LIVRE I. TITRE V. CHAP. I
effets civils dans l'intérêt des enfants qui en proviennent, et dans l'intérêt de la société elle-même (art. 158, 334 et suiv., 383, 756 et suiv., etc.).
Quant à la parenté incestueuse et adultérine, la loi voudrait qu'elle fût toujours ignorée , elle défend donc la révélation pernicieuse de ces attentats aux principes les plus essentiels de la famille et de l'État ; et lorsqu'il arrive que, malgré son vœu, cette parenté néfaste est connue, elle ne lui accorde que le moins d'effets possible (art. 331, 335, 342, 762, 764).
Nous expliquerons successivement ces différences. Mais ici nous allons voir que les dispositions de la loi s'appliquent en général à toute espèce de parenté, quelle qu'en soit l'origine, quoniam in contrahendis matrimoniis naturelle jus et pudor inspiciendus est (L. 14, § 2, ff. de Rit. nupt.).
99. — Afin d'apprécier exactement le caractère et les effets des différents rapports de parenté, on s'est servi de figures et de métaphores tirées du monde matériel.
Il faut donc distinguer, dans toute parenté, d'abord la ligne et ensuite le degré.
La ligne, c'est la suite, la série des parents qui descendent soit l'un de l'autre, soit d'un auteur commun; c'e3t une échelle, un escalier sur lequel les parents sont classés successivement et chacun à son rang (art. 736); Cradus dictisunt a similitudine scalarum (L. 10, § 10, ff. de Gradibuset affinibus).
Le degré, c'est V échelon, c'est la marche.... gradus (Inst. , lib. III, tit. vi, de Gradibus cognationum), c'est-àdire la distance, l'intervalle qu'il y a d'un pied à un autre.
La proximité de parenté s'établit par le nombre des générations ; chaque génération s'appelle un degré (art. 735). Or, pour former un degré, c'est-à-dire un intervalle, un espace, ii faut deux jalons; d'où il suit:
1° Que pour former le premier degré de parenté, il faut deux générations ;
2° Que ce premier échelon une fois placé, toute génération nouvelle qui s'ajoute à celle qui précède, constitue un nouvel intervalle, un nouvel échelon, et forme ainsi un nouveau degré. .. . Quippe semper generata persona gradum adjiciat (lnst., loc. cit.).
Ainsi le fils est, à l'égard du père, au premier degré (art. 737).... pourquoi? parce que nous avons là deux points extrêmes, deux jalons, entre lesquels se forme ainsi une distance, un intervalle, un degré. — Le petitfils est au second degré (art. 737).... pourquoi? parce que, s'ajoutant au jalon déjà formé par le fils., il constitue de l'autre coté un second point extrême, d'où résulte un second espace, un second échelon, un second degré.
100. — On appelle ligne directe la suite des degrés entre personnes qui descendent l'une de l'autre (art. 736). C'est une échelle simple; — si vous la descendez pour aller du père au fils, du fils au petit-fils, etc., la ligne est dite descendante ; — si vous la remontez pour aller du peiit-fils au fils, et du fils au père, la ligne est dite ascendante. C'est toujours, bien entendu, la même ligne, la même échelle, considérée seulement soit d'en haut, soit d'en bas :
PRIMUS, père.
Secundus3 fils.
Tertius, petit-fils.
On appelle ligne collatérale la suite des degrés entre personnes qui ne descendent pas les unes des autres, mais qui descendent d'un auteur commun (art. 736). C'est une échelle double, par laquelle on monte également de chaque côté, ex transverso, a latere (lnst., loc. cil,) jusqu'à la souche commune. Ainsi deux frères sont placés l'un à côté de l'autre ; et au-dessus d'eux, au point