LES CANONS ET LES RICERCARI
Introduite dans la musique presque en même temps que la pol3'phonie, l'Imitation y affecte d'abord des formes simples, dont nous avons suivi l'épanouissement dans les motets. Mais elle devient plus servile et plus stable en perdant l'élément expressif et libre des paroles ; et c'est surtout dans les premières formes instrumentales, asservies déjà à la mesure, que les principes d'Imitation dialoguée, appliqués, dit-on, aux voix depuis le milieu du xv* siècle par Okeghem et ses successeurs (3), prennent toute la rigueur d'une loi inflexible, d'un Canon au sens étymologique du mot.
Vers cette époque, le Canon apparaît en effet sous forme de pièce polyphonique indépendante (vocale d'abord, et plus tard instrumentale) dans laquelle le thème proposé par une partie dite antécédent est imité ensuite par toutes les autres dites conséquents^ suivant un ordre et à des intervalles déterminés.
Les procédés d'Imitation appliqués au Canon lui donnent une foule d'aspects différents, qu'on peut ramener à sept types généraux:
1° Le Canon direct ou droit, par simple imitation rigoureuse de l'antécédent, à Vunisson, à Voctape, à la quinte et même à d'autres intervalles. Ce Canon peut lui-même être simple, double, triple, etc., suivant le nombre des antécédents exposés.
(i) L'exemple de déchant déjà cité (voir l«f livre, p. 144) offre, entre le conlra-temr et la bas^e, un embryon d'imitation sur les degrés : ut, ré, mi.
(2) Voir I^r livre, p. 29 et suiv., p. 49 et suiv., etc.
(3) Voir l" livre, p. 154.