carbonate. — Sa préparation dans les arts. — Son existence dans les houilières ; dans les produits des volcans.
Dans la dernière séance, nous avons parlé du fluorure de calcium qu’on rencontre dans la nalure. C’est une substance formée d’un atome de fluor et d'un atome de calcium, qui se présente CL Chin. 142 LEGON. L
2 COURS sous de très belles formes cristallines, en cubes et en octaèdres. Sa densité dépasse trois fois et demie
celle de l’eau, et est par conséquent considérable,
Ce sel naturel est plus dur que le marbre; sur
les charbons, 1l offre de belles apparences lumi-.
neuses bleues, violettes ou vertes, selon le degré
de la chaleur. Il y en a une espèce qui conserve
cette propriété après avoir ete chauffée plusieurs
fois; cependant il ne faut pas aller trop loin, 9 ? r .
parce qu'en général le feu fait perdre cette pro-
priété. À Catherinebourg, on trouve une espèce
qui, frottée avec la main, devient phosphores-.
cente.
Le fluorure de calcium est très peu soluble dans l'eau et dans les acides. L’acide sulfurique luimême, quoique concentré, ne produit pas à froid de décomposition sensible; à chaud, il dégage
de l’acide hydrofluorique qui est très volatil.
L’acide sulfurique tient en suspension le fluo=
rure de calcium, et forme une matière visqueuse qui se décompose lorsqu'on l’étend d’eau.
Le spath fluor exposé à la chaleur se fond sans
éprouver de décomposition. Il s'appelle spath :
parce qu’on le trouve en lames, et fluor, parce
qu'il est susceptible de fondre.
En Minéralogie, pour reconnaître la présence du sulfate de chaux, on ajoute du fluorure de calcium, et le mélange fond facilement au chalumeau ; réciproquement on reconnaît la présence du fluorure de calcium par le mélange de sulfate de chaux.
L’acide hydrofluorique ronge le verre. On emploie l'acide ou le sel à base de potasse qui en provient pour graver sur le verre; on en avait
fait un art très simple , et dont les procédés sont imités de ceux employés pou: la gravure à l’eau forte. Cet art a bien peu d'importance, parce qu'on peut graver sur le verre à la roue ou à la molette, et faire des dessins tres fimis; d’ailleurs les planches de verre auraient toujours linconvénient de se briser quand on voudrait prendre l'impression de la gravure.
Le fluorure de calcium se trouve assez abondamment dans la nature; 1l se trouve aussi dans les os des animaux, et particulièrement dans l’é- mail des dents, mais en petite quantité et dans
G.-L. 14€ LEGON: Le,
la proportion d’un centième. On le trouve aussi dans l'urine de l'homme, dans quelques circonstances, car cela n’est pas constant. M. Berzelius Va reconnu dans quelques eaux thermales, et notamment dans celles de Carlsbad.
Pour avoir du fluorure de calcium pur, il faut le faire directement ou par double décomposition, en versant du nitrate de chaux dans du fluorure de potassium. L’insolubilite du fluorure de calcium détermine ici la décomposition.
M. Berzelius a indiqué un moyen de le faire qui peut servir dans beaucoup de circonstances. Ayant remarqué que le précipité de fluorure de calcium était gélatineux et difficile à laver, il a
imaginé de le faire en décomposant du carbo-
nate de chaux parfaitement pur, par l'acide bydrofluorique. Le fluate se précipite alors sous
forme grenue, et dans cet état il se lave faci-
lement.
Les fluorures de barium et de strontium n’of-
frent rien de particulier.
L'alumine se dissout très bien dans l'acide hy-
drofluorique ; le sel qui en résulte a l’aspect.gom-
dns
DE CHIMIE. Le
meux ct se dissout dans l’eau : c’est un fluorure d'aiuminium.
Tous les fluorures, comme tous les chlorures, dont les bases ont de l’affinité pour l'oxigène, lorsqu'ils sont dans Peau se décomposent en partie, parce qu'ils décomposént une petite quantité d'eau dont loxigène s’unit à la base , et l'hydrogène au fluor ou au chlore. Si l’on chauffe la dissolution de fluorure d'aluminium étendue d’eau, cette décomposition a lieu, et l'acide h ydrofluo-
rique qui est formé se dégage.
4 Le fluorure d'aluminium à la propriété de se combiner avec le fluorure de calcium.
Îl se combine aussi avec le fluorure de potas-
stum, Si l’on verse du fluorure d'aluminium dans.
du fluorure de potassium , il se forme un composé gélatineux, contenant un atome de chacun dessels, Ce composéestun peu soluble dans l'eau.
Mais si l’on fait l'opération d’une manière inverse , si l’on verse du fluorure de potassium dans le fluorure d'aluminium, le composé est différent, et contient un atome de fluorure de potassium et
un atome et demi de fluorure d'aluminium.
CEA D La RE L'ACTION TE PRE PRE SR 0 M IOIÉS RENAN
À Ko SRE
En versant le fluorure d'aluminium dans du fluorure de sodium, on obtient un composé neutre contenant un atome de l’un et de l’autre fluorure,
On peut dire que tous les métaux ont la propriété de se combiner avec l'acide hydrofluorique et de faire des hydrofluates solubles. Je citerai. parmi ces combinaisons l'hydrofluate, ou plutôt: le fluorure d'argent, qui est extrêmement 07: luble et cristallisable; propriété bien difiérenter de celle du chlorure d’argent, qui est complète-ment insoluble. |
Nous allons dire un mot de substances dont on ne connaissait pas bien la composition , Mais quil depuis peu ont été mieux analysées. Il s’agit des l'acide fluosilicique et de ses combinaisons.
Cet acide, qui contient un atome de fluor etl un atome de silice, ou plutôt de silicium, a priss son nom des substances qui le composent ; et comme c’est une règle dans la nomenclature der désigner certaines combinaisons par le nom des* substances composantes, en mettant le premier!
le nom de la substance qui, dans les décompo:
DE CHIMIE. 7 sitions de l’eau, prend l'hydrogène, et le second le nom de celle qui prend l’oxigène, voilà pourquoi on nomme cet acide fluosilicique. On dit pour la combinaison du chlore et du phosphore, chlorure de phosphore, et non phosphure de chlore, parce que, changeant de nature dans l'eau, c'est le chlore qui s'empare de l'hydrogène, et le phosphore qui s'empare de l’oxigène. On dit par la même raison chlorure de soufre, sulfure de phosphore. L’acide fluosilicique étant mis dans l'eau, se décompose en décomposant une partie du liquide ; et c’est le fluor qui prend l'hydrogène et le silicium qui s’unit à l’oxigène.
Cet acide se combine avec le gaz ammoniac; il en prend deux volumes, et il en résulte un composé volatil.
Il peut se combiner de même avec diverses autres bases, mais des bases sèches; car les com- posés formés avec l'acide fluosilicique, dès qu'ils sont en contact avec l’eau, sont détruits. Ainsi l'existence de ces sels est tout-à-fait éphémére.
l'acide fluosilicique est réellement un acide ;
il se combine très bien avec le gaz ammoniac et
6 COURS en proportion définie. [l y a aussi absorption de cet acide par les autres bases; mais nous n’avons rien à dire de particulier sur ces seis que l’eau décompose. La silice se précipite sous la forme gélatineuse,
L'acide fluosilicique étant mis lui-même en contact avec l’eau, se décompose, et forme un acide nouveau que nous nommerons acide 4ydro- Jluo-silicique, parce qu'il est hydrogéné.
Voici comment on prépare ce nouvel acide, On met dans un matras un mélange de spath fluor en poudre, et de silice ou de sable pulvérisé; on verse de l'acide sulfurique sur ce mélange; on chauffe légèrement avec quelques charbons ; l'acide fluorique se dégage et attaque la silice, qu'il prendrait à la substance du matras si l’on n'avait pas mis du sable : il se rend par un tube adapté au matras au fond d’un vase plein d’eau, contenant du mercure à la partie inférieure. Le fluorure de silicium, ou l'acide fluosilicique , s’hydrogène dans cette eau, en laissant précipiter un peu de silice, et il reste en dissolution dans le liquide.
Voici Maintenant comment nous COmMmprenr
DE CHIMIE. o drons cette opération. Supposons l'acide fluosilicique divisé en trois portions, ou plutôt supposons trois atomes de cet acide. L'un de ces atomes ou le tiers de l’acide se décompose, en décomposant en même temps de l’eau ; l’atome d’oxigène de l’eau s’unit au silicium, et forme de la silice qui se précipite : l'un des atomes de Vhydrogène de l’eau s’unit au fluor libre et forme un ‘atome d'acide fluorique, et l’autre atome d’hydrogène se combine avec les deux atomes d'acide fluosilicique, ce qui donne l’acide hydro-fluo-sili- cique, en y comprenant l'atome d’acide fluorique. Telle est en réalité la composition de l'acide hydro-fluo-silicique ; car en saturant cet acide avec un atome de potasse, qui contient un atome de potassium et un atome d'oxigène , l’atome d’oxigène s'emparera de l'atome d'hydrogène de l'acide fluosilicique et le décomposera, et l’on aura pour resultat deux atomes de fluorure de silicium et un atome d'hydrofluate de potassium, parce que l'atome de potassium s’unit à l’atome d'acide fluorique.
Voila un genre de sels qui est fort remar--
quable; mais je sens moi-même que si l’on en-trait dans des détails sur ces substances, cela seraïtt fastidieux. Je dirai qu'en général l'acide hydro=fluo-silicique, combiné avec les bases oxigénées,, donne deux atomes de fluorure de silicium et um atome d’hydrofluate de la base. |
L’acide hydro-fluo-silicique se présente souss forme liquide ; 1l faut saturer l’eau autant qu'on peut : elle s’épaissit; on le filtre par pression aù travers un linge ; on l'obtient pur. M, Berzelius,, qui l’a examiné, prétend qu’il contient de l’eaun en proportion définie. |
Quand on le chauffe pour le distiller, il éprouve une décomposition ; il se dégage prin-cipalement du gaz fluosilicique caractérisé par laa propriété de ne plus attaquer le verre. Ce qu reste est plus riche en fluor. Enfin, si vouss concevez que tout le gaz fluosilicique soit dé agé, il restera du fluor et de l'hydrogène, ou du gaz hydrofluorique, gaz qui attaque lee verre.
L'acide hydro-fluo-silicique est moins volatih
que l'eau.
Combiné avec les bases, on obtient dessels qui ont des propriétés particulières.
Quand on les expose au feu, 1ls sont tous décomposés et il reste des fluorures métalliques ; cela est aisé à concevoir par ce que nous avons dit tout à l'heure. La potasse unie à cet acide donne une substance formée de deux atomes de fluorure de silicium, et d’un atome de fluorure de potassium; en chauffant, le fluorure desilicium se décompose, et il ne reste que le fluorure de potassium.
L’acide sulfurique concentré décompose ces sels avec effervescence, en dégageant le gaz fluosilhicique.
Enfin les alcalis les décomposent parfaitement et donnent des produits variables, suivant la nature du produit sur lequel on opère. Il faut toujours un excès d’alcali pour opérer la décomposition. Les carbonates de potasse et de soude ont particulièrement cette propriété.
Quand ce sont des bases métalliques, telles que
le fer, le cuivre, comme ces bases n'ont pas une
4 2 COURS grande affinité pour le potassium, on a pour ré- . sultat un silicate métallique.
Le sel formé par le potassium et l’acide hydrofluo-silicique , est le seul que je citerai particulièrement. Quand on verse dans un sel à base de potasse de l'acide hydro -fluo -silicique , il se forme aussitôt un précipité gélatineux qui a la méme transparence que l’eau, et dans lequel on aperçoit des couleurs irisées. Ce composé n’est presque pas soluble à froid, et quand il est dissous, il se dépose par le refroidissement. Quand On verse la potasse dans l'acide, on doit prendre garde d'en mettre plus qu’il n’en faut; car sans cela, elle décomposerait le sel lui-même.
Voilà tout ce que je dirai sur ces sels,
Nous allons passer à un autre genre de composes tout-à-fait analogue à celui dont nous venons de parler, mais dans lequel nous aurons l'avantage de trouver beaucoup d’espèces à étudier sous le rapport de leurs usages et de leurs applications dans les arts. Ce sont les chlorures.
Nous savons que lorsque l'acide bydrochlo-
rique se combine avec des bases végélales, on
DE CHIMIE, 15 a des h ydrochlorates, et que lorsqu'il se combine avec des bases oxigénées, on a des chlorures. Une autre considération, à l'avantage de ces composés, se présente : nous connaissons le chlore y et nous ne connaissons pas le fluor ; aussi forme t-on directement avec le chlore les mêmes composés que si l’on unissait l’acide hydrochlorique avec les bases oxigénées.
Nous savons encore que si l’on mêle de l’acide hydrochlorique avec une base oxigénée liquide, on ne voit pas ce qui se passe, mais que, par la Moie sèche, nous apercevons la formation de Veau, et par conséquent la combinaison de l'oxigène de la base avec l'hydrogène de l'acide.
Au reste que l’ôn considère ces composés
comme des chlorures ou comme des hydro-
chlorates, quand on les traite par les acides
Ou par divers agens chimiques , les phénomènes seront toujours les mêmes, parce que l’eau étant toujours présente donne son oxigene à la base et son hydrogène à l'acide pour régénérer les | substances composantes.
. Les caractères que nous allons assigner à ce
Les, EU
senre de composés auront quelque ressemblance avec ceux des corps précédemment examinés.
Le premier de ces caractères est l'inaltérabilité des chlorures par les corps combustibles simples, et particulièrement par le charbon: ainsi en mettant du sel marin, chlorure de sodium , avec: du charbon, quelle que soit la chaleur employée, ce sel ne sera pas altéré.
Tous les sels de ce genre sont décomposés par l'acide sulfurique. Si c’est un hydrochlorate, V’acide hydrochlorique se dégage, et l'acide sulfurique s'empare de la base. Si c’est un chlorure, l'eau se décompose , son hydrogène se porte sur | le chlore et forme l'acide hydrochlorique , et son oxigène se porte sur la base, œui se combine alors avec l'acide sulfurique; car les oxacides ne se combinent qu'avec les bases oxigénées.
Les autres acides décomposent aussi les chlorures ou les hydrochlorates.
J'ai dit, en parlant des nitrates, qu’en les faisant bouillir avec l'acide hydrochlorique , on produisait des chlorures ; je dis maintenant que Vacide nitrique versé un peu en excès sur les
L LP A RÉ 5 5 à
DE CHIMIE. 15 chlorures ou hydrochlorates, les décompose et produit des nitrates : cet effet est l'inverse de celui que nous avons vu précédemment.
Nous avons eu plus d’une fois occasion de faire observer qu une base se partage entre deux acides : d’après cette observation, quand je verse sur un chlorure de l'acide nitrique, il se fait une décomposition partielle ; je forme une certaine quantité de nitrate; il y a par conséquent une certaine quantité d'acide hydrochlorique de mise à nu: mais les acides hydrochlorique et nitrique ne peuvent pas rester ensemble sans se décomposer réciproquement , et former ce que les anciens aichimistes appelaient l’eau régale, parce qu'elle dissout l'or qu'ils regardaient comme le roi des métaux. |
L'acide hydrochlorique mis à nu par l'acide mitrique, ou mêle à cet acide, donne lieu à une double décomposition : l'hydrogène du premier s’unit à une partie de l'oxigène du second, et il y a formation d'eau, de chlore et d'acide nitreux. Ce mélange dissout l'or: l'acide nitrique décom-
posé fournit de l’oxigène pour oxider le métal
qui se dissout ensuite dans acide hydrochlorique.
Le chlore et l'acide nitreux se dégagent.
Si, au contraire, dans un nitrate je versais un
excès d'acide hydrochlorique, j'aurais un chlorure ; l’oxigène de la base s’unirait à l'hydrogène: de l'acide hydrochlorique pour former de Feau
Quand on verse de l'acide sulfurique sur un
mélange de chlorure et de peroxide de manga- \ ? 4 2e , nèse, lon a un grand dégagement de gaz.
C'est le chlore qui est devenu libre.
Voici le caractère dont on se sert le plus géné
ralement dans les laboratoires pour reconnaitre.
Ja présence du chlore dans un sel : on verse sur le
sel une dissolution d’argent; elle donne un préci-
pité blanc, caillebotté qui est du chlorure d'argent.)
Le précipité se rassemble en gros flocons ayant
l'apparence de la matière caséeuse du lait; c’estde
cette ressemblance qu'il tire son nom. Exposé au:
soleil, 1l change de couleur et devient violet.
Le chlorure d'argent se reconnait toujours parce qu'il est Imsoluble, même dans l’eau acide. Et cependant ce précipité qui ne se dissoudrait pas
dans l'acide nitrique , se dissout dans l’'ammomia-
que. D’après ce que nous venons d'exposer, on peut facilement reconnaitre un chlorure ou un hydrechlorate.
Presque tous les chlorures sont solubles ; 1l faut en excepter le chlorure d'argent ; le protochlorure de mercure, celui de plomb et quelques sous-chlorures.
Les minéralogistes ont un caractère pour juger de la présence du chlore dans un minéral ou un minerai. Ils prennent du sel double de plos- phate d’ammoniaque et de soude, ils y ajoutent de l’oxide de cuivre et le minéral qu'ils veulent essayer : s'il y a du chlore dans ce composé, on voit autour du bouton une lumière bleue.
Passons à l'examen des espèces.
L’acide hydrochlorique forme avec l'ammo- miaque un hydrochlorate que l’on connaît depuis long-temps dans le commerce sous le nom de sel ammoniac. Ce sel peut se former directement par la combinaison des deux élémens à l’état gazeux. On parvient même par cetie combinaison à la détermination des quantités de chacune des subs-
tances qui entrent dans ce sel.
G.-L. Chim. 14e LEcon. 2
On trouve de cette manière que 100 parties de gaz ammoniac et 100 parties de gaz acide hydrochlorique se combinent parfaitement.
Comme on connaît la densité de ces corps, on peut avoir leur poids.
Un atome de gaz hydrochlorique= 4,55150
Un atome de gaz ammoniac. .—= 2,14475
Ce qui donne pour poids atomistique du sehi.: sus lo.u = 6606081
Ce sel est anhydre, préparé de la manière que nous venons d'indiquer; cela est évident : mais quand on le fait par la voie humide, en évaporant la dissolution, on obtient aussi un sel anhydre.
On peut le dissoudre dans de l’eau et le faire cristalliser; 1l donne des cristaux en forme de barbes de plumes : on l’obtient aussi en cubes ou en octaedres.
Ce sel, comme tous les sels d’ammoniaque , a une saveur qui appartient à cette base ; elle est piquante, *
Quand il est sous forme solide , il a une apparence et une élasticite fort remarquables; on ne
peut le réduire que difficilement en poudre; 1l
est fibreux, et ses fibres se ploient sans se rompre ; il a enfin de la ductilité.
La densité du sel ammoniac est de 1,45; l'eau en dissout le tiers de son poids, ou plus exactement, 100 parties d’eau en dissolvent 33 parties. L'eau bouillante en prend un poids égal au sien ; elle en dépose une grande quanüté par le refroidissement.
Ce sel, formé de deux corps volatils, est volatil lui-même , mais moins que ses composans.
Il est blanc dans l’état pureté ; quand il est * jaune, c’est qu'il contient du fer.
Il faut une chaleur de 300 à 360° pour le réduire en vapeurs et détruire l'effet de la pesanteur atmosphérique sur lui.
… Exposé à l'air, il peut y rester long-temps sans altération. Il n’attire pas sensiblement l'humidité; il n'est pas déliquescent.
… Le sel ammoniac est décomposé par toutes les bases, même les plus faibles en apparence.
- Quand on verse dans une dissolution de sel ammoniac, de la potasse, de la soude, de la
chaux, l’'ammoniaque se dégage en abondance et
on le sent facilement. Lorsque Fodorat ne pért pas avertir de la présence de l’ammoniaque quand il se dégage en très petite quantité, on prend un tube trempé dans de l’aeide nitrique ou hydrochlorique, et on le présente à l'endroit où lé gaz doit se dégager; il se forme aussitôt une vapeur blanche autour du tube.
Les oxides métalliques décomposent aussi l’hydrochlorate d’ammoniaque ; mais 1} faut chauffer, et ici se présente un phénomène qui paraît contradictoire et que nous expliquerons. Je prends le sel ammoniac, je le mêle avec de l’oxide de : fer sec. À froid, 1l ne s'opère rien et je ne sentirai pas l’ammoniaque; mais si je viens à chauffer un peu, l’ammoniaque se dégage en abondance. D'où cela vient-il? C’est qu’à froid l’'ammoniaque n'est pas provoquée à changer d'état, à reprendre la forme gazeuse ; ce n’est pas la plus grande affinité du fer pour l'acide qui opère la décomposition, c’est la plus grande tendance À! qu'a l’'ammoniaque, étant chauffée, à se volatiliser.
L'ammoniaque versée dans les dissolutions mé-
talliques précipite les oxides à froid : à chaud ,
DE CHIMIE. ot
les oxides au contraire la dégagent, où plutôt c'est elle qui se dégage et abandonne la liqueur.
Pour obtenir l’ammoniaque, on pulvérise le sel ammoniac, on le mêle avec de la chaux; on met un atome d'ammoniaque et un peu plus d'un atome de chaux : lammoniaque se dégage ; on la recoit dans üun flacon plein d’eau. C’est ainsi qu'on procède dans les laboratoires, de même que dans les ateliers.
Le sel ammoniac est décomposé par les carbonates de chaux, de baryte, mais par le fen et par la voie sèche. Si je prends de l’hydrochlorate d’ammoniaque, et que je le mêle atome à atome avec de la craie, en chauffant il y aura décomposition réciproque; il restera du chlorure de calcium, et il se dégagera du carbonate d’'ammomiaque. Îl ne faut pas croire que cette décomposition soit due à une plus grande affinité de l'acide carbonique pour l’ammoniaque ; c’est la volatilité du carbonate d’ammoniaque, plus grande que celle de l’ammoniaque même, qui l’occasione.
Ainsi par l’action de la chaleur nous produisons
une double décomposition.
À présent que nous avons formé du chlorure de calcium et du carbonate d'’ammoniaque par las voie sèche, faisons des dissolutions de ces sels ett mélons-les. Il se fait aussitôt une double décom--
position, parce qu'il peut se former un sel moinss
soluble que ceux que l'on avait; c’est le carbo=-
nate de chaux, et nous obtiendrons ainsi les deux sels que nous avions décomposés par la chaleur.
Il faut faire attention à ces compositions ouu décompositions, selon les circonstances ; elles of-frent des faits importans.
Le sel ammoniac se prépare très en grandi dans les arts. Il était connu dès la plus hautek antiquité, et c'est principalement l'Égypte qui l'a fourni à l’Europe pendant long-temps. Danss ce pays, on le prépare en recueillant la suie dess cheminées. Le bois ÿ est rare, et l’on y brûle lan fiente des chameaux; cette fiente contient des: matières animales qui, par la combustion, don-nent l’ammoniaque. Elle donne probablement aussi des chlorures et d'autres substances. Cettes suie, qui est composée d’un peu d'ammoniaque, ,
de charbon, de chlore et d’autres matières, etant !
chauffée, donne de l'ammoniaque par volatilisation.
Mais depuis quelque temps, on fait en France du sel ammoniac. On commence par obtenir du carbonate d'ammoniaque, qui est le résultat de la décomposition des matières animales ; on le décompose ensuite par le sulfate de chaux (plâtre), et l’on a en échange du sulfate d'ammoniaque. C'est le procédé que l’on emploie dans la plaine de Clichy. La, on se sert du sulfate de chaux; on mêle ensuite le sulfate d’ammo:
miaque avec le sel marin, et il se produit par la voie sèche du sel ammoniac, parce qu’en chauffant on doit avoir la combinaison la plus volaüle, qui est l’hydrochlorate d'ammoniaque.
On fait cristalliser; on purifie autant que possible par des cristallisations successives , étensuite on sublime dans des vaisseaux de verre ; on brise ensuite les vaisseaux pour avoir le sel.
Voilà comment on le prépare en France et dans tous les pays étrangers. |
Le sel ammoniac se trouve dans les houillères j
quand elles prennent feu, ce qui arrive quel-
quefois; 11 se volatilise de lammoniaque; elles n'en contiennent pas de très grandes quantités.
Ce sel a une autre origine, qui ne manquera pas de fixer votre attention.
Il est produit par les volcans, et fort abondamment. La fumée des volcans en contient beaucoup. Si la lave vient à couler, il se dégage une vapeur blanche très épaisse, qui est du sel ammoniac, et l’on ne peut pas le recueillir ; mais comme la lave en est imprégnée, par le
refroidissement, elle donne les plus belles cristal-
lisations de sel ammoniac dans le vide de ses
boursouflures.
J'ai été témoin de l’éruption du Vésuve en 1805. La lave coulait comme de l’eau; elle s’épaissit en refroidissant, et forma des croûtes sous lesquelles on trouva le sel ammoniac.
Il y a des éruptions où le sel ammoniac est en quantité considérable. Voilà un phénomène fort remarquable. Le Vésuve en donne des centaines de kilogrammes; aussi recueille-t-on ce sel pour
Je vendre.
IMPRIMERIE DE HUZARD-COURCIER, ruc du Jardinet, n° 12.
15° LEÇON. — 30 MAr.
Te mo
SOMMAIRE
Chlorure de potassium. — Son emploi dans les arts, — Chlorure de sodium. — Sel gemme. — Moyen de déterminer les proportions d’un mélange de chlorure de potassium et de chlorure de sodium.— Diverses sources du sel dans la nature : différens procédés pour l'obtenir. — Différence de pureté des sels de divers marais salans. — Décomposition du sel marin ® par la silice et l’alumine, sous l’influence de l’eau, — Emploi de ce moyen pour vernir les poteries. — Chlorure de barium. — Sa préparation par le sulfate de baryte et le chlorure de calcium.— Chlorure de strontiane. — Moyen de distinguer les chlorures de barium ct de strontium. — Chlorure de calcium. —Actionde la chaux sur le chlorure de calcium. — Chlorure de magnesium.-—Sa préparation par l’hydrochlorate d’añimoniaque pour l'avoir anhydre et par la décomposition dela magnésie par le chlore.
Nous allons continuer dans cette séance l’histoire des chlorures. PIE
Le chlorure de potassinm s'obtient en combinant le chlore avec le potassium; cette union est accompagnée d’une vive lumière > Ce Qui an- G.-L. Chim. 15e Leçon. ne 1
nonce une forte affinité entre ces corps. Si l'on: prend de la potasse, et que l'on fasse arriver:
dessus du gaz hydrochlorique , la combinaison:
se fait avec rapidité.
: Le chlorure de potassium est anhydre et com. | | posé d’un atome de chlore et d'un atome de po-. tassium. Il cristallise ; sa forme est celle d’un cube: ou d’un prisme carré allonge. Souvent il se pré-. sente en trémie; On appelle ainsi les eristallisa-. tions qui se font à la surface des liquides. Lors-. qu'une dissolution est concentrée , c’est toujours: à la surface qu'elle est le plus saturée, parce que: c'est de là que l’eau s'évapore. Les cristaux qui: se forment à la parte supérieure d'un liquide : ne tombent pas toujours au fond; ils peuvent: rester suspendus sur les bords du vase; l’éva-. poration continuant, les petits cristaux s’ac-. croissent et finissent par couvrir une grande partie de la surface du liquide ; mais en même! temps ces cristaux deviennent plus pesans par l'addition de nouvelles molécules; 1ls s’affaissent :
sur le liquide à mesure qu'il s’évapore, et fi-
DE CHIMIE, 5 nissent par s'arranger en trémie. Cette trémie peut devenir considérable.
La saveur du chlorure de potassium est salée et accompagnée en même temps d'un peu d’amertume ; elle n’est pas aussi agréable que celle du chlorure de sodium ou sel marin; cependant on s'en sert dans quelques localités comme assaisonnement. Si le chlorure de sodium manquait, 1] pourrait être remplacé, pour la préparation et la conservation des alimens , par le chlorüre de potassium.
Ce sel est assez soluble. 100 parties d’eau à zéro en dissolvent 29,2 parties: à 19°,3, elles en dissolvent 54,5 ; à 52°,4, elles en dissolvent 45,6; à 109°,6, point de l’ébullition de l’eau saturée : elles en disselvent 50,3 parties.
Exposé à l'action de la chaleur, il décrépite et se divise en petits cristaux ; phénomène que nous avons déja observé.
À une chaleur d’un rouge obscur, il entre en fusion et se volatilise. On trouve qu'il est plus
fusible que le chlorure de sodium.
G.-L. 158 LEÇON, Je