‹ Cours de composition musicale (volume 4)Chapitre 111 sur 150 · SONATES POUR VIOLON ET POUR VIOLONCELLE · texte numérisé non relu

SONATES POUR VIOLON ET POUR VIOLONCELLE

Sonates pour violon. — L'intérêt artistique et musical de ces Sonates, au nombre de dix., est notablement inférieur à celui des trente-deux Sonates pour piano que nous venons d'analyser : trois ou quatre, tout au plus, méritent de retenir notre attention.

Les deux dernières des trois Sonates, op. 3o, dédiées à l'empereur Alexandre (1802), sont à rapprocher, par leur caractère thématique, de la Sonate pour piano, op. 10 n» 3 : l'une de ces deux Sonates est en ut et l'autre en SOL. Celle-ci contient un Menuet dont le trio reproduit presque textuellement le thème de la Sonate, op. 58, de Haydn, maintes fois rencontré déjà dans l'œuvre de Beethoven (op. 10 n° i, op. 110 GX. passim):, cette même Sonate en sol se termine par un gai Rondeau à cinq refrains où nous pouvons lire, semble-t-il, l'expression bien vivante de la bonne humeur d'un Beethoveen errant sur les collines des environs de Vienne.

La Sonate en /a, op. 47, est universellement connue sous le nom de Sonate à Kreutier {i8o3), bien que le célèbre auteur des Etudes (i) ne Tait pas jouée une seule fois en public, la trouvant « de peu d'effet ». Malgré sa notoriété, cette Sonate n'est nullement l'une des meilleures d'e Beethoven. Il faut signaler pourtant dans le mouvement initial et dans le finale, tous deux du type S, un essai d'intervention de la première idée dans l'exposition de la seconde : cette sorte de pénétra-

(i) Rodolphe Kreutzer, violoniste, naquit à Versailles en 1766 et mourut à Genève en iS3i : son ouvraee le plus connu consiste en 40 Études ou Caprices que tous les virtuose» du violon ont plus ou moins travaillé'

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LA SONATE DE BEETHOVEN

tion mutuelle des deux thèmes devait être réalisée beaucoup plus complètement, par Beethoven, dans ses Quatuors (i).

Seule, la Sonate, op. 96, composée en 1812, dédiée à l'archiduc Rodolphe et éditée seulement en 1816 à Vienne, chez Steiner, diffère de toutes les autres par sa poésie et son intérêt. Dans son premier mouvement, en 50/, d'une exquise fraîcheur mélodique, il faut remarquer surtout la seconde idée et le charmant dessin de sa troisième phrase {b"') :

il est bien rare que les virtuoses interprètent cette phrase de façon à en dégager l'expression rêveuse que Tauteura voulu lui donner.

L'Adagio, de forme Lied-Sonate {sans développement), est en Mii) : le charme pénétrant de sa mélodie exige, comme la phrase précédemment citée, une grande intensité d'expression. /

Cet Adagio s'enchaîne au Scherzo, en sol, sorte d'antithèse entre la rusticité sauvage d'une danse de rudes paysans {schef^o proprement dit) et la suavité d'une valse citadine lointaine {trio en Ml t> ) dont le vent apporte l'écho jusque dans l'auberge du village.

Le finale, en forme de Thème varié, sur une chanson populaire connue, participe également de ces impressions campagnardes, mais non triviales:

■f 1 -ta . tu . H,

Ainsi, toute la Sonate pourrait, à plus juste titre que l'op. 28, porter la dénomination de « pastorale » ; elle semble le résumé du Trio, op': 97, composé un an auparavant et dédié également à l'archiduc Rodolphe ; le sentiment général est le même dans les deux œuvres, avec une plus grande puissance expressive, toutefois, dans cet admirable Trio qui sera étudié dans la Seconde Partie du présent Livre.

Sonates pour violoncelle. — Ces cinq Sonates, sans valoir musicalement celles pour piano seul, méritent cependant d'être étudiées d'assez près, en raison de leur architecture particulière.

Il faut remarquer d'abord que l'adjonction d'un instrument essen-

(i) Voir la SecoiiJe Partie du présent Livre.

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