ACROSS
À l'air, 1l est déliquescent quand l'hygromètre : marque 80°.
En se dissolvant dans l’eau , il produit beau-:
coup de froid. Cinquante parties de ce sel dans
deux cents parties d’eau, font baisser le thermo=. mètre de onze degrés quatre dixièmes.
On fait un grand usage de la soude et de la
potasse dans les arts. Elles donnent les mêmes
résultats pour le blanchissage, et la soude est
moins chère. Les blanchisseurs peu instruits pré- :
fèrent la potasse : on a imaginé de les tromper :
en leur vendant de la soude pour de la potasse, |
et dans tous les magasins on vous donnera aussi à
de la soude pour de la potasse, à moins que vous
Fe
ne demandiez positivement de la potasse, qui, :
dans plusieurs circonstances, est préférable à la
soude. On est parvenu à donner à la soude abso-
lument la même apparence que la potasse , afin
de tromper plus facilement.
Le chlorure de potassium existe, mais en très
petite quantité dans les eaux de la mer. Si l’on
prend du sel marin, ou bien de l’eau de la mer,
DE CHIMIE. | 5 et qu'on l’évapore, cette eau aura la propriété de précipiter, mêlée avec la dissolution de platine.
Le chlorure de potassium que l’on trouve dans le commerce est fourni par les salpétriers. Ils ont a traiter des mélanges de sels de chaux et de potasse; en poussant l'évaporation, ils obtiennent du chlorure de potassium. Il est bon de savoir que ce produit a de la valeur : on peut le décomposer pour obtenir de la potasse; en sorte que si l’on en avait une grande quantité, on en fabriquerait facilement du carbonate de potasse. On peut aussi employer ce produit pour la fabrication des aluns.
Si l’on prend un atome de nitrate de chaux, et qu'on le mêle avec un atome de chlorure de potassium , 1 y aura échange et formation de
| nitrate de potasse et de chlorure de calcium.
Le chlorure de sodium, ou sel marin, est le sel le plus anciennement connu. On avait même
donné généralement le nom de sels aux substances qui avaient une saveur à peu près sem-
blable à celle qui lui est particulière, Plus tard,
le te nn RD El den À 0 be » habit * MES io rn TL TR “2 à ER AM TR s
D EE COR AR de OT TC
On a vu que cette distinction n’était pas suffsante, et que l'on ne devait pas exclure de la classe des sels les substances qui ne présentaient point de saveur.
Le chlorure de sodium purifié ne contient pas d’eau de cristallisation ; il est formé d’un atome de chlore et d’un atome de sodium ; sil contient de l’eau, c’est qu’elle est mécaniquement inter posée entre ses molécules. Sa forme cristalline est la même que celle du chlorure de potassium, un cube , un parallélépipède rectangle, ou une irémie. Dans le Nord, on le fait surtout cristalhser en trémies énormes pour lavoir plus desséché,
Ü y a un art particulier de raffiner le sel qui est pratiqué en plusieurs endroits, et qui consiste a transformer le sel gris en sel blanc, On donne au fabricant une mesure de sel, un hectolitre, par exemple , et il doit rendre un hectolitre de sel blanc; mais on lui donne un sel compacte qu'il fait cristalliser en trémie, et s'il rend lé
méme volume il ne rend pas le même poids, I
LOR VTT 5) UE He
fait la cristallisation dans de vastes chaudières de cinq à six mètres de diamètre, et il fait évaporer dans des caves, c’est-à-dire doucement.
La densité du chlorure de sodium est de 2,125.
Il est plus soluble à chaud qu'à froid, mais pas beaucoup plus. 100 parties d’eau à 13°,9 en dissolvent 55,8 parties; à 59°,0, elles en dissolvent 37,1; à 109°,7, point de l’ébullition de l'eau saturée, elles en dissolvent 40,4 parties.
En se dissolvant dans l’eau, il ne produit que très peu de froid, et cette propriété va nous servir à analyser approximativement un mélange de chlorures de potassium et de sodium.
Une poignée de sel jetée dans le feu fait entendre un bruit considérable. On emploie quelquefois cette décrépitation pour exciter la combustion; mais voici comment 1l faut l’entendre. Le sel en s’éparpillant dans tous les sens enlève
: la cendre qui était à la surface des charbons, et détermine un rencuvellement d'air qui n'avait ‘pas lieu auparavant.
Cependant tous les sels que l’on trouve dans le
commerce ne décrépitent pas. On a remarqué :
que le sel gemme, ou le sel minéralisé dans la: terre, ne décrépitait pas, et que les autres sels. étant fondus après avoir décrépité ne décrépi-. taient plus. Par analogie , on a admis que les: sels gemmes avaient été exposés à l’action du feu ou à l’action des volcans. Cette idée > qui eût paru extraordinaire il y a quelques années 52 {TT l'est plus maintenant que les géologues admettent que beaucoup de substances proviennent de déjections volcaniques.
Le sel marin se fond, mais il demande une :
température rouge , et ensuite il se volatilise.
Cette propriété est importante, parce que dans
les arts on s’en sert pour faire avec le sel marin
un vernis à la poterie, On jette le sel dans le four, il se réduit en poudre, fuse, se volaülise, et va s'attacher à la surface des vases de terre.
Pour se fondre et se volatiliser, le sel marin demande une température plus élevée que le
chlorure de potassium. Quand il est fondu, 1l
commence à se volatiliser, quoiqu'il soit encore loin de l’ébullition.
Exposé à l’action de l’air humide, il commence à être deliquescent à 86° de l’hygromètre de Saussure ; au-dessous 1l reste très sec, au-dessus il tombe en deiiquium.
En se dissoivant dans l’eau, il se conduit comme le chlorure de potassium, mais il ne produit pas un abaissement de température aussi considérable. Cent parties de sel et deux cents parties
d’eau donnent un abaissement de moins de deux | degrés.
En supposant que le chlorure de potassium et celui de sodium étant mélangés produisent chacun dans l’eau un abaissement de température proportionnel à la quantité dans laquelle ils entrent dans le mélange , on peut, au moyen de cet abaissement de température du mélange, connaître la quantité de chacun des sels qui le forment. Ce petit problème revient à cet énoncé : Connaissant l’abaissement de température pro-
duit par une quantité déterminée d’un mélange
de chlorure de potassium et de chlorure de s0-: dium, et connaissant l’abaissement de tempéra=: ture que des quantités déterminées de chacun de: ces sels produisent séparément, trouver ce qu'il entre de chlorure de potassium dans ce mélange.
La solution de ce petit problème donne la formule ou règle suivante qui est très simple.
La quantité de chlorure de potassium est.
égale à
d'est la différence de la température de l’eau avant qu'on y jette le mélange à la température : de cette eau après qu’on y a jeté le mélange; c'est-à-dire que d est l’abaissement de la température que produit le mélange.
Voici un vase dans lequel on a mis deux cents grammes d’eau; je prends avec un thermomètre la température de cette eau ; elle est de 10:33 | je verse rapidement le mélange des deux sels dans l'eau; j'agite ; il y à un certain abaissement; je suis de l’œil le mouvement du mercure : il est
maintenant à 11°,8. Actuellement le mercure
DE CHIMIE. Pa
remonte; c’est l'effet de la chaleur des corps environnans, et il remontera à 18°,3 d’où il est descendu. La différence des deux températures est de 6°,5; c’est l’abaissement. Je multiplie cette différence par 100, je retranche 190 du produit, et je divise le reste par 9,15; le quotient 48,40 exprime en quel rapport le chlorure de potassium était dans le mélange qu° l’on suppose composé de cent parties.
Avec de l'habitude, on peut facilement, par cette méthode , connaître à un centième près la quantité de chacun des sels du mélange.
Avec la formule que nous avons donnée, on pourrait donner une table des combinaisons et des abaissemens de température correspondans ; mais l'expérience que nous avons faite en dispense. L'analyse chimique ordinaire ne donneraît pas une beaucoup plus grande précision que cette règle pour la détermination de la quantité de chacun des sels.
Le chlorure de sodium est un des sels les plus
ahoncdans dans la mature. Îl existe à l’état solide
dans l’intérieur de la terre sous le nom de see gemme , et à l'état liquide dans les eaux de WU mer : elle en contient deux centièmes et dem de son poids. La totalité des matières salinen qui sont dans les eaux de la mer égalent les 0,056 de son poids. On trouve aussi le sel en dissolution dans les eaux de source de certaines: contrées; il n’y a rien d'étonnant dans ce faiti, Nous sommes très riches en sels gemmes em Hrancesoneeéntadécouvert des masses im-menses à Vic, près Château-Salins. Les caux) de source peuvent passer sur ce sel et s'en im prégner.
Le sel marin est quelquefois très pur; généra-lement il est mêlé avec des substances étran-gères. On peut l’employer dans son état naturell pour l'agriculture et les arts, et même pour less usages de la cuisine ; maïs on le purifie aisément} en le dissolvant et en le faisant cristalliser. |
D’après les divers gissemens du sel dans la na=° ture , on l’obtient différemment.
Si c'est une source saturée de sel , On l’évapore :
k ‘ DE CHIMIE. 15
immédiatement dans des chaudières de cuivre, de plomb, de fer. On doit donner la préférence à celles de fer, qui ne présentent aucune espèce d'inconvéniens.
S1 les eaux ne sont pas saturées, alors on emploie la chaleur naturelle : on évapore les eaux par le moyen de l'air. Dans quelques contrées, les bâtimens où l’on fait cette opération ont plus d'un quart de lieue de long : on les appelle bätimens de graduation. ,
L'eau salée s'écoule dans des canaux, et on la fait tomber sur des fagots d’épines qui la divisent : l’'évaporation est assez rapide. La chute est de cinq à six mètres, et est renouvelée pour la même eau cinq à six fois. Cette opération s'appelle graduer l'eau. On évapore ensuite.
Quand le temps est à la pluie, on abandonne la graduation; car au lieu de perdre de l’eau, le sel en prendrait. Si vous avez de l’eau saturée de sel marin, l’hygromètre étant à 80°, cette eau perdra; à 86° elle augmentera,
Le sel, provenant des masses salines renfer-
mées dans la terre, est dissous dans l’eau, et l’on fait évaporer.
En France, dans Le midi et dans l'ouest, om retire le sel des eaux de la mer. En profitantt des flux et des reflux, on fait arriver l’eau de la mer sur des plages ou sols argileux ; la chaleur du soleil évapore l’eau et donne le sel marid.. Cette opération se fait très facilement daris les midi; dans l'ouest, elle ne peut se faire qu'a cer=taines époques de l’année.
En Angleterre, en Suède, on ne peut fairee l'évaporation spontanée; ces pays ne sont pass assez chauds.
La couleur grise du sel est due à la terre argi-. leuse ; on sépare facilement cette terre en filtrantt la dissolution du sel et l'évaporant. 1.
Le sel est produit à si bon marché dans less marais salans, que 100 kilogr. se vendent même aujourd’hui de 25 à 30 centimes, c’est-à-dire 5 21 6 sous. 5
‘Le sel versé dans le commerce n'est pas pur, |
car J'ai déja dit qu'il y avait plusieurs sels dans :
les eaux de la mer. Je citerai ici des analyses “
faites récemment par M. Berthier; et je prendrai
pour exemple le sel de Portugal, qui passe pour
être le plus pur. Cependant ce sel est très va-
riable , selon le temps où la récolte en a été faite.
On fait en Portugal jusqu'à trois récoltes par an.
Le sel de Saint-Ubes, ou le sel de première
qualité du Portugal, contient :
Dullate de magnésie........
Pullale de chaux. .....:....
Chlorure de magnésium. ....
D Le arts
Sel MDI DUP- ne on de ce
Le sel du Croisic, sur les côtes de l’ouest, con-
ent :
Sulfate de magnésie........
Sulfate de chaux... ........, Chlorure de MaLNÉSIUM. , . .
ain b NL wo. se D.
ee. Se
21 à L'ASIE OR CL STRESS 70"s + © 11018 0,07500
Sel mar STEP LU 0,87000. »07
Je pourrais citer d’autres exemples, et vous verriez que les proportions varient suivant les qualités.
Il est un sel de Saint-Ubes de quatrième qua Hté qui contient Jusqu'à 0,07 de sulfate de magnésie, et un autre qui en contient jusqu'à 0,08.
Dans nos sels, le sulfate de magnésie n'entre que dans la proportion de 0,03. Ils sont beau coup moins impurs sous ce rapport que le sel de. Saïnt-Ubes.
Le sel marin sort aussi des volcans comme le sel ammoniac. On voit souvent parmi les layes des cristallisations cubiques de ce sel; ce qui semblerait favoriser l'opinion de ceux qui croient! que les eaux de la mer communiquent avec les volcans.
Le sel marin desséché, comme tous les chlorures, ne peut être décomposé par les acides qui. |
ne contiennent pas d’eau ou d'hydrogène; ainsi
il ne se décompose pas par l'acide borique. Pour que la décomposition ait lieu, il faut que le chlore se dégage à l'état d'acide hydrochlorique.
L'eau seule peut dégager le chlore. On fait un mélange grossier de sable et de sel marin ; on le met dans un tube de porcelaine , que l’on expose à une chaleur rouge. Quand la température est à ce terme, on fait arriver un grand courant de vapeur d’eau; et par l’autre extrémité, il sort un courant d'acide hydrochlorique, et l’on trouve dans ce tube la silice combinée à la soude sous la forme vitreuse. C’est une opération qui pourrait étre utile dans les arts, si l’on n'avait pas de moyen simple d'obtenir la soude.
On décompose aussi le sel marin d’une autre manière : On projette dans le sel marin en fusion de l'argile, ou un mélange d'argile et de silice. Si l'argile esthumide, l’eau se décomposera : l'oxigène se dégagera et l'hydrogène se. portera sur le chlore.
Cette expérience explique l'emploi du chlorure G.-L. Chim. 15e LEgow. 2
de sodium dans les fabriques de poteries. Lorsque les ‘poteries sont cuites, si on les retirait, elles auraient une apparence terreuse; on leur donne. un vernis d’une manière bien simple : on jette du sel dans le four ; il se réduit en poudre par la décrépitation; cette poudre se fixe aux parois des poteries. Dans le four, il y a de l’eau en vapeur, et le sel marin peut être décomposé et produire par sa base une matière vitreuse, On peut également concevoir que le sel marin se combine tout entier avec la matière terreuse, et donne ur verre. On fait des verres dans lesquels il entre.
Le chlorure de barium est composé d’un atome de chlore, d’un atome de barium, et de deux atomes d’eau. Ses cristaux sont des lames rhomboïdales extrémement minces, et plus souvent des lames hexagonales irrégulières.
Sa saveur est piquante et désagréable, c'est. un poison assez violent : à la dose de trois quarts" de gramme, il peut faire mourir un chien (trois quarts de gramme sont équivalens de 12 ou 14
grains ).
Exposé à l’action de la chaleur, il perd facilement ses deux proportions d’eau. Cependant il conserve cette eau à l’air dans toutes les circonstances et à tous les degrés de sécheresse ; et quand on lui a fait perdre son eau par l’action du feu , il agif comme le plâtre et la reprend à l'air. En général, tout sel hydraté qui peut conserver son eau dans les circonstances ordinaires de l’atmosphère, si on la lui enlève par la chaleur, étant exposé à l'air, finit par reprendre toute celle qu'il a perdue.
La solubilité du chlorure de barium est assez grande : 100 parties d’eau à 15°,6 en dissolvent 43,5 parties; à 49,3, elles en dissolvent 55,6; à 105°,5 elles en dissolvent 77,0.
£e sel entre en fusion à une cheleur rouge blanc, et reste dans cet état sans donner de va-
peurs, C’est un chlorure fixe qui peut supporter
la plus haute température. Ce sel se dissout un peu dans l'alcool; mais en très petite proportion, à moins qu'il ne soit très faible.
Le chlorure de barium est décomposé par un
G.-L. 15e Leçon. 2,
20 COURS grand nombre de subétañces : sa base édit Moins
soluble que la plupart des autres bases. ‘elle doit
être chassée pär ‘ces substances. Ce sel peut être >
décompose. parles carbonates alcalins. Enfin 1l est précipité par l'acide sulfurique. À Lots
On peut préparer ce sel de différentes manières.
On prend du sulfate de baryte que l’on décompose par le charbon, pour former du sulfure de barium. On le traite par l’eau et l’acide hydrochlorique qui s'empare du barium, et rien n’est plus facile que d'obtenir ce chlorure. On obtient aussi ce composé en fondant ensemble un atome de chlorure de calcium et un atome de sulfate de baryte. À froid ou par la voie humide, ce mélange. n'éprouverait aucune décomposition. Il n'en est pas de même par la voie sèche. Le sulfate de baryteentre facilement en fusion, et ilse forme du chlorure de barnttare et du sulfate de chaux ; en lavant et évaporant, on obtient le chlorure de barium. Il est très probable que ce qui opère la
décomposition est la différence de pesanteur
Re - —
DE CHIMIE. : Lie
à écifique et de fusibilité des sels. La: différence de fusibilité équivaut à une différence de sôlu
bites M Pur 18 De à 5 On a fit expérience. Voici la matière fondue, et nous pourrons vous montrer l'endroit où ces |
5 déve sels se réunissent.
Pour faire le partage, on réduit lesmatieres en poussière dans un mortier et on la jette aussitôt | 4 dans l'eau bouillante ; on remue à peine, et l’on R filtre. L'eau entraine le chlorure de barium. Le sulfate de chaux est peu.:soluble ; il resté. sur: lé * filiré; mais si Fon'était lent dans l'opération, ôn
“: retrouverait le chlorure de-potassium et le sulfate Leaf Cliss-
de baryte recomposés.
Par ce procédé, on peut préparer en grand le chlorure de barium.
‘On peut aussi former le chlorure de barium