‹ Cours de Code NapoléonChapitre 255 sur 321 · LIVRE I. TITRE V. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE I. TITRE V. CHAP. IV

des conditions qu'elle ordonne n'a pas été remplie. 11 faut donc les remplir toutes et sans exception. Jusqu'ici, je suis d'accord avec vous; mais faut-il en conclure que le mariage devra être déclaré nul, s'il arrive que toutes les conditions de publicité n'aient pas été ponctuellement et scrupuleusement remplies une à une! Oh! c'est là ce qui ne pouvait pas être. Voyez donc en effet à quelles conséquences nous conduirait un tel système! à la nullité d'un mariage, auquel, par exemple, un seul des quatre témoins aurait manqué; à la nullité nécessaire e inexorable, lors même que ce mariage, valable et régulier à tous égards, n'aurait pas été d'ailleurs entaché du moindre vice de clandestinité!

Aussi l'article 193 a-t-il pour but d'accorder, à cet égard, aux magistrats, un pouvoir discrétionnaire d'appréciation :

« Les peines portées par l'article précédent seront en- « courues par les personnes qui y sont désignées, pour « toutes contraventions aux règles prescrites par Varti- « de 165, lors même que ces contraventions ne seraient pas « jugées suffisantes pour faire prononcer la nullité du ma- « riage. »

C'est qu'en effet il ne s'agit pas ici d'un fait unique et absolu; rien, au contraire, n'est plus relatif et plus complexe que la publicité ; elle se forme de beaucoup d'éléments divers, dont aucun n'est essentiel, considéré isolément; et il se peut très-bien que, malgré l'absence de quelques-uns d'entre eux, la publicité n'en ait pas moins existé, très-convenable et très-suffisante. La loi donc a fait sagement de ne pas trancher toujours, d'avance et a priori, une question sur laquelle l'influence du fait est nécessairement toute-puissante. Les tribunaux auront à apprécier jusqu'à quel point la publicité aura manqué, si la célébration a eu lieu hors la maison commune (supra, n° 206), ou à une heure indue (n° 208) ; si les quatre témoins n'ont pas été présents, ou s'ils n'avaient

pas les quaMtés requises, ou si le public n'a pas été admis, etc., etc.; leur décision, à cet égard, fondée sur l'app ré nation des faits que la loi elle même leur défère,, serait à l'abri de la cassation (comp. Caen, 13 juin 1819, Danneville,, Sirey, 1819, II, 225; Paris, 13 août 1851,. Yergniol, De"., 1851, II, 465; Paris, 5 janv. 1852, Farcy, Dev., 1852,, II, 14; Lyon, 10 avril 1856, Chuzeville, Dev., 1856, II, 706, Agen, 28 janv. 1857, Peyrusse, Des , 1857, II, 215; Ai*, 18 août 1870, Granoux, Dev., 1872, II, 69; Zachariae, Aubry e* Rau, t. IV, p. 102; Massé et Vergé, t. I, 179; Ducaurroy, B innier et Roustaing, t. I. nos 335, 336, Dem mte, t. I, n° 257 bi&, II e III ; Valette, Explicat. somm. du lia. Ida Cod. ISapol.,\). 1 »2).

206 — Cette théorie toutefois s'applique-t-elle au défaut de publication^.?

Non, suivant Proudhon, qui enseigne que le défaut absolu de, tout; s publications serait, une cause nécessaire de nullité (t. I, p. 409 et 441).

Mais c'est là une opinion extrême qui n'a presque trouvé-aucun partisan Le plus qu'on pourrait dire, c'est que les magistral seraient alors autorités à user du pouvoir discrétionnaire que le r attribue l'article 193, et à valider ou à déclarer nul Li mariage, suivant que l'absence de toutes publications Lemç paraîtrait avoir plus ou moins altéré la publicité; et je suis en effet arrivé à ce rrsuhat par la comb nai.son de l'article 170 avec l'article

192, en ce qui concerne les mariages célébrés en pays étranger (supra, n° 225); mais à, part celte hypothèse, à laquelle l'article 170 fournit un argument spécial, je pense que lor • même qu'aucune publication n'aur it été faite,, les magistrats ne pourraient pas ann-.L. r le mariage en vertu de l'article 1 93, si d'ailleurs la célébration elh -me- je avait été publique : 1° Les articles 19 1 et

193. combinés avec l'article 165, ne prononcent la nullité que contre le mari igc qui n'a pas. été célébré publiquement (art. 165j, contracté publiquement (art. 191); or.

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