‹ Cours de composition musicale (volume 2)Chapitre 42 sur 130 · LE MOUVEMENT MODÉRÉ. LE MENUET. TYPE M · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT MODÉRÉ. LE MENUET. TYPE M

Les tentatives d'innovation subies par la pièce du type M dans les sonates pré-beethovéniennes semblent n'avoir eu aucune conséquence durable. Sans parler de la permutation insignifiante opérée par quelques Italiens (i) entre le rang de la pièce lente et celui de la pièce de mouvement modéré, ni de la suppression de celle-ci dans quelques sonates, le seul essai de forme qui mérite d'être signalé consiste en une sorte d'exercice d'agilité ou de mouvement perpétuel, occupant dans les sonates pour violon la place de la pièce du type M. La pauvreté musicale de ce divertissement instrumental, athématique et dénué de tout intérêt, fut sans doute la cause de sa piètre destinée : il disparut sans laisser de traces, comme doivent disparaître tôt ou tard toutes les acrobaties qualifiées improprement « musique » par les naïfs ignares de tous les temps ; et le Menuet, seul héritier des innombrables danses du type M intercalées naguère dans l'ancienne Suite, continua à les représenter dans la jeune Sonate.

Ce Menuet, avec ses périodes de quatre, huit ou sei^e mesures, ses petites reprises et son /Wo (2) suivi du traditionnel dacapo.ne diftère pas notablement des vieilles danses de cour, avec leurs doubles et leurs redites. Dernier vestige du Madrigal, il semble demeurer ici comme un fief sacré, intangible mais désuet, au milieu des constructions nouvelles environnantes qui, tout en respectant sa forme, réagissent déjà sur lui par leur style.

Nous empruntons à la 3' Sonate d'un des précurseurs de Beethoven, qui fut peut-être le plus grand et certainement le moins connu, Friedrich-Wilhelm Rust (voir ci-après, p. 219), un beau spécimen de Menuet,

(i) Notamment Corclli, comme on le verra ci-après (p. 179 et 180).

(j) On a proposé deux explications dilTcrentcs pour l'origine du nom de frio appliqué à la partie médiane du Menuet et des autres danses de forme analogue.

D'apiès les uns, la première partie et la dernière {Menuet proprement dit) étaient destinées Y à être dansées par tous les couples de danseurs en une sorte de figure générale, tandis que

le milieu, le trio était dansé par trois personnes (un danseur et deux danseuses), comme cela se pratique encore à la quatrième tîpure de lamiquc quadrille.

D'après les autres, et cette explication nous paraît nicilleure, le nom de trio viendrait pluiAt de l'instrumentation tr.iditionnelle des danses : la première partie et son da capo éiaieni exécutés par loiit les musiciens llutti), tandis que le milieu était joué ordinairement par un Irto d'instruments (deux violons et un alto, ou deux hautbois, et un basson, etc.).

LE MOL'VKMENT MODÉRn: Ml ,7,

dont l'allure générale est encore celle d'une tfa/zst', mais dont le thème fait déjà pressentir, par ses rythmes agrandis composés de plusieurs mesures, la forme ScAer:{o, telle qu'elle sera étudiée au chapitre suivant:

(h) 1*-'' rytlimo Minuetto

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