CONSTITUTION DE LA PHRASE DANS LE MOTET
Dans l'écriture du motet, le yythme est libre et généralement contrarié entre les parties, sans aucune préoccupation de mesure, ni surtout d'accentuation sur les temps correspondants de deux ou de plusieurs mesures consécutives.
La mélodie y procède directement des formes de la cantilène monodique dans ses divers états : on trouve en effet dans le motet, et souvent au cours de la même phrase, certains passages exposés simultanément par les parties en forme purement syllabique, comme les monodies primitives; d'autres, plus varié» et de forme plus agogique, empruntés au genre ornemental ; ce sont les plus fréquents, et il s'y mêle parfois de véritables recherches symboliques, reconnaissables, par exemple, à la même forme plastique reproduite intentionnellement dans la mélodie, sur des mots de même signification ; enfin, certaines expositions affectent une allure tout à fait populaire, soit par leur forme, soit par le caractère de leur thème.
Quant à Vharmonie à\i motet, elle est basée, nous l'avons vu, sur la polyphonie, et résulte uniquement delà marche combinée des mélodies. Parfois cependant, les voix se réunissent en un mouvement simultané
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qui, sans jamais bannir la mélodie, forme vraiment une agrégation harmonique ; ces successions sont d'ordinaire de courte durée, et n'entravent consëquemment jamais l'indépendance des lignes mélodiques générales.
Uiinité tonale est toujours respectée dans le motet, mais la cadence terminale s'établit indistinctement soit à la tonique, soit à la dominante^ dernier vestige des modes graves ou aigus du plain-chant.
L'emploi de la modulation comme moyen expressif y est relativement rare.
Enfin, ce qui contribue puissamment à faire du motet une forme éminemment artistique, c'est la parfaite proportion et l'harmonieux équilibre qui régnent toujours entre les divers fragments qui le composent, comme on pourra s'en convaincre par les analyses qui terminent ce chapitre (pages i56, i63, 169, 173).
Cette proportion et cet équilibre que nous trouvons déjà établis dans le motet, malgré son origine d'ordre dramatique, deviendront, nous le verrons plus tard, les règles absolues de toute composition symphonique.