LES STRETTES
La Fugue et la Cadence tonale. — L'alternance des fonctions de tonique et de dominante, dans le su)et et la réponse, donne, comme on vient de le voir, à leur exposition, dès le début de la Fugue, un caractère suspensif ou conclusif, dû à l'emploi d'éléments identiques, harmoniquement.k ceux de la catY«?f<?, telle qu'elle a été décrite précédemment (i).
D'ailleurs, on a reconnu à la Fugue un aspect général unitouique, quiexclut toute possibilité de modulation rt'e//t', d'ordre expressif, dans cette forme de composition (p. 37). Dès lors, tout mouvement harmonique apparent dans la Fugue, ne peut avoir d'autre effet qu'un renforcement de cette tonalité unique, marquée par la cadence résultant de cette alternance des fonctions dans la première exposition. Or. un tel renforcement ne peut et ne doit être autre chose que la cadence ellemême, dans sa forme la plus complète, et avec toutes les extensions qu'elle comporte.
La Fugue ne serait donc en définitive qu'une grande cadence, où chaque formule harmonique, destinée à l'affirmation tonale, serait remplacée par une énonciation du sujet, avec ses annexes ordinaires (réponse, contresujet, etc.). Par là, et parla seulement, croyons-nous, peut s'expliquer l'ordre tonal des expositions, ordre logique entre tous, dont la pratique immémoriale vient confirmer pleinement l'explication théorique.
Dans les premières formes luguécs, en ciVct, les expositions ne s'éloignent guère des fonctions de tonique et de dominante; plus tard, cette forme rudimentaire de cadence s'enrichit peu à peu, et l'on voit apparaître, dans un ordre variable, les expositions au relatif, h la sousdominante, et même au relatif de cette dernière, avec aboutissement cl
(i| Voir 1" liv., p. 1 10 CI suiv.
repos provisoire sur la dominante du ton principal, préparant le retour définitif à la tonique, v
Ordre tonal des expositions dans les Fugues majeures. — Si nous réduisons à leurschéma harmonique cette succession de fonctions différentes, dans leurs ordres les plus usuels, nous trouvons :
a) pour les formes primitives :
la petite fu^ue en UT de J.S Bach (i) dont le sujet bien connu
a déjà servi d'exemple (p. Sq), nous ofi're un excellent modèle de cette cadence parfaite élémentaire : toutes les entrées réelles du sujet ou de la réponse y sont faites sur la tonique ou la doqiinante, sans exception ; -,
b) pour les formes plus développées, une infinie variété de cadences diverses, dont les plus complètes sont en général analogues à celle-ci, qui appartient à la fugue d'orgue, en UT", de J.-S. Bach (2) :
:\ \'ii^Sr\ :
—ri — Q —
—il e —
Exposition principale
Contreexposition
Helalif
mineur
Contreexposition
Suiix- Dom.
Hflntif S-I)nm.
Harmonie do la pédale
Conclusion
=tT=
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