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■. Notes principales du contrepoint consonnant
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L'ORNEMENT POLYPHONIQUE ^4^
On remarquera, à la partie la plus grave dans les quatre dernières mesures, le spécimen de Contrepoint note contre note cité ci-dessus (p. 441). Ce même fragment, par le moj'en des subdivisions rythmiques et des syncopes^ est devenu un Contrepoint fleuri.
En étudiant les maîtres palestriniens (i), nous avons eu l'occasion d'admirer déjà les plus belles manifestations vocales de Y ornement contraponlique. Transporté dans le domaine instrumental avec laTroisième Époque de l'Histoire musicale, il subsista d'abord à peu près intact, dans les pièces d'orgue principalement. Le Choral varié et la Fugue en contiennent maints exemples analogues à celui qu'on vient de lire. On en rencontrera ci-après, dans la Can-{ona, la Passacaille et la Chaconne (p. 467, et suiv.) trois applications caractéristiques, fondées sur la prépondérance respective du rythme, de Vharmonie et de la mélodie, comme moyens de Variation.
Mais, avec les errements harmoniques qui supplantaient peu à peu les vieux usages polyphoniques., avec la virtuosité qui se propageait de plus en plus aux dépens de V expression musicale, la Variation, issue du Contrepoint, devint bientôt méconnaissable.
Le mauvais goût croissant des interprètes, qui agrémentaient de leurs fioritures les reprises des divers airs appartenant aux Danses et aux Suites, avait déjà lassé les compositeurs : par nécessité d'abord, puis par plaisir sans doute, ils s'étaient décidés à écrire eux-mêmes les Doubles variés ou les Reprises dont il a été question ci-dessus (p. 114 et 198) : ils en arrivèrent bientôt, et pour le plus grand dommage de la musique, à pratiquer la « variation pour la variation », ainsi que nous en montrerons quelques exemples ci-après (p. 460 et 461).
Alors apparaissent et pullulent ces recueils dits Thèmes variés ou Airs variés, dans lesquels les formules contrapontiques, désormais desséchées et racornies, ont revêtu l'aspect de petites vignettes harmoniques que nous avons comparées précédemment (p. 436) aux figures régulières qui décorent certains édifices.
En cet état décoratif devenu si vulgaire, les deux sortes d'ornement sont mélangées ou alternées, mais également appauvries : l'ornement monodique est devenu grupetto., fioriture italienne; l'ornement contrapontique, basse ou dessin thématique obstiné subsistant à l'une des parties, tandis que les autres se réduisent à des arpèges harmoniques peu ou point ornés.
Ce que nous avons appelé les éléments intangibles du Thème ne consiste plus guère que dans le nombre de mesures (généralement quatre ou huit) de ses périodes avec leurs harmonies plates, leur
(1) \'oir l«f liv., chap. x.
immuable monotonie et les notes initiales de chacune d'elles, véritable « poteau indicateur », « guide-âne » de l'auditeur bénévole. Les quatre mesures suivantes, extraites de VAir célèbre de l'opéra comique Biaise ff 5a^e/, de Dezède, rar/é par Dussek, suffiront à nous faire mesurer d'un coup d'œil l'insondable sottise de ces fastidieuses et innombrables Variations, où sont parfois amoncelées tant d'inutiles difficultés pour l'exécutant, tandis que la musique, si « musique » il y a, est réduite à la ^perpétuelle répétition d'une même cadence à intervalles réguliers, sinon en valeurs égales :
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