‹ Cours de composition musicale (volume 3)Chapitre 166 sur 265 · LE MOUVEMENT MODÉRÉ. LE MENUET. TYPE M · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT MODÉRÉ. LE MENUET. TYPE M

Les tentatives d'innovation subies par la pièce du type M dans les sonates pré-beethovéniennes semblent n'avoir eu aucune conséquence durable. Sans parler de la permutation insignifiante opérée par quelques Italiens (i) entre le rang de la pièce lente et celui de la pièce de mouvement modéré, ni de la suppression de celle-ci dans quelques sonates, le seul essai de forme qui mérite d'être signalé consiste en une sorte d'exercice d'agilité ou de mouvement perpétuel, occupant dans les sonates pour violon la place de la pièce du type M. La pauvreté musicale de ce divertissement instrumental, a//zma//^z/e et dénué de tout intérêt, fut sans doute la cause de sa piètre destinée : il disparut sans laisser de traces, comme doivent disparaître tôt ou tard toutes les acrobaties qualifiées improprement « musique » par les naïfs ignares de tous les temps ; et le Menuet, seul héritier des innombrables danses du type M intercalées naguère dans l'ancienne Suite, continua à les représenter dans la jeune Sonate.

Ce Menuet, avec ses périodes de quatre, huit ou seiie mesures, ses petites reprises et son /r/o (2) suivi du traditionnel da capo,ne diffère pas notablement des vieilles danses de cour, avec leurs doubles et leurs redites. Dernier vestige du Madrigal, il semble demeurer ici comme un fief sacré, intangible mais désuet, au milieu des constructions nouvelles environnantes qui, tout en respectant sa forme, réagissent déjà sur lui par leur style.

Nous empruntons à la 3* Sonate d'un des précurseurs de Beethoven, qui fut peut-être le plus grand et certainement le moins connu, Friedrich-Wilhelm Rust (voir ci-après, p. 2 19), un beau spécimen de Menuet,

(i) Notamment Corelli, comme on le verra ci-après (p. 179 et 180).

(2) On a proposé deux explications dift'érentes pour l'origine du nom de trio appliqué 6 la partie médiane du Menuet et des autres danses de forme analogue.

D'après les uns, la première partie et la dernière [Menuet proprement dit) étaient destinées à être dansées par tous les couples de danseurs en une sorte de figure générale, tandis que le milieu, le trio était dansé par frois personnes (un danseur et deux danseuses), comme cela se pratique encore à la quatrième figure de l'antique quadrille.

D'après les autres, et cette explication nous paraît meilleure, le nom de trio viendrait plutôt de l'instrumentation traditionnelle des danses : la première partie et son da capo étaient exécutés par tous les musiciens (tutti), tandis que le milieu était joué ordinairement par un trio d'instruments (deux violons et un alto, ou deux hautbois, et un basson, etc.).

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dont l'allure générale est encore celle d'une danse, mais dont le thème fait déjà pressentir, par ses rythmes agrandis composés de plusieurs mesures, la forme 5cAer;{0, telle qu'elle sera étudiée au chapitre suivant:

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Chaque phrase (a, b, a*) de ce Menuet se décompose en groupes rythmiques indivisibles de deux mesures (a et a^) ou même de quatre mesures {b). dans chacun desquels la première mesure est forte ; à l'époque des menueia dansés, l'articulation nécessaire du premier temps de chaque mesure avait pour effet d'engendrer le plus souvent dans la mélodie une succession de rythmes d'une seule mesure chacun : ce sont, au contraire, les rythmes de plusieurs mesures qui caractériseront, chez Beethoven, les thèmes de Scherzo.

Après ce Menuet en Mi^ vient un trio au ton de la sous-dominante; il offre la même particularité rythmique et est suivi de la reprise intégrale du Menuet da capo, comme dans les anciennes danses de la Suite.

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