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SOUFRE

99. Préparation. — Le soufre se fabrique industriellement avec le minerai des solfatares, mélange de soufre libre et de matières terreuses, qui se trouve au voisinage des volcans. On rencontre parfois dans ce minerai de beaux cristaux octaédriques, identiques à ceux qu'on obtient artificiellement par dissolution dans le sulfure de carbone.

En Sicile on sépare le soufre de sa gangue par voie

Fig. 30. — Fourneau de galère.

de fusion, en se servant comme combustible du soufre lui-même; pour cela on forme avec le minerai de grandes meules, entourées de murs, que l'on nomme ealcaroni, et on met le feu à la masse en jetant dans l'intérieur, par des cheminées disposées à cet effet, des broussailles enflammées : la combustion échauffe le soufre, qui se liquéfie peu à peu et vient couler au dehors, suivant la ligne de plus grande pente : on en

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recueille ainsi environ les deux tiers de ce que renfermait le minerai.

En Calabre on traite le minerai de soufre par distillation, dans un fourneau de galère (fîg. 30), ce qui permet d'en extraire à peu près la totalité du produit utile, mais l'augmentation de rendement est compensée par la dépense qu'occasionne le combustible nécessaire au chauffage des fours.

Dans les pays qui ne possèdent pas de mines de soufre, on peut se procurer ce corps en distillant la pyrite ou bisulfure de fer FeS^ dans des cornues en terre réfractaire, chauffées au rouge vif.

3FeS2 = Fe3S4-}-2S.

Le soufre fabriqué par l'une ou l'autre de ces méthodes est assez impur, on le raffine par distillation. Les appareils qui servent au raffinage du soufre sont essentiellement formés par une cornue A où le soufre brut entre en ébullition, et une chambre de condensation B, en métal ou en maçonnerie, où la vapeur de soufre vient prendre, suivant la température, l'état pulvérulent (fleur de soufre) ou l'état liquide (fig. 31) : dans ce dernier cas on coule le soufre fondu, au furet à mesure de sa production, dans djes moules en bois qui lui donnent sa forme commerciale de canons cylindro-coniques.

Usages, — Le soufre sert à préparer toutes ses combinaisons : acide sulfureux, acide sulfurique, sulfites, sulfates, hyposulfites, sulfures métalliques, sulfure de carbone, etc., à fabriquer les allumettes et la poudre à canon, à vulcaniser le caoutchouc, à faire des moulages ou des scellements ; enfin on l'emploie en agriculture, sous forme de fleur de soufre, pour combattre

Voïdium de la vigne, et en médecine pour le traitement des maladies de peau. C'est, en résumé, l'un des mé-

Fig. 31. — Raffinage du soufre.

talloïdes les plus utiles qui existent; peut-être le plus utile de tous après l'oxygène et le carbone.

Hydrogène sulfuré, H^S.

100. — Le soufre donne avec l'hydrogène deux combinaisons différentes : l'hydrogène sulfuré ou acide sulfhydrique H^S et le bisulfure d'hydrogène H-S-. Ces deux composés correspondent à leau et à leau oxy-

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gênée, nous n'étudierons ici que le premier, qui est le plus important.

101. Propriétés physiques. — L'hydrogène sulfuré est un gaz incolore, reconnaissable à son odeur fétide, qui ressemble à celle des œufs pourris ; on peut déceler sa présence dans les mélanges gazeux qui n'en renferment que des traces au moyen de l'acétate de plomb, avec lequel il donne un précipité noir de sulfure de plomb.

L'hydrogène sulfuré a pour densité 1,1912, l'eau en dissout trois fois son volume à la température ordinaire. Les dissolutions d'acide sulfhydrique doivent être faites avec de l'eau bouillie et maintenues à l'abri de l'air, pour éviter l'action décomposante de l'oxygène qui en précipite du soufre.

On peut le liquéfier, à l'exemple de Faraday, en décomposant par la chaleur le bisulfure d'hydrogène dans un tube en V renversé dont la branche vide est refroidie par un mélange réfrigérant; le bisulfure se dédouble en soufre octaédrique qui se dépose et en hydrogène sulfuré qui se liquéfie par sa propre pression dans la branche froide du tube .(fig. 18).

L'acide sulfhydrique liquide bout à — 74 degrés et se congèle à — 85 degrés.

Le charbon de bois, à cause de sa porosité, l'absorbe très bien, même lorsqu'il est dissous dans l'eau. On profite souvent de cette propriété pour purifier les eaux stagnantes qui en contiennent : il suffit de les

filtrer sur un lit de charbon de bois pour leur faire perdre toute odeur.

L'In'drogène sulfuré est un poison violent : il produit, quand on le respire en quantité un peu trop forte, des asphyxies brusques qui lui ont valu le nom de plomb; son meilleur antidote est le chlore dilué.

Il est beaucoup moins dangereux dans les voies digestives et on peut boire impunément ses dissolutions. Les eaux minérales dites sulfureuses en renferment toujours à l'état libre, à côté de sulfures alcalins ou alcalino-terreux.

102. Propriétés chimiques. — L'hydrogène sulfuré est constitué comme l'eau, mais il est infiniment moins stable et se décompose sous une foule d'influences.

Sa dissociation est déjà sensible à 400 degrés ; l'air humide le détruit lentement, à froid, en donnant de l'eau et un dépôt de soufre; en présence de corps poreux il peut même le changer en acide sulfurique.

L'acide sulfhydrique brûle à l'air avec une flamme bleue : quand l'oxygène est en excès il se produit de l'eau et de l'acide sulfureux.

Dans le cas contraire il y a dépôt de soufre.

Tous les oxydants le détruisent en donnant, suivant leur énergie, soit de l'eau et du soufre, soit de l'acide sulfurique.

H2S + 8Az03H = S04H2 -f 8Az02 + 4H20.

Il décompose même l'acide sulfureux et l'acide sul-

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furique concentré ; dans le premier cas il peut se

former de l'acide pentathionique.

Il réduit l'acide chromique, transforme les sels ferriques en sels ferreux, l'acide arsénieux en sulfure d'arsenic, etc.

Fe2C16 + H2S = 2FeC12 + 2HC1 + S.

As203 + 3H2S = As2S3 + 3H20.

Le chlore, le brome et l'iode (ce dernier seulement en présence de l'eau), le décomposent en s'emparant de son hydrogène.

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