GENESE DE LA GAMME
Il faut toutefois, pour constituer le Mode, outre les notes de V Accord, les degrés complémentaires de la gamme, qui ne tirent point directement leur origine des phénomènes de la résonnance naturelle.
On peut évidemment continuer au delà du sixième son, vers l'aigu ou vers le grave, les deux expériences précédentes ; mais on obtient ainsi, au lieu d'une gamme régulière, une succession indéfinie de sons, dont les intervalles deviennent de plus en plus petits, et les rapports de plus en plus compliqués.
Dans cette série, illimitée comme celle des nombres, les sons harmoniques impairs, seuls, présentent des intervalles nouveaux ; les autres ne peuvent être en effet que des redoublements d'octave des précédents.
Beaucoup de ces intervalles nouveaux sont complètement étrangers à notre système de gamme, et ne peuvent même être figurés avec nos
L'HARMONIE ,o3
signes d'intonation: tels sont les harmoniques 7, 11, i3, 14, figurés en noir dans le tableau ci-dessus, et, au-dessus du 16% un nombre toujours croissant.
Les sons 7 et 11 de la résonnance supérieure^ par exemple, sont notablement plus graves que les notes 5/ b et /a 5 de notre gamme ; le son 1 3 est au contraire plus élevé que notre \a \> , etc.
Ces particularités se retrouvent en sens inverse dans les harmoniques correspondants de la résonnance inférieure : les sons 7 et i i sont ici plus élevés que le /as et le si b de notre gamme ; le son i 3 est plus bas que notre sol n , etc.
L'impression pénible et déroutante produite sur nous par ces sons 7, II, i3, etc., et la tendance marquée de notre oreille à leur substituer les sons chromatiques tempérés : si \> , fa n , la \y ^ etc., résultent sans doute d'une habitude prise, c'est-à-dire de notre éducation musicale.
Il est toutefois intéressant de constater que cette habitude ou cet instinct ont leur raison scientifique.