‹ Cours de chimieChapitre 52 sur 61 · LEÇON. — 4 JUIN · texte numérisé non relu

LEÇON. — 4 JUIN

SOMMAIRE

Chlorure d’aluminium.— Sa préparation par l’action du chlore, sur l’alumine et le charbon. — Manicre d’obtenir l'aluminium

avec ce chlorure. — Propriétés de l’aluminium. — Action remarquable de l’oxigène sur lui. — Formation du corindon dans les volcans. — Proto et perchlorure de manganése, — Chlorure correspondant à l’acide manganésique. — Chlorure de zinc. — Protochlorure de fer. — Combinaison avec l’hydrochlorate d’ammoniaque. — Perchlorure. — Formation du Jer spéculaire dans les volcans, par la décomposition du chlorure de fer. —- Observations de M. Gay-Lussac à ce sujet sur des laves du Vésuve. — Protochlorure d’étain. — Son action sur les sels et les acides qui peuvent lui céder de l’oxigène. — Son action sur l’eau. — Nature du précipité formé par la potasse. — Perchlorure. — Action de l’eau. — Différence de propriétés entre le chlorure fourni directement, et par le perchlorure de mercure. — Combinaisons du chlorure d’étain avec d’autres chlorures. — Chlorure d’arsenic.

Nous avons annoncé dans la dernière séance

que nous nous occuperions avec détail du chlorure d'aluminium, parce que c’est de ce composé que Whôler a séparé l’aluminium.

Quand on met de l'acide bydrochlorique avec G.-L. Chim. 16e 1Eçon. E

2 COURS de alumine, 1lse forme une dissolution que l’on peut appeler du nom d’hydrochlorate ; comme elle est obtenue avec de l’eau, on n’est pas certain d’avoir du chlorure d'aluminium. Si l’on veut avoir ce chlorure sec, il faut le former de manière que l’eau ne puisse intervenir. Or, il y a pour cela plusieurs procédés.

On peut l'obtenir en combinant directement le chlore avec l'aluminium.

Lorsque l’on n’a pas d'aluminium , il n'y a pas d'autre moyen que d’avoir recours aux chlorures et d'enlever l’oxigène de l’alumine par des affinités doubles. L’aflinité de l’oxigène pour l’alumi- : nium est très grande.

Si l’on expose à une chaleur rouge un mélange d'alumine et de charbon , puis que l’on fasse arriver dessus du chlore, il y aura formation de chlorure, l'alumine perdra son oxigène. Ce procédé est assez généralement suivi; il a été employé avec succès par M. OErstædt.

Pour opérer de la manière la plus certaine à il faut prendre de l’alumine que l’on précipite de

l’'alun; on y ajoute une matière charbonneuse très

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divisée, du sucre, par exemple , que l’on méle avec de l’huile. Cette matière est calcinée : elle est mise ensuite dans un tube de porcelaine ; on fait chauffer au rouge, et c'est alors que l’on fait passer le chlore.

Le carbone s'empare de l'oxigène de l’alumine ; il se forme du gaz oxide de carbone. On peut detacher facilement le chlorure qui est dans le tube.

Cest un corps jaunätre. À une température ordinaire, il se fond ; à 100°, il se volatilise.

Ce composé étant exposé à l'air, en attire promptement l'humidité; il tombe en deliquium ; alors il ne diffère pas d’une dissolution concentrée d'acide hydrochlorique et d’alumine , dans l'eau : il se dissout très bien. On peut considérer cette dissolution comme un hydrochlorate d’alumine : ou comme un chlorure d'aluminium : elle a une réaction acide bien marquée, Ce qui pourrait la faire considérer comme bydrochlorate ; mais ce caractère n’est pas concluant , parce que si l’eau avait été décomposée pour former l'acide hydro-

chlorique , il y auraït formation d’alumine.

En chauffant la dissolution , l’eau se décompose

réellement , l'acide hydrochlorique se dégage et. l'alumine reste.

C'est d’après cette décomposition que M. Whôler a supposé que le chlorure d'aluminium dans l'eau n’était ni un hydrochlorate, ni un chlorure d'aluminium, maisune substance d’une formation analogue à celle de l'acide fluosilicique, lequel dans l’eau devient l’acide hydro-chloro-aluminique.

Nous ne pouvons partager cette manière de voir. Il faut bien faire attention que l’insolubilité, en général, est une force beaucoup plus puissante | qu'on ne le croit ordinairement. L'alumine ne se précipitant pas, on peut penser que l'aluminium ne s’oxide pas. Au reste, tant qu'un corps reste en dissolution, on ne voit pas ce qui se passe et l’on ne peut pas appliquer les mêmes explications que pour les composés où tout est mis en EVIdence. Nous pourrons considérer la dissolution de chlorure d'aluminium comme un chlorure acide, ou comme un hydrochlorate d’alumine.

Ce chlorure est décomposé par les autres bases.

Voyons le procédé pour obtenir l'aluminium.

On prend le chlorure d'aluminium séché ; on le met dans un creuset de platine avec une certaine quantité de potassium. ( On doit éviter de faire l'opération dans le fer. ) Le chlorure est mis au fond du creuset; il doit être en quantité considérable relativement au potassium; on en met dix fois le poids de celle-ci; on chauffe doucement pour favoriser l’action. Afroid, il n’y aurait rien ; par l’action de la chaleur il se forme de la potasse et en même temps l'aluminium est mis à nu. On obtient une masse alcaline qu’on laisse

refroidir lentemeut sur la lampe à l’esprit-de-vin. P

C’est aussi avec la lampe à l’esprit-de-vin que l’on

élève la température.

On jette ensuite la masse dans l'eau ; elle s’y délaie. Il peut y avoir un peu d’effervescence. L’aluminium gagne le fond du vase; il est en petits grains comme de la poudre, ou plutôt en paillettes extrêmement fines, ayant un éclat métallique que l’on compare à l'éclat de l’étain.

Cette substance paraît grise ; si on la frotte avec un brunissoir, ses parties s’agglomèrent et

forment une surface qui réfléchit la lumière.

NT re Me

0 COURS M. Whôler a voulu essayer de conduire l’électricité et la chaleur par cette poussière, ce qui est une propriété des métaux; mais elle la conduit fort mal, Quand un corps est divisé, quand il y a solution de continuité entre ses parties, quelque bon conducteur qu'il puisse être , il perd cette qualité. L'expérience de M. Whôler ne prouve pas que l’aluminium ne jouisse de la métallicité ou de la propriété conductrice.

À l'air et dans l’eau, l’alumium ne s’altère pas; il est même peu altéré par les acides nitrique et sulfurique à froid; chose extraordinaire; puisqu'il a une grande affinité pour l’oxigène. Il faut, pour bien le comprendre, considérer la force de cohésion qui est un obstacle aux nouvelles affinités, et elle paraît être très grande dans l'aluminium. Mais s1 l’on élève la température, les acides changent l'aluminium en alumine. ù

Parmi les corps qui ont le plus d’affinité pour l'aluminium sont les alcalis, et particulièrement la potasse.

M. Whôler à vu que l'aluminium se combi-

nait parfaitement bien avec les corps simples.

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