EXAMEN DU MALADE
côté gauche de la poitrine, on entend le murmure vésiculaire depuis le hautjusqu’au bas; à droite, au-dessous de la clavicule, le murmure respiratoire est plus faible, l’inspiration est plus courte et l’expiration prolongée; çà et là apparaissent des râles sibilants ; à droite et en arrière, le murmure vésiculaire est de plus en plus faible à mesure que l’on descend. Il y a vingt-cinq respirations par minute.
L’expectoration et la salivation sont peu abondantes. La quantité d’urine rendue, chaque jour, est de 680 centimètres cubes; le poids spécifique de ce liquide est de 10 25, la réaction est acide; l’urine ne contient ni sucre, ni albumine, ni pigment biliaire. Le poids des chlorures pour les vingt-quatre heures est de 8 grammes; celui de l’urée est de 24 grammes; les selles sont peu abondantes, liquides et colorées en jaune.
Phénomènes subjectifs. — Le malade se plaint de dyspnée, de céphalalgie, de douleurs dans le tiers inférieur du sternum et dans la région du foie, de perte d’appétit et d’une faiblesse générale.
Anamnestiques. — La dyspnée apparut, pour la première fois, chez le malade, à un léger degré, il y a six mois, après une marche rapide; plus tard, elle se montra plus forte, et cela deux ou trois semaines après une maladie que fit le patient, qui dura deux mois et qui était caractérisée par de la toux et un point de côté à droite. Quelques semaines avant la toux, le malade fut pris d une attaque de choléra, avec de la diarrhée, des vomissements et des crampes. La dyspnée s’étant consi-
BOTKIN. O
18 MALADIES DU COEUR
dérablement accrue, il se montra un œdème des pieds, ensuite le ventre se mit à augmenter de volume; l’œdème des pieds disparut quand le malade commença à pouvoir moins marcher.
Les douleurs de la région du sternum et du foie étaient survenues après l’apparition de la dyspnée.
A part une attaque d’apoplexie, le malade ne peut plus se souvenir d’aucune affection. L’apoplexie se montra chez lui, il y a vingt-cinq ans, subitement, sans prodromes, à la suite d’un abus longtemps prolongé des spiritueux; elle était accompagnée d’une perte de connaissance qui dura environ trois jours. Quand il eut repris connaissance, il remarqua qu’il ne pouvait plus remuer ni son bras gauche ni sa jambe droite, et que la paupière supérieure gauche recouvrait complètement l’œil. Ces symptômes de paralysie disparurent peu à peu dans l’espace de quelques mois et diminuèrent tellement que, dans ces derniers temps, le malade ne s’apercevait plus de la faiblesse des extrémités qui avaient été atteintes. Cependant de temps en temps il se plaignait de douleurs de tête. Depuis cette époque, le malade se restreignit dans l’emploi des spiritueux; cependant il n’y a que trois ans qu’il abandonna complètement l’eau-de-vie. Cet homme n’a jamais souffert de rhumatismes.