LIVRE I. TITRE IX. PART. I. CHAP. II
sance légale serait réputée rétroactivement n'avoir jamais cessé !
Mais est-ce que le nouveau mari de la mère, tant que l'annulation du mariage n'était pas prononcée, n'aurait pas eu la pleine et libre disposition des revenus des enfants de son premier lit?
Est-ce que le motif de la cessation de cette jouissance n'est pas alors absolument le même ?
Me direz-vous qu'il est possible, au contraire, que l'annulation du mariage soit prononcée peu de temps après sa célébration ?
J'en conviens ; mais il se peut aussi que le second mariage dure plus ou moins longtemps avant d'être annulé; cette hypothèse sera même la plus ordinaire.
Distinguerez-vous ?
Mais c'est impossible ! le texte est le même pour tous les cas; et comme ma solution renverse aussi la distinction inique, qu'il faudrait admettre dans l'opinion contraire, entre le cas oii la veuve serait de bonne foi et celui où elle serait de mauvaise foi, j'en conclus que l'article 386 est applicable au second mariage, même annulé, lorsqu'il a été librement contracté par la mère.