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que l’on obtient par la combinaison directe du chlore avec le manganèse,
Ce sel se décompose par la chaleur et donne
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de l'oxigène aux corps qui en manquent par la
séparation des élémens de l’eau de cristallisation. * Il y a un troisième chlorure qui correspond à
l'acide manganésique : cet acide forme ce qu'on
appelle le caméléon minéral.
On fait le caméléon en fondant de la potasse avec le peroxide de manganèse. On obtient une dissolution d’un vert foncé. Ce caméléon est vert parce qu'il est obtenu avec un excès de potasse : si l’on sature la potasse par l’acide sulfurique, la dissolution devient rouge. Ce sont ces changeinens de couleur qui l'ont fait appeler caméléon. Ce n’est que du manganésiate de potasse.
On dessèche le caméléon et l’on verse dessus une certaine quantité d'acide sulfurique, et sur Je tout on jette du sel marin par petites parties. L'acide manganésique cède de son oxigène au sodium du sel marin, qui doit se combiner avec l'acide sulfurique, et l'acide manganésique s’unit au chlore. Ce chlorure particulier est remarquable par une couleur rouge ou par une couleur cuivrée. Il se présente sous forme de vapeurs qui peuvent être recueillies; ces vapeurs sont pesantes et restent sur Îles parois des vases. On peut les transvaser d’une cloche dans une autre. En se condensant, elles se décomposent , et 1l se forme de l'acide manganésique par la dé-
composition de l’eau qui fait partie du sel.
Le chlorure de zinc s'obtient en faisant passer. du chlore sur du zinc chauffé à une température rouge. Il est difficile de faire cristalliser ce sel. Il est très fusible, et fond à une température de 100°.
Il n’a pas une grande consistance : 1l ressemble
au beurre ; aussi l’avait-on appelé beurre de zinc.
I’ peut se volatiliser : il est alors anhydre. Si la”
volatilisation se fait à l'air, il y a une portion.
assez grande du sel de décomposée.
Ce sel pourrait se former par la voie humide.
Le fer forme plusieurs oxides, et par consé-
quent plusieurs chlorures ; aussi avons-nous un. protochlorure , un perchlorure et un chlorure
intermédiaire.
Le protochlorure s'obtient en faisant arriver:
du chlore sur du fer de manière que le fer se
trouve en excès, ou bien en traitant le fer par
l'acide hydrochlorique.
Ce chlorure se fond et cristallise par le refroi= -
dissement. À une température rouge, il se vola-
tiilise.
La cristallisation de ce sel est feuilletée ou
même en paillettes quand il est formé en faisant arriver l'acide hydrochlorique sur le fer.
Ce sel se dissout dans l’eau, et alors 1l communique une couleur verte analogue à celle des sels de fer formés avec les oxacides. On peut le faire cristalliser de ses dissolutions, et il devient anhydre.
Tous les sels de fer ont la propriété de s’altérer quand on les expose au contact de Pair; le chlorure que nous examinons ne fait pas exception : si on le tient au contact de l’air, l’oxigène est absorbé peu à peu et il se forme dans la dissolution un précipité d’oxide mêlé d’un peu de chlorure. Ainsi le chlorure de fer tend à passer à un autre état,
On se sert, dans les laboratoires, du chlorure de fer, en raison de sa solubilité et de la propriété qu'il a d’absorber une grande quantité de deutoxide d’azote pour examiner la pureté du deutoxide d'azote.
Parmi les chlorures, il n’y en a aucun qui Wait la propriété de se combiner avec lhydro-
chlorate d'ammoniaque et de former des sels dou-
bles, que l’on peut considérer comme étant des hydrochlorates doubles, ce qui paraît plus simple, parce que les sels combinés seraient symétriques. Ce qui vient à l'appui de cette opinion, c’est que l’'hydrochlorate d’ammoniaque se combine avec les chlorures atome à atome.
En faisant arriver du chlore dans du protochlorure de fer, le chlore est absorbé très rapi dement ; le sel change de couleur : de vert qu'il était, il devient jaune. Le perchlorure est alors formé. |
On forme aussi ce sel en faisant passer sur le fer du chlore en excès ; il se produit un composé ou un perchlorure de fer, qui est couleur d’or ou d’un rouge brun foncé , et en petites paillettes brillantes.
Si l’on fait volatiliser plusieurs fois le perchlorure, 1l n'éprouve aucune altération. Exposé à Vair , il en attire l'humidité et devient très déliquescent ; alors il ne peut plus être desséché. La chaleur en dégage de l’eau, de l'acide hydrochlorique ; une portion du sel est volatilisée, ét
il reste de l’oxide avec un peu de chlorure. La
chaleur étant plus forte, il ne reste que de l’oxide.
Ainsi le protochlorure de fer peut, de l'état liquide, être ramené à l’état sec et anhydre; mais quand on prend du perchlorure et qu’on en concentre sa dissolution , il se décompose en grande partie si l’on veut le dessécher.
Le perchlorure est extrêmement soluble dans l'eau. Il se dissout dans l'alcool et même dans Péther.
Nous allons examiner maintenant les chlorures de fer sous le rapport de leur présence dans les volcans, et comme donnant un produit qui est connu en Minéralogie sous le nom de fer spéculaire. | On trouve parmi les productions des volcans éteints ou en activité des lames de fer parfaite ment polies, qui forment miroir, et que par cela on nomme spéculaires. Elles sont en quantité considérable dans les laves du Puy-de-Dôme ; les interstices de ces laves sont remplis de fer à l'état d'oxide. J'en ai vu en : 805, dans le résidu d'une éruption précédente du Vésuve. La lave
avait coulé d’abord comme de l’eau, et s'était
ensuite refroidie à la surface; et enfin les bords, en se solidifiant, s'étaient rapprochés de manière à faire une voûte. La lave avait coulé encore dessous ; mais diminuant en quantité, elle avait coulé comme dans un canal qu’elle s'était fait . elle-même. Elle était arrétée depuis long-temps; mais la température s'était conservée, les masses étant considérables. L'intérieur de cette galerie, qui avait une étendue fort grande, était tapissé d’une prodigieuse quantité de ce fer spéculaire absolument semblable à celui que l’on connaît, mais dont on ignorait l’origine, parce qu’on n'avait pas pris la nature sur le fait.
Ce fer spéculaire ne peut pas avoir été formé immédiatement comme oxide de fer : il aurait fallu supposer que le fer avait été volatilisé, ce qui est impossible; mais nous savons que dans les volcans il se dégage des chlorures, c'est incontestable. Je vous ai cité l’hydrochlorate d’ammoniaque, lesel marin ; nous savons ensuite qu'il peut se trouver du fer dans les matières volcaniques , et qu'il se dégage des vapeurs d’acide
hydrochlorique des déjections des volcans : il
peut donc se former des chlorures de fer, lesquels sont décomposés par leur contact avec l’eau.
Presque toutes les fumeroles de volcan donnent de l'acide hydrochlorique; quelquefois cependant on ne recueille que de l'eau pure, mais le plus souvent elle est acide.
Je viens maintenant à notre chlorure de fer.
Ce chlorure , quel qu'il soit, étant exposé à l’action de la chaleur et de l'humidité , se décompose et donne des vapeurs d'acide hydrochlorique et de l’oxide de fer.
Le protochlorure par l’action de l'oxigène de l'air donne du perchlorure, et le perchlorure n'a besoin que de l’action de l’eau pour donner de l'oxide. Ainsi les vapeurs dégagées du volcan se décomposent dans l'air, et forment des atomes d’oxides qui cristallisent. Telle est probablement l'origine de ce fer spéculaire, que l’on trouve dans les résidus des volcans.
Voici du chlorure de fer que l’on a fait chauffer dans ce crenset ; il fume abondamment; si Fon présente à la fumée un papier bleu, il va être rougi très promptement : C'est qu'il y a du chlore
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entrainé. Si l'on dirige un courant de vapeurs dessus le chlorure, il donnera des vapeurs plus abondantes encore, et le résidu sera de petits cristaux d’oxide. Si nous mettions dans le creuset de l'argile humide, il y aurait combinaison àe l’oxide de fer avec la matière terreuse, et nous aurions un Composé tres riche en fer.
Cest ainsi qu'on apprend à entrevoir la formation des corps rassembles par le minéralogiste.
L’étain se combine très bien avec le chlore, et forme deux chlorures. Nous avons d’abord ur protochlorure, que l’on peut obtenir à l'état sec en traitant de l’étain par de l'acide hydrochlorique : on chauffe l’étain, et l'on fait arriver l'acide sur le métal. Il y a dégagement d'hydrogène et production du sel. Il faut mettre le métal en. exCÈS.
Il y a un procédé général pourfaire leschlorures d’une manière sûre. Nous avons un chlorure, ou plutôt un perchlorure de mercure, connu sous le nom de sublimé corrosif; il a la propriété de ce-
der son chlore à une foule d’autres métaux, ou,
en d'autres termes, le mercure a peu d'aflinité pour le chlore, de manière qu'il le cède à tous les corps. Cependant tout dépend des proportions P P
dans lesquelles on l'emploie. Si l'on met parties
égales d’étain et de sublimé corrosif, il se forme un protochlorure d’eau : par ces proportions, l'étain est véritablement en excès. Ce sel est com posé d’un atome de chlore et d’un atome d'étain.
Je crois que je n'ai poimt donné le poids de
l'atome d’étain.
en au... 799204 L’atome de chlore est égala...... 4,42650
Le poids atomistique du protochlo-
rure d’étain est donc égal à......,. 11,77044.
Ce protochlorure étant exposé à l’action de la chaleur, fond et produit une masse grise par le ‘refroidissement. La cassure de cette masse est vitreuse , ce qui est tout l'opposé de la cassure cristalline.
Ce même chlorure peut étre volatilisé à une chaleur rouge; et si l'opération a été faite sans la
présence de l'eau, la volatilisation à lieu sans
20 COURS décomposition; mais si l’eau est présente, la décomposition s'opère.
Ce sel est connu sous le nom de sel d’étain dans les arts. On l’obtient en grand, en traitant l'étain par l'acide hydrochlorique : on met le métal dans l’eau dans des vaisseaux de grès ou de cuivre, ce qui n'a aucun inconvénient, parce que l'étain a beaucoup plus d’aflinité pour le chlore que le cuivre. Alors l'acide bydrochlorique, en arrivant sur l’étain, abandonne son hydrogène et forme du chlore : on fait cristalliser ensuite. Les cristaux sont des aiguilles prismatiques.
Ce sel, à l’état solide, étant mis dans l'eau et en petite quantité, peut être dissous sans décomposition sensible; mais si l'on étend l’eau, il se forme un sous-sel, c’est-à-dire que le protochlorure se décompose, et donne lieu à une liqueur plus acide et à un précipité qui contient moins de chlore. Ce sous-sel est formé de 2 atomes de métal, de 1 atome d’oxigène, et de 1 atome de chlore. Enfin ce composé n’est point anhydre : il
renferme deux proportions d’eau.
Ce sous-sel mêlé à l’eau est décomposé par la chaleur.
Le protochlorure d’étain est décomposé facilement par lesalcalis. Aïnsi en le traitant par la potasse en petite quantité, on obtiendrait un précipité qui sera un sous-sel, et l’eau pourra faire passer le précipité à l’état d’oxide en augmentant la quanuüté de l’alcali.
On avait remarqué qu’en précipitant le chlorure d'étain par la potasse, il se déposait au bout d’un certain temps au fond du vase une matière cristalline affectant la forme du chou-fleur , d’un gris noir et que l’on a prise pour du métal. Proust | pensait que l’étain était réduit par la potasse, ce qu'il attribuait à la grande affinité de la potasse pour le peroxide d’étain; car il faut savoir que le peroxide d’étain se conduit avec les bases comme un acide. Or, ce peroxide ne pouvait se former qu'aux dépens de l’oxigène du protoxide, ce qui régénérait une partie du métal ; mais Berthollet ayant examiné ce précipité, vit qu'il se dissolvait dans l'acide hydrochlorique sans dégagement de gaz: ainsi ce précipité n’est pas du
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22 COURS métal; car si cela était, 1l y aurait dégagement d’hydrogene.
Je n'ai jamais obtenu un précipité métallique ; j'ai toujours obtenu de l'oxide noir, de sorte que si Proust s’est borné à examiner laspect de la matière, ce n'était pas un caractère sufhisant pour prononcer. J’ajouterai à l'autorité de Berthollet , : en disant que j'ai vu aussi le précipité se dissoudre dans l’acide hydrochlorique sans dégagement de gaz hydrogène.
Le protochlorure d’étain est un réactif dont nous nous servons fréquemment dans les laboratoires. Il a une grande tendance à se surchlorer, c’est-à-dire à prendre une excédant de | chlore. Quand on l’expose au contact du chlore, il l'absorbe rapidement, et même Paffinite est si . grande qu'il y a inflammation du protochlorure dans le chlore, même à froid.
Quand il est exposé au contact de l'air, l'affinité qu'il a pour le chlore fait également qu'il se combine avec l’oxigène. Voici ce qui se passe alors : il faut imaginer que la moitié du prote-
chlorure se décompose complètement et donne
DE CHIMIE. 23 son chlore à l’autre portion ; il se forme un précipité d’oxide d’étaim, et il reste une dissolution de perchlorure d’étain.
Voilà une action sur l’oxigène fort remarquable. Cette action est telle , que si nous prenons du protochlorure et que nous le mettions en contact avec l’acide arsenieux ou arsenique , il réduit ces deux acides; une portion du métal reste à l'état d’oxide , l’autre s’unit à une partie chlore qu'abandonne le chlorure. Ce chlorure d’étain agit comme corps désoxigénant ; mais C'est pour passer à l’état de perchlorure.
Nous avons une foule d’oxides métalliques qui sont réduits par le protochlorure d’étain. Les chlorures de mercure, d'argent, sont décomposés
par ce sel; il fait passer l'acide sul fareux à l’état
de soufre. Il attaque même les sels de cuivre. IE
réduit une grande quantité de corps , en leur enlevant de l’oxigène.
Pour examiner les propriétés du perchlorure, il faut l'obtenir autrement que par la décomposition du protochlorure. Pour cela on combine
directement étain avec le chlore ; maïs on peut
Le
aussi le former par Fancien procédé, qui consiste à chaufler quatre portions de perchlorure de mer-cure et une partie d’étain en limaille.
Quand on veut obtenir l’étain en poudre fine, on le mêle à un peu de mercure ; alors on peut le broyer et le diviser comme on veut.
En distillant quatre parties de perchlorure de: mercure et une d'étam, on obtiendra un liquide: tout-à-fait incolore, que l’on appelait autrefoiss liqueur fumante de Libavius.
Le perchlorure d’étain est formé de deux atomes de chlore et un atome d’étain.
Quand on l’expose au contact de l'air, il fame: aussitôt. Il a une odeur particulière très marquée : que l'on ne peut définir. Les vapeurs quil donne: sont du perchlorure qui se dégage et qui, s’unis-sant avec de l’eau, forme un composé moins; volatil. Cest la raison pour laquelle on voit ces: vapeurs dans l'air.
Le perchlorure a la propriété d’agir avec force: sur l’eau. Dans un vase ouvert, il attire l’humidité, et forme une combinaison h ydratée qui cris-
tallise sur les parois du vase. Mais on peut mo-
derer cette action puissante en mêlant de l’eau avec le corps; en y mêlant un tiers de son poids d’eau, on le solidifie complètement. Ce mélange occasione une ébullition qui volatilise la partie du sel qui n’est pas encore combinée avec l’eau. Une fois qu'il a été combiné avec l’eau, il est moins volatil et ne fume plus à l'air.
Dans cet état, si on l’expose à l’action de la chaleur, il ne s’en volatilise qu'une petite partie ; il y a décomposition du reste, dégagement de l'acide et un résidu d’oxide.
. Ce perchlorure hydraté est très stable : il n’éprouve aucune altération à l'air; il n’a plus la propriété d'enlever l’oxigène ; il ne l’enlève même pas à l'or, qui y tient si peu. Il se dissout dans l'eau sous toutes sortes de proportions. Il se dissout aussi dans l'alcool. On prépare ce composé dans les arts; il forme un mordant pour l’écarlate.
. Ce sel hydraté, comme je vais vous le montrer, peut être délayé dans une grande quantité d'acide hydrochlorique sans précipitation ; tandis
que si l’on fait la même expérience avec le per-
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