Voilà donc les empêchements de mariage établis
L'officier de l'état civil doit, au premier rang, sous sa
responsabilité personnelle, en assurer l'efficacité et se refuser à la célébration d'un mariage auquel s'oppose un empêchement légal. Les parties elles-mêmes sans doute devraient également, sinon par respect pour la loi, du moins le plus souvent dans leur propre intérêt, s'y soumettre. Mais il peut arriver que les empêchements soient ignorés de l'officier de l'état civil et des parties, ou même dissimulés frauduleusement par celles-ci à l'officier public. Il fallait donc pourvoir au moyen de les découvrir et de les connaître. Ce moyen, que la loi a spécialement organisé, est Y opposition, c'est-à-dire en général, l'acte par lequel une personne signale à l'officier de l'état civil et aux parties un obstacle à la célébration du mariage.
Sage et prévoyante mesure, puisqu'elle est la sanction nécessaire et presque la seule des empêchements prohibitifs, et qu'en ce qui concerne les empêchements dirimants, elle peut préserver les parties, leur famille et la société tout entière, des dommages et des désordres qu'entraîne inévitablement la nullité d'un mariage déjà célébré. — Mesure toutefois délicate aussi et périlleuse, et qui pouvait devenir, si l'on n'y avait pris garde, un moyen de méchanceté et de vexation au service des intérêts blessés, des espérances déçues, de la vanité humiliée, des mécontentements enfin de toutes sortes, fondés ou non fondés, que suscitent très-souvent les projets de mariage. C'est par ce motif que le Code Napoléon n'a pas ^ voulu que la faculté d'opposition dégénérât en action populaire (Portalis), et que plus positif et plus précis que notre ancien droit (Pothier, n° 82; Merlin, Rép., t. VIII, v° Opposition à mariage, n° 3), il a déterminé tout à la fois par quelles personnes et pour quelles causes les oppositions pourraient être formées. Préoccupé des anciens abus, n'a-t-il pas, afin d'en prévenir le retour, resserré au contraire dans des limites trop étroites le droit d'op» position? ce n'est pas sans quelque raison peut-être bu'on l'en a généralement accusé (Delvincourt, 1. 1, p. 58,