PRINCIPE DU RKPOS . LA PHRASE
Tout effort mélodique nécessite un repos qui se manifeste par la cadence.
Tout mouvement, de quelque nature qu'il soit, est le résultat d'un effort qui, tôt ou tard, doit se résoudre en une détente.
Nous avons déjà vu que l'arrêt marquant la fin de la période forme ce que nous avons appelé une demi-cadence, nous réservant d'expliquer ce terme ; toute succession de périodes mélodiques, séparées par des repos prouisoires (demi-cadences), constitue une phrase {2) dont le point terminal est caractérisé par un repos définitif.
La phrase musicale se comporte à l'égard de ses périodes composantes comme celles-ci vis-à-vis de leurs groupes mélodiques successits; il y a donc dans une phrase des périodes fortes et des périodes faibles.
Les î^epos sont caractérisés par certaines formules mélodiques^ véri-
(i) Dans rhypothèsc de l'anacrousc élidée :
la première mesure complète ne pourrait évidemment pas davantage recevoir l'accent tonique.
(2) Il faut remarquer que, contrairement à la signification adoptée pour le discours parle, dans lequel le mot période est employé pour désigner un ensemble de p/jrjst"s, la période musicale est seulement une partie de la phrase, laquelle se constitue par un enchaînement de périodes : la période musicale est donc l'équivalent de la proposition grammaticale.
40 LA. MÉLODIE
tables cadences^ suspensives ou conclusives suivant les cas, comme la cadence harnionique dont il sera question au chapitre vn.
Entre les périodes et les cadences, il existe certaines corrélations de symétrie, qui concourent puissamment au bon équilibre de la phrase.
Ainsi, lorsqu'une formule mélodique de cadence se reproduit (soit sur des degrés différents, soit sur les mêmes), à la fin de deux périodes correspondantes, il s'ensuit une sorte de rime musicale^ comparable en tout point à la rime poétique.
Deux périodes rimant entre elles peuvent être consécutives (rimes régulières), séparées par une période intermédiaire (rimes croisées), ou même par deux (tercets), etc.. etc..
Une proportion existe également entre les longueurs relatives des périodes ; mais il ne faudrait point conclure de là à la nécessité de leur carrwe, c'est-à-dire delà symétrie de leurs mesures, étroitement limitée au nombre 4 et à ses multiples. La carrure est au contraire un élément de vulgarité, rarement utile en dehors de certaines formes spéciales à la musique de danse.
Le caractère conclusif ou suspensif des cadences mélodiques dépend de leur tonalité.