‹ Cours de chimieChapitre 55 sur 226 · SOUFRE · texte numérisé non relu

SOUFRE

à cliaud, par exemple par voie de fusion; il prend la l'orme d'octaèdres orthorliombiques quand on le fait cristalliser à froid, en laissant s'évaporer lentement une solution de soufre dans le sulfure de carbone; enfin M. Engel a reconnu récemment que le soufre qui se sépare d'un mélange d'iiyposulfîte de sodium et d'acide clilorhydrique prend la forme de rhomboèdres quand on le fait cristalliser dans le chloroforme.

Les cristaux de soufre clinorhombiques se transforment peu à peu, à froid, en petits octaèdres ; inversement les cristaux octaédriques se changent en aiguilles prismatiques quand on les maintient longtemps à l'étuve, vers 100 degrés.

On connaît enfin le soufre à l'état amorphe : il est alors pulvérulent et insoluble dans tous les réactifs; cette variété de soufre existe dans la fleur de soufre du commerce, d'où on peut l'extraire par lavages au . sulfure de carbone.

Le soufre fond vers 115 degrés en un liquide jaune, très mobile et très fluide; si on continue à le chauffer on le voit bientôt devenir brun et visqueux, si bien qu'à 250 degrés il est presque impossible de le couler. Au-dessus de cette température il se fluidifie à nouveau et entre en ébuUition à 447 degrés.

Si on le coule dans l'eau froide lorsqu'il est très chaud, on le voit prendre la forme de soufre mou, qui est élastique comme le caoutchouc. Ce soufre mou est un mélange de soufre cristallisable et de soufre amorphe, il redevient dur et cassant au bout de quelques jours.

' La densité de vapeur du soufre, prise à haute température, est égale à 2,2, chifl're qui concorde avec la théorie; au rouge naissant elle est beaucoup plus considérable et par conséquent anormale (6,0, d'après Dumas, à 500°).

HYDROGÈNE ET MÉTALLOÏDES

98. Propriétés chimiques. — Le soufre est à la fois électro-positif et électro-négatif : dans ce dernier cas il ressemble à l'oxygène et donne en général des combinaisons du même ordre.

Le soufre prend feu dans l'oxygène vers 250 degrés et brûle avec une flamme bleue en donnant de l'anhydride sulfureux, mélangé avec une trace d'anhydride sulfurique; il s'unit directement au chlore, au brome et à l'iode pour donner les chlorure, bromure et iodure de soufre S^CP, Smr^ et S^P; il se combine au phosphore ordinaire avec une violente explosion ; il donne avec le carbone, au rouge, le sulfure de carbone CS^; enfin il transforme presque tous les métaux en sulfures : l'attaque commence souvent à froid, c'est ce qui a lieu avec le fer et même avec le mercure et l'argent, qui noircit au seul contact du soufre. L'or et le platine résistent à peu près complètement, le zinc et l'aluminium ne sont que fort peu attaqués.

Tous les corps oxydants doués de quelque énergie transforment le soufre en acide sulfurique ou en acide sulfureux : c'est le cas de l'ozone, des peroxydes métalliques, de l'acide azotique et même de l'acide sulfurique.

2S 4- Mn02 =. MnS -f SO2 .

S + 6Az03H=r SO^^H2 + 6Az02+2H20. ' S + 2SO'^H2 = 3S02 -f 2H20 .

Le soufre se dissout dans les lessives alcalines bouillantes, en donnant un persulfure de couleur orangée, enfin il attaque certaines matières organiques, soit pour s'y combiner, soit pour leur enlever de l'hydrogène, avec lequel il forme de l'acide sulfhydrique.

Le caoutchouc s'unit facilement au soufre pour donner ce qu'on appelle vulgairement le caoutchouc vulcanisé.

Page 1