‹ Cours de clinique médicaleChapitre 2 sur 11 · EXAMEN DU MALADE · texte numérisé non relu

EXAMEN DU MALADE

P..., sous-officier réformé, âgé de -47 ans, entra le 29 novembre 1866 à la clinique thérapeutique de l’Académie médico-chirurgicale de Saint-Pétesbourg.

Symptômes objectifs. — Le malade est pâle; en examinant son squelette, on voit qu’il est d’une constitution moyenne. Le tissu graisseux sous-cutané et les muscles sont peu développés. La peau ne présente aucune éruption, sa température n’est pas augmentée, son élasticité est diminuée. Le ventre, comparé à la maigreur de tout le corps, est augmenté de volume, surtout dans sa partie inférieure. Les muqueuses sont pâles, les sclérotiques présentent une teinte ictérique; la langue est nette et anémiée; la paupière gauche est ahaissée de moitié; le sourcil gauche, l’aile gauche du nez, ainsi que l’angle de la bouche du même côté, sont de même un peu abaissés. La joue gauche est beaucoup plus gonflée que la joue

MALADIES DU LUEUR

droite. Les muscles du bras gauche et de la jambe droite paraissent plus faibles que ceux des extrémités opposées, et ne peuvent pas supporter un peu de fatigue. L’épaule droite est plus haute que la gauche; la clavicule droite fait un peu saillie en avant. Les fosses sus-claviculaire et sous-claviculaire sont plus profondes du côté droit que du côté gauche. L’omoplate droite est plus élevée que la gauche. La moitié droite du thorax paraît en arrière plus bombée que la moitié gauche. A l’inspiration, les deux moitiés droite et gauche de la poitrine se dilatent en avant d’une manière tout à fait symétrique, tandis qu’en arrière le côté droit se dilate moins que le côté gauche. Les artères temporales semblent plus sinueuses que d’habitude. Le nombre des pulsations, quand le malade est tranquille, est de 74, mais il monte à 93 quand il fait un léger mouvement. Le pouls est bondissant. Il disparait rapidement sous le doigt, après qu’il l’a touché. Nous remarquons de plus que chaque pulsation est petite, et qu’une faible pression du doigt sur l’artère radiale le fait complètement disparaître. Quand la pulsation a disparu, on sent toujours l’artère radiale sous la forme d’un cordon, les artères brachiales paraissent de plus inégales et sinueuses. En auscultant les petites artères au moyen du stéthoscope , on n’entend en elles aucun bruit. Les pulsations des carotides sont apparentes; quand on les palpe , elles semblent épaissies ; en appliquant le doigt sur elles, on perçoit une sensation particulière de bourdonnement. Le choc du cœur est apparent dans trois espaces intercostaux; il est surtout très-prononcé entre la sixième et la septième côtes, à gauche du mamelon; la force du choc du cœur est plus grande qu’à l’état normal,

EXAMEN DU MALADE il n’existe pas de faux pas; chaque contraction cardiaque produit une pulsation.

A la percussion on remarque, au-dessous de la clavicule droite, une matité à peine perceptible, qui apparaît d’une façon très-manifeste à l’extrémité acromiale de cet os. Au-dessus de la clavicule et sur cet os le son produit par la percussion semble également plus obscur; la matité se perd au-dessous de la seconde côte. A gauche, au-dessous de la troisième côte, on perçoit une matité à peine sensible et à la quatrième côte commence la matité complète produite par le cœur, qui s’étendà gauche du mamelon jusqu’à l’espace intercostal situé entre la septième et la huitième côtes. Dans le diamètre transversal, la surface de la matité occupée par le cœur est bornée par la ligne parasternale droite. Cette matité commence à la quatrième côte et en bas, elle se transforme pour constituer la matité du foie. A gauche, le diamètre transverse s’étend jusqu’à la ligne mam ilia ire gauche. Vers les limites de la surface occupée par la matité du cœur, cette matité disparait dans les inspirations profondes et est remplacée par le son rendu par les poumons. La matité absolue du foie apparaît, quand le malade est debout, sur la ligne mamillaire, à la sixième cote, et sur la ligne axillaire, à la huitième côte; à cet endroit, comme au précédent, le son ne se modifie pas pendant l inspiration. Le long de la ligne mamillaire on obtient la matité du foie à trois travers de doigt, au-dessous du rebord des côtes ; le long de la ligne médiane, la matité s étend à quatre travers de doigt, au-dessous de l’appendice xyphoïde, et à gauche elle dépasse la ligne mamillaire. A la palpation, la superficie du foie parait lisse et unie.

MALADIES DU COEUR

La matité de la rate commence à la neuvième côte; ici le son est plein pendant l’inspiration. Les diamètres de la rate ne sont pas agrandis. Quand on percute la région du l’oie, surtout cette partie de l’organe qui fait saillie au-dessous des côtes, le malade se plaint de douleurs. La partie inférieure de l’abdomen donne un son mat, dont le niveau se trouve à un travers de main audessous de l’ombilic; à cet endroit , on remarque de la fluctuation. En arrière de la moitié droite du thorax , le son est plus mat qu’à gauche; vers le bas , cette matité devient absolue. Le long de la ligne axillaire, le son est également mat, cependant cela est moins accentué que sur le dos. Dans les endroits où le son est mat à la percussion, les vibrations de la cage thoracique sont affaiblies.

A l’auscultation, on entend à l’endroit où le choc du cœur est le plus prononcé, au lieu de deux bruits, deux souffles. Vers la droite, on perçoit un premier bruit plus faible, accompagné de souffle ; en déplaçant le stéthoscope vers la gauche, on n’entend pas le premier bruit, et l’on ne remarque que des souffles plus faibles. En se dirigeant vers le haut, le premier souffle est plus court, le premier bruit est plus faible; le second souffle est de plus en plus accusé et prolongé, et à l’endroit qui correspond à la crosse de l’aorte, on entend enfin de nouveau un premier souffle léger et court, et un second souffle très-prononcé et prolongé, sans que l’on perçoive de bruit. Dans l’artère pulmonaire, les bruits sont couverts par les souffles. Dans les carotides, le premier bruit est prolongé, divisé et accompagné d’un souffle à peu près nul; le second bruit est remplacé par un souffle. En avant, du

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