Préparation. — L'alcool s'extrait des liquides
fermentés par distillation; on emploie surtout, comme matières premières de cette fabrication, le jus de betteraves, la mélasse de sucrerie oti encore les grains, voire même la pomme de terre, préalablement saccha-
ALCOOLS DE LA SÉRIE GRASSE
rifîés par la diaslase ou i'acide sulfurique étendu. Sous laction de la levûre, qui est le feraient alcoolique par excellence, le glucose que renferment ces liquides se dédouble rapidement en acide carl)oni(iue, qui se dégage, et en alcool ordinaire, qui reste mélangé avec un excès d'eau, quelques traces de ses homologues supérieurs, enfin un peu de glycérine et d'acide succinique.
En pratique, on soumet ces liqueurs fermentées à deux fractionnements successifs : le premier, qui a pour but d'éliminer la plus grande partie de l'eau contenue dans le mélange, donne seulement de l'alcool brut (flegmes), qui a d'ordinaire assez mauvais goût; le second sépare définitivement l'alcool des impuretés qui l'accompagnaient encore. Il n'y reste plus qu'une petite quantité d'eau, 5 0/0 en moyenne, qu'il est impossible de lui enlever par distillation.
Ces deux opérations s'effectuent dans de grands appareils dont la partie essentielle est une colonne munie de plateaux perforés,' que les vapeurs sortant de la chaudière doivent traverser dans toute sa hauteur ; au contact du liquide qui s'accumule à la surface des plateaux, la vapeur d'eau se condense et retombe, de plateau en plateau, jusque dans la chaudière, tandis que la vapeur d'alcool, moins facilement liquéfiable, monte jusqu'au sommet de la ctdonne, pour se rendre enfin au réfrigérant.
Les liquides fermentés de bon goût ne sont généralement distillés qu'une seule fois : on obtient alors ce qu'on appelle des eaux-de-vie, qui ne servent qu'à la consommation et dont la saveur tient à des impuretés d'origine; l'eau-de-vie ordinaire est obtenue par la dis-
CHIMIE ORGANIQUE
tillation du vin : elle renferme environ la moitié de son volume d'alcool pur.
Pour obtenir Talcool absolu^ c'est-à-dire l'alcool anhydre, marquant 100 degrés à l'alcoomètre de Gay- Lussac, on déshydrate l'alcool ordinaire du commerce par la chaux vive ou la baryte caustique et Ton distille à nouveau ; on reconnaît l'alcool absolu à ce qu'il ne colore pas le sulfate de cuivre anhydre et à ce qu'il dissout légèrement la baryte anhydre.
Synthèse. — On peut effectuer la synthèse de l'alcool en saponifiant l'iodure ou le bisulfate d'éthyle par la potasse bouillante ; ces deux éthers se préparent eux-mêmes par synthèse, en combinant Téthylène à l'acide iodhydriqueou à IVcide sulfurique (Berthelot).
C'-Wl + KOH = Kl + C2H60.
lodure d'éthyle. Alcool.
S04HC2H5 + KOH = SO^HK + Cm^O,
Bisulfate d'éthyle. Alcool.
Usages. — L'alcool sert surtout à la fabrication des liqueurs ; on l'emploie aussi comme dissolvant, dans une foule de préparations industrielles ou de laboratoire.
Alcools propyliques C^H^O.
413. Propriétés, préparation. — Il existe deux alcools propyliques isomères : l'alcool primaire ou propanall CH20H-CH--CH3 et l'alcool secondaire ou propanol2 CH3-CHOH-CH3. Ce sont l'un et l'autre des liquides incolores, bouillant respectivement à 97 degrés et 83 degrés, qui ressemblent par leurs propriétés générales à l'alcool ordinaire ; on les distingue par leurs produits d'oxydation, qui sont, dans le premier cas, de
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raldéliyde ou de l'acide propiouiquo, dans le second de Tacétone.
L'alcool propylique primaire s'extrait par distillation fractionnée des résidus de la fabrication de Talcool ordinaire : l'autre se prépare par synthèse, en hydrog'énant l'acétone au moyen de l'amalgame de sodium.
Acétone. Aie. propylique sec.
Les alcools propyliques n'ont aucun usage, en dehors du laboratoire.
Alcools butyliques C^H^OQ.
414. Propriétés, préparation. — On connaît quatre alcools butyliques différents, à savoir deux primaires, un secondaire et un tertiaire, dont les formules de structure sont :